La hausse du niveau des océans de plus en plus préoccupante // Ocean rise is more and more a problem

L’élévation du niveau des océans est perçue comme l’une des conséquences les plus dangereuses du réchauffement climatique, avec le risque de rendre inhabitables des centaines de milliers de kilomètres de côtes et de déplacer plus de 100 millions de personnes dans le monde d’ici la fin du siècle.

L’ampleur de cette menace dépend de la hausse du niveau des océans au cours des prochaines décennies. Les estimations exactes de cette hausse restent aléatoires ; elles vont de 30 centimètres à plusieurs mètres. Cette différence est pourtant d’une importance cruciale car, selon les chiffres, elle implique le déplacement de dizaines de millions ou de centaines de millions de personnes.

Une nouvelle étude intitulée « L’élévation du niveau de la mer au 21ème siècle pourrait dépasser les projections du GIEC pour un avenir à fort réchauffement » a été publiée en décembre 2020. Elle explique que si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, l’élévation du niveau de la mer dépassera probablement les estimations qui viennent d’être mentionnées.

Depuis la fin des années 1800, le niveau de la mer a augmenté en moyenne d’environ 25 centimètres dans le monde, mais cette hausse varie d’une région à l’autre. Le siècle dernier, le principal facteur responsable de l’élévation du niveau des océans a été leur dilatation thermique.

Aujourd’hui, la fonte des calottes glaciaires, principalement du Groenland et de l’Antarctique, prend une autre proportion. En effet, il y a suffisamment de glace au Groenland et en Antarctique pour provoquer une élévation du niveau de la mer de 63 mètres si cette glace fondait dans sa totalité. Aucun scientifique ne s’attend toutefois à un tel événement au cours de ce siècle, mais on sait qu’une fois que les calottes glaciaires ont atteint un certain niveau de réchauffement, elles deviennent moins stables et moins prévisibles, avec des points de basculement qui entrent en jeu.

Dans le dernier rapport du GIEC sur le changement climatique, les projections d’élévation moyenne du niveau de la mer d’ici la fin du siècle vont de 40 à 60 centimètres, par rapport au niveau moyen de 1986 à 2005. La nouvelle étude parie sur une hausse supérieure et affirme que les projections du GIEC sont probablement trop basses. Le graphique ci-dessous, basé sur le rapport du GIEC, montre les différents facteurs participant à l’élévation du niveau de la mer. Les projections vont jusqu’à la fin du siècle. La contribution de l’Antarctique est indiquée en bleu turquoise.

Un autre article, également publié en décembre dans la revue Nature arrive à une conclusion identique en se basant sur le Groenland. En se référant aux derniers modèles utilisés pour le prochain rapport du GIEC, les auteurs ont constaté que dans un scénario de fort réchauffement, le Groenland pourrait ajouter 7,5 centimètres à l’élévation du niveau de la mer d’ici la fin du siècle, par rapport à l’ancien rapport du GIEC. Cette élévation supplémentaire du niveau de la mer serait due au réchauffement de 1 degré Celsius projeté par les nouveaux modèles climatiques de l’Arctique.

Ce qui préoccupe le plus les auteurs de la première étude, c’est le comportement non linéaire de l’élévation du niveau de la mer. Ces dernières années, la hausse du niveau des océans s’est accélérée. Dans les années 1990, les océans ont connu une hausse d’environ 2 millimètres par an. De 2000 à 2015, la moyenne était de 3,2 millimètres par an. Au cours des dernières années, le rythme s’est accéléré pour atteindre 4,8 millimètres par an. Au rythme actuel, on peut s’attendre à au moins 37 centimètres d’élévation du niveau de la mer d’ici 2100. En plus, comme cela a été le cas au cours des dernières décennies, le rythme d’élévation du niveau de la mer devrait continuer à s’accélérer pendant l’avenir prévisible. Il en ressort que 37 centimètres est une prévision probablement en dessous de la vérité.

Étant donné que la Terre s’est déjà réchauffée de plus d’un degré Celsius depuis la fin des années 1800, nous savons qu’une élévation substantielle du niveau de la mer est déjà en train de se produire, que nous arrêtions ou non le réchauffement climatique. Les scientifiques ne savent pas combien de temps cette hausse prendra, ni à quelle vitesse elle se produira. Toutefois, en extrapolant, les glaciologues expliquent que lorsque nous sommes sortis de la dernière période glaciaire, le niveau de la mer a augmenté à une vitesse pouvant atteindre 37 cm par siècle. Le fait qu’il y ait beaucoup moins de glace sur Terre aujourd’hui qu’il y a 20 000 ans signifie que l’élévation du niveau de la mer par degré Celsius serait probablement moins importante maintenant. Malgré tout, même avec un rythme d’élévation qui serait la moitié du maximum historique, on assisterait à une catastrophe sur notre  planète où vivent des milliards de personnes qui dépendent de la stabilité du niveau des océans.

Source: CBS News.

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Sea-level rise is known to be among the most dangerous consequences of global warming, with the risk of making hundreds of thousands of square kilometres of coastline uninhabitable and potentially displacing over 100 million people worldwide by the end of the century.

The magnitude of this threat depends on how much the oceans will rise in the coming decades. However, exact estimates remain elusive, ranging from 30 centimetres to several metres above current levels. That disparity is of crucial importance because it ranges between tens of millions of people and hundreds of millions forced from their homes

A new study entitled « Twenty-first century sea-level rise could exceed IPCC projections for strong-warming futures » and published in December 2020 warns that if global warming continues at the current pace, sea-level rise will probably surpass these projections.

Since the late 1800s, sea level has risen an average of about 25 centimetres globally, but the amount varies from region to region. Last century the largest contributor to the rise of the oceans was their thermal expansion. But now the melting of ice sheets, mainly from Greenland and Antarctica, constitutes a greater proportion, and that fraction will only grow.

Indeed, there is enough ice locked up in Greenland and Antarctica to cause a sea-level rise of 63 metres if it happens to melt. No scientist is expecting such an event this century, but after a certain level of warming, ice sheets become less stable and less predictable, with potential tipping points coming into play.

In the most recent IPCC report on climate change, the median sea-level rise projections by the end of the century range from 40 to 60 centimetres, as compared to the average sea level from 1986-2005. The new study bets on upper estimate, saying it is likely too low.

The graphic below, based on the IPCC report, shows the various contributors to sea-level rise. It is projected out to the end of the century. Antarctica’s contribution is shown in turquoise blue.

Another paper, also published in December in the journal Nature makes a similar case, focused on the evidence from Greenland. Employing the latest models used to inform the next IPCC report, the authors found that in a high-warming scenario Greenland may contribute an extra 7.5 centimetres to sea-level rise by the end of the century, when compared to the former version of models used by the IPCC. This extra sea-level rise is due to an additional 1 degree Celsius of warming projected by the new climate models in the Arctic.

A big concern of the authors of the first study for our future is the non-linear behaviour of sea-level rise. In recent years the pace of sea-level rise has been accelerating. In the 1990s the oceans rose at about 2 millimetres per year. From 2000 to 2015 the average was 3.2 millimetres per year. But over the past few years the pace has quickened to 4.8 millimetres per year. At the current pace, we can expect at least 37 more centimetres of sea-level rise by the year 2100. But, as has been the case for the past few decades, the pace of sea-level rise is expected to continue to increase for the foreseeable future. So,37 centimetres is extremely unlikely.

Considering that Earth has already warmed more than 1 degree Celsius since the late 1800s, we know that substantial sea-level rise is already baked in, regardless of whether we stop global warming. Scientists just don’t know exactly how long it will take to see the rise or how fast it will occur. But using proxy records, glaciologists can see that as we emerged from the last Ice Age, sea level rose at remarkable rates, as fast as 37 cm per century at times. The fact that there is a lot less ice on Earth today than there was 20,000 years ago means the amount of sea-level rise per degree would likely be less now, and the maximum pace may be tempered as well. But even a pace that is half the historical maximum would still be catastrophic to an Earth with billions of people who depend on stability.

Source: CBS News.

Accélération du niveau des océans au cours des dernières décennies (Source : John Englander)

Nouveaux témoignages sur la fonte de l’Arctique // New evidence about Arctic melting

Aujourd’hui, avec la pandémie de COVID-19, de nombreuses missions scientifiques sont annulées en raison du risque de contamination, notamment à bord des navires de recherche. Cependant, deux chercheurs américains ont réussi à visiter l’Arctique en octobre 2020 et ont été surpris par ce qu’ils ont découvert. Ils expliquent que les zones qui n’étaient auparavant accessibles à cette période de l’année qu’avec un brise-glace sont devenues des eaux libres. Ils avaient emporté des sous-vêtements chauds mais n’ont pas eu à s’en servir.

Au cours des dernières années, les deux chercheurs étaient souvent accompagnés de bénévoles qui espéraient pouvoir observer des morses. De nos jours, sans glace de mer pour se reposer et moins de palourdes à manger, les animaux ont opté pour des séjours en colonies sur les plages.

Au cours de leur navigation, les chercheurs ont rencontré de gros bateaux de pêche qui remontaient vers le nord à la recherche de morue du Pacifique. Ils ont aussi croisé un porte-conteneurs qui empruntait, grâce à la fonte de la glace, la nouvelle voie de navigation entre le Québec et la Corée. Il n’a neigé qu’une seule fois au cours de leurs trois semaines sur l’eau.

Ces observations confirment ce que nous savions déjà : alors que le reste du monde se réchauffe en moyenne de plus de 1°C à cause du changement climatique d’origine humaine, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement. Les chercheurs ont découvert que les eaux de surface présentaient une température de 3°C au-dessus de la normale.

Pour effectuer leur voyage dans l’Arctique, les deux scientifiques ont dû respecter des règles strictes. Ils se sont mis en quarantaine chez eux dans le Maryland, puis à nouveau à Anchorage avant de prendre l’avion pour Nome et de monter à bord du navire de recherche. L’équipage du Norseman II était en mer depuis huit mois, en raison de restrictions strictes sur les lieux d’accostage. Ils ont prolongé leur temps à bord pour accueillir les chercheurs. Ces derniers ont recueilli des échantillons et collecté des données pour leurs collègues dans l’impossibilité d’effectuer leurs missions habituelles.

Les changements dans l’Arctique à cause du changement climatique et de la fonte de la glace de mer auront des conséquences graves pour la vie marine. En effet, le manque de glace de mer entraîne la prolifération d’une plus grande quantité d’algues, y compris celles qui peuvent être toxiques et même mortelles. Les palourdes se nourrissent des algues toxiques ; les morses, les canards plongeurs et les humains mangent à leur tour les palourdes. C’est un réel problème car les populations indigènes le long de la côte de l’Alaska dépendent des palourdes pour leur alimentation.

Une étude publiée en 2020 a révélé que les communautés marines de l’Arctique pacifique subiront de profonds changements à cause du réchauffement et de la réduction de la glace de mer. Les espèces les plus grandes qui vivent plus longtemps vont probablement migrer vers le pôle d’ici la fin du siècle et perturber de ce fait le réseau trophique. Ces changements seront particulièrement difficiles à supporter pour les communautés autochtones qui vivent en Alaska depuis des milliers d’années. Elles doivent maintenant faire face à une glace de mer instable et chasser des animaux qui ne cessent de se déplacer.

Source: The Guardian.

On peut ajouter à ces observations que l’élévation du niveau de la mer affecte profondément les communautés autochtones le long des côtes. En raison du manque de glace de mer qui faisait obstacle aux vagues lors des tempêtes, le littoral s’érode et recule rapidement. Il s’érode si vite que certaines communautés ont dû être déplacées à l’intérieur des terres, loin de leurs zones de pêche dans l’Océan Arctique.

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Today, with the COVID-19 pandemic, many scientific missions are cancelled because of the risk of contamination, especially on board the research ships. However, a pair of American researchers managed to visit the Arctic in October 2020 and were surprised at what they discovered. They explain that areas that were previously accessible at that time of the year only with an ice-breaking ship had become open water. They had taken long underwear along with them but never put it on.

In years past, the two researchers were usually accompanied by volunteers who expected to see walruses. But with no sea ice to perch on and fewer clams to eat, the animals have moved in colonies to more comfortable accommodations on the beaches.

On their way, the research team saw huge fishing boats searching farther north for Pacific cod, and a container ship travelling a newly melted route from Quebec to Korea. It snowed only once during their three weeks on the water.

These observations confirm what we already knew: while the world on average has warmed more than 1°C because of human-caused climate change, the Arctic is heating much faster. The researchers found the shallow waters were up to 3°C hotter than is typical throughout the water column.

To perform their trip in the Arctic, the two scientists agreed to strict rules. They quarantined at home in Maryland and then again in Anchorage before flying by plane to Nome and boarding the research vessel. The crew of the Norseman II had been at sea for eight months, due to tight restrictions on where they could dock. They extended their time out to accommodate the researchers. The two researchers also obtained samples and collected data for their colleagues who could not make their usual journeys.

The changes in the Arctic due to climate change and the melting of the sea ice will have serious and probably dangerous consequences for the marine life  Indeed, the lack of sea ice is leading to higher levels of algal production, including the kind that can be deadly. Clams eat the toxic algae, and walruses, diving ducks and humans eat the clams. It is a problrm because indigenous populations along the Alaska coast depend on clams for food.

One study published in 2020 has found that marine communities in the Pacific Arctic will see profound changes in response to warming and reductions in sea ice. Larger species that live longer are likely to move toward the pole by the end of the century, disrupting the food web.

The changes will be particularly hard to endure for indigenous communities that have been in Alaska for thousands of years and are now coping with unstable sea ice and trying to hunt animals that are moving.

Source : The Guardian.

One can add to these observations that rising sea levels are deeply affecting indigenous communities along the coasts. Because of the lack of sea ice that was an obstacle to the waves during the storms, the coastline is eroding and retreating rapidly. It is retreating so fast that some communities had to be relocated farther inland, away from their fishing grounds in the Arctic Ocean.

Photo : C. Grandpey

Faut-il s’attendre à un réchauffement stratosphérique soudain ? // Should we expect a Sudden Stratospheric Warming ?

Un réchauffement stratosphérique soudain (en anglais Sudden Stratospheric Warming ou SSW) est un phénomène météorologique pendant lequel le vortex polaire dans l’hémisphère hivernal voit ses vents généralement d’ouest ralentir ou même s’inverser en quelques jours. Un tel phénomène va rendre le vortex plus sinueux, voire le rompre. Le changement est dû à une élévation de la température stratosphérique de plusieurs dizaines de degrés au-dessus du vortex. Elle grimpe très rapidement, passant de -70/-80°C à -10/-20°C degrés (soit une élévation d’une soixantaine de degrés en quelques jours).  Pour rappel, la stratosphère est le couche atmosphérique située au dessus de celle où nous vivons – la troposphère – à une altitude située entre 10 et 50 km environ.

Durant un hiver habituel dans l’hémisphère nord, plusieurs événements de réchauffement mineur stratosphérique se produisent, avec un événement majeur se produisant environ tous les deux ans. Dans l’hémisphère sud, les SSW semblent moins fréquents et moins bien compris.

En conséquence, un réchauffement stratosphérique soudain et ses implications pour le vortex polaire peuvent avoir de sérieuses conséquences sur le climat de nos latitudes. L’air froid peut se retrouver piégé dans le jet stream (frontière entre l’air froid polaire et de l’air doux des tropiques) et être décalé jusqu’à nos latitudes, dans des régions peu habituées à un froid glacial, comme ce fut le cas en mars 2018 en Europe ou en février 2012 en France. Ces épisodes de SSW ne semblent toutefois pas avoir de relation avec le réchauffement climatique actuel ; ce sont de simples événements climatiques ponctuels.

Selon les météorologistes, il semble qu’un réchauffement stratosphérique soudain soit en préparation actuellement, avec un impact sur les conditions climatiques de l’hémisphère nord vers la mi-janvier avec l’arrivée d’un temps sec mais particulièrement froid à cause du blocage des hautes pressions par le vortex. Selon les météorologues, ces conditions froides devraient surtout affecter l’Europe du Nord et le Royaume Uni, alors que les conditions climatiques seront plus douces, humides et venteuses dans le sud de l’Europe.

La France devrait donc se trouver dans la zone tampon, avec des températures certes plus froides, mais pas extrêmement basses. De telles conditions semblent favorables à des chutes de neige.

Ces prévisions demandent toutefois confirmation et sont en grande partie régies par le comportement du vortex polaire, selon qu’il reste uniforme ou se brise en plusieurs morceaux.

Source: Météo France,The Weather Channel, The Watchers.

En cliquant sur ce lien, vous aurez une très bonne explication (en anglais) du réchauffement stratosphérique soudain et du comportement du vortex polaire.

https://youtu.be/VnlFFaF_l7I

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 A Sudden Stratospheric Warming (SSW) is a meteorological phenomenon during which the polar vortex in the winter hemisphere sees its generally westerly winds slow down or even reverse within a few days. Such a phenomenon will make the vortex more sinuous, or even break it. The change is due to a rise of several tens of degrees in stratospheric temperature above the vortex. It climbs very quickly, going from -70 / -80 ° C to -10 / -20 ° C degrees (an increase of about sixty degrees in a few days). As a reminder, the stratosphere is the atmospheric layer located above the one where we live – the troposphere – at an altitude between 10 and 50 km approximately.

During a typical winter in the northern hemisphere, several minor stratospheric warming events occur, with one major event occurring approximately every two years. In the southern hemisphere, SSWs appear to be less frequent and less well understood.

As a result, sudden stratospheric warming and its implications for the polar vortex can have serious consequences for the climate of our latitudes. Cold air can get trapped in the jet stream (border between cold polar air and mild tropical air) and be shifted to our latitudes, in regions not used to freezing cold, like this was the case in March 2018 in Europe or in February 2012 in France. However, these episodes of SSW do not seem to have any relation to current global warming; they are simple one-off climatic events.

According to meteorologists, it seems that a sudden stratospheric warming is in preparation now, with an impact on the weather conditions of the northern hemisphere around mid-January with the onset of dry but particularly cold weather due to the blockage of high pressures by the vortex. According to meteorologists, these cold conditions should mainly affect northern Europe and the United Kingdom, while the weather will be milder, wetter and windy in southern Europe. France should therefore be in the buffer zone, with temperatures certainly colder, but not extremely low. Such conditions seem favorable for snowfall.

These predictions require confirmation, however, and are largely governed by the behaviour of the polar vortex, whether it remains uniform or shatters into several pieces.

Source: Météo France,The Weather Channel, The Watchers.

By clicking on this link, you will get a very good explanation of the Sudden Stratospheric Warming and the behaviour of the polar vortex :

https://youtu.be/VnlFFaF_l7I

 Variables de comportement du vortex polaire dans l’hémisphère nord : stable, décalé, rompu  (Source: Met Office)

Le réchauffement climatique met à mal une capsule temporelle dans l’Arctique // Global warming causes problems to a time capsule in the Arctic

Depuis les années 1990, on assiste à une fonte accélérée de la banquise arctique sous les coups de boutoirs du réchauffement climatique. La glace de mer rétrécit comme peau de chagrin et sa perte de surface bat des records d’année en année. Les mesures du mois d’octobre 2020 montrent que la banquise a perdu 8,2% de sa superficie en seulement dix ans.

Au mois de novembre 2020, la presse a fait état d’un événement qui confirme la vitesse de fonte de la glace dans l’Arctique. Tout commence par un simple fait divers. Alors qu’ils se promenaient sur les plages du comté de Donegal (Irlande), deux surfeurs de la région ont découvert un objet pour le moins déconcertant. Il s’agissait d’un cylindre en acier qui, à première vue, ressemblait à une pièce perdue par un bateau. En y regardant mieux, ils ont découvert des inscriptions  rédigées en russe et ont tout d’abord cru qu’il s’agissait d’un engin explosif, mais à la vue de la date inscrite, ils en ont déduit qu’il pouvait s’agir des cendres d’un défunt. Ils ont donc décidé de ne pas ouvrir l’objet.

Les deux hommes ont demandé à un ami russe de leur traduire les inscriptions sur le cylindre. La traduction a révélé qu’il s’agissait en fait une capsule temporelle, autrement dit un concept qui consiste à enterrer des objets du présent pour qu’ils soient redécouverts plusieurs générations plus tard.

Les deux surfeurs se demandèrent d’où pouvait venir ce cylindre en acier.  Son origine se trouvait à bord du brise-glace russe  50 Let Pobedy (en russe : 50 лет Победы) – ou en français « les 50 ans de la Victoire » – où plusieurs explorateurs de l’Arctique avaient décidé d’emprisonner la capsule dans un de ces nombreux blocs de glace qui flottent à la surface de l’Océan Arctique. Le brise-glace nucléaire de la marine russe parcourt les mers du Nord depuis 2007. Il est capable d’embarquer jusqu’à 140 passagers – scientifiques et touristes – ainsi que 128 membres d’équipage à travers les eaux gelées de l’Arctique.

La capsule temporelle a été emprisonnée dans les glaces de l’Arctique en 2018 et elle a été retrouvée deux ans seulement après y avoir été déposée, alors que la majorité de l’équipage du brise-glace pensait la revoir d’ici 30 à 50 ans. Le réchauffement climatique en a décidé autrement ; la capsule a refait surface dans le nord-ouest de l’Irlande à plus de 3.800 kilomètres de sa cage de glace, seulement deux ans après y avoir été emprisonnée.

L’idée de départ pour les passagers du brise-glace russe était d’enfermer une capsule temporelle dans les glaces de l’Arctique pour les futures générations. À l’intérieur, ils avaient déposé des lettres, des cartes postales, des photos, signes d’un passé plus ou moins lointain. Parmi les objets présents dans la capsule, il y a une lettre rédigée en anglais et datée du 4 août 2018 ; elle rend compte de la situation de l’époque, « Devant nous, s’étend à perte de vue une étendue glacée. Lorsque la capsule sera retrouvée, cela voudra probablement dire qu’il n’y a plus de glace dans cette partie de l’Arctique« . Raté !

Source : Médias d’information français.

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Since the 1990s, there has been an accelerated melting of the Arctic sea ice under the blows of global warming. Sea ice is shrinking rapidly and its loss of surface is breaking records year after year. Measurements for October 2020 show that the sea ice has lost 8.2% of its area in just ten years.

In November 2020, the press reported on an event confirming the rate of ice melting in the Arctic. It all starts with a simple news item. While walking on the beaches of County Donegal (Ireland), two surfers from the region discovered a disconcerting object. It was a steel cylinder that, at first glance, looked like a piece of steel lost by a ship. Upon closer inspection, they discovered inscriptions written in Russian and at first believed that it was an explosive device, but seeing the date inscribed, they thought it could be an urn containing the ashes of a deceased. So they decided not to open the object.

The two men asked a Russian friend to translate the inscriptions on the cylinder for them. The translation revealed that it was, in fact, a time capsule, meaning a concept of burying objects in the present so that they can be rediscovered generations later.

The two surfers wondered where this steel cylinder could come from. Its origin was on board the Russian icebreaker 50 Let Pobedy (in Russian: 50 лет Победы) – or in French « 50 years of Victory » – where several Arctic explorers had decided to imprison the capsule in one of the many blocks of ice that float on the surface of the Arctic Ocean. The Russian Navy’s nuclear icebreaker has been traveling the northern seas since 2007. It is capable of carrying up to 140 passengers – scientists and tourists – as well as 128 crew members through the frozen waters of the Arctic.

The time capsule was trapped in the Arctic ice in 2018 and was found just two years after being dropped there, when the majority of the icebreaker crew believed to see it again within 30 to 50 years. years. Global warming has decided otherwise; the capsule resurfaced in northwestern Ireland more than 3,800 kilometres from its ice cage, just two years after being imprisoned there. The original idea for the passengers of the Russian icebreaker was to enclose a time capsule in the Arctic ice for future generations. Inside, they had left letters, postcards, photos, signs of a more or less distant past. Among the objects in the capsule, there is a letter written in English and dated August 4th, 2018; it describes the environment at the time, « Ahead of us lies an expanse of ice as far as the eye can see. When the capsule is found, it will probably mean that there is no more ice in this part of the Arctic « .

Source: French news media.

Le brise-glace russe (Source : Wikipedia)