Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le niveau d’alerte du Lewotobi Laki-laki (Florès Est / Indonésie) a été relevé à IV (Awas) le 6 septembre 2025, en raison d’une hausse de la sismicité, d’un tremor continu et de déformations indiquant une remontée de magma à faible profondeur.
La sismicité comprenait des épisodes de tremor continus et une forte augmentation des séismes volcaniques profonds et peu profonds. Le 6 septembre, les relevés sismiques ont montré un tremor ininterrompu, probablement dû à une migration du magma vers la surface.
Aucune éruption n’a été observée les jours précédents, ce qui fait redouter une possible obstruction du conduit éruptif, avec le risque de pressurisation interne et d’activité explosive soudaine.
Les données inclinométriques des flancs supérieurs du volcan ont montré une inflation progressive au cours de la semaine écoulée, ce qui indique une probable intrusion magmatique. Cette inflation était plus marquée à faible profondeur, signe d’un possible événement éruptif imminent.
Suite à la hausse du niveau d’alerte, un rayon d’exclusion de 6 km a été mis en place autour du sommet, avec une zone d’exclusion sectorielle de 7 km au sud-ouest au nord-est.
Source : CVGHM.

 

Vue du Lewotobi le 25 août 2025 (Crédit photo : CVGHM)

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L’Épisode 32 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 2 septembre 2025 après plus de 13 heures de fontaines de lave. Une nouvelle inflation de la zone sommitale a commencé immédiatement à la fin de l’épisode. Les modèles laissent penser que l’Épisode 33 débutera entre le 17 et le 23 septembre 2025.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 32

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Une éruption a été observée surl’île Ioto (Iwo-jima) [Japon] le 1er septembre 2025 au niveau d’une bouche sous-marine au large de la côte ouest de l’île. Un panache éruptif s’est élevé à environ 1 km au-dessus de la surface de l’eau, dont la couleur a changé. L’éruption s’est poursuivie au moins jusqu’au lendemain. Une image webcam a montré une éruption surtseyenne avec projection de matériaux sombres à la surface de l’eau, ainsi qu’un panache de vapeur et de gaz. Les garde-côtes japonais avaient déjà signalé des bulles autour des bouches éruptives le 14 août. La sismicité et l’inflation avaient augmenté le 30 août. La dernière éruption sur cette île a eu lieu en février 2025.
Source : JMA.

Crédit photo: JMA

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L’activité éruptive avec émissions de cendres se poursuit sur le Kanlaon (Philippines). Le réseau sismique enregistre généralement 0 à 7 séismes volcaniques par jour et les émissions quotidiennes de SO2 varient de 762 à 1 922 tonnes. Les émissions de gaz et de vapeur montent jusqu’à 75 à 700 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester à l’écart de la zone de danger permanent d’un rayon de 4 km autour du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Phivolcs

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Les émissions de gaz et de vapeur se poursuivent sur le Poás (Costa Rica). Les émissions de gaz au niveau de la Boca A approchent les 800 °C. On observe toujours de l’incandescence dans le Boca A pendant la nuit. Le niveau du lac de la Boca C continue de monter et se rapproche de la lèvres de la Boca A. De petites éruptions ont été enregistrées le 3 septembre 2025. Elles se sont accompagnées d’une augmentation des émissions de SO2 jusqu’à environ 1 500 tonnes par jour, avant de diminuer à 600 tonnes. Une éruption mineure a été enregistrée le 7 septembre et a duré environ sept minutes. Les émissions de SO2 ont diminué de 600 tonnes par jour à 100 t/j entre le 6 et le 9 septembre. Un événement sismique survenu le 9 septembre a été probablement causé par la rupture de la paroi entre la Boca A et la Boca C, avec inondation de la Boca A, soit par l’interaction de l’eau avec les températures élevées. Des événements éruptifs se sont produits plusieurs heures plus tard : une puissante explosion a éjecté des cendres et des matériaux à 300 m au-dessus du bord du cratère, générant un panache de cendres, de vapeur et de gaz qui s’est élevé à 500 m de hauteur. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Source : OVSICORI.

 Source: OVSICORI

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Une activité éruptive intense est toujours observée sur le complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala), avec une extrusion de lave continue au niveau du dôme de Caliente. Des explosions quotidiennes, à un rythme de 1 à 3 événements par heure, génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs dévalent principalement les flancs ouest et sud-ouest. Les matériaux générés par ces effondrements produisent occasionnellement de courtes coulées pyroclastiques. Une incandescence est visible sur le dôme Caliente pendant la nuit. Des lahars sont observés lors des fortes pluies. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
Source : INSIVUMEH.

Crédit photo: Conred

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

The alert level for Mount Lewotobi Laki-laki (East Flores / Indonesia) was raised to IV (Awas) on September 6, 2025, due to increased seismicity, continuous tremor, and deformation indicating shallow magma ascent.

The seismicity included continuous tremor and a sharp rise in deep and shallow volcanic earthquakes. On September 6, seismic readings showed uninterrupted tremor, interpreted as magma migration from deeper zones toward the surface.

No eruption was observed in the preceding days, suggesting a possible obstruction within the conduit, increasing the likelihood of internal pressurization and sudden explosive activity.

Tiltmeter data from the volcano’s upper flanks recorded gradual inflation over the past week, indicating a likely magma intrusion.This inflation was most prominent at shallow depths, suggesting imminent eruptive potential.

In response to the elevated alert level, a 6 km exclusion radius was enforced around the summit, with an extended 7 km sectoral exclusion zone from the southwest to the northeast.

Source : CVGHM.

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Episode 32 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended on September 2 2025 after more than 13 hours of lava fountaining. Inflation of the summit area started immediately at the end of the episode. Models suggest Episode 33 will start between September 17 and 23 2025.

Source : HVO.

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An eruption at Ioto (Iwo-jima) [Japan] was observed on 1 September2025 from a submarine vent off the W coast of the island. An eruption plume rose about 1 km above the surface of the water whose colour chnaged. The eruption continued at least through the next day. A webcam image showed a Surtseyan ejection of dark material above the water’s surface as well as a white steam-and-gas plume. The Japan Coast Guard had reported bubbling water around the vents on 14 August. Both seismicity and inflation had increased on 30 August. The last eruption occurred in February 2025.

Source : JMA.

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Eruptive acticity with ash emissions continue at Kanlaon (Philippines). The seismic network usually records 0-7 daily volcanic earthquakes and daily SO2 emissions range from 762 to 1,922 tonnes per day. Gas-and-steam emissions rise 75-700 m above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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Gas and steam emissions continue at Poás (Costa Rica). Gas emissions at Boca A continue to be hot, approaching 800 degrees Celsius. Incandescence at Boca A continues to be visible at night. The lake over Boca C continues to rise and is approaching the rim of Boca A. Small eruptive events were recorded on 3 September 2025. They corresponded with increased SO2 emissions of around 1,500 tonnes per day that later decreased to 600 tonnes. A minor eruptive event was recorded on 7 September and lasted about seven minutes. SO2emissions decreased from 600 tons per day to 100 t/d during 6-9 September.
A seismic event on 9 September was either associated with the rupture of the wall separating Boca A and Boca C, causing water to flood Boca A, or from the interaction of water and high temperatures. Eruptive events occurred several hours later when an energetic explosion ejected ash and materials 300 m above the crater rim and generated an ash, steam, and gas plume that rose 500 m above the crater. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code is kept at Yellow.

Source : OVSICORI.

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Hgh levels of ongoing eruptive activity are still observed at the Santiaguito dome complex (Guatemala) with continuing lava extrusion at the Caliente dome. Daily explosions, at a rate of 1-3 events per hour, generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1 km above the summit. Block avalanches descend mainly the W and SW flanks. The collapsed material occasionally produce short pyroclastic flows. Incandescence is visible at Caliente dome during dark hours. Lahars are observed during heavy rainfall periods. Ashfall has been reported in downwind areas.

Source : INSIVUMEH.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Grande inquiétude pour les glaciers d’Asie // Great concern for Asian glaciers

Comme je le répète régulièrement sur ce blog et au cours de ma conférence « Glaciers en péril », les glaciers de l’Himalaya sont un véritable château d’eau pour les populations asiatiques. Le problème, c’est que, comme ailleurs dans le monde, ils subissent les assauts du réchauffement climatique et fondent à vue d’œil. Il est facile d’imaginer les conséquences qu’une telle fonte pourra avoir pour cette région du monde.

Alors que la glace fond un peu partout dans le monde, la région du Pamir et du Karakoram, en Asie centrale semblait plus ou moins épargnée. Les glaciers de ces montagnes semblaient vouloir rester stables malgré des températures mondiales en hausse. Les scientifiques allaient jusqu’à parler d’anomalie Pamir-Karakoram.

 

Malheureusement, une équipe internationale menée par l’Institut autrichien des sciences et technologies (Ista) rapporte aujourd’hui dans la revue Communications Earth & Environment que cette situation inédite a pris fin en 2018. C’est ce que révèlent les mesures fournies par une station climatique installée à un peu moins de 3 400 mètres d’altitude, sur le glacier Kyzylsu, au centre du Tadjikistan. Les collectes de données n’ont commencé qu’en 2021, mais des données de réanalyse climatique injectées dans des modèles informatiques permettent de simuler le comportement de ce glacier sur la période 1999-2023. Les chercheurs ont constaté un point de basculement important en 2018. Depuis cette année, la diminution des chutes de neige a modifié le comportement du glacier et affecté sa santé.

 

Les chercheurs soulignent tout de même qu’il faut rester prudent avant d’employer le terme de « point de non-retour » car leurs données sont encore parcellaires et leurs travaux ne portent que sur un bassin versant spécifique, mais les premiers résultats sont très inquiétants.

Pour garantir le fonctionnement de leurs instruments dans les années à venir, les chercheurs ont partagé des connaissances avec les populations locales. Ainsi, les habitants devraient être en mesure de remplacer les batteries des équipements ou de collecter les données sur des clés USB. Déjà, l’équipe raconte comment les bergers ont appris à ne pas perturber les mesures.

La fonte des glaciers serait d’autant plus dramatique que l’Asie centrale est une région semi-aride fortement dépendante de l’eau de fonte des neiges et des glaces pour son approvisionnement en eau douce en aval. Depuis 2018, l’eau de fonte des glaciers, devenue plus abondante, a pu compenser environ un tiers de la perte de ressources en eau due à la baisse des précipitations. Mais le phénomène ne semble pas durable.

Les scientifiques rappellent que le bassin versant du Kyzylsu contribue au bassin versant de l’Amou-Daria, l’un des principaux fleuves d’Asie centrale. Son eau provient presque entièrement des glaciers. L’Amou-Daria est également un ancien affluent de la mer d’Aral.

 

La Mer d’Aral est aujourd’hui en grande partie asséchée après avoir souffert du détournement, depuis des décennies, de ses deux principaux affluents pour l’irrigation des champs de coton créés à l’époque soviétique. Les chercheurs précisent qu’il ne faut pas se faire d’illusions : même si le glacier Kyzylsu et probablement d’autres glaciers du Pamir semblent fondre plus vite et injecter davantage d’eau dans le système, il est peu probable qu’ils remplissent à nouveau ce qui reste de la mer d’Aral.

Source : Futura Sciences.

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As I regularly repeat on this blog and during my lecture « Glaciers en Péril, » the Himalayan glaciers are a water tower for Asian populations. The problem is that, like elsewhere in the world, they are suffering from global warming and are melting eapidly. It’s easy to imagine the consequences this melting could have for this region of the world.
While ice is melting almost everywhere around the world, the Pamir and Karakoram region of Central Asia seemed more or less spared. The glaciers in these mountains seemed to remain stable despite rising global temperatures. Scientists even spoke of a ‘Pamir-Karakoram anomaly’.
Unfortunately, an international team led by the Austrian Institute of Science and Technology (ISTA) reports today in the journal Communications Earth & Environment that this unprecedented situation ended in 2018. This is revealed by measurements provided by a climate station installed at an altitude of just under 3,400 meters on the Kyzylsu Glacier in central Tajikistan. Data collection only began in 2021, but climate reanalysis data fed into computer models can simulate the glacier’s behaviour over the period 1999–2023. The researchers observed a significant tipping point in 2018. Since that year, reduced snowfall has altered the glacier’s behaviour and affected its health.
The researchers nevertheless emphasize that caution is needed before using the term « point of no return » because their data are still fragmented and their work only focuses on a specific watershed. However, the initial results are very worrying.
To ensure the operation of their instruments in the coming years, the researchers have shared their knowledge with local populations. Thus, residents have been asked to replace the equipment’s batteries or collect data on USB sticks. The team already describes how herders have learned not to disrupt the measurements.
The melting of the glaciers would be all the more dramatic as Central Asia is a semi-arid region heavily dependent on snow and ice melt for its freshwater supply. Since 2018, the more abundant glacial meltwater has been able to compensate for about a third of the loss of water resources due to the decline in precipitation. But the phenomenon will not last for ever. Scientists point out that the Kyzylsu watershed contributes to the Amu Darya watershed, one of the main rivers in Central Asia. Its water comes almost entirely from glaciers. The Amu Darya is also a former tributary of the Aral Sea.
Today, the Aral Sea is largely dry after suffering from the diversion, over decades, of its two main tributaries to irrigate cotton fields created during the Soviet era. Researchers caution that there should be no illusions: even if the Kyzylsu Glacier and probably other Pamir glaciers appear to be melting faster and injecting more water into the system, it is unlikely that they will replenish what remains of the Aral Sea.
Source: Futura Sciences.

L’été 2025 encore beaucoup trop chaud

Selon le service européen Copernicus, l’été 2025 a été le troisième plus chaud dans le monde depuis le début des relevés de températures. Il est intéressant d’apporter quelques précisions concernant chaque mois estival.

Copernicus indique que dans le monde, le mois de juin 2025 a été le 3ème mois de juin le plus chaud, juste derrière juin 2024 (qui était 0,2°C plus chaud) et quasiment à égalité (0,06°C) avec juin 2023. En Europe de l’Ouest, juin 2025 a été le plus chaud jamais enregistré.

Juillet 2025 se classe au troisième rang des mois de juillet les plus chauds jamais mesurés sur Terre. Les mois de juillet des trois dernières années restent les trois plus chauds jamais enregistrés

Août 2025 a été le troisième mois d’août le plus chaud au monde, avec une température moyenne de l’air de 16,60 °C, soit 0,49 °C de plus que la moyenne d’août de 1991 à 2020.
L’Europe a connu sa quatrième saison estivale la plus chaude, avec 0,90 °C de plus que la moyenne de 1991 à 2020.
La température moyenne de la surface de la mer en août 2025 entre 60 °S et 60 °N a été de 20,82 °C, soit la troisième valeur la plus élevée jamais enregistrée pour le mois, et 0,16 °C de moins que le record d’août 2023.
L’étendue moyenne de la banquise arctique en août 2025 a été inférieure de 12 % à la moyenne de 1991 à 2020. C’est la 8ème plus faible étendue jamais enregistrée pour un mois d’août.
L’étendue de la banquise antarctique a été inférieure de 7 % à la moyenne. C’est la troisième plus faible étendue jamais enregistrée pour le mois.

Températures de surface et étendue de la banquise arctique en août 2025 (Source : Copernicus)

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L’été 2025 en France.

Le Ministère de l’Écologie et des Territoires a fourni des détails sur l’été 2025 en France qui est le 3ème plus chaud jamais enregistré avec une anomalie de +1,9°C par rapport à la normale. On peut lire que notre pays a enregistré 27 jours de canicule avec des températures dépassant souvent 40°C, et deux vagues de chaleur en juin et en août. Météo-France a relevé un excès d’ensoleillement de 10% et un déficit de pluie de 15%. Avec la sécheresse, 35 000 hectares sont partis en fumée en 2025. Le Ministère explique quelles seraient les conséquences (vagues de chaleur, sécheresse, incendies, entre autres) d’une hausse de 4°C des températures en 2100. C’est la trajectoire prévue par les climatologues si nous ne réduisons pas nos émissions de gaz à effet de serre.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la tendance au réchauffement va forcément continuer car les concentrations de CO2 et autres gaz polluants – comme le méthane – dans l’atmosphère ne cessent de battre des records. Il faut donc s’attendre à une intensification des événements extrêmes (canicules, sécheresses, tempêtes, etc) avec tous les désagréments qui les accompagnent.

Pendant ce temps, nos gouvernants pratiquent la politique de l’autruche et de la patate chaude et donnent la priorité à la politique politicienne qui, comme chacun sait, ne résoudra jamais le problème du réchauffement climatique.

Hausse d’activité à Vulcano (Îles Éoliennes / Italie)

Au cours des dernières semaines, on a observé un regain d’activité dans le cratère de la Fossa sur l’île éolienne de Vulcano.

Les derniers bulletins de l’INGV indiquent que la température des fumerolles est passée de 280 à 291°C. Cette hausse n’a rien d’inquiétant pour le moment. Lors de campagnes de mesures dans les années 1990, la température des fumerolles sur la lèvre du cratère avoisinait les 400°C.

Photos: C. Grandpey

S’agissant de la nappe phréatique, au cours de la deuxième quinzaine d’août, une augmentation de la température a été observée au puits Camping Sicilia, ainsi qu’une légère remontée de la nappe phréatique au puits Bambara.

Évolution de la nappe phréatique dans le puits Bambara (Source: INGV)

Depuis le 1er août 2025, on enregistre, une forte augmentation du flux de CO2, dans les fumerolles du cratère, avec des valeurs anormales qui ont persisté tout au long du mois. On a relevé des valeurs journalières entre 10 000 et 40 000 g/m2 (valeur maxi enregistrée le 18 août) . Ce sont les plus élevées depuis la crise de 2021.

À la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto, on observe également une hausse des émissions de CO2.

Une baisse des émissions de CO2 a été observée fin août, mais elles restent élevées.

Émissions de CO2 dans le cratère de la Fossa en 2025 (Source:INGV)

Les émissions de SO2 dans la zone du cratère présentent un niveau moyen à élevé avec 70 tonnes par jour à la fin du mois d’août.

Émissions de SO2 dans le cratère de la Fossa (Source: INGV)

S’agissant de la sismicité, on enregistre une augmentation de la microsismicité locale, mais aucun événement significatif. .

Les mesures InSAR de déformation de l’édifice volcanique effectuées entre le 24 avril 2015 et le 29 août 2025 révèlent qu’en août 2025, un soulèvement de La Fossa a été enregistré jusqu’à un maximum d’environ 2 cm dans la partie interne du cratère. Durant la même période, aucune autre zone n’a présenté de déformation. Les pentes externes du volcan connaissent un déplacement vertical vers le bas, avec des valeurs moyennes d’environ 1 cm/an. Aucun changement significatif n’a été enregistré dans ces zones ces derniers mois.

Évolution de la déformation du cratère de La Fossa au cours des dernières années. On remarquera le soulèvement d’environ 5 cm entre septembre 2021 et fin novembre 2021.

Source : INGV

On peut raisonnablement penser que les modifications observées dans les paramètres de surveillance de la Fossa sont dues à une intrusion magmatique à grande profondeur. Si la situation évolue comme précédemment, il faut s’attendre à une persistance de cette hausse d’activité pendant quelque temps avant d’assister à son déclin. Si le magma devait migrer vers des profondeurs moins importantes, les scientifiques seraient alertés par une hausse significative de la sismicité et des signaux de déformation de l’édifice volcanique, mais nous n’en sommes pas là.

Une surveillance continue est bien sûr nécessaire. Il faut espérer que la hausse des émissions de CO2 ne conduira pas à de nouvelles mesures contraignantes pour la population de l’île comme ce fut le cas en 2022. La saison touristique touchant à sa fin, si des mesures devaient être prises, elles seraient tout de même moins pénalisantes qu’au cœur de l’été.