La côte atlantique française sous la menace de l’océan (suite, mais pas fin)

Au mois de février 2020, la tempête Ciara a balayé les côtes françaises et rappelé à certaines communes leur vulnérabilité face aux assauts des vagues de l’Océan Atlantique. Ainsi, sur l’île de Noirmoutier, les dunes ont souffert et se sont effondrées par endroits. Avec des rafales de vent jusqu’à 80-90 km/h et des pointes à 100 km/h pour les îles, certains dégâts étaient à prévoir. (Voir mes notes de février et mars 2020 à ce sujet)

Lors d’une visite sur l’île de Noirmoutier ces derniers jours, j’ai pu observer les traces des dégâts causés par la mer. Le village de La Guérinière en est un parfait exemple. Il suffit de se rendre sur le Boulevard de l’Océan où les anciens ouvrages, auparavant sous la dune, ont été mis à découvert par les vagues de la tempête Ciara. Sur la plage de la Cantine, le perré a été abîmé ; il s’agit d’un revêtement en pierres sèches ou en maçonnerie, destiné à renforcer un remblai, les rives d’un fleuve, les parois d’un canal, ou dans ce cas-ci une dune. A La Guérinière, des sacs de sable ont été déposés au niveau des brèches dans le rempart.

Des travaux ont été entrepris, avec installation d’enrochements, afin de contenir l’érosion littorale, mais il ne faut pas se faire l’illusion : le problème réapparaîtra à chaque tempête. Les rochers déversés à la hâte ne seront qu’un pansement provisoire et la mer aura tôt fait de les déstabiliser. Elle a envoyé sur certaines plages de la côte atlantique les solides blockhaus construits par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les rochers de Noirmoutier ne pèseront pas lourd face aux assauts des vagues ! Arrivera le jour – dans un avenir très proche au train où vont les choses – où les vagues atteindront les habitations. En observant les photos ci-dessous, je me dis que celles construites à quelques dizaines de mètres du littoral ne vont pas tarder à être menacées.

Photos : C. Grandpey

Avalanche de records de chaleur en Sibérie // Avalanche of heat records in Siberia

Une chaleur inquiétante s’est abattue sur la Sibérie le 20 juin 2020. Une température de 37,7°C a été enregistrée dans la petite ville de Verkhoyansk (67,5° de latitude N), 17 degrés au-dessus de la normale à cette époque de l’année. C’est probablement la température la plus chaude jamais enregistrée en Sibérie et aussi la température la plus chaude jamais enregistrée au nord du cercle polaire arctique (66,5° N). Par comparaison, la ville de Miami, en Floride, n’a atteint 37,7°C qu’une seule fois depuis le début des relevés de température dans cette ville en 1896. Ce qui se passe en Sibérie cette année est le type de temps qui était prévu en 2100, mais qui arrive 80 ans plus tôt.
Une température de  37°C est du jamais vu dans l’Arctique ou le proche Arctique. Il se dit, mais ce n’est pas sûr, qu’en 1915 la ville de Prospect Creek en Alaska, à une latitude plus basse que Verkhoyansk, a presque atteint cette température. En 2010, une ville à quelques kilomètres au sud du cercle polaire arctique en Russie a atteint, elle aussi, 37,7°C. En raison des conditions chaudes et sèches, de nombreux incendies se sont déclarés en Sibérie et leur fumée est visible sur des milliers de kilomètres sur les images satellite.
Verkhoyansk n’est pas un événement isolé. Certaines parties de la Sibérie connaissent des températures supérieures à la normale depuis le mois de janvier. En mai, certaines températures en Sibérie occidentale étaient supérieures de 10 degrés Celsius à la normale, pas seulement pour une journée, mais pour l’ensemble du mois. Dans son ensemble, la Sibérie occidentale s’est située en moyenne à plus de cinq degrés Celsius au-dessus de la normale en mai, effaçant ainsi tous les records précédents.
Les événements extrêmes de ces dernières années dans l’Arctique sont dus à la fois à des modèles météorologiques naturels et des changements climatiques d’origine humaine. Le modèle météorologique à l’origine de cette vague de chaleur est une dorsale de hautes pressions remarquablement immobile, un mur de chaleur qui se dresse verticalement dans l’atmosphère. La chaleur étouffante observée actuellement devrait persister pendant au moins la semaine prochaine, avec des températures atteignant facilement les 30°C dans l’est de la Sibérie.
Cette vague de chaleur n’est pas un phénomène météorologique isolé. L’été dernier, la ville de Markusvinsa au nord de la Suède, juste au sud du cercle polaire, a enregistré une température de 34,4°C.

Comme je l’ai expliqué précédemment, au cours des quatre dernières décennies, le volume de glace de mer dans l’Arctique a diminué de 50%. L’absence de blancheur de la glace et l’augmentation de surface sombre des océans et des terres signifie que moins de lumière est réfléchie, ce qui crée la une boucle de rétroaction que j’ai expliquées dans mes notes précédentes. Tandis que le climat global de la planète continue de se réchauffer, des extrêmes comme la vague de chaleur actuelle deviendront plus fréquents et s’intensifieront.
Source: Yahoo News.

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Alarming heat scorched Siberia on June 20th, 2020. A temperature of 37.7°C was recorded in the small town of Verkhoyansk (67.5°N latitude), 17 degrees above the normal high temperature. It might be the hottest temperature ever recorded in Siberia and also the hottest temperature ever recorded north of the Arctic Circle (66.5°N). To put this into perspective, the city of Miami, Florida, has only reached 37.7°C one time since the city began keeping temperature records in 1896. What is happening in Siberia this year is the kind of weather that is expected by 2100, 80 years early.

Reaching 37°C in or near the Arctic is almost unheard of. It is said, but not sure, that in 1915 the town of Prospect Creek, Alaska, not quite as far north as Verkhoyansk nearly reached this temperature. And in 2010 a town a few kilometres south of the Arctic Circle in Russia reached 37.7°C. As a result of the hot-dry conditions, numerous fires are raging in Siberia, and smoke is visible for thousands of kilometres on satellite images.

Verkhoyansk  is not an isolated occurrence. Parts of Siberia have had temperatures above normal since January. In May some temperatures in western Siberia were 10 degrees Celsius above normal, not just for a day, but for the month. As a whole, western Siberia averaged more than five degrees above normal for May, obliterating anything previously experienced.

The extreme events of recent years are due to a combination of natural weather patterns and human-caused climate change. The weather pattern giving rise to this heat wave is an incredibly persistent ridge of high pressure, a dome of heat which extends vertically upward through the atmosphere. The sweltering heat is forecast to remain in place for at least the next week, catapulting temperatures easily about 30°C in eastern Siberia.

This heat wave can not be viewed as an isolated weather pattern. Last summer, the town of Markusvinsa, a village in northern Sweden on the southern edge of the Arctic Circle, hit 34.4°C.

As I have explained before, over the past four decades, sea ice volume has decreased by 50%. The lack of white ice, and corresponding increase in dark ocean and land areas, means less light is reflected and more is absorbed, creating a feedback loop. As the average climate continues to heat up, extremes like the current heat wave will become more frequent and intensify.

Source: Yahoo News.

Vous voulez bronzer? Allez en Sibérie!

La Convention citoyenne pour le climat ? Un coup d’épée dans l’eau !

Heureusement que la Convention citoyenne qui vient de livrer ses conclusions avait bien spécifié qu’elle était « pour le climat » car je ne trouve pas grand-chose dans le résultat des cogitations des 150 participants qui permettra de ralentir le réchauffement climatique qui menace de plus en plus notre planète. Entre autres, je ne vois pas trop comment la réduction du temps de travail à 28 heures empêchera les glaciers de fondre, sans compter qu’une telle mesure ne sera jamais reprise par le gouvernement. Par contre, quid de la taxe carbone ? Simple oubli ou omission volontaire sous la pression de lobbies ?  S’agissant du référendum, j’ai des doutes 1) sur la ou les questions qui seront proposées à la population et 2) sur l’issue d’une telle consultation qui risque de se transformer en Pour ou Contre Emmanuel Macron !

De manière plus globale, cette Convention citoyenne a été organisée à l’échelle de la France et elle n’aura donc aucune influence sur l’avenir de notre planète. Pour que l’on arrive à un résultat concluant, il faudrait que chaque pays organise sa propre convention, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement. Vous avez dit Union Européenne ?

Mon rêve est de voir ENFIN les Conferences Of Parties, autrement dire les COP, donner des directives concrètes aux différents pays dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ce n’est pas demain la veille. On a vu le fiasco des différentes COP qui se sont tenues jusqu’à présent, à commencer par celle de Paris qui a fixé un objectif de limite de hausse de température globale qui ne sera jamais atteint dans les délais impartis. On a vu le peu d’intérêt accordé à la dernière COP de Madrid (à l’origine prévue au Chili) par le Président Macron qui a brillé par son absence. Sans parler de la COP organisée en Pologne, au cœur du bassin houiller de Silésie et à l’issue de laquelle le président polonais a déclaré qu’il continuerait à produire du charbon !! Un comble pour une manifestation pour le climat !! Il n’est pas besoin d’être un énarque pour s’en rendre compte : ces Conférences coûtent cher pour des résultats insignifiants.

Combien faudra-t-il d’événements extrêmes, de désastres climatiques et de catastrophes sociales, quelle hausse du niveau des océans pour que les gouvernements se décident à prendre les mesures nécessaires. Actuellement, nos gouvernants se plaisent à pratiquer la politique de l’autruche et de la patate chaude. Comme le disait fort justement Nicolas Hulot devant l’Assemblée Nationale avant de démissionner : « Tout le monde s’en fiche ! »

Le bus d’« Into the Wild » arraché à sa solitude // The bus of « Into the Wild » removed from its loneliness

Dans une note écrite le 23 mars 2020, je conseillais comme lecture de confinement le livre Into the WildVoyage au bout de la solitude dans sa version française – publié en 1996. L’auteur – Jon Krakauer – y retrace l’histoire véridique de Christopher McCandless, un jeune homme qui a troqué la civilisation pour un retour à la vie sauvage en Alaska où il trouve la mort.

Christopher McCandless survécut environ 112 jours dans l’Alaska sauvage où il se nourrissait de racines et de gibier. Bien qu’ayant prévu de camper sur la côte, il décida de s’installer dans un ancien bus aménagé où il mourut de faim, voire d’empoisonnement par ingestion de racines ou de graines toxiques en août 1992

Ce bus au milieu de nulle part, à environ 16 km au nord de l’entrée du Parc National du Denali, est devenu une destination touristique mais pose des problèmes. Certains touristes se sont parfois perdus dans la nature sauvage de l’Alaska et ont dû être secourus. D’autres ont même trouvé la mort, comme des voyageurs venus de Suisse et de Biélorussie, en 2010 et 2019, noyés lors d’expéditions pour tenter de trouver le fameux bus.

Les familles de certaines victimes ont suggéré de construire une passerelle au-dessus de la Teklanika, mais cette passerelle pourrait donner aux gens une fausse impression de sécurité. Elle pourrait inciter encore davantage de personnes à vouloir atteindre le bus, et cela pourrait conduire à plus d’opérations de secours. Une meilleure solution serait peut-être de faire disparaître le bus.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

Finalement, le « Magic bus », comme il avait été surnommé, a été jugé trop dangereux pour les randonneurs qui venaient le contempler et il a été soulevé et déplacé le 18 juin 2020 par un hélicoptère de l’armée américaine. Il sera conservé pour le moment dans un site sécurisé, jusqu’à ce qu’il soit décidé de son sort. L’une des solutions serait de l’exposer. Je pense plutôt qu’il finira à la ferraille.

Source : Presse alaskienne.

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In a post written on March 23rd, 2020, I recommended reading Into the WildVoyage au bout de la solitude in its French version – published in 1996. The author – Jon Krakauer – retraces the true story of Christopher McCandless, a young man who traded civilization for a return to the wild life in Alaska where he died.
Christopher McCandless survived about 112 days in the wild Alaska where he fed on roots and game. Although he had planned to camp on the coast, he decided to settle in an old furnished bus where he died of hunger, even of poisoning by ingestion of roots or toxic seeds in August 1992
This bus in the middle of nowhere, about 16 km north of the entrance to Denali National Park, has become a tourist destination but poses problems. Some tourists got lost in the Alaskan wilderness and had to be rescued. Others even died, such as travellers from Switzerland and Belarus, in 2010 and 2019, drowned in expeditions to try to find the famous bus.
Families of some of the victims have suggested building a bridge over the Teklanika River, but the bridge could give people a false sense of security. It could make even more people want to reach the bus, and this could lead to more rescue operations. Perhaps a better solution would be to make the bus disappear.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

In the end, the « Magic bus », as it was nicknamed, was deemed too dangerous for hikers who came to contemplate it and it was lifted and moved on June 18th, 2020 by an American army helicopter. It will be kept for the moment in a secure site, until its fate is decided. One of the solutions would be to exhibit it. I rather think it will end up on a scrap heap.
Source: Alaskan press.

Le « Magic bus » de Into the Wild (Crédit photo : Wikipedia)