Surveillance volcanique à Mayotte

Avant toute chose, il est bon de rappeler que Mayotte est un département français, au même titre que la Gironde ou la Haute Vienne. Il doit donc être traité de la même façon par le gouvernement français.

Pour surveiller l’activité du volcan sous-marin Fani Maoré, entré en éruption entre 2018 et 2020, une plateforme de surveillance vient d’être installée sur le lac Dziani à Petite-Terre. Son but est d’étudier les gaz d’origine volcanique qui ont fortement augmenté depuis l’éruption du Fani Maore, à une cinquantaine de kilomètres au large de Mayotte et à 3.500 mètres sous le niveau de la mer, A noter que la quantité de gaz émis reste toutefois stable depuis 2021.

Une caméra a été installée sur la plateforme par une équipe du réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (Revosima) créé en 2019 suite à la découverte du Fani Maore. La plateforme a été pensée et conçue par l’OVPF à La Réunion spécialement pour le lac Dziani où on peut voir des zones de bullages dues à des remontées de gaz volcanique, principalement du CO2. Le gaz s’échappe en continu des zones de stockage de magma présentes à plusieurs kilomètres ou dizaines de kilomètres de profondeur.

Outre la caméra, la plateforme se compose de capteurs immergés pour suivre les paramètres physico-chimiques de l’eau et des gaz, ainsi que d’une station météorologique et d’un GPS RTK pour suivre le niveau de l’eau. Ces équipements permettront d’analyser en temps réel l’activité du lac. Ils sont en permanence connectés à l’OVPF. Le réseau, financé par l’État, est chapeauté par l’IPGP.

En plus des données sur les bullages, les instruments permettront d’en savoir plus sur le lac Dziani au sens large. Le bon fonctionnement de la plateforme reste un défi, car l’intervention des équipes qui ne sont pas sur zone reste difficile. De plus, les conditions météorologiques peuvent impacter le matériel, tout comme la salinité de l’eau du lac qui est 1,5 à deux fois plus salée que l’eau de mer.

Les premiers résultats fournis par la plateforme seront publiés dans un an au minimum dans les bulletins mensuels du Revosima.

En parallèle du lac Dziani, la mission scientifique a installé trois stations sismiques supplémentaires sur les îlots d’Handréma, Mogné Amiri et M’bouini. Les informations ainsi obtenues sont numérisées et transmises à l’OVPF à La Réunion.

Vue du lac Dziani (Crédit photo : Wikipedia)

À côté du lac Dziani, au début du mois de novembre 2024, des stations de surveillance ont par ailleurs été installées sur Mayotte par le REVOSIMA pour un meilleur suivi à long-terme de l’activité sismo-volcanique du Fani Maoré. Le Réseau a déployé des stations de mesure des paramètres géophysiques et chimiques à Mayotte et sur l’île Grande Glorieuse. Les données de ces stations sont transmises chaque jour, 24h/24, et sont analysées par les scientifiques du Réseau. À chaque alerte, le Revosima informera la Préfecture de Mayotte dans les plus brefs délais.

Pour traquer le moindre frémissement du Fani Maoré, les scientifiques utilisent 8 sismomètres et 2 accéléromètres. Les déplacements du sol sont surveillés par 10 stations GPS. Les émanations de gaz sont enregistrées par un point de mesure du dégazage diffus de CO2 par le sol. En plus de ces instruments, trois stations magnéto-telluriques permettent de fournir une image mensuelle de certaines caractéristiques des profondeurs du sous-sol notamment en relation aux zones profondes de stockage des magmas localisées jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres.

Malgré tous ces instruments, une scientifique reconnaît qu’« on ne peut pas prédire une éruption, c’est impossible. Le volcan fait ce qu’il veut quand il veut. » En revanche, « il est possible de détecter plusieurs signes annonciateurs. »

Source : Mayotte la 1ère.

Image du Fani Maoré

Réchauffement climatique : la partie est loin d’être gagnée dans l’opinion !

Tous les samedis, François Gemenne, membre du GIEC, anime le podcast Zéro Émission sur la radio France Info. La dernière émission du 23 novembre 2024 a été diffusée au moment où tout montre que la COP29 de Bakou est en train de se solder par un échec, même si les participants vont forcément essayer de sauver la face avec un message bidon, comme d’habitude.

Dans le podcast du 23 novembre, François Gemenne s’est penché sur le sondage annuel de l’Observatoire international Climat et Opinions Publiques. Il s’agit d’un sondage mondial sur la perception du réchauffement climatique.

Le sondage IPSOS a été réalisé dans 30 pays, sur un échantillon total de 23 500 personnes, interrogées en ligne et sélectionnées selon la méthode des quotas. Cet échantillon couvre les deux tiers de la population mondiale. Il permet de comparer l’opinion des Français à celle des autres pays, et leur évolution dans le temps.

Le premier enseignement est que les gens sont de mois en moins inquiets du réchauffement climatique. Ils étaient 35% à se dire très préoccupés en 2022, ils ne sont plus que 29% en 2024. Pour la première fois, il y a en France davantage de gens qui s’en fichent (30%), que de gens très préoccupés. Dans le reste du monde, ils sont 40% à se dire très préoccupés.

En France comme dans le monde, la priorité environnementale recule. Il est donc compliqué de demander ensuite aux gouvernements d’agir davantage. Pourtant, sept personnes sur 10, en France comme dans le monde, estiment que c’est aux gouvernements d’agir en premier. [NDLR : Je fais partie de ces gens, mais je vais plus loin : c’est aux COP d’agir et de donner des directives aux gouvernements. C’est loin d’être le cas car aucune COP jusqu’à présent n’a été capable de prendre des mesures contraignantes].

Selon le sondage, le déni climatique reste important en France, mais pas davantage que dans le reste du monde. Dans le monde comme en France, on a 10% d’irréductibles qui pensent que le changement climatique n’existe tout simplement pas ; c’est un chiffre légèrement supérieur au nombre de gens qui pensent que la Terre est plate. Il y a surtout un gros quart de la population mondiale qui pense que le changement climatique n’est pas lié aux activités humaines. Or, il faut le rappeler encore et encore, le dernier rapport du GIEC est formel : le changement climatique actuel est intégralement dû aux activités humaines, à 100%. Et François Gemenne d’ajouter : « Ça n’empêchera évidemment pas certains politiques, en France comme ailleurs, de prétendre le contraire sur des plateaux de télévision, mais il est bien connu que ces politiques ont fait des études poussées en climatologie, qui leur permettent de contredire avec aplomb le travail de l’ensemble de la communauté scientifique mondiale. » Des propos que j’approuve totalement.

Le sondage IPSOS montre des différences notables entre pays quant à la perception du réchauffement climatique. Aux États-Unis, 44% de la population est dans le déni. Ce n’est guère surprenant quand on voit le résultat de la dernière élection présidentielle ! À l’inverse, seul un quart de la population au Brésil, au Mexique, en Turquie ou en Corée du Sud est dans ce déni.

S’agissant de la voiture électrique, seuls 18% des Français pensent que la voiture électrique est meilleure pour le climat que la voiture à essence, contre 34%, soit à peu près le double, de la population mondiale.

Le sondage nous apprend aussi que 40% des Français considèrent qu’il est déjà trop tard pour lutter contre le réchauffement climatique, quoi qu’on fasse, et 22% estiment qu’ils devront changer de lieu d’habitation dans les 10 prochaines années. On sent donc poindre ici une certaine forme de résignation. [[NDLR : Le gouvernement français donne l’exemple en parlant d’adaptation – et non de prévision ou de prévention – à propos du réchauffement climatique. Le discours du Premier Ministre dans le Rhône de 25 octobre 2024 confirme cette approche. Monsieur Barnier a déclaré que « la France doit anticiper une vie avec +2,7°C en 2050. Le précédent plan d’adaptation (2018-2022) prévoyait un réchauffement de 1,5°C à +2°C d’ici 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle. Toutefois, au vu de l’accélération de la hausse des températures, les prévisions ont dû être corrigées. La France hexagonale se prépare désormais, d’ici à la fin du siècle, à un réchauffement de +4°C  »].

Réchauffement climatique : événements extrêmes plus fréquents et ouragans plus puissants // Global warming : more frequent extreme events and more powerful hurricanes

Une bombe cyclonique accompagnée de vents violents, de fortes pluies et de chutes de neige devrait affecter des millions de personnes dans le nord-ouest des États-Unis avant le Thanksgiving. Par ailleurs, un système dépressionnaire devrait se former au-dessus des Grands Lacs plus tard cette semaine, entraînant une baisse des températures, des pluies froides et une accumulation de neige dans le centre des Appalaches.

Chez nous, Météo France a placé 32 départements en vigilance Orange pour neige et verglas, tandis que 17 autres sont en vigilance Orange vent. Le 21 novembre 2024, la dépression Caetano va traverser la France d’ouest en est et va engendrer des chutes de neige au nord de sa trajectoire sur un axe allant du Nord-Bretagne/Normandie jusqu’au Grand-Est, et des vents forts dans sa partie sud, notamment des côtes atlantiques aux Alpes.

 

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La température record des océans, favorisée par la pollution et son effet de réchauffement sur la planète, a intensifié des dizaines d’ouragans dans l’Atlantique au cours des dernières années, les rendant plus puissants et dangereux avec l’augmentation de la vitesse de leurs vents.
Selon une analyse du groupe de recherche sur le climat Climate Central, chaque ouragan de la saison 2024 dans l’Atlantique a été plus fort qu’il ne l’aurait été sans le réchauffement climatique d’origine anthropique. La vitesse du vent des 11 ouragans recensés a été augmentée de 15 à 45 km/heure par une eau jusqu’à 1,4 degré Celsius plus chaude.
Selon Climate Central, chaque ouragan de 2024 a été plus fort qu’il ne l’aurait été il y a 100 ans. 84 % des ouragans entre 2019 et 2023 ont été plus puissants qu’ils ne l’auraient été sans le réchauffement climatique. Les vents ont augmenté de 29 km/h en moyenne, ce qui a fait monter la vitesse de 30 ouragans d’au moins une catégorie sur l’échelle de Saffir-Simpson.
Selon la NOAA, au moins 90 % du réchauffement des dernières décennies a eu lieu dans les océans. Les eaux de l’Atlantique, où circulent les ouragans, ont atteint des niveaux record ou presque tout au long de la saison. Neuf des 11 ouragans de cette saison se sont rapidement intensifiés et ont grimpé dans l’échelle de catégories d’ouragans en raison de la chaleur des océans provoquée par le réchauffement climatique. Le National Hurricane Center explique que l’ouragan Milton de catégorie 5 s’est intensifié rapidement de 150 km/h en seulement 24 heures, plus rapidement que toute autre tempête dans le golfe du Mexique.
Les chercheurs de Climate Central ont découvert que le réchauffement climatique a fait grimper la température océanique à un niveau exceptionnellement chaud qui a rendu l’intensité de Milton 400 à 800 fois plus probable. Ils ont également constaté que Milton n’aurait pas atteint la catégorie 5 sans le réchauffement climatique actuel.
Les climatologues affirment qu’une chose est sûre : à mesure que la température de la planète continuera d’augmenter, la probabilité d’ouragans plus puissants et plus destructeurs comme ceux qui se sont formés dans l’Atlantique cette année deviendra de plus en plus forte.
Source : Météo France, NOAA, Climate Central, National Hurricane Center.

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A bomb cyclone with high winds, heavy rain and snowfall is expected to impact millions of people across the U.S. Northwest ahead of Thanksgiving. Separately, a low-pressure system is forecast to develop above the Great Lakes later this week, resulting in cooler temperatures, cold rain and accumulating snow for the central Appalachians.

In our country, Météo France has placed 32 departments on Orange alert for snow and ice, while 17 others are on Orange wind alert. On November 21st, 2024, the Caetano depression will cross France from west to east and will cause snowfall to the north of its route on an axis going from North Brittany/Normandy to the Grand-Est, and strong winds in its southern part, particularly from the Atlantic coast to the Alps.

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Record-breaking ocean temperatures, fueled by planet-warming pollution, have turbocharged dozens of Atlantic hurricanes over the last few years, making them more potent and dangerous by increasing their wind speeds.

Every hurricane in the 2024 Atlantic hurricane season was made stronger than it otherwise would have been without human-caused global warming, according to analysis from the climate research group Climate Central. Wind speeds of the 11 hurricanes were increased by 15 to 45 km/hour by water that was up to 1.4 degrees Celsius warmer because of global warming.

According to Climate Central, every hurricane in 2024 was stronger than it would have been 100 years ago. 84% of hurricanes between 2019 and 2023 were more intense than they would have been without global warming. The wind speeds of the hurricanes were cranked up by an average of 29 km/hour, which caused 30 of them to go up at least one category higher on the Saffir-Simpson hurricane wind scale.

According to NOAA, at least 90% of warming over the past several decades has taken place in oceans. Water in the Atlantic, where hurricanes roam, was at or near-record-breaking levels throughout hurricane season. Nine of this season’s 11 hurricanes rapidly intensified and climbed up the hurricane category scale due to global warming-driven ocean heat. The National Hurricane Center explains that Category 5 Hurricane Milton rapidly intensified by 150 km/hour in just 24 hours, faster than any other storm in the Gulf of Mexico.

Climate Central researchers also found that human-caused global warming made exceptionally warm ocean temperatures that fueled Milton’s explosion 400 to 800 times more likely. They also found that Milton wouldn’t have reached Category 5 without the current global warming..

Climate experts say one thing is certain: as global temperatures continue to rise, the potential for more powerful and destructive hurricanes like the ones that formed in the Atlantic this year becomes increasingly likely.

Source : Météo France, NOAA,Climate Central, National Hurricane Center.

Nouvel effondrement dans les Alpes

Le dimanche 17 novembre, en fin d’après-midi, un éboulement de grande intensité s’est produit sur le mont Pourri (3 779 mètres d’altitude), dans le massif de la Vanoise en Savoie. L’éboulement est survenu au col de la Gurraz, sous le glacier du Turia. Il a été filmé par de nombreux témoins.

Source : Météo-Alpes / Facebook

L’effondrement n’a fait aucune victime car il n’y a ni habitations ni refuges dans la zone concernée. La Préfecture de la Savoie a indiqué que les services de l’État vont réaliser une reconnaissance afin de pouvoir documenter l’événement. Un accompagnateur en montagne a déclaré n’avoir jamais assisté à un tel éboulement à cette période de l’année. « On est sur un versant nord, sans soleil et au-dessus des 3 000 mètres. Ça prouve que la montagne est instable, même dans ces périodes-là.« 

Il faudra attendre les conclusions des scientifiques pour voir si cet événement fait partie des effondrements naturels qui se produisent régulièrement dans les Alpes ou si la hausse des températures et le dégel du permafrost de roche en sont la cause.

Source : Presse régionale