Escapade en Campanie (2ème partie) : le Musée Archéologique National de Naples

Cela faisait longtemps que j’avais envie d’aller à Naples visiter le Musée Archéologique National où sont exposées les fresques prélevées à Herculanum, Stabies et Pompéi. Après avoir visité Pompéi à deux reprises dans les années 1990, j’avais compris que la visite du musée de Naples serait indispensable pour avoir une idée complète de la vie dans ces cités recouvertes par la cendre du Vésuve en l’an 79 de notre ère.

Afin d’éviter les inévitables tracas de circulation et de stationnement à Naples, j’avais opté pour le train qui permet en 34 minutes et pour seulement 2,20 euros de relier la gare de Pozzuoli Solfatara à celle de Piazza Cavour qui se trouve à 200 mètres du musée où le nombre de visiteurs était étonnamment faible, peut-être à cause de la Covid-19.

Je suis sorti enchanté de ma visite du musée napolitain car la richesse des œuvres exposées est assez extraordinaire. Je ne suis pas fan des musées que je trouve souvent rébarbatifs, et certains (j’ai des noms!) me reprochent de les parcourir au pas de charge!

A Naples, c’était différent car je venais rechercher et observer des œuvres précises, à savoir les fresques prélevées à Herculanum et Pompéi. Protégées et restaurées dans l’enceinte du Musée, elles sont mieux conservées qu’en restant sur place. Certaines sont vraiment d’une grande finesse. Entre autres, le cabinet érotique secret présente les nombreuses fresques et objets découverts dans les lupanars de Pompéi et Herculanum, ainsi que dans les maisons privées. Il serait dommage de ne pas chausser les protections proposées gratuitement par le Musée pour admirer les mosaïques de la section Magna Grecia, issues de villas de Pompéi, Herculanum et Stabies.

Le revers de la médaille, c’est qu’après une telle visite et un tel enchantement, on trouve bien vides les murs des maisons d’Herculanum et Pompéi. Il faut faire travailler son cerveau pour y transposer les images du Musée archéologique de Naples.

Vous verrez ci-dessous quelques photos prises au cours de ma visite. Contrairement à certains autres musées qui espèrent vendre des images à la boutique, celui de Naples autorise la prise de photos. Un régal !

Il serait dommage de ne pas visiter les autres pièces du Musée, comme celles consacrées aux gladiateurs dans la superbe salle du Cadran Solaire, ou bien les sculptures monumentales de la collection Farnèse.

Photos : C. Grandpey

Une fois la visite du musée terminée, on peut se plonger dans l’ambiance de la ville de Naples où rôde à chaque coin de rue la mémoire du regretté Diego Maradona. On peut s’aventurer dans les ruelles étroites de Spaccanapoli, le quartier historique, où les volcans apparaissent sur les belles majoliques du cloître de Santa Chiara. On peut aussi parcourir les ruelles étroites des quartiers espagnols… Naples, c’est vraiment tout une ambiance, un monde plein de vie!

Photos : C. Grandpey

Escapade en Campanie (1ère partie) : Pouzzoles et les Champs Phlégréens

Il y a quelques jours, j’ai profité des premières belles journées de printemps pour me rendre dans le sud de l’Italie afin de revoir le Vésuve, Herculanum et Pompéi, et surtout visiter le Musée Archéologique de Naples qui me semblait être un complément indispensable à la visite des cités antiques victimes de la fureur du Vésuve. J’avais choisi Pouzzoles comme première étape de ce périple en Campanie.

La ville de Pouzzoles est particulièrement intéressante d’un point de vue géologique car la région connaît des épisodes bradysismiques qui font se soulever et s’abaisser le sol au gré des mouvements de la chambre magmatique qui se cache à quelques kilomètres de profondeur. Les incrustations de coquillages sur les colonnes du Temple de Sérapis sont les témoins d’une époque où la mer avait envahi cet édifice.

Aujourd’hui, la région de Pouzzoles est en phase d’inflation, avec une vitesse moyenne de soulèvement d’environ 13 ± 2 mm par mois. L’ascendance enregistrée à la station GPS de Rione Terra à partir de novembre 2005 est d’environ 93,5 cm, dont environ 60 cm depuis janvier 2016.

Le phénomène s’accompagne de séismes dont certains peuvent être ressentis par la population. Ainsi, au cours du mois de mars 2022, l’INGV a enregistré 339 secousses dans le région des Champs Phlégréens, avec une magnitude maximale de M 3,6 et une profondeur maximale d’environ 3,7 km.

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A proximité de la ville de Pouzzoles, la Solfatara constitue la zone la plus active des Champs Phlégréens. Elle est surveillée comme le lait sur le feu car un réveil de ce volcan causerait des problèmes majeurs. Sa situation au sein d’une zone densément peuplée rendrait l’évacuation de la population très délicate.

Le cratère est situé sur une colline à 190 m d’altitude. Le paysage est lunaire, avec de nombreuses fissures dans le sol d’où s’échappent des fumerolles constituées essentiellement de vapeur d’eau et de gaz comme le CO2. La fumerolle principale, la Bocca Grande, présentait une température de 130-140°C quand je l’ai mesurée dans des années 1990. Aujourd’hui, l’INGV relève environ 90°C. Vous trouverez tous les paramètres concernant la Solfatara en cliquant sur ce lien :

https://www.ov.ingv.it/index.php/monitoraggio-e-infrastrutture/bollettini-tutti/bollett-mensili-cf/anno-2022-2/1064-bollettino-mensile-campi-flegrei-2022-02/file

Attention : la Solfatara est actuellement fermée au public depuis le tragique accident survenu en septembre 2017. Un couple de touristes et leur fils de 11 ans ont trouvé la mort en chutant dans une marmite de boue. Le gosse, âgé de 11 ans, a franchi une barrière de sécurité et a chuté dans une marmite de boue. Les parents ont alors tenté de le secourir mais ont chuté à leur tour dans la cavité. Elle était peu profonde et il est probable que la mort a été causée par les émanations de gaz. Depuis cet accident tragique, les autorités italiennes ont mis en place le sacro-saint principe de précaution, ce qui explique la fermeture du site.

Pour avoir une très bonne vue sur la Solfatara, je conseille d’emprunter la Via Coste d’Agnano qui longe le site et propose un très bon panorama dans sa partie haute. S’y rendre de préférence de le matin quand l’air ambiant, plus humide, permet de distinguer les différents sites fumerolliens. L’air sec de l’après-midi ne permet plus de voir grand-chose.

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La région de Pouzzoles présente d’autres points d’intérêt comme le lac d’Averno, choisi par Virgile pour y situer l’entrée des Enfers…

 

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Le visiteur pourra aussi grimper au sommet du Monte Nuovo et jeter un œil à l’intérieur du cratère, façonné par l’éruption du 29 septembre au 6 octobre 1538 qui a détruit le village médiéval de Tripergole et mis en fuite la population locale…

Photos : C. Grandpey