Alpes: les refuges victimes du dégel du permafrost

Le réchauffement climatique et le dégel du permafrost menacent les structures et infrastructures en haute montagne. Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs refuges ont dû fermer pour des raisons de sécurité. C’est le cas du refuge de la Pilatte, bien connu des alpinistes, sur l’autre versant de la Meije. L’édifice construit en 1954, perché à 2 577 mètres d’altitude, était en partie construit sur une zone rocheuse instable qui s’est fissurée en raison du recul du glacier. La décompression glaciaire menaçait la bâtisse, dont la salle à manger était traversée par une faille. Il n’était donc plus possible d’accueillir alpinistes et randonneurs et a fermé au mois de mai 2022.

Fin août 2022, le bivouac de la Fourche s’est effondré. Ce petit refuge situé au pied du Mont Maudit est tombé lorsque les rochers sur lesquels il se trouvait se sont écroulés. Il n’y avait heureusement personne à l’intérieur. Il ne reste plus que des débris sur le glacier de la Brenva, 300 mètres plus bas.

J’apprends aujourd’hui que les fortes chaleurs de cet été ont eu raison de la chapelle du Mont Thabor. A cause du sol devenu trop instable, des fractures sont apparues dans les murs de l’édifice, qui risque de s’effondrer. .

Perchée à proximité du sommet du Mont Thabor, à 3 178 m d’altitude, la chapelle est le plus haut édifice religieux de France. De son nom complet Chapelle du Thabor Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, elle est l’arrivée du pèlerinage du Chemin de croix du Thabor.

Des travaux de sécurisation ont déjà été effectués, mais ils ne suffisent plus à maintenir l’édifice et assurer la sécurité des visiteurs. De nouveaux travaux vont être réalisés pour déplacer la chapelle d’une soixantaine de mètres à l’ouest par rapport à l’actuel emplacement. Le nouveau site se trouve sur une zone de roches plus solide, moins soumise à l’évolution du permafrost. L’édifice devrait être démonté pierre par pierre, puis reconstruit.

Source: presse régionale.

Chapelle du Mont Thabor (Crédit photo: Wikipedia)

Les glaciers des Ecrins : une mort annoncée

On peut lire sur le site de la chaîne FRANCE INFO un article très complet qui alerte sur la fonte des glaciers dans le massif des Ecrins. Il est un parfait complément à ma note du 17 août 2022 sur la situation dans les Alpes du Sud.

L’auteur de l’article confirme que les chaleurs extrêmes de l’été ont accéléré de manière fulgurante la fonte des glaciers autour de la Meije (3 983 mètres) et font planer le spectre de leur disparition, avec de nombreuses conséquences pour les habitants et l’environnement.

Mes visites dans le Briançonnais en septembre 2021 et septembre 2022 confirment que les glaciers autour de la Meije fondent à une vitesse éclair et les traces de ce désastre sont visibles à l’œil nu. Il suffit d’emprunter à La Grave le téléphérique qui monte lentement vers le glacier de la Girose pour observer les traces de la catastrophe, avec des crevasses à perte de vue, des flancs ridés et une neige qui prend des teintes orangées à mesure que le manteau blanc se rabougrit. Les guides hésitent à conduire les touristes sur le glacier à cause du grand nombre de crevasses, souvent cachées par des ponts de neige.

Le massif des Ecrins, entre les Hautes-Alpes et l’Isère, est aux avant-postes du réchauffement climatique. Les chaleurs extrêmes de l’été ont accéléré de manière fulgurante la fonte des glaciers autour du massif, dont le plus haut sommet, la Barre des Ecrins, dépasse les 4 000 mètres.

A l’arrivée du téléphérique, la vue est magnifique sur le glacier de la Girose. Il faut en profiter car il aura bientôt disparu. Il fond a vue d’oeil; il a perdu cinq mètres d’épaisseur depuis 2021. A 3 200 mètres d’altitude le 10 août 2022, le mercure affichait 8,9°C en fin de matinée, soit plus de deux degrés au-dessus des maximales de saison. Les visiteurs qui avancent sur le glacier sous la conduite des guides découvrent des crevasses de plus de dix mètres où l’eau coule abondamment. C’est le signe que le glacier est malade. L’un des guides m’a expliqué que dans dix ans, ce glacier n’existera plus s’il continue à perdre plus de cinq mètres par an. Bien sûr, la montagne ne va pas s’effondrer, mais tout va changer. Les guides organiseront des courses de rochers; ils décaleront la saison d’alpinisme et ils s’adapteront. Comme dit l’un d’eux, « on n’a pas le choix. »

Selon les scientifiques, la moitié de la surface des glaciers du massif des Ecrins a déjà disparu et les modélisations ne sont guère optimistes. A l’échelle des Alpes, les climatologues prévoyaient une perte de 85 à 95% de ces glaciers à la fin du siècle, mais on se rend compte que ces estimations sont déjà caduques et que tout va plus vite. A la fin du siècle, il n’y aura quasiment plus aucun glacier dans les Alpes. Le Glacier Blanc illustre parfaitement leur fonte dans le Parc National des Ecrins. Il n’y a pas si longtemps, on atteignait son front au bout de quelques dizaines de minutes de grimpette depuis le Pré de Madame Carle. Aujourd’hui, il faut compter au moins deux heures et demie pour observer son front depuis le Refuge du Glacier Blanc.

Comme je l’ai indiqué à propos du glacier d’Argentière dans le massif du mont Blanc, les glaciers sont censés résister à l’été et se régénérer chaque hiver grâce aux nouvelles chutes de neige. Le problème, c’est que les chutes de neige ont été très faibles au cours de l’hiver 2021-2022 et la zone d’accumulation n’a pas pu se régénérer. De plus, le peu de neige tombé a fondu en mai et juin. C’est pourquoi les glaciers ont reculé et se sont amincis.

Face au constat d’un dérèglement climatique qui s’accélère et s’amplifie dans les Alpes qui se réchauffent plus de deux fois plus vite que la moyenne française, les responsables locaux essayent de trouver des solutions. Dans le village de La Grave, au pied de La Meije se pose l’épineux dilemme du remplacement de l’antique téléski du glacier de la Girose, qui permet de monter à 3 550 mètres. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, il y a ceux qui prônent son remplacement par un troisième tronçon du téléphérique; et puis il y a ceux qui s’y opposent pour laisser respirer la montagne. Au final, c’est le réchauffement climatique qui aura probablement le dernier mot et mettra tout le monde d’accord..

Le réchauffement climatique en montagne a entraîné la fermeture de plusieurs refuges. Le 19 mai 2022, j’ai consacré une note au refuge de la Pilatte, bien connu des alpinistes, sur l’autre versant de la Meije. L’édifice construit en 1954, perché à 2 577 mètres d’altitude, était en partie construit sur une zone rocheuse instable qui s’est fissurée en raison du recul du glacier. La décompression glaciaire menaçait la bâtisse, dont la salle à manger était traversée par une faille. Il n’était donc plus possible d’accueillir alpinistes et randonneurs.

Crédit photo: Oisans Tourisme

Les glaciers jouent un rôle essentiel : ils constituent un stock d’eau douce conséquent, alimentent les rivières et les fleuves, et participent à l’irrigation, à l’alimentation ou encore au refroidissement des centrales nucléaires situées dans les vallées. Ils régulent aussi tout un écosystème qui souffre énormément des fortes chaleurs. Au cours de l’été 2022, dans le massif des Ecrins, la végétation avait un mois d’avance, les fauches ont débuté très tôt. On a ramassé des myrtilles fin juin!

Dans la région, le réchauffement climatique fait inévitablement penser au 20 décembre 2020, lorsqu’un effondrement a emporté un pan entier de montagne au Monêtier-les-Bains, au-dessus du Tabuc. C’est le permafrost qui, en se réchauffant, a provoqué l’écroulement. Selon le maire de la localité, « maintenant, en plus des risques d’avalanche et de débordement de la Guisane, on vit avec ce risque d’éboulement. On a été obligé de s’adapter et on va installer des filets métalliques près de certaines habitations. »

Source: France Info.

Certains vont trouver que je me répète avec cette accumulation de notes sur la fonte des glaciers et l’effondrement de nos montagnes. Mon but est de faire prendre conscience une fois pour toutes que le réchauffement climatique (je dis bien « réchauffement »; je refuse de parler de ‘changement’ ou de ‘dérèglement’) n’est pas une illusion, mais un phénomène bien réel. Essayer de s’adapter c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Au cours de mes randonnées dans le Parc des Ecrins, j’ai eu l’occasion de rencontrer des touristes et j’ai été surpris de constater que la plupart n’ont pas conscience de la gravité de la situation.

Il serait grand temps que nos gouvernants – par l’intermédiaire des COP en particulier – s’attaquent aux causes du phénomène et prennent des mesures efficaces – et des décisions contraignantes pour les COP – pour mettre fin, ou au moins ralentir, son évolution galopante. S’ils ne le font pas, ce sont les prochaines générations qui devront payer la facture, et elle sera très salée!

La grotte de glace creusée dans le glacier de la Girose est condamnée à disparaître (Photos: C. Grandpey)

Nouveaux enneigeurs : quand le fric est en jeu, on n’arrête pas le progrès !

Avec le réchauffement climatique, la neige se fait de plus en plus rare dans les stations de ski de basse et moyenne altitude. Pour essayer de sauver ce qui peut encore l’être, ces stations ont recours aux enneigeurs, familièrement appelés canons à neige. Ces appareils sont capables de produire de la neige dès que le température se situe à quelques degrés en dessous de zéro. Avec le réchauffement climatique, on pourrait penser que ces enneigeurs auront une durée de vie de plus en plus courte car il ne fera pas assez froid, même en haute altitude pour qu’ils fournissent le précieux or blanc.

C’est faux! Les stations de moyenne altitude qui se voyaient condamnées par le réchauffement climatique reprennent espoir. En effet, les industriels de la neige de culture viennent de lancer des enneigeurs capables de produire de la neige à des températures positives. Les experts restent toutefois perplexes sur leur impact.

Après un hiver de tests, plusieurs sociétés françaises et italiennes viennent de lancer la commercialisation d’enneigeurs capables de produire de la neige par n’importe quelle condition météorologique. Jusqu’à présent, pour produire de la neige de culture, il fallait de l’eau et une température négative, idéalement de -4° à -1°C. Au-dessus, les canons ne fonctionnent pas. Les enneigeurs classiques pulvérisent des gouttelettes d’eau dans de l’air suffisamment froid pour que celle-ci se congèle avant d’arriver au sol sous forme de neige. Le système est gourmand en eau; il faut compter 1 m3 d’eau pour 2 m3 de neige.

Désormais il n’y a plus de limite. Les canons à neige pourront cracher des flocons même s’il fait 35°C, comme cela se passe en ce moment dans les Emirats Arabes Unis. Les nouveaux enneigeurs congèlent l’eau à l’intérieur de gros congélateurs et peuvent donc produire de la neige par n’importe quelle température. Issue des équipements frigorifiques de supermarchés, la technologie s’est étendue au ski en salle et équipe par exemple les 4.500 m2 du Snow Park de Dubaï.

C’est à présent au tour des stations de ski d’adopter cette nouvelle technologie. Elle a été mise en place en Auvergne dans les stations de Super-Besse et du Lioran, très impactées par le manque de neige car située de 900 à 1.500 m d’altitude. Moyennant 600.000 euros pour Super-Besse et 125.000 euros pour le Lioran, ces stations du Massif central se sont équipées de 4 enneigeurs. Grâce au système de récupération de chaleur, Super-Besse chauffe des bureaux, un hall ludo-sportif, une gare de télécabine, un local à dameuse et la station du Lioran chauffe son hangar à dameuses. Ces nouvelles machines sont relativement encombrantes (ce sont des containers de 6 à 12 mètres de long); ils consomment de l’électricité, mais arrivent à produire de la neige jusqu’à 15°C de température extérieure.

Les nouveaux enneigeurs ne correspondent, pour le moment, qu’à des besoins ponctuels, mais leurs concepteurs envisagent carrément l’équipement intégral des stations, ce qui permettrait d’en assurer aussi le chauffage. Le système utilise peu d’eau et n’a nul besoin des retenues collinaires si décriées par les écologistes. Il peut aussi restituer le double de l’énergie consommée sous forme d’eau chaude à 35°C. Ainsi, l’investissement de l’ordre de 1 million d’euros pour enneiger 10.000 m2 serait rentable.

Malgré tous les avantages qui viennent d’être mentionnés, certains sont perplexes devant ces nouveaux canons à neige. Si les nouvelles générations de machines sont 3 à 6 fois moins consommatrices d’énergie que les enneigeurs actuels, la question fondamentale reste la disponibilité de la ressource en eau. Pour couvrir 45 % des pistes en neige de culture d’ici 2050, une étude a montré que les besoins en eau augmenteraient de l’ordre de 40 %.

Sans oublier l’impact sur les tarifs des remontées mécaniques….

Source: Différents articles de presse, comme celui paru dans Les Echos.

Le dispositif de production de neige se présente sous la forme d’un gros congélateur qui produit d’un côté la neige et chauffe des bâtiments de l’autre. (Source: WeSnow, société qui commercialise les nouveaux enneigeurs)

Groenland, entre tourisme et réchauffement climatique // Greenland, between tourism and global warming

Depuis quelques années, le Groenland est devenu une destination touristique très recherchée, avec tous les inconvénients que le tourisme de masse traîne dans son sillage. Aujourd’hui, les médias parlent de plus en plus souvent du Groenland à propos du réchauffement climatique. C’est dans l’Arctique que le phénomène est le plus sensible. La région se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste du monde. A terme, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait faire s’élever de plusieurs mètres le niveau des océans.

De plus en plus de visiteurs affluent vers Ilulissat sur la côte occidentale du Groenland. Avec 4700 habitants, c’est la troisième ville du territoire autonome danois. Symbole du réchauffement climatique, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004.

Les touristes viennent découvrir un paysage d’une beauté majestueuse, avec une vue époustouflante sur les icebergs. Échappés du fjord voisin, des blocs de glaces à la taille spectaculaire dérivent sans cesse sur l’océan où l’on peut aussi apercevoir des baleines.

Ces scènes de carte postale ont attiré quelque 50.000 personnes en 2021, soit dix fois plus de visiteurs que Ilulissat ne compte d’habitants. Plus de la moitié des visiteurs n’y font qu’une courte escale pendant une croisière arctique. Le maire de la localité n’a aucune envie d’assister à une déferlante du tourisme de masse comme c’est le cas en Islande. La localité n’a pas la capacité d’accueillir autant de monde. Des quotas seront probablement mis en place dans un proche avenir. Selon le maire, « pour respecter la communauté et l’environnement, il faut au maximum un bateau par jour et un millier de touristes par bateau. » Dernièrement trois paquebots sont arrivés le même jour déversant 6.000 visiteurs. C’est beaucoup trop car la ville ne peut ni les accueillir ni s’assurer qu’ils respectent les zones protégées, notamment dans le fjord.

Appelé à s’amplifier avec l’ouverture d’un aéroport international d’ici deux ans, cet afflux de touristes constitue bien sûr une manne financière bienvenue mais aussi une gageure supplémentaire. A côté de la fonte de la glace et du recul du glacier, le premier magistrat est inquiet du dégel du permafrost qui menace la stabilité de certaines infrastructures et habitations.

En attendant, le salut du Groenland passe par la mer. Le territoire cherche à s’émanciper du Danemark, quitte à devoir se priver des subsides de Copenhague qui constituent un tiers de son budget.

A Ilulissat, un habitant sur trois vit de la pêche qui représente l’essentiel des revenus propres de l’île. La population s’inquiète de voir la vitesse avec laquelle le réchauffement climatique impacte le Groenland, avec de lourdes répercussions sur les pratiques locales. Ces deux dernières décennies, l’immense calotte glaciaire a perdu 4.700 milliards de tonnes, contribuant à elle seule à une hausse des océans de 1,2 centimètre.

La disparition de la glace affecte les pêcheurs. Pour le meilleur et pour le pire. Le fjord principal était auparavant fermé par des icebergs énormes et par la banquise; les pêcheurs ne pouvaient pas y naviguer, ce qu’ils font désormais. Les bateaux peuvent maintenant sortir toute l’année, ce qui a permis d’intensifier l’activité, mais la taille des poissons s’amenuise, principalement à cause de la surpêche.

Source: médias internationaux.

——————————————

In recent years, Greenland has become a very popular tourist destination, with all the disadvantages that mass tourism brings in its wake. Today, the media refer more and more often to Greenland in connection with global warming. The phenomenon is most sensitive in the Arctic. The region is warming nearly four times faster than the rest of the world. Eventually, the melting of the Greenland ice cap could raise the level of the oceans by several meters.
More and more visitors are flocking to Ilulissat on the west coast of Greenland. With 4700 inhabitants, it is the third city of the Danish autonomous territory. Symbol of global warming, it has been listed as a UNESCO World Heritage Site since 2004.
Tourists come to discover a landscape of majestic beauty, with a breathtaking view of the icebergs. Escaped from the nearby fjord, blocks of ice of spectacular size constantly break out on the ocean where tourists can also see whales.
These postcard scenes attracted some 50,000 people in 2021, ten times more visitors than Ilulissat has inhabitants. More than half of the visitors make only a short stopover during an Arctic cruise. The mayor of the municipality does not want to witness a wave of mass tourism as in Iceland. The locality does not have the capacity to accommodate so many people. Quotas will likely be introduced in the near future. According to the mayor, « to respect the community and the environment, you need a maximum of one boat per day and a thousand tourists per boat. » Lately three liners arrived on the same day pouring 6,000 visitors. It’s too much because the city can neither accommodate them nor ensure that they respect the protected areas, especially in the fjord.
Expected to increase with the opening of an international airport within two years, this influx of tourists is of course a welcome financial windfall but also an additional challenge. Alongside the melting of the ice and the retreat of the glacier, the mayor is worried about the thawing of permafrost which threatens the stability of certain infrastructures and dwellings.
In the meantime, Greenland’s salvation lies by the sea. The territory is seeking to emancipate itself from Denmark, even if it means having to deprive itself of subsidies from Copenhagen which constitute a third of its budget.
In Ilulissat, one resident in three lives from fishing, which represents the bulk of the island’s own income. The population is concerned to see the speed with which global warming is impacting Greenland, with serious repercussions on local practices. Over the past two decades, the immense ice cap has lost 4,700 billion tons, contributing alone to a rise in the oceans of 1.2 centimeters.
The disappearance of the ice affects fishermen. For better and for worse. The main fjord was previously closed off by huge icebergs and pack ice; fishermen could not sail there, which they can now do. Boats can now go out all year round, which has increased the activity, but the size of the fish is shrinking, mainly because of overfishing.
Source: international news media.

Photos: C. Grandpey