La Mer de Ross (Antarctique) bientôt un sanctuaire marin // The Ross Sea (Antarctica) to become a marine sanctuary

drapeau-francaisAprès cinq ans de négociations, les vingt-quatre Etats qui siègent avec l’Union européenne dans la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) ont annoncé à Hobart (Australie), le vendredi 28 octobre, la création d’une très vaste aire maritime protégée (AMP) dans la mer de Ross

Proposée par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, cette zone couvre 1,57 million de kilomètres carrés, dont 1,12 million totalement protégés, où tout prélèvement, la pêche notamment, sera interdit. C’est le plus grand sanctuaire marin du monde.

Pour parvenir à cet accord historique, les membres de la CCAMLR ont dû vaincre les réticences du gouvernement chinois, ce qui fut fait en 2015, puis celles des Russes lors de cette session. Cette AMP a une durée limitée à trente-cinq ans.

L’Antarctic Ocean Alliance (AOA), une coalition d’une vingtaine d’ONG, se réjouit sans réserve d’une avancée qu’elle attendait avec optimisme. Il s’agit en effet d’une avancée, mais d’autres projets de sanctuaires au sud du 60e parallèle ont été repoussés à plus tard. La France et l’Australie proposent depuis plusieurs années de créer une autre vaste AMP dans l’est de l’Antarctique, tandis que l’Allemagne et les Etats-Unis en défendent une troisième dans la mer de Weddell. A elles trois, ces aires couvriraient 4,8 millions de km² et pourraient représenter un solide maillage de l’océan Austral, actuellement bien moins protégé que le continent Antarctique.

L’extrême sud n’est plus épargné, on y trouve désormais des polluants persistants, des particules de plastique. Avec 7 000 scientifiques et 33 000 touristes par an, l’augmentation du nombre de visiteurs constitue une nouvelle menace. Plusieurs espèces de manchots sont classées comme quasi menacées, tandis que leur nourriture principale, le krill, est elle-même à la fois victime du réchauffement climatique et de la convoitise des pêcheurs.

La légine, dont il existe deux espèces dans les profondeurs des eaux froides, constitue l’autre dossier emblématique de la commission d’Hobart. Qualifié d’or blanc, ce gros prédateur est à la mode dans les restaurants chics, de New York et Tokyo surtout. A 40 euros le kilo au moins, il est l’un des poissons les plus chers et suscite du braconnage.

Pour une ONG comme le WWF, lutter contre la pêche illégale ne suffit pas. Il est nécessaire d’établir des aires protégées qui peuvent permettre aux écosystèmes d’affronter le changement climatique avec plus de ressources afin d’être en mesure de s’y adapter

Ce discours semble être entendu au ministère français de l’environnement. Dans la partie de l’Antarctique qui est sous juridiction française, Ségolène Royal souhaite établir rapidement une importante AMP en étendant la réserve autour des îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam. La ministre de l’environnement a décidé d’en faire une vaste aire réglementée de 581 000 km² (dont 120 000 km² en protection renforcée), quoique morcelée en plusieurs parties.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisAfter five years of negotiations, the twenty-four states sitting with the European Union in the Commission for the Conservation Antarctic Marine Living Resources (CCAMLR) announced in Hobart (Australia), on Friday 28 October, the creation of a vast marine park area (MPA), in the Ross sea
Proposed by the United States and New Zealand, the area covers 1.57 million square kilometers, 1.12 million fully protected, where any sampling, including fishing, will be banned. This is the largest marine sanctuary in the world.
To reach this historic agreement, CCAMLR members had to overcome the reluctance of the Chinese government, which was done in 2015, and the opposition of the Russians at that session. The AMP has a limited time of thirty-five years.
The Antarctic Ocean Alliance (AOA), a coalition of twenty NGOs, wholeheartedly welcomes this advance it was waiting for with optimism. This is an advance indeed, but other projects of santuaries south of the 60th parallel were postponed. France and Australia have proposed for several years to create another large MPA in East Antarctica, while Germany and the United States are defending a third in the Weddell Sea. Together, these three areas would cover 4.8 million square kilometers and could represent a solid mesh of the Southern Ocean, now less protected than the Antarctic continent.
The extreme south is not spared, and now includes persistent pollutants and plastic particles. With 7,000 scientists and 33,000 tourists a year, the increasing number of visitors represents a new threat. Several species of penguins are classified as nearly threatened, while their main food source, krill, is itself both a victim of global warming and the envy of the fishermen.
Toothfish, with two species in the deep cold waters, is another emblematic case of the Hobart commission. A kind of white gold, this large predator is fashionable in chic restaurants, especially in New York and Tokyo. At 40 euros a kilo at least, it is one of the most expensive fish and has to face poaching.
For NGOs such as WWF, fighting against illegal fishing is not enough. It is necessary to establish protected areas that can allow ecosystems to face climate change with more resources in order to be able to adapt
This appraoch seems to be heard at the French Ministry of Environment. In the part of Antarctica which is under French jurisdiction, Segolene Royal wants to quickly establish a significant GPA by extending the reserve around Kerguelen, Crozet, Saint-Paul and Amsterdam. The Environment Minister has decided to set up a large regulated area of 581,000 km² (120,000 km² with high protection), though fragmented into several parts.
Source: International press.

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Vue de l’Antarctique sud, avec la Mer de Ross et le volcan Erebus à proximité.

Source : Encyclopédie Larousse en ligne.

 

Séisme en Italie (suite) : Nouveau volcan de boue // Seismicity in Italy (continued) : New mud volcano

drapeau-francaisSuite à la récente augmentation de l’activité sismique avec une secousse de M 6,5 dans la province de Fermo (région des Marches) le 30 octobre, un nouveau volcan de boue est apparu la semaine dernière dans un champ de la commune de Santa Vittoria in Matenano.
Il y a six volcans de boue actifs dans la commune voisine de Monteleone di Fermo, située le long de la rivière Ete. Depuis la dernière augmentation de l’activité sismique, tous ces volcans de boue ont connu des éruption d’argile, tandis qu’un autre s’est formé sans prévenir, au début de la semaine.
Voici une petite vidéo illustrant ce sujet:
https://youtu.be/Ic6V8tQ4NcY

Source: The Watchers.

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drapeau-anglaisFollowing the recent increase in seismic activity.with an M 6.5 earthquake in the Province of Fermo, Marche region on October 30th, a new mud volcano formed last week in a field in the municipality of Santa Vittoria in Matenano.

There are six active mud volcanoes in the neighbouring municipality of Monteleone di Fermo, located along the river Ete. Since the latest increase in seismic activity, all of them have been reported to erupt clay, while another one was formed suddenly and with no prior warning, earlier in the week.

Here is a short video that illustrates this topic:

https://youtu.be/Ic6V8tQ4NcY

Source : The Watchers.

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En Sicile, le Maccalube di Aragona comptent parmi les plus célèbres volcans de boue d’Italie. (Photo: C. Grandpey)

Notre responsabilité dans la fonte de l’Arctique // Human responsibility in the melting of the Arctic

drapeau-francaisTout le monde – sauf d’irréductibles Républicains aux Etats-Unis – reconnaît  que les gaz à effet de serre, surtout le dioxyde de carbone, sont responsables du réchauffement climatique et de la fonte de l’Arctique.
Une équipe de climatologues de l’Institut de météorologie Max Planck en Allemagne a calculé que pour chaque personne qui parcourt 1600 kilomètres en voiture ou effectue un vol aller-retour entre New York et Londres, 3 mètres carrés de glace de mer disparaissent de l’Arctique. L’étude a été publiée dans la revue Science, avec le détail des calculs complexes qui ont permis aux chercheurs d’estimer quelle surface de glace de mer arctique fond pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise dans l’atmosphère.
Les résultats de cette étude montrent que des comportements individuels contribuent à créer une situation que beaucoup de gens ont du mal à comprendre. Par exemple, selon la Banque mondiale, l’Américain moyen émet plus de 16 tonnes de carbone chaque année. Cela équivaut à la fonte d’environ 48 mètres carrés de glace dans l’Arctique.
Les chercheurs affirment également que la relation linéaire entre les émissions de dioxyde de carbone et la perte de surface de glace pourrait être un bon indicateur du moment où l’Arctique sera totalement dépourvu de glace en septembre, le mois où l’on enregistre chaque année  la plus faible surface de glace de mer. Les scientifiques s’attendent à ce que cet événement se produise au cours des prochaines décennies, peut-être même dès 2030. L’étendue de glace de mer n’a jamais été aussi réduite fin octobre (voir ma note du 3 novembre 2016), et la température de l’air n’a jamais été aussi haute dans l’Arctique à cette époque de l’année. Toutes ces observations confirment sans le moindre doute que l’on se dirige vers une perte de glace dans l’Arctique sur le long terme.
Les chercheurs allemands pensent que c’est moins une question de calendrier et plus une question de quantité de CO2 émis. Au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone, l’Arctique pourrait être exempt de glace à la fin de l’été dès le milieu de ce siècle. En revanche, les résultats de l’étude soulignent également que toute mesure prise pour réduire les émissions de CO2 ralentira la perte de glace de mer pendant l’été arctique.
La disparition de la glace dans l’Arctique aura des effets à grande échelle. Certaines études ont déjà montré que cela pourrait affaiblir le jet stream et ainsi contribuer aux inondations, aux sécheresses et à d’autres phénomènes météorologiques extrêmes qui ont frappé les latitudes moyennes ces dernières années. De nombreux scientifiques pensent que la réduction rapide de la glace de mer arctique pourrait contribuer à des hivers plus longs en Amérique du Nord, ainsi qu’à des vagues de chaleur plus intenses.
Il ne fait aucun doute que la disparition de la glace de mer aura également un impact sévère sur l’Arctique proprement dit. Les ours polaires, les phoques et autres animaux sauvages devront s’adapter, s’ils le peuvent, à de nouveaux paysages. Les communautés autochtones devront changer leur mode de chasse et de pêche, et les villages deviendront plus vulnérables aux tempêtes et à l’érosion. L’exploration pétrolière et gazière deviendra plus facile dans un Arctique dépourvu de glace, et la navigation sera plus aisée. Comme je l’ai écrit précédemment, une croisière de luxe a déjà traversé l’Arctique cet été…
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisEverybody – except some Republicans in the U.S. – admits that greenhouse gases, and especially carbon dioxide, are responsible for global warming and the melting of the Arctic.

A team of climate scientists at the Max Planck Institute for Meteorology in Germany has calculated that for every person who drives a car 1,600 kilometres or takes a round-trip flight from New York to London, 3 square metres of sea ice vanishes from the Arctic. The study has been published in the journal Science, with the detail of the complex set of calculations that allowed the researchers to estimate how much Arctic sea ice melts for every metric ton of carbon dioxide emitted into the atmosphere.

The result helps illustrate how individual actions shape what often can seem a faraway problem. The average American, for instance, emits more than 16 metric tons of carbon each year, according to the World Bank. That would amount to the melting of about 48 square metres of ice in the Arctic.

The researchers also argue that the linear relationship between carbon dioxide emissions and the amount of ice melting might serve as a good predictor of when the Arctic will be completely free of ice during September, the lowest month each year for Arctic sea ice, a development many scientists expect to happen over the next several decades, possibly even by 2030. Sea ice extent in the Arctic measured as low as it has ever has in late October (see my note of 3 November 2016), and air surface temperatures have shown record warmth. All these observations confirm there is an unmistakable, long-term trend toward less ice in the Arctic.

The German researchers suggest that it might be less a question of timing and more a question of how much CO2 the world emits. At the current rate of emissions, the Arctic could be free of ice during the late summer by the middle of this century. On the other hand, the results of the study also imply that any measure taken to mitigate CO2 emissions will directly slow down the ongoing loss of Arctic summer sea ice.

The loss of ice in the Arctic would have wide-range effects. Some studies have suggested that it could be weakening the jet stream and thus contributing to floods, droughts and other extreme weather events that have struck the mid-latitudes in recent years. Many scientists believe the accelerated loss of Arctic sea ice could be contributing to longer winters in North America, as well as more intense heat waves.

There is no doubt that the loss of sea ice also will profoundly alter the Arctic itself. Polar bears, seals and other wildlife will have to wrestle with the changing landscape. Native communities might have to change how and when they hunt and fish, and villages could become more vulnerable to storms and erosion. Oil and gas exploration would become easier in an ice-free Arctic, and shipping would become more feasible. As I put it previously, a luxury cruise already sailed through the Arctic this summer.

Source: The Washington Post.

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Photo: C. Grandpey

L’Italie continue de trembler // Italy is still trembling

drapeau-francaisUne nouvelle secousse sismique de M 5 a de nouveau secoué la nuit dernière le centre de l’Italie, peu avant 2 h 00 du matin. On ne signale pas de dégâts pour l’instant. L’épicentre a été localisé à 51,5 km au sud-est de Perugia, à une profondeur de 10 kilomètres.

Selon les sismologues italiens de l’INGV, les violents séismes qui ont lieu dans le centre de l’Italie pourraient encore durer plusieurs semaines. Selon eux, un séisme de M 6 ou plus (comme ceux enregistrés ces dernières semaines) engendre des tensions qui sont redistribuées dans les failles adjacentes et peuvent les conduire à la rupture.

Les Apennins sont tailladés par une série de failles dans la croûte terrestre, chacune ayant en moyenne dix à vingt kilomètres de longueur. Un puissant séisme affaiblit une faille adjacente dans la continuité d’un effet domino susceptible de s’étirer sur des centaines de kilomètres.

La dernière fois qu’une telle suite de séismes a eu lieu remonte à 1997 dans la région d’Assise, dans le centre du pays. Le premier, avec une magnitude de M 6,4, avait fait 11 morts et avait été suivi d’une autre secousse, le lendemain, et d’un autre encore, une vingtaine de jours plus tard, sans compter les nombreuses répliques. Il se pourrait que cette séquence de 1997 soit semblable à ce que nous constatons actuellement.

Les médias ont mis en ligne la photo d’une faille qui a été ouverte dimanche dernier par le séisme sur le Monte Vettore, près de Nurcia. Beaucoup d’habitants de la région redoutent des glissements de terrain qui seraient provoqués par la fragilité de la montagne.

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/seisme-en-italie-regardez-l-enorme-fissure-qui-a-fendu-la-montagne-881619.html

Source : Presse italienne.

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drapeau-anglaisA new M 5 earthquake shook again last night Central Italy, shortly before 2:00 am. There are no reports of damage yet. The epicenter was located 51.5 km southeast of Perugia, at a depth of 10 kilometers.
According to Italian seismologists at the INGV, the violent earthquakes that are observed in central Italy could last several weeks. They explain that an M 6 earthquakeor more (such as those in recent weeks) creates tensions that are redistributed to adjacent faults and can lead to their rupture.
The Apennines are slashed by a series of faults in the earth’s crust, each with an average of ten to twenty kilometers in length. A powerful earthquake weakens an adjacent fault in the continuity of a domino effect that can stretch over hundreds of kilometers.
The last time such a sequence of earthquakes occurred was in 1997 in Assisi region in central Italy. The first event, with a magnitude of M 6.4, killed 11 people and was followed by another shock, the next day, and then another, twenty days later, with numerous aftershocks. It could be that this 1997 sequence was similar to what we are seeing right now.
The media have posted a photo of a fault that was opened last Sunday by the earthquake on Monte Vettore near Nurcia. Many locals fear landslides that would be caused by the fragility of the mountain.
http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/seisme-en-italie-regardez-l-enorme-fissure-qui-a-fendu-la-montagne-881619.html

Source: Italian newspapers.