Les trapps de Sibérie responsables de l’extinction permienne? // Did the Siberian trapps cause the Great Dying?

drapeau francaisUne équipe de scientifiques américains du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a simulé la Grande Extinction qui a eu lieu il y a environ 252 millions d’années, avec la disparition d’une grande majorité des espèces.
Alors que  cette extinction massive a toujours été un sujet de débat scientifique, les chercheurs ont constaté que les émissions de soufre produites par de gigantesques éruptions volcaniques étaient largement suffisantes pour créer des pluies très acides qui pouvaient affecter la croissance des plantes.
Les scientifiques ont étudié attentivement la théorie qui prétend la Grande Extinction a été causée par des éruptions volcaniques dans les Trapps de Sibérie, avec une cascade d’événements environnementaux. Ils ont découvert que les émissions de soufre produites par ces éruptions étaient suffisamment importantes pour provoquer des pluies acides dans tout l’hémisphère nord, avec des niveaux de pH pouvant atteindre 2, ce qui est plus acide que du jus de citron pur. Cette acidité peut avoir été suffisante pour arrêter la croissance des plantes et contribué à leur extinction.
Les géologues qui ont étudié l’histoire des roches volcaniques en Sibérie ont trouvé la preuve d’une impressionnante suite d’éruptions qui se sont produites avec des épisodes courts à partir de la fin du Permien et ont continué pendant des millions d’années. Le volume de magma produit a été évalué à plusieurs millions de kilomètres cubes, ce qui est suffisant pour couvrir complètement les Etats-Unis. Ce magma a probablement libéré du dioxyde de carbone et d’autres gaz dans l’atmosphère, ce qui a conduit à un important réchauffement climatique. Les éruptions ont probablement généré de gigantesques nuages ​​de soufre qui est finalement retombé à la surface de la Terre sous forme de pluies acides.
Par ailleurs, les chercheurs ont inclus une vaste gamme de gaz dans leurs simulations, en se basant sur des estimations fournies par des analyses chimiques et des modélisations thermiques. Ils ont ensuite suivi le comportement de l’eau dans l’atmosphère, en même temps que les interactions entre les différents gaz et aérosols, afin de calculer l’acidité de la pluie à  cette époque. Les résultats ont montré que les émissions de dioxyde de soufre d’origine volcanique étaient susceptibles d’affecter considérablement l’acidité des pluies à la fin du Permien, ce qui aurait conduit à la Grande Extinction.
Une fois les éruptions terminées, les chercheurs pensent que le niveau de pH dans la pluie est redevenu quasi normal en moins d’un an.
Ils ont également modélisé la perte d’ozone résultant de l’activité volcanique. Leurs résultats suggèrent que d’un mélange de gaz libérés dans l’atmosphère peut avoir détruit entre cinq et 65 pour cent de la couche d’ozone, ce qui a augmenté sensiblement l’exposition des espèces au rayonnement ultraviolet.

Source : Presse scientifique américaine.

 

drapeau anglaisA team of U.S. scientists at the Massachusetts of Technology (MIT) have simulated the Great Dying, which occurred around 252 million years ago, when the vast majority of species became extinct.

While the massive extinction is a matter of scientific debate, the researchers found that sulphur emissions from massive volcanic eruptions were significant enough to create extremely acidic rain which could have affected plant growth.

The researchers investigated the theory that pretends the Great Dying was caused by volcanic eruptions in the Siberian Trapps which triggered a cascade of environmental events.

They discovered that sulphur emissions were significant enough to create widespread acid rain throughout the Northern Hemisphere, with pH levels reaching 2, as acidic as pure lemon juice. Such acidity may have been sufficient to stop plant growth, contributing to their ultimate extinction.

Geologists who have examined the rock record in Siberia have observed evidence of a huge chain of volcanic eruptions that came in short episodes beginning near the end of the Permian period and continued for another million years. The volume of magma produced was several million cubic kilometres, which is enough to completely cover the U.S.

This magma probably released carbon dioxide and other gases into the atmosphere, leading to powerful global warming. The eruptions may also have released large clouds of sulphur which ultimately returned to Earth’s surface as acid rain.

The researchers also included a wide range of gases in their simulations, based on estimates from chemical analyses and thermal modelling. They then tracked water in the atmosphere and the interactions among various gases and aerosols, to calculate the pH acidity of rain at the time. The results showed that both carbon dioxide and volcanic sulphur could have significantly affected the acidity of rain at the end of the Permian, which led to the Great Dying.

After the eruptions ended, the researchers believe pH levels in rain became lower within one year.

The researchers also modelled ozone depletion resulting from volcanic activity. Their results suggested that a mix of gases released into the atmosphere may have destroyed between five and 65 per cent of the ozone layer, substantially increasing species’ exposure to ultraviolet radiation.

Source: U.S. scientific press.

Etat de calamité autour de l’Etna (Sicile / Italie)

En lisant le journal La Sicilia, on apprend que le Conseil Régional, sur proposition du directeur de la Sécurité Civile, a approuvé la déclaration d’état de calamité pour les municipalités touchées par la cendre de l’Etna. Les localités concernées sont : Adrano, Biancavilla, Castiglione di Sicilia, Calatabiano, Fiumefreddo, Linguaglossa, Piedimonte Etneo, Mascali, Milo, Sant’ Alfio, dans la province de Catane. En ce qui concerne la province de Messine, sont impliquées Castelmola , Giardini Naxos, Letojanni et Taormine.
La déclaration d’état de calamité a été rendue nécessaire car la situation actuelle comporte un «risque pour la santé humaine suite à l’émission de cendre, et un risque pour la circulation des piétons et des véhicules ». Il y a aussi un risque d’obstruction des égouts et des canalisations, des conséquences pour les activités industrielles, l’agriculture et le tourisme…
En outre, la pluie et les orages prévus pour le week-end aggravent la situation car la cendre sera encore davantage susceptible d’obstruer gouttières, égouts et autres canalisations.
Le journal ajoute que l’activité strombolienne du Nouveau Cratère du Sud-Est de l’Etna a cessé vendredi matin vers 6h50, si bien que l’aéroport Fontanarossa de Catane a pu devenir de nouveau opérationnel après la fermeture de deux espaces aériens jeudi soir quand le 18ème paroxysme a débuté.

 

Suite au commentaire de Pippo, un ami sicilien, voici une affiche publicitaire qu’il m’a fait parvenir et qui montre que les paroxysmes de l’Etna sont capables de générer du travail! Une fois la cendre tombée, il faut bien faire du nettoyage. En Sicile, ce n’est plus l’opération « mani puliti », mais « tetti puliti »!!

Cenere-blog

Du méthanol volcanique en Islande ! // Volcanic methanol in Iceland !

drapeau francaisLa plupart des touristes qui visitent l’Islande font un arrêt au Blue Lagoon, le célèbre Lagon Bleu, sur la péninsule de Reykjanes et ils plongent leur corps dans l’eau bleue produite par la centrale géothermique de Svartsengi, opérationnelle depuis 1976. De nos jours, une petite société islandaise espère tirer profit du dioxyde de carbone rejeté par cette centrale.
Carbon Recycling International a construit une usine adjacente qui transforme le dioxyde de carbone en méthanol, un combustible utilisé pour la fabrication du contreplaqué, des peintures, solvants et autres produits. C’est peut être la première société au monde à avoir mis en œuvre un procédé commercialement viable pour fabriquer du combustible liquide directement à partir de dioxyde de carbone, ce qui pourrait aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
L’exploitation du dioxyde de carbone émis par la centrale géothermique est moins coûteuse que celle du dioxyde de carbone des centrales électriques qui utilisent des combustibles fossiles. Dans les centrales à charbon, le dioxyde de carbone est produit par la combustion du charbon dans l’air ; le gaz qui en sort est principalement de l’azote, et la séparation du dioxyde de carbone coûte cher.
Carbon Recycling International a baptisé son méthanol Vulcanol  parce que, selon la société, « il est fabriqué avec l’énergie d’un volcan ». La quantité de dioxyde de carbone produite par la centrale géothermique est relativement faible, environ un 20ème de son équivalent pour les centrales au charbon pour un kilowatt-heure d’électricité. En revanche, la centrale géothermique émet un flux très concentré de dioxyde de carbone qui nécessite moins d’énergie et d’équipement pour son extraction et son exploitation.
Pour produire du méthanol à partir du dioxyde de carbone, il faut une source d’hydrogène car le méthanol (CH3OH) est en partie composé d’hydrogène. L’hydrogène est également un combustible en soi et fournit l’énergie chimique nécessaire pour former du méthanol. Carbone Recycling International obtient son hydrogène en utilisant, pour l’ électrolyse de l’eau, l’électricité de la centrale géothermique. Le processus sera rentable dès l’année prochaine, lorsque son usine – qui produira alors cinq millions de litres de méthanol – fonctionnera à pleine capacité.
Les chercheurs sont à la recherche d’autres idées pour que le recyclage du carbone soit rentable. Des catalyseurs sont en train d’être mis au point pour diminuer la quantité d’énergie nécessaire pour transformer le dioxyde de carbone en produits chimiques utiles, et aussi pour pouvoir produire des produits chimiques plus intéressants que le méthanol, tel que le propanol. Au prix de l’électricité en Islande, on pourrait produire une tonne de propanol (qui se vend pour environ $ 3200 / 2350 € ) avec moins de 800 $ (590€) d’électricité. Toutefois, le marché du propanol est relativement limité.
Source : MIT Review. .

 

drapeau anglaisMost tourists who visit Iceland make a stop at the Blue Lagoon on the Reykjanes Peninsula and plunge their bodies in the blue water spewed by the Svartsengi geothermal plant that has been operational since 1976. Now a small Icelandic company is hoping to turn a profit from the waste carbon dioxide from the same plant.

Carbon Recycling International has built an adjacent plant that converts the carbon dioxide into methanol, a fuel for making plywood, paints, solvents and other products. It may be the first company in the world to demonstrate a commercially viable way of making liquid fuel directly from carbon dioxide, something that could help reduce greenhouse gas emissions.

The carbon dioxide emitted by the geothermal plant is cheaper to capture than the carbon dioxide from fossil-fuel power plants. At coal-fired plants, carbon dioxide is a product of burning coal in air ; the resulting flue gas, like air, is mostly nitrogen, and separating the carbon dioxide is expensive.

Carbon Recycling International brands its methanol Vulcanol because “it’s made with energy from a volcano.” The amount of carbon dioxide produced by the geothermal plant is relatively small, roughly one-20th as much as for coal-fired power plants per kilowatt-hour of electricity. But the geothermal plant emits highly concentrated streams of carbon dioxide that require less energy and equipment to separate and capture.

To make methanol from carbon dioxide, you need a source of hydrogen, since methanol (CH3OH) is partly made of hydrogen. Hydrogen is also a fuel in its own right and provides the chemical energy needed to form methanol. Carbon Recycling International gets its hydrogen by using electricity from the geothermal power plant to split water. The process will be profitable by next year, when its five-million-litre methanol plant is operating at full capacity.

Researchers are looking at other ideas for making carbon recycling profitable. Catalysts are being developed that decrease the amount of energy required to turn carbon dioxide into useful chemicals, and also make it possible to produce chemicals more valuable than methanol, such as propanol. With the price of electricity in Iceland, you could make a ton of propanol (which sells for about $3,200) with less than $800 of electricity. The market for propanol, however, is relatively small.

Source : MIT Review.

Islande-centrale

 Centrale thermique de Svartsengi, au sud-ouest de l’Islande (Photo:  C.  Grandpey)

Normal
0
21

MicrosoftInternetExplorer4

st1:*{behavior:url(#ieooui) }

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;}

Le lac Waiau (Mauna Kea / Hawaii) en voie de disparition? // Is Lake Waiau about to disappear?

drapeau francaisDans une note mise en ligne le 22 septembre 2012, j’expliquais l’existence du lac Waiau sur les flancs du Mauna Kea et son importance dans la culture hawaiienne. J’indiquais également que le niveau du lac baissait rapidement depuis plusieurs années. Cette dernière constatation est confirmée, photo à l’appui, par un article publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii.

Au mois de septembre 2013, le diamètre du lac n’était plus que de 15 mètres, alors qu’en 2010 il était d’une centaine de mètres. L’eau n’occupe plus qu’une superficie de 115 m2, soit 2% de ce qu’elle était auparavant (entre 5000 et 7000 m2). La dépression occupée par le lac Waiau est pratiquement asséchée dans sa totalité. Avant 2010, y compris au 19ème siècle, la surface du lac variait de temps en temps, en fonction des précipitations et de l’évaporation, mais elle restait globalement stable. Depuis 2010, le rétrécissement est spectaculaire et la profondeur est passée d’environ 3 mètres avant 2010 à moins de 30 centimètres maintenant.

Dans ma note du 22 septembre, j’évoquais différentes hypothèses pour expliquer la disparition annoncée du lac. D’une part, il y a la sécheresse qui affecte Hawaii depuis 2008

Il se peut aussi que le substrat sur lequel repose le lac ait perdu de son imperméabilité. Certains chercheurs optent pour une fonte du permafrost, mais aucune preuve véritable ne vient étayer cette hypothèse.

Quelle que soit la cause, le lac Waiau diminue à vue d’œil. Etant donné son importance culturelle et son côté exceptionnel, sa disparition serait une grosse perte pour Hawaii.

 

drapeau anglaisIn a note written on September 22nd, 2012 , I explained the existence of Lake Waiau on the slopes of Mauna Kea and its importance in Hawaiian culture. I added that the lake level had been falling rapidly for several years. This is confirmed, with a photo to prove it, by an article published by the Hawaii Volcanoes Observatory .
In September 2013, the diameter of the lake was no more than 15 meters, while in 2010 it was one hundred meters. The water barely fills an area of ​​115 m2, or 2% of what it was before ( between 5000 and 7000 m2). The depression occupied by Lake Waiau is almost totally drained. Prior to 2010 , including the 19th century, the lake surface varied from time to time, depending on rainfall and evaporation, but it usually remained stable. Since 2010, the narrowing is spectacular and the depth has changed from about 3 meters before 2010 to less than 30 centimeters now .
In my note of 22 September, I mentioned several hypotheses to explain the demise of the lake. On the one hand , there is the drought that has been affecting Hawaii since 2008
The substrate on which the lake is lying may have lost its impermeability based. Some researchers opt for the melting of the permafrost, but there is no real evidence to support this hypothesis.
Whatever the cause, it is clear Lake Waiau is getting smaller and smaller. Given its cultural importance and its exceptional side, its disappearance would be a great loss for Hawaii.

Lake-Waiau-2

Le lac Waiau en 2006  (Crédit photo:  Wikipedia)

Lake-Waiau

Le lac Waiau en 2013  (Crédit photo:  USGS)