Responsabilité du réchauffement climatique dans la formation d’El Niño // Global warming responsible for the formation of El Niño

Notre planète est actuellement sous l’influence d’un épisode El Niño qui s’annonce fort, si l’on en croit les dernières analyses scientifiques. Pendant El Niño, les eaux chaudes s’accumulent dans le Pacifique oriental et diffusent de la chaleur dans l’air, ce qui entraîne des températures plus chaudes dans une grande partie du globe. Un puissant épisode El Niño est en train de prendre corps et, selon la NOAA, il y a 99 % de chances que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée.
Une nouvelle étude publiée dans les Geophysical Research Letters révèle que le réchauffement climatique est devenu un facteur important dans la formation des épisodes El Niño. L’étude montre qu’historiquement, il existait un lien étroit entre les variations d’énergie solaire et l’apparition d’El Niño, mais aujourd’hui, El Niño est plus fortement influencé par le réchauffement d’origine anthropique.
Dans le cadre de leur étude, les scientifiques ont analysé des stalagmites prélevées dans deux grottes de Prince of Wales Island en Alaska. Les stalagmites, formées par l’écoulement lent mais varié des eaux souterraines, témoignent du climat des 3 500 dernières années et indiquent à quel moment El Niño a eu lieu.
L’étude montre que jusqu’il y a environ 50 ans, les variations d’énergie solaire jouaient un rôle majeur dans la formation des épisodes El Niño. Depuis les années 1970, de nouveaux signaux montrent que la formation des ces épisodes ne peut être attribuée qu’aux conséquences du réchauffement climatique provoqué par l’homme.
Une autre étude récente montre que le réchauffement climatique conduit à des épisodes El Niño plus fréquents et plus extrêmes. La nouvelle étude révèle que « le réchauffement climatique pourrait avoir provoqué un point de non retour climatique dans les années 1970 avec le début d’un phénomène El Niño plus permanent

Source : Yale School of the Environment via Yahoo Actualités.

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The world is currently under the influence of en El Niño episode which promises to be strong, according to the latest analyses. During El Niño, warm waters pool in the eastern Pacific and radiate heat into the air, leading to hotter weather across much of the globe. A strong El Niño is now taking shape and, according to NOAA, there is a 99 percent chance that 2023 will be the hottest year ever recorded.

A new study published in Geophysical Research Letters finds that climate change has become a significant factor in the formation of El Niños. The study shows that, historically, there was a strong link between changes in solar output and the onset of El Niño, but now El Niño is more heavily influenced by human-caused warming.

For the research, scientists analyzed stalagmites collected from two caves on Alaska’s Prince of Wales Island. The stalagmites, formed by the slow, but varied drip of groundwater, serve as a record of the climate over the past 3,500 years, and indicate when El Niños took place.

The study shows that until around 50 years ago changes in solar output played a major role in the formation of El Niños. From the 1970s onwards, however, there are clear signals that can only be attributed to the consequences of man-made climate change.

Another recent research shows that global warming has led to more frequent and extreme El Niños. The new study reveals that “climate change may have led to a climatic tipping point being crossed in the 1970s with the initiation of a more permanent El Niño pattern.”

Source : Yale School of the Environment via Yahoo News.

Représentation schématique d’El Niño et LaNiña, effet de refroidissement opposé

Anomalie thermique provoquée par El Niño dans le Pacifique oriental en mai 2023

Octobre 2023 : nouveau record de température ! // October 2023 : new temperature record!

Avec +1.09°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d’octobre 2023 est de très loin le plus chaud des archives ERA5 qui remontent à 1979. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0.85C. Elle correspond à +1.74°C au-dessus de la période 1850-1900. Après septembre 2023, c’est la deuxième fois qu’une anomalie mensuelle dépasse 1.7°C au-dessus de la période préindustrielle. Après juin, juillet, août et septembre, c’est le 5ème mois d’affilée marqué par un record de chaleur. Le précédent record de 2019 (+0.69°C) est dépassé de 0.4°C.

Les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1.337°C et +1.33°C au-dessus de la moyenne préindustrielle. La moyenne sur janvier-octobre 2023 est de +0.739°C au-dessus de 1981-2010, soit +1.445°C par rapport à 1850-1900. L’année 2023 sera donc sans aucun doute la plus chaude depuis le début des relevés, devant 2016 et 2020. Ces records de températures interviennent pendant un épisode de réchauffement El Niño qui devrait encore se renforcer au cours de l’hiver 2023-24.

Source : global-climat, ERA5.

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With +1.09°C above the 1981-2010 average, the month of October 2023 was by far the warmest in the ERA5 archives going back to 1979. Compared to the new 1991-2020 reference period used by ERA5 , the anomaly is +0.85C. It corresponds to +1.74°C above the period 1850-1900. After September 2023, this is the second time that a monthly anomaly has exceeded 1.7°C above the pre-industrial period. After June, July, August and September, this is the 5th month in a row marked by record heat. The previous record from 2019 (+0.69°C) is exceeded by 0.4°C.
The two hottest years were 2016 and 2020 with respectively +1.337°C and +1.33°C above the pre-industrial average. The average over January-October 2023 is +0.739°C above 1981-2010, or +1.445°C compared to 1850-1900. The year 2023 will therefore undoubtedly be the warmest since records began, ahead of 2016 and 2020. These temperature records occur during an El Niño warming episode which is expected to intensify during the winter of 2023-24.
Source: global-clima, ERA5.

Nouveau saccage d’un glacier // New destruction of a glacier

Dans deux notes publiées les 22 et 24 septembre 2019, j’expliquais qu’un glacier autrichien avait subi l’assaut de pelleteuses sur plusieurs dizaines d’hectares pour permettre la connexion des domaines skiables du Pitztal et de l’Ötztal. J’ai insisté sur le fait que c’était une initiative regrettable quand on connaît l’importance des glaciers pour la régulation thermique et climatique, à l’heure où les scientifiques lancent des alertes constantes sur le réchauffement climatique.
Un nouvel assaut à l’aide de pelleteuses a eu lieu, sur un glacier suisse cette fois. Le journal suisse 20 Minuten a publié des images des engins sur le glacier Theodul. Le but est de préparer les pistes de la prochaine Coupe du monde de ski organisée par la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS). L’événement aura lieu les 11 et 12 novembre 2023.
Les deux tiers du parcours des épreuves se déroulent sur le glacier et si certaines parties sont autorisées, d’autres se trouvent sur des zones protégées. Les pelleteuses ont été utilisées pour extraire l’équivalent de cinq terrains de football de neige et de glace afin de créer des pistes utilisables et colmater les crevasses sur le glacier.
Le glacier se situe au-dessus du Matterhorn Ski Paradise, une station de ski transfrontalière entre Zermatt en Suisse, et Cervino, en Italie. Il a déjà vu sa masse diminuer de 10 % au cours des deux dernières années en raison du réchauffement climatique.
Selon les images fournies par un drone et les calculs GPS, le départ de la course féminine aura lieu en dehors de la zone normalement réservée aux sports d’hiver et le parcours masculin traversera également de vastes zones protégées, donc interdites.
Les écologistes ont critiqué les organisateurs pour avoir saccagé le glacier avec les pelleteuses. En 2022, la même compétition avait été annulée faute de neige. Une pétition a été lancée, appelant la fédération de ski à donner l’exemple en matière de climat. Il lui est demandé d ‘« adapter le calendrier des compétitions afin de réduire l’impact des déplacements et ne pas aggraver le changement climatique ».
Alexis Pinturault, le skieur français triple champion du monde, s’est dit consterné et a déclaré : «Notre sport est l’un des plus touchés par le réchauffement climatique et, au lieu de changer notre système, de nous adapter, nous faisons le contraire. Cette compétition, à ce moment de l’année, n’a pas de sens. Cela choque tout le monde. » Ce n’est pas la première fois que Pinturault proteste contre la politique menée par la Fédération de ski.
D’autres associations ont accusé les organisateurs de l’événement de faire passer l’argent avant l’environnement. En réponse, les organisateurs ont insisté sur le fait que l’intégralité de la piste de la compétition se trouvait dans la zone de ski autorisée du côté suisse.
Face à l’accumulation de protestations, les autorités du canton du Valais ont ordonné l’arrêt du chantier à l’aide des pelleteuses sur le glacier. Les scientifiques prédisent que plus de la moitié du glacier Theodul aura disparu d’ici 2080 avec la poursuite du réchauffement climatique.
Source  : The Telegraph, Yahoo Actualités.

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In two posts published on September 22nd and 24th, 2019, I explained that an Austrian glacier had been attacked over several tens of hectares by excavators to allow the connection of the Pitztal and Ötztal ski areas. I insisted this was a shame when we know the importance of glaciers for thermal and climatic regulation, at a time when scientists send constant warnings about global warming.

The destruction has started again, on a Swiss glacier this time. The Swiss newspaper 20 Minuten released images of diggers on the Theodul Glacier allegedly being used to prepare runs for the upcoming International Ski and Snowboard Federation (FIS) Alpine World Cup meet, set to take place on November 11th-12th, 2023.

Two-thirds of the race course for the event is on the glacier and while some parts are authorised, other sections run over protected areas. The excavators have been used to scrape out the equivalent of five football pitches worth of snow and ice from out-of-bounds zones both to create the off-limit runs and plug bald patches and crevasses elsewhere.

The glacier lies high above the Matterhorn Ski Paradise – a cross-border ski resort between Zermatt, Switzerland, and Cervino, Italy, and has already seen its mass shrink by 10 per cent in the last two years due to global warming.

According to drone footage and GPS calculations, the start of the women’s race is to be positioned outside of the area designated for winter sports and the men’s course will also traverse large areas of ground deemed off-limits.

Environmental groups have slammed organisers for the alleged digging on the glacier. Last year, the same competition was cancelled because of a lack of snow. A petition has been launched, calling for the ski federation to become climate “leaders” and “adapt the competition calendar to reduce the impact of travel and respect the changing climate”.

Alexis Pinturault, the French triple world champion skier, expressed dismay and said: “Our sport is one of the most affected by global warming and, instead of changing our system, of adapting, we are doing the opposite.This competition, especially at this time of year, doesn’t make sense. It shocks everyone.” This is not the first time Pinturault has been protesting against the policy followed by the Ski federation.

Others accused the event’s organisers of placing money before the environment, Meanwhile, organisers insisted the entirety of the competition’s track was within the permitted ski zone on the Swiss side at least.

With controversy mounting, authorities in the Valais canton have ordered a halt to all digging on the glacier. Scientists predict that more than half of the Theodul Glacier will have disappeared by 2080 as the world continues to warm.

Source : The Telegraph, Yahoo News.

Les pelleteuses à l’oeuvre en Autriche en 2019 (Crédit photo: WWF)….

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… et en Suisse en 2023 (Source: 20 Minuten)

 

L’avenir sombre des stations de ski // The dark future of ski resorts

Une étude scientifique publiée le 28 août 2023 dans la revue Nature Climate Change prévient que plus de la moitié des stations de ski en Europe seront confrontées à un sérieux manque de neige si les températures augmentent de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. On peut aussi lire dans cette étude que presque toutes les stations pourraient être exposées à une augmentation de 4 degrés Celsius. Une telle situation constituera inévitablement un défi pour l’industrie et les décideurs politiques, et une réalité difficile à admettre par les amateurs de ski.
Selon les auteurs de l’étude, la production de neige artificielle ne compensera que partiellement le manque de neige naturelle et il faudra utiliser des enneigeurs plus puissants dont le fonctionnement générera encore plus de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique dans le monde.
Les dégels à répétition, de plus en plus fréquents pendant les derniers hivers, ont affecté de nombreuses stations de ski en Europe, avec un manque de neige inquiétant sur de nombreuses pistes de ski. Parallèlement à la fonte des glaciers, le manque de neige est devenu une preuve parfaitement visible des effets du réchauffement climatique.
Alors que la hausse des températures sur Terre flirte déjà avec la limite de 1,5°C définie par l’accord de Paris sur le climat en 2015, et qu’une hausse plus élevée semble inévitable, les chercheurs ont analysé l’impact du réchauffement climatique sur plus de 2 200 stations de ski dans 28 pays européens.
L’étude a évalué les changements dans la couverture neigeuse en fonction d’une gamme de hausses de température : 53 % des stations de ski en Europe seraient confrontées à un « risque très élevé d’insuffisance de neige » avec une augmentation de 2 degrés Celsius. Ce pourcentage atteindrait 98 % si la hausse dépassait 4 degrés Celsius.
Même avec l’utilisation de neige artificielle, plus d’un quart des stations seraient toujours confrontées à un manque de neige si les températures augmentaient de 2 degrés, et plus de 70 pour cent le seraient si elles grimpaient de 4 degrés.
Les chercheurs affirment que leur étude va plus loin que les précédentes et fournit un premier aperçu complet de l’impact du manque de neige sur les pistes de ski en Europe qui abrite la moitié des stations de ski dans le monde.
Cette étude fournit également une analyse des besoins en eau et en électricité, et des émissions de gaz à effet de serre associés à l’enneigement artificiel. Les auteurs écrivent que « dans le secteur du tourisme, si l’on veut limiter l’ampleur des conséquences du réchauffement climatique, il faut aussi se soucier de limiter l’empreinte carbone des activités, et donc tout mettre en œuvre pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre dans tout le secteur. »
De nombreux exploitants de stations de ski, en Europe et au-delà, ont déjà compris le message et devront faire encore davantage d’efforts. Pour les skieurs, l’étude montre que des destinations plus hautes en altitude – et plus froides – seront probablement nécessaires pour accéder aux meilleures pistes. Surtout, les stations de ski devront s’adapter et diversifier leurs activités si elles veulent continuer à accueillir un nombre suffisant de visiteurs dans les années à venir.
Source : Yahoo Actualités.

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A scientific study published on August 28th, 2023 in the journal Nature Climate Change warns that over half of Europe’s ski resorts will face a severe lack of snow if temperatures rise 2 degrees Celsius above pre-industrial levels. It adds that nearly all ski resorts could be affected by an increase of 4 degrees. This situation will inevitably be a challenges for the industry and policymakers, and a harsher reality for ski lovers.

The team of experts warns that the production of artificial snow would only partially offset the decline and would involve processes like snow blowers that generate more of the same greenhouse gases that contribute to global warming around the globe.

Repeated and increasing wintertime thaws have affected many European ski resorts in recent years, leaving many slopes worryingly bare of snow. Along with glacier melt, snow shortages have become a visible emblem of the effects of global warming.

With the rise in global temperatures already flirting with the target limit of 1.5°C defined by the 2015 Paris climate agreement, and a higher climb seemingly inevitable, the researchers analyzed the impact on more than 2,200 ski resorts across 28 European countries.

The research evaluated changes in snow cover across a range of increases in temperature: 53% of ski resorts in Europe would face “very high risk of insufficient snow” at a rise of 2 degree Celsius. 98% would face that level of risk if the 4-degree rise is surpassed.

Even with the use of artificial snow, more than one-fourth of the resorts would still face snow shortages if temperatures rise by 2 degrees, and more than 70 percent would if they climbed by 4 degrees.

The researchers say their paper goes further than previous studies and provides a first comprehensive look at the impact of snow shortages on the slopes across Europe, home to half of the world’s ski resorts.

What this study also provides is an analysis of the water requirement, electricity requirement, and greenhouse gas emissions that are associated with snowmaking. The authors write that “in the tourism sector, if we want to limit the extent of the consequences of global warming, we must also be concerned about limiting the carbon footprint of this activity, and therefore do everything possible to massively reduce greenhouse gas emissions for the entire sector. »

Many ski resort operators, in Europe and beyond, are already getting the message, and may need to do more. For skiers, the study suggests higher – and colder – destinations may be required to get to the best slopes. Above all, many resorts will have to adapt and diversify their activities if they want to welcaome a sufficient number of visitors in the years to come.

Source : Yahoo News.

Les puissants enneigeurs génèrent encore plus de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique (Photo: C. Grandpey)