Mayotte, naissance d’un volcan

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un très bon documentaire intitulé Mayotte, naissance d’un volcan. Il nous montre l’île entre la première crise sismique enregistrée le 10 mai 2018 et la dernière expédition scientifique à bord du Marion Dufresne.

Le film met bien l’accent sur l’inquiétude qui s’était emparée des Mahorais en mai 2018 et dont j’avais fait part à l’époque quand un des visiteurs de mon blog m’avait alerté. Sa fille, médecin sur l’île, ne comprenait pas la cause de l’intense sismicité qui provoquait des crises d’angoisse chez ses patients.

Au moment de ces premiers essaims sismiques, j’ai critiqué la lenteur de la France à réagir et à envoyer une mission scientifique. Ce n’est qu’un an après le début de la crise sismique, en mai 2019 que le Marion Dufresne a accosté à Mayotte. Le travail des scientifiques a été couronné de succès car il a permis de se rendre compte que la cause de la sismicité était la naissance d’un volcan sous-marin, à plus de 3000 mètres de profondeur, à une cinquantaine de kilomètres au large de la côte orientale de l’île. Les instruments à bord du navire de recherche ont permis d’obtenir des images très intéressantes et de collecter les échantillons sur le site éruptif.

Les témoignages des pêcheurs qui se sont inquiétés en voyant des poissons morts à la surface de l’océan, et ceux de la population qui voit l’eau menacer les habitations et la mangrove du littoral, illustrent parfaitement la situation actuelle.

Le documentaire se termine avec les enfants de Mayotte auxquels un géographe local a expliqué pourquoi la terre tremblait et comment un volcan était apparu au fond de la mer. Cette participation des petits Mahorais est une très bonne idée car ce sont eux qui devront gérer l’avenir de l’île…

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/mayotte-naissance-volcan

Le plancher océanique en 2014…

…et ce même plancher océanique où se dresse aujourd’hui le nouveau volcan  (Capture d’images du documentaire)

Image montrant l’ile de Mayotte (en rouge), la source de la sismicité et le nouveau site volcanique

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S’agissant des documents télévisuels liés aux volcans, on me signale la diffusion sur ARTE :

Le 13 juin 2020 :

22h35 Pompéi: la vie avant la mort

Que savons-nous réellement de Pompéi, ensevelie sous les cendres par l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère ? Décryptage des plus importants travaux de recherche et de restauration jamais menés sur ce site emblématique.

23h20 Naples, le réveil des volcans

Les 3 millions d’habitants de Naples et son agglomération vivent sous la menace du Vésuve, qui a anéanti Pompéi, et des champs Phlégréens, qui comptent parmi les volcans en activité les plus dangereux au monde…

Le 14 juin 2020 :

02h35 Vigilance volcanique au cœur de Java

L’île indonésienne de Java est située sur l’arc de la Sonde, zone volcanique à l’activité la plus intense au monde. Le volcan Merapi ou « Montagne de feu », réputé pour ces fréquentes et redoutables éruptions, menace la région et la planète entière. Comprendre son mécanisme devient alors un enjeu majeur pour les chercheurs.

Diffusion sur la « 5 » :

Le 15 juin2020  Nyiragongo

Au cœur de la République Démocratique du Congo se dresse un immense volcan : le mont Nyiragongo. Son cratère mesure 1 200 mètres de diamètre et abrite le plus grand lac de lave du monde. Il est situé à 15 kilomètres seulement de Goma, qui compte un million d’habitants.

Voitures électriques et salars d’Amérique du Sud // Electric cars and South American salars

 A fa fin du mois de mai 2020, le président Emmanuel Macron a annoncé un vaste plan de soutien à l’industrie automobile française, victime d’un coup d’arrêt dû à la crise sanitaire. Depuis l’usine Valeo à Etaples (Pas-de-Calais), il a égrainé une série de mesures destinées à sauvegarder la filière automobile française et ses 400 000 emplois directs: renforcement des aides à l’achat de voitures électriques et hybrides, hausse des primes à la conversion des voitures polluantes… Le chef de l’Etat veut « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe en portant à plus d’un million par an, sous cinq ans, la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides » dans le pays.

Cette déclaration n’a pas vraiment convaincu les ONG de défense de l’environnement qui dénoncent, à l’instar de Greenpeace France, un plan « climaticide ». Il est vrai que les voitures électriques, si elles contribuent beaucoup moins que les véhicules thermiques à la pollution de l’atmosphère, ne sont pas exemptes de reproches, à commencer par la fabrication de leurs batteries. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention sur la destruction des salars sud-américains par l’extraction du lithium.

Au Chili, le désert d’Atacama détient 40 % des réserves mondiales de lithium, l’ingrédient principal utilisé pour les batteries de voitures électriques et hybrides, sans oublier les batteries des téléphones portables et des ordinateurs. C’est une véritable ruée vers l’or qui s’est déclenchée dans le « triangle du lithium », autrement dit les salars ou déserts de sel d’Argentine du Chili et de Bolivie. Le Chili reste le leader dans ce domaine avec des prix très compétitifs qui s’expliquent par des conditions d’extraction optimales. L’Argentine et la Bolivie sont en retrait. En Bolivie, le salar d’Uyuni abrite le plus important gisement de lithium au monde. Selon l’USGS, le pays disposerait de plus de 9 millions de tonnes de matière première. Ayant eu la chance d’admirer la splendeur de ce désert de sel, je suis furieux quand je lis des articles de presse qui annoncent le saccage à venir de ce désert de sel.

Comme je l’ai expliqué précédemment, le processus d’extraction du lithium consiste à évaporer l’eau où il est contenu. Les mines assèchent donc le désert. On estime à 430 milliards le nombre de litres d’eau qui ont été perdus sur le seul plateau d’Atacama. Et le mal ne fait que commencer. Le gouvernement chilien mène toutefois des études pour évaluer d’autres salars où étendre l’exploitation du lithium pour préserver ceux de l’Atacama.

Les mines d’exploitation de lithium sont gérées par des entreprises privées qui payent un loyer au gouvernement pour l’exploitation des mines. Une partie des profits est reversée sous forme de taxes qui doivent être réinvesties dans des infrastructures à Santiago.

Ce que ces habitants du désert dénoncent, ce n’est pas seulement la destruction d’un territoire ; c’est aussi la confiscation de leur droit à participer à l’avenir de leurs enfants. Ils sont d’accord pour que le pays se développe grâce à l’exploitation du lithium, mais ils veulent aussi en faire partie. Mais leur lutte est loin d’être gagnée, et il est fort à parier que le désert de sel disparaîtra, entraînant dans sa destruction des effets aussi graves que ceux de la destruction de la forêt amazonienne.

En constatant des dégâts créés par l’extraction du lithium pour permettre la fabrication de véhicules moins polluants, on se rend compte que l’on remplace des technologies fossiles par d’autres qui induisent elles aussi des problèmes environnementaux. Quelle est la solution ? Peut-être nous faudrait-il changer la manière dont nous utilisons ces technologies, ainsi que la quantité de ce que nous produisons et consommons.

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At the end of May 2020, President Emmanuel Macron announced a vast plan to support the French automobile industry which had been brought to a halt by the Covid-19 crisis. From the Valeo factory in Etaples (Pas-de-Calais), he initiated a series of measures intended to safeguard the French automotive sector and its 400,000 direct jobs: increased aid for the purchase of electric and hybrid cars, increase bonuses for the conversion of polluting cars … The French President wants to “make France the first nation producing clean vehicles in Europe by bringing to more than a million per year, within five years, the production of electric vehicles, plug-in hybrids or hybrids » in the country.”
This statement did not really convince environmental defense NGOs who, like Greenpeace France, denounce a “destructive plan for the climate.”. It is true that electric cars, if they contribute much less than thermal vehicles to air pollution, are not free from reproach, starting with the manufacture of their batteries. I have repeatedly drawn attention to the destruction of South American salars by the extraction of lithium.
In Chile, the Atacama Desert holds 40% of the world’s reserves of lithium, the main ingredient used for batteries in electric and hybrid cars, not to mention batteries in cell phones and computers. It was a real gold rush that started in the « lithium triangle », in other words the salars or salt deserts of Argentina, Chile and Bolivia. Chile remains the leader in this field with very competitive prices which are explained by optimal extraction conditions. Argentina and Bolivia are lagging behind. In Bolivia, the Uyuni Salar is home to the largest deposit of lithium in the world. According to USGS, the country has more than 9 million tonnes of this mineral. I was very fortunate to admire the splendor of this salt desert, I am furious when I read press articles announcing the coming rampage of this wonderful place.
As I explained earlier, the process for extracting lithium is to evaporate the water where it is contained. The mines therefore dry up the desert. An estimated 430 billion liters of water have been lost on the Atacama Plateau alone. And the evil is just beginning. The Chilean government is, however, carrying out studies to assess other salars where to extend the exploitation of lithium so as to preserve those of Atacama.
The lithium mines are operated by private companies that pay rent to the government for mining. Part of the profits are transferred in the form of taxes which are reinvested in infrastructure in Santiago.
What the people who live close to these deserts denounce is not only the destruction of a territory; it is also the confiscation of their right to participate in the future of their children. They agree that the country will develop thanks to the exploitation of lithium, but they also want to a part of the cake. But their struggle is far from won, and it is a safe bet that the salt desert will disappear, leading to its destruction in the same way as the Amazon rainforest is being destroyed.
When we see the damage caused by the extraction of lithium to allow the production of less polluting vehicles, we realize that we are replacing fossil technologies by others that also cause environmental problems. What is the solution ? Perhaps we should change the way we use these technologies, as well as the amount of what we produce and consume.

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Salar d’Uyuni (Photos : C. Grandpey)

L’éruption cataclysmale du volcan Huaynaputina (Pérou) // The cataclysmal eruption of Huaynaputina volcano (Peru)

Comme je l’ai indiqué dans les derniers bulletins d’activité volcanique dans le monde, la situation est relativement calme actuellement. Faute de munitions, certains médias se tournent vers le passé. C’est le cas du National Geographic qui vient de rappeler qu’en 1600 un volcan péruvien a connu une éruption cataclysmique qui a perturbé le climat de la planète, ave un hiver volcanique en Russie.

En l’an 1600, dans le sud du Pérou, le volcan Huaynaputina entre en éruption, dévaste la région et détruit une dizaine de villages. A partir de l’analyse géologique des dépôts éruptifs et de l’étude des chroniques de l’époque, une équipe de chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-Orstom) et de l’Institut Géophysique du Pérou (IGP) a pu reconstituer cette éruption qui est la plus importante que les Andes aient connues depuis la conquête espagnole.

Le volcan Huaynaputina se trouve sur le bord d’un haut plateau du sud du Pérou, à 75 kilomètres de la ville d’Arequipa qui se trouve elle-même sous la menace du volcan Misti. Du 19 février au 15 mars, des pluies de cendres et de lapilli, suivies par de nombreuses coulées pyroclastiques, ensevelirent au moins dix villages, faisant quelque 1500 victimes, et chamboulèrent le paysage sur un rayon de 30 à 60 kilomètres autour du volcan.

Les chercheurs distinguent trois phases majeures dans l’éruption du Huaynaputina.

– La première, de type plinien, est la plus considérable par son intensité et par ses conséquences. Le 19 février, un panache s’éleva au-dessus du volcan jusqu’à une hauteur estimée à 35 kilomètres ; en s’écroulant, ce panache fit s’accumuler près de 8 kilomètres cube de dépôts en dix-neuf heures environ. Cette retombée  de matériaux fut observée par des témoins de l’époque jusqu’à 600 kilomètres au nord-ouest du volcan et reste encore identifiable aujourd’hui jusqu’à 350 kilomètres de sa source.

– Après une période d’accalmie, l’activité explosive reprit du 24 au 27 février et des séismes d’origine volcanique détruisirent la cathédrale d’Arequipa à 75 kilomètres de là. Lors de cette phase, de type ignimbritique, des coulées pyroclastiques riches en ponces, furent canalisées jusqu’à 40 kilomètres de leur point de départ dans le canyon du Rio Tambo et les nombreuses vallées qui cisaillent le haut plateau sur lequel s’élève le volcan.

– Du 28 février au 15 mars, une nouvelle série de coulées pyroclastiques cendreuses, associées à des explosions hydromagmatiques, fut à l’origine de dépôts que l’on peut actuellement observer jusqu’à plus de 60 kilomètres du volcan. Certaines de ces coulées pyroclastiques s’engouffrèrent dans le canyon du Rio Tambo, créant des barrages à l’origine de lacs temporaires. Lorsque ces barrages cédèrent, des lahars dévastèrent cette vallée sur 120 kilomètres jusqu’à l’océan Pacifique.

Au cours des mois qui suivirent l’éruption, des coulées pyroclastiques secondaires apparurent sur les pentes les plus abruptes du volcan. Certaines chroniques rapportent que le ciel resta obscurci par la poussière près de neuf mois après le début du cataclysme.

Dans leur étude, les chercheurs de l’IRD et de l’IGP ont essayé d’expliquer la magnitude de cette éruption du Huaynaputina. Selon eux, elle s’esplique par au moins deux phénomènes. D’une part, lors de son ascension, le magma est entré en contact avec de l’eau provenant d’un système hydrothermal superficiel, ce qui a contribué à accroître la fragmentation du magma et l’intensité de l’explosion. D’autre part, un magma légèrement plus acide a été émis depuis le réservoir magmatique lors de la phase ignimbritique et des phases postérieures. Cela a entretenu le caractère très explosif de cette éruption et a permis au volcan de vomir un volume d’environ 13 km3 de matériaux.

Les scientifiques précisent que ce type d’éruption est vraisemblablement exceptionnel dans l’histoire du Huaynaputina qui n’aurait connu qu’une seule autre éruption de ce type il y a 9 700 ans environ.

Le National Geographic nous apprend que ce cataclysme et l’obstruction solaire qui l’a accompagné ont provoqué un hiver volcanique en Russie où ce fut l’hiver le plus rude des 6 derniers siècles, avec les températures estivales en dessous de 0°C pendant la nuit.

Près de deux millions de personnes, soit le tiers de la population russe à l’époque du tsar Boris Godounov, moururent de la famine qui s’ensuivit. Ce sombre épisode précipita la chute du tsar.

Source : IRD.

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As I have indicated in volcanic activity reports around the world, the situation is relatively calm these days. Due to lack of ammunition, some media are looking to the past. This is the case of the National Geographic which has just recalled that in 1600 a Peruvian volcano experienced a cataclysmic eruption which disrupted the climate of the planet, with a volcanic winter in Russia.
In 1600, in southern Peru, the Huaynaputina volcano erupted, devastated the region and destroyed a dozen villages. From the geological analysis of the eruptive deposits and the study of chronicles of the time, a team of researchers from the Research Institute for Development (IRD, ex-Orstom) and the Geophysical Institute of Peru (IGP) was able to reconstruct this eruption which has been the most important in theAndes since the Spanish conquest.
The Huaynaputina volcano is located on the edge of a high plateau in southern Peru, 75 kilometres from the city of Arequipa which itself is under the threat of the Misti volcano. From February 19th to March 15th, rains of ash and lapilli, followed by numerous pyroclastic flows, buried at least ten villages, causing some 1,500 victims, and turned the landscape upside down over a radius of 30 to 60 kilometres around the volcano.
Researchers distinguish three major phases in the eruption of Huaynaputina.
– The first, of the Plinian type, was the most impressive in its intensity and its consequences. On February 19th, a plume rose above the volcano to an estimated height of 35 kilometres; as it collapsed, this plume spread nearly 8 cubic kilometres of deposits in about nineteen hours. This fallout of materials was observed by witnesses of the time up to 600 kilometres north-west of the volcano and remains identifiable today up to 350 kilometres from its source.
– After a period of calm, explosive activity resumed from  February 24th to 27th and volcanic earthquakes destroyed the cathedral of Arequipa, 75 kilometres away. During this phase, of ignimbritic type, pyroclastic flows rich in pumice, were channeled up to 40 kilometres from their starting point in the canyon of Rio Tambo and the numerous valleys which slash the high plateau on which the volcano rises.
– From February 28th to March 15th, a new series of ashy pyroclastic flows, associated with hydromagmatic explosions, caused the accumulation of deposits that can currently be observed up to 60 km from the volcano. Some of these pyroclastic flows rushed into the canyon of the Rio Tambo, creating dams at the origin of temporary lakes. When these dams collapsed, lahars devastated this valley over 120 kilometres to the Pacific Ocean.
In the months following the eruption, secondary pyroclastic flows appeared on the steepest slopes of the volcano. Some chronicles report that the sky remained obscured by dust almost nine months after the start of the cataclysm.
In their study, IRD and IGP researchers tried to explain the magnitude of this eruption of Huaynaputina. They think it was caused by at least two phenomena. On the one hand, during its ascent, the magma came into contact with water coming from a shallow hydrothermal system, which contributed to increase the fragmentation of the magma and the intensity of the explosion. On the other hand, a slightly more acidic magma was emitted from the magmatic reservoir during the ignimbritic phase and the later phases. This maintained the highly explosive nature of this eruption and allowed the volcano to vomit a volume of about 13 km3 of material.
Scientists point out that this type of eruption is probably exceptional in the history of Huaynaputina which probably went through only one other eruption of this type about 9,700 years ago.
The National Geographic informs us that this cataclysm and the solar obstruction which accompanied it caused a volcanic winter in Russia where it was the harshest winter of the last 6 centuries, with summer temperatures below 0°C at night.
Nearly two million people, one third of the Russian population during the time of Tsar Boris Godunov, died of the ensuing famine. This dark episode precipitated the fall of the Tsar.
Source : IRD.

Vue du cratère du Huaynaputina et des environs (Crédit photo : Wikipedia)

Sécheresse : du jamais vu dans le sud-ouest des Etats-Unis // A drought never seen before in southwestern U.S.

Conséquence du changement et du réchauffement climatiques, le sud-ouest des États-Unis connaît une sécheresse d’une intensité encore jamais vue.
Une étude récemment publiée dans la revue Science confirme que le sud-ouest des États-Unis est aux prises avec une ‘méga-sécheresse’ qui dure depuis une vingtaine d’années. Cette période sans la moindre pluie favorise les incendies de végétation, assèche les réservoirs et pose des problèmes d’approvisionnement en eau dans les Etats de la région.
Les conséquences de cette sécheresse sont visibles partout, dans les zones d’accumulation de neige des montagnes, le niveau des réservoirs, l’agriculture, les nappes phréatiques et la mortalité des arbres. Les chercheurs ont comparé le taux d’humidité du sol entre 2000 et 2019 à d’autres épisodes de sécheresse des 1200 dernières années. Ils ont constaté que la période actuelle est pire que les cinq anciennes périodes de sécheresse extrême – sauf une –  répertoriées dans leur étude. .
Contrairement aux épisodes de chaleur extrême du passé – causés par les variations climatiques sur Terre – la  sécheresse actuelle a été influencée dans des proportions de 30 à 60% par le changement climatique anthropique qui a «transformé ce qui aurait été une sécheresse modérée dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord en une sécheresse de grande ampleur.»
Selon la NASA, 19 des 20 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001. Si rien n’est fait, le changement climatique frappera de plein fouet le sud-ouest des Etats Unis. Une préoccupation majeure concernant la sécheresse actuelle est son impact sur l’approvisionnement en eau. La consommation a connu une très forte augmentation car la moitié des États dont le développement est le plus rapide se trouvent dans le sud-ouest. Leur alimentation en eau a été rendue possible par des projets pharaoniques de détournement de cours d’eau et la construction d’énormes réservoirs.
Au cours des deux dernières décennies, le niveau des rivières a baissé à cause de la sécheresse et la croissance démographique. Cela a entraîné une forte baisse de niveau dans deux des plus grands réservoirs du pays, le Lac Mead et le Lac Powell, dont dépendent des dizaines de millions de personnes pour leur alimentation en eau.
Pour la première fois de l’histoire, l’eau en provenance du fleuve Colorado est rationnée cette année. La sécheresse s’est également manifestée au 21ème siècle par des incendies d’une ampleur jamais observée auparavant. En 2018, un incendie tempétueux a détruit en partie une ville du nord de la Californie, et presque toute la localité de Paradise où 85 personnes ont trouvé la mort.
Source: Yahoo News.

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 A consequence of climate change and global warming, the south-west of the United States is going through a severe drought with an intensity never seen before.

A recent study published in the journal Science confirms that the south-western US is in the grip of a 20-year megadrought, a period of severe aridity that is stoking fires, depleting reservoirs and putting a strain on water supplies to the states of the region.

The impacts of the drought can be seen everywhere, in snowpacks, reservoir levels, agriculture, groundwater and tree mortality. Researchers compared soil moisture records from 2000-2019 to other drought events from the past 1,200 years. They found that the current period is worse than all but one of five megadroughts identified in the record.

Unlike past megadroughts – caused by natural fluctuations in the Earth’s climate – the study explains that the current drought has been influenced in proportions of 30-60% by human-induced climate change, “turning what would have been a moderate drought in south-western North America into megadrought territory.”

Accordingto NASA, 19 of the 20 warmest years on record have occurred since 2001. Climate change, if unchecked, will hit the American south-west particularly hard. A major concern is the current drought is its impact on water supplies in the region. It has experienced explosive growth – half of the nation’s fastest-growing states are in the south-west – made possible by elaborate river diversion projects and massive reservoirs.

Over the past two decades, drought-depleted rivers, and population growth has led to steep declines in two of the nation’s largest reservoirs, Lake Mead and Lake Powell, on which which tens of millions of people depend.

Water deliveries from the Colorado River are also being rationed this year, for the first time. Moreover, the drought has manifested itself in furious 21st-century fires never seen before. In 2018, a fire tornado destroyed part of one northern California town, and almost the entire community of Paradise, California, was wiped out by a fire that claimed 85 victims.

Source : Yahoo News.

Vues du lac Powell (Photos : C. Grandpey)