L’agonie du dernier glacier du Venezuela // The slow death of Venezuela’s last glacier

Cela peut paraître anecdotique mais confirme une tendance observée ailleurs dans le monde. Le Glacier du Pic Humboldt est le dernier des cinq principaux glaciers tropicaux du Venezuela. Il se trouve dans l’ouest du pays, au sein de la Sierra Nevada de Mérida. Avec le changement climatique, le Venezuela est en train de devenir le premier pays à perdre tous ses glaciers.

Contrairement au Groenland et à l’Antarctique, les glaciers qui ne sont pas des inlandsis, comme ceux qui ornent les flancs des montagnes, représentent environ 1 % des glaciers du monde. Leur contribution à l’élévation du niveau de la mer n’est donc pas très importante. Toutefois, comme la plupart d’entre eux se trouvent dans des régions où les températures dépassent fréquemment les 0°C, ils sont plus sensibles aux variations de température.

La Cordillère des Andes abrite plus de 95 % des glaciers tropicaux au monde. Dans certains pays comme le Pérou et la Colombie, les glaciers constituent une source essentielle d’approvisionnement en eau, que ce soit pour être bue, pour produire de l’électricité et pour des besoins agricoles. La perte de cette ressource aura de graves répercussions sur ces pays. C’est un problème que j’ai largement développé dans mon livre « Glaciers en péril

Il y a peu de temps encore, les seules études menées sur le terrain concernant les glaciers du Venezuela dataient de 1971 et 1992. D’après de nouvelles mesures datant de 2011, le Glacier du Pic Humboldt recouvrait une superficie de 0,10 km², soit 0,05 km² de moins qu’en 2009. En l’espace de trois ans, de nombreuses fissures s’étaient formées à travers le glacier et de l’eau de fonte coulait à sa base.

Les scientifiques pensent que le principal responsable du recul actuel des glaciers est l’augmentation des températures. Les glaciers situés à faible altitude, comme le Glacier du Pic Humboldt, sont plus petits, plus vulnérables et risquent de disparaître les premiers. Il est utile de préciser ici que la zone d’accumulation de la neige qui constitue la source des glaciers a tendance a remonter sous l’effet du réchauffement climatique. Cela signifie que les glaciers situés en moyennent altitude sont sérieusement menacés. On s’en rend compte dans l’Himalaya où les glaciers haut perchés résistent bien alors que leurs homologues situés plus en aval connaissent des difficultés.

Le Glacier du Pic Humboldt repose au sommet d’une montagne qui doit son nom à Alexandre von Humboldt, un naturaliste et explorateur du 19ème siècle. C’est en 1799 qu’Humboldt a vu pour la première fois le Venezuela alors qu’il naviguait vers le littoral du pays, avec des montagnes recouvertes de nuages qui se dressaient à l’horizon. Humboldt constate les répercussions dévastatrices de la déforestation dans la colonie espagnole pour faire place aux plantations. À la suite de cela, il devient le premier scientifique à aborder le lien entre l’activité humaine et le changement climatique.

Aujourd’hui, seuls les alpinistes peuvent se rapprocher suffisamment pour voir le Glacier du Pic Humboldt. Le Venezuela étant considéré comme un pays trop dangereux pour s’y rendre, les scientifiques sont dissuadés de s’y rendre ou ne souhaitent tout simplement pas proposer des voyages de recherche là-bas. En plus de cela, le Glacier du Pic Humboldt n’est pas le plus attrayant au monde. Il fait pâle figure face aux champs de glace de la Patagonie et il est facile de comprendre pourquoi l’obtention de financements pour la recherche peut être difficile.

Adapté d’un article paru dans le National Geographic.

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This may sound anecdotal but confirms a trend observed elsewhere in the world. The Humboldt Peak Glacier is the last of the five major tropical glaciers in Venezuela. It is located in the western part of the country, in the Sierra Nevada de Mérida. With climate change, Venezuela is becoming the first country to lose all its glaciers.
Unlike Greenland and Antarctica, glaciers that are not ice sheets, such as those on the mountainsides, account for about 1% of the world’s glaciers. Their contribution to sea-level rise is therefore not significant. However, since most of them are in areas where temperatures frequently exceed 0°C, they are more sensitive to temperature changes.
The Andean Cordillera is home to over 95% of the world’s tropical glaciers. In some countries, such as Peru and Colombia, glaciers are an essential source of water supplies, be it for drinking, for generating electricity and for agricultural needs. The loss of this resource will have a serious impact on these countries. This is a problem that I have largely developed in my book « Glaciers in Peril. »
Until recently, the only field studies of Venezuela’s glaciers were from 1971 and 1992. According to new measurements from 2011, the Humboldt Peak Glacier covered an area of ​​0.10 km², or 0, 05 km² less than in 2009. In the space of three years, numerous cracks had formed across the glacier and meltwater was flowing at its base.
Scientists believe that the main contributor to the current retreat of glaciers is rising temperatures. Low-lying glaciers, such as the Humboldt Peak Glacier, are smaller, more vulnerable and may disappear first. It is useful to specify here that the area of ​​accumulation of snow that is the source of glaciers tends to rise under the effect of global warming. This means that medium altitude glaciers are seriously threatened. This is evident in the Himalayas, where high-altitude glaciers are resilient, while their downslope counterparts are struggling.
The Humboldt Glacier lies atop a mountain named after Alexander von Humboldt, a naturalist and explorer of the 19th century. It was in 1799 that Humboldt saw Venezuela for the first time as he sailed to the coast of the country, with mountains covered with clouds that stood on the horizon. Humboldt noted the devastating impact of deforestation in the Spanish colony to make way for plantations. As a result, he became the first scientist to address the link between human activity and climate change.
Today, only mountaineers can get close enough to see the Humboldt Peak Glacier. Venezuela being considered too dangerous a country to visit, scientists are dissuaded from going there or simply do not want to undertake research trips there. On top of that, the Humboldt Peak Glacier is not the most attractive in the world. It really looks small compared with the ice fields of Patagonia and it is easy to understand why obtaining funding for research can be difficult.
Adapted from an article published in National Geographic.

Vue du Glacier du Pic Humboldt (Crédit photo: Hendrick Sanchez / Wikimedia)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

L’activité éruptive n’a pas été très intense dans le monde au cours des derniers jours. Voici quelques-uns des événements les plus significatifs.

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’activité de l’Etna (Sicile) est caractérisée par des émissions de gaz au niveau des cratères sommitaux, avec une activité strombolienne périodique faible à modérée au niveau des bouches dans la Bocca Nuova, le cratère nord-est et le nouveau cratère sud-est ( NCSE). En outre, on observe de petites coulées de lave sur environ 500 mètres le long du flanc est du cône dans le NCSE.
De nouvelles restrictions d’accès ont été mises en place par la municipalité de Nicolosi.
Source: INGV. .

Comme indiqué dans une note diffusée il y a quelques jours, une nouvelle activité éruptive a débuté à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 8 décembre 2018 avec des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 5,2 km d’altitude. On a observé des émissions de cendre, des explosions accompagnées de projections au-dessus du cratère, ainsi que de forts grondements. Les panaches de cendre ont atteint 15,2 km d’altitude. L’activité éruptive a ensuite diminué. La population de l’île a fait état d’importantes retombées de cendre. Les habitants de Bokure et de Kolang ont été évacués.
Source: Darwin VAAC.

À Hawaii, la lave a été visible pour la dernière fois le 4 septembre 2018 dans la Fracture N° 8 et a marqué la fin de l’éruption dans la Lower East Rift Zone. C’est également la fin officielle de l’éruption du Kilauea qui avait débuté en 1983.
Source: HVO.

Entre le 30 novembre et le 6 décembre 2018, le dôme de lave dans le cratère du Merapi (Indonésie) a augmenté à raison de 2 200 mètres cubes par jour. Le 6 décembre, le volume du dôme était estimé à 344 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou) avec une moyenne de 17 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent à 3 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 3 600 tonnes par jour.
Source: INGEMMET, IGP.

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Eruptive activity has not been quite intense around the world during the past days. Here are a few of the most significant events.

As I put it in a previous post, activity at Mt Etna (Sicily) is characterized by gas emissions at the summit craters, with periodic weak to moderate strombolian activity from vents in Bocca Nuova, Northeast Crater (NEC), and New Southeast Crater (NSEC). In addition, lava effusion has become continuous with small overlapping flows travelling about 500 metres down the E flank of the cone in the NSEC.

New access restrictions have been implemented by the municipality of Nicolosi.

Source: INGV. .

As I put it in a previous post, new euptive activity started at  Manam (Papua-New-Guinea) on December 8th, 2018 with ash plumes rising to an altitude of 5.2 km.The eruption was characterized by ash emissions, explosions that ejected lava fragments above the crater, and rumbling and roaring noises. Ash plumes rose as high as 15.2 km. Eruptive activity later decreased. Island residents described heavy ashfall. Residents in Bokure and Kolang evacuated.

Source: Darwin VAAC.

In Hawaii, lava was last visible at Kilauea’s Fissure 8 cone on September 4th, 2018, signalling the end of the Lower East Rift Zone (LERZ) eruption. This is also the end of the Kilauea eruption that began in 1983.

Source: HVO.

Between November 30th and December 6th, the lava dome in Merapi’s crater (Indonesia) grew at a rate of 2,200 cubic metres per day. By December 6th, the volume of the dome was an estimated 344,000 cubic metres. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: VSI.

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru) with an average of 17 explosions per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 3 km above the crater. SO2 emissions reach an average of 3,600 tons per day.

Source: INGEMMET, IGP.

L’éruption du Pu’uO’o qui avait débuté le 3 janvier 1983 est définitivement terminée (Crédit photo: USGS)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, telle qu’elle est décrite dans le dernier rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution:

On observe quotidiennement une incandescence nocturne dans le cratère du Mayon (Philippines). Les 27 et 30 novembre 2018, des explosions phréatiques ont généré des panaches de cendre s’élevant à 300-500 mètres au-dessus du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2, avec des zones d’exclusion de 6 km et 7 km.
Source: PHIVOLCS.

L’éruption se poursuit sur le Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska). Les données satellitaires et les images de la webcam indiquent des températures de surface élevées dans la caldera. Des panaches de vapeur et de cendre sont périodiquement identifiés sur les images. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.
Source: AVO.

Entre le 23 et le 29 novembre, le dôme de lave dans le cratère du Merapi (Indonésie) a augmenté à un rythme de 2 500 mètres cubes par jour. Le 29 novembre, le volume du dôme était estimé à 329 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

On observe les émissions de vapeur et de gaz habituelles sur le Popocatépetl (Mexique). Des épisodes de tremor sont enregistrés presque quotidiennement. Le 2 décembre 2018, des explosions ont éjecté des matériaux incandescents sur les flancs supérieurs du volcan et ont généré des panaches de cendre s’élevant à 2,5 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase Deux.

Une moyenne quotidienne de 21 explosions est observée actuellement sur le Sabancaya (Pérou). Des événements sismiques longue période sont toujours enregistrés. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent habituellement jusqu’à 2,5 km au-dessus du cratère. Le 28 novembre, les émissions de SO2 atteignaient 4600 tonnes par jour. Le public ne doit pas s’approcher du cratère à moins de 12 km.

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Here is the latest news of volcanic activity around the world, as reported in the Smithsonian Institution’s Weekly Report:

Crater incandescence can be seen at night on Mayon (Philippines). On November 27th and 30th, 2018, phreatic explosions generated ash plumes that rose 300-500 metres above the volcano. The alert level remains at 2, with 6-km and 7-km exclusion zones.

Source: PHIVOLCS.

The eruption continues at Veniaminof (Aleutians / Alaska). Satellite and webcam data show elevated surface temperatures in the caldera. Steam and ash plumes are periodically identified in webcam and satellite images. The aviation colour code remains at Orange and the volcano alert level is kept at Watch.

Source: AVO.

Between November 23rd and 29th, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew at a rate of 2,500 cubic metres per day. By November 29th, the volume of the dome was an estimated 329,000 cubic metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are asked to remain outside of the 3-km exclusion zone.

One observes the usual steam-and-gas emissions at Popocatépetl (Mexico). Periods of volcanic tremor are detected almost daily. Explosions on December 2nd ejected incandescent material onto the upper flanks, and generated ash plumes that rose 2.5 km above the crater. The alert level remains at Yellow, Phase Two.

An average of 21 explosions per day currently occurs at Sabancaya (Peru). Long-period seismic events are still recorded. Gas-and-ash plumes usually rise as high as 2.5 km above the crater. On November 28th, SO2 emissions reached 4,600 tons per day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Les voitures électriques sont-elles écologiques? (1) // Are electric cars environment-friendly? (1)

Depuis plusieurs années, nos gouvernements encouragent le développement des voitures électriques censées réduire les émissions de gaz à effet de serre, le gaz carbonique en particulier. Toutefois, à y regarder de plus près, il n’est pas certain que les véhicules électriques soient aussi écologiques qu’on veut bien nous le faire croire. Ils tirent leur électricité de batteries au lithium, au même titre que les smartphones (pardon, téléphones intelligents) et autres tablettes. Sans oublier les propriétés pharmaceutiques du lithium, récemment utilisé également dans l’aéronautique.

Le lithium ne se trouve pas partout dans le monde. En France, nous n’en avons pas ; il faut donc aller le chercher ailleurs. C’est en Amérique du Sud et en Australie que se trouvent les réserves les plus importantes de ce précieux minerai. Etant donnée l’importance de la demande, on va forcément assister à une intensification minière qui aura des conséquences environnementales et sociales, sur fond de corruption et de conflits d’intérêts.

Les salars de Bolivie et d’Argentine sont les plus menacés. Il y a quelques jours, j’attirais l’attention des visiteurs de mon blog sur le salar d’Uyuni en Bolivie dont la splendeur risque fort d’être ruinée à court terme par l’exploitation du lithium qui a déjà commencé discrètement sur le site.

En Argentine, l’extraction de cet « or blanc » a commencé il y a environ cinq ans et elle passe aujourd’hui à l’étape supérieure. Le passage à une production à l’échelle industrielle ne sera pas sans conséquences sociales et environnementales.

Selon l’étude du cabinet américain McKinsey, la production de voitures électriques devrait dépasser celle des véhicules à moteur thermique dès 2030. Nul doute que la production de lithium va monter en flèche. Tous les regards sont tournés vers le triangle ABC – Argentine, Bolivie et Chili – où se trouvent près de 85 % des réserves mondiales du minéral. Chaque multinationale entend bien s’offrir une part du gâteau et l’Argentine est en train de rapidement rattraper son retard sur ses deux voisins.

Contrairement à la Bolivie, l’Argentine a largement ouvert ses portes aux compagnies étrangères. Dotées de technologies de pointe, celles-ci délaissent progressivement le sous-sol chilien pour la pureté du lithium argentin. Les Japonais, Australiens, Français, Sud-coréens, Canadiens, Américains, Polonais, Allemands et bientôt Turcs ou Indiens ont déjà planté des jalons dans le pays. Cette arrivée massive modifie de façon profonde l’environnement local. Par exemple, à Olaroz, l’exploitation du lithium occupera dix-huit mille hectares pendant quarante ans, le tout pour un investissement de plus de 230 millions de dollars. L’objectif est de produire 17 500 tonnes de lithium par an.

L’extraction du lithium demande des installations lourdes. Pour atteindre le tonnage que je viens de mentionner, il a fallu creuser vingt-trois puits de deux cents mètres de profondeur à dix kilomètres du site. Une fois pompées, les saumures – riches en lithium – sont acheminées vers de grands bassins d’évaporation de la taille de 700 terrains de football. Ils permettront de révéler le lithium qui sera transporté vers l’usine pour le transformer en carbonate de lithium, afin d’être exporté.

Les exploitants des mines de lithium font remarquer que le processus d’extraction est écologique car il utilise l’énergie solaire et éolienne, ce qui est très différent de l’activité minière traditionnelle, connue pour sa pollution. Ce progrès environnemental est confirmé par la société française ERAMET qui exploite un salar à Salta. Selon ses responsables, l’entreprise « évalue le potentiel économique » du gisement et étudie « un procédé innovant pour l’extraction du lithium dont l’empreinte environnementale est sensiblement réduite en comparaison des procédés conventionnels, du fait de la diminution très significative des surfaces d’évaporation nécessaires.»

Malgré tout, si l’industrie du lithium se révèle un peu moins destructrice que d’autres activités minières comme le plomb, le zinc ou l’étain, son problème réside dans la faiblesse d’un code minier national. Sans mesures d’encadrement de l’extraction du lithium, on va droit vers un désastre écologique. Vigognes, flamants roses, lamas, souris mais aussi bactéries extrêmophiles sont directement menacés. Le processus d’exploitation du lithium demande beaucoup d’eau et il y a un fort risque de sécheresse dans une région où la situation s’avère déjà tendue. En moyenne, on a besoin de dix litres d’eau par seconde pour tenir les cadences de production fixées par les investisseurs. Il est facile d’imaginer la situation si tous les pays mentionnés ci-dessus viennent exploiter le lithium d’Amérique du Sud.

Les communautés autochtones de la région sont déjà les premières victimes collatérales. Suite aux différents pompages, l’eau de la région se trouve partiellement salinisée. C’est un drame pour ces populations qui dépendent de l’agriculture et de la culture du sel. C’est tout un mode de vie qui est menacé. Les salars représentent également un lieu sacré, la Pachamama, que les habitants honorent chaque année au mois d’août.

Plusieurs actions en justice ont été portées par la population locale afin de stopper ces projets, mais c’est le pot de terre contre le pot de fer. Malgré une poignée de batailles gagnées, aucune jurisprudence n’existe à ce sujet. Les mouvements contestataires se sont rapidement disloqués à l’annonce des promesses de créations d’emplois, mais au final, seulement une centaine de personnes seront employées sur chaque site, avec une minorité provenant de la région.

La corruption orchestrée par les autorités locales achève de noircir le tableau. Une voiture, un réfrigérateur ou une simple caisse de bière offerte à la population suffisent à convaincre les habitants du bien-fondé des projets…

Source : Presse nationale (ReporTerre, par exemple) et internationale.

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For several years, our governments have been promoting the development of electric cars that are supposed to reduce greenhouse gas emissions, particularly carbon dioxide. However, on closer inspection, it is not certain that electric vehicles are as ecological as we would like to believe. They draw their electricity from lithium batteries, just like smartphones and tablets. Not to mention the pharmaceutical properties of lithium, recently also used in aeronautics.
Lithium is not found everywhere in the world. In France, we do not have it; so we have to look for it elsewhere. It is in South America and Australia that the most important reserves of this valuable mineral are found. Given the importance of demand, we will inevitably witness an intensification of mining that will have environmental and social consequences, with a background of corruption and conflicts of interest.
Salars of Bolivia and Argentina are the most threatened. A few days ago, I drew the attention of visitors to my blog about the salar of Uyuni in Bolivia whose splendor is likely to be ruined in the short term by the exploitation of lithium which has already begun discreetly on the site.
In Argentina, the extraction of this « white gold » began about five years ago and is now moving to the next level. The transition to industrial scale production will not be without social and environmental consequences.
According to a study by the US firm McKinsey, the production of electric cars is expected to exceed that of thermal vehicles by 2030. There is little doubt that lithium production will skyrocket. All eyes are on the ABC triangle – Argentina, Bolivia and Chile – where nearly 85% of the world’s mineral reserves are located. Each multinational intends to offer itself a piece of the cake and Argentina is quickly catching up with its two neighbours.
Unlike Bolivia, Argentina has largely opened its doors to foreign companies. Endowed with advanced technologies, these gradually abandon the Chilean subsoil for the purity of Argentine lithium. The Japanese, Australians, French, South Koreans, Canadians, Americans, Poles, Germans and soon Turks or Indians have already set foot in the country. This massive arrival profoundly modifies the local environment. For example, in Olaroz, lithium mining will occupy eighteen thousand hectares for forty years, all for an investment of more than $ 230 million. The goal is to produce 17,500 tons of lithium per year.
Lithium extraction requires heavy installations. To reach the tonnage I just mentioned, it was necessary to dig twenty-three wells two hundred meters deep at ten kilometers from the site. Once pumped, brines – rich in lithium – are transported to large evaporation ponds the size of 700 football fields. They will reveal the lithium that will be transported to the plant to turn it into lithium carbonate for export.
Lithium mine operators note that the extraction process is environmentally friendly because it uses solar and wind energy, which is very different from traditional mining, known for its pollution. This environmental progress is confirmed by the French company ERAMET which operates a salar in Salta. According to its managers, the company « assesses the economic potential » of the deposit and studies « an innovative process for the extraction of lithium whose environmental footprint is significantly reduced in comparison with conventional processes, because of the very significant reduction in necessary evaporation surface area. »
Nevertheless, if the lithium industry is a little less destructive than other mining activities such as lead, zinc or tin, its problem lies in the weakness of a national mining code. Without management measures of lithium extraction, we are heading towards an ecological disaster. Vigognes, flamingos, llamas, mice but also extremophile bacteria are directly threatened. The process of mining lithium requires a lot of water and there is a high risk of drought in an area where the situation is already tense. On average, one needs ten litres of water per second to keep up with the production rates set by investors. It is easy to imagine the situation if all the above-mentioned countries come to exploit the lithium of South America.
The indigenous communities in the region are already the first collateral victims. Following the various pumping operations, the water of the region is partially saline.This is a tragedy for these people who depend on agriculture and salt farming. It is a whole way of life that is threatened. The salar also represents a sacred place, the Pachamama, which locals honor each year in August.
Several lawsuits have been brought by the local population to stop these projects. Despite a handful of battles won, no case law exists on this subject. Protest movements quickly disintegrated at the announcement of promises of job creation, but in the end, only a hundred people will be employed on each site, with a minority from the region.
The corruption orchestrated by the local authorities completes the picture. A car, a refrigerator or a simple box of beer offered to the population is enough to convince the inhabitants of the merits of the projects …
Source: National (ReporTerre, for instance) and international.press.

Lithium contre beauté des salars = Nature contre intérêts économiques et financiers. On connaît d’avance le vainqueur!

Lithium vs. the beauty of salars = Nature vs. economic and financial interests. The winner is known in advance!

(Photos: C. Grandpey)