Islande : un jeu de devinettes // Iceland : a guessing game

La situation actuelle en Islande intrigue les volcanologues locaux et se transforme en un jeu de devinettes où chacun participe avec ses propres prévisions. Se référant au soulèvement du sol observé depuis plusieurs semaines sous Svartsengi, signe évident d’une importante accumulation de magma, les scientifiques islandais s’attendaient à une puissante éruption avec émission d’énormes quantités de lave. L’éruption du 1er avril 2025 a été bien différente. Une fissure s’est ouverte en direction de Grindavik, mais n’a émis qu’un faible volume de lave estimé à environ 0,4 million de mètres cubes. Le champ de lave est le plus petit observé depuis le début de la séquence éruptive sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur en décembre 2023. Au final, l’éruption n’a duré que six heures.
Malgré le faible volume de lave émis, les instruments ont montré que le magma était actif sous la surface et formait un dyke qui s’étendait du nord au sud sur une distance d’une vingtaine de kilomètres. Cela signifie que la lave émise en surface le 1er avril ne représentait qu’une infime partie du magma qui s’était accumulé au cours des semaines précédentes. La question est maintenant de savoir comment la situation va évoluer.

Le Met Office estime qu’une nouvelle éruption est peu probable. Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie et de pétrologie à l’Université d’Islande, affirme de son côté que la récente activité sismique sur la péninsule de Reykjanes, en particulier près de Reykjanestá et au nord-est de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, signale peut-être un changement d’activité volcanique. Il pense que la sismicité actuelle est plus probablement causée par des tensions tectoniques que par des mouvements de magma. Il ne faudrait pas oublier les importants essaims sismiques enregistrés à Reykjanestá et Krysuvik ces derniers temps. Selon le scientifique, ces événements pourraient indiquer que l’activité volcanique est en train de ralentir à Sundhnúkahraun, le champ de lave formé lors des dernières éruptions, et pourrait se déplacer vers une nouvelle zone. Malgré la hausse de l’activité sismique au nord-est de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, Þorvaldur Þórðarson estime peu probable qu’elle soit due au mouvement d’un dyke magmatique. Il attribue plutôt cette sismicité aux forces tectoniques. Il pense qu’il s’agit plus probablement du résultat d’un relâchement de tension le long des limites entre les plaques tectoniques.
Le jeu de devinettes continue…

 

Cet interférogramme illustre la déformation de surface survenue entre le 31 mars et le 2 avril. La ligne de faille blanche marque l’emplacement estimé de l’intrusion magmatique observée le 1er avril. D’autres lignes blanches indiquent les endroits où des mouvements de faille ont été détectés en surface. La déformation la plus importante s’est produite dans les zones où les franges colorées sont les plus rapprochées, comme la zone de Svartsengi, où le terrain s’est affaissé d’environ 25 cm, et de part et d’autre de la partie nord du dyke. La superposition grise montre l’étendue des coulées de lave depuis le début de l’épisode éruptif en décembre 2023, tandis que la superposition orange montre le champ de lave produit par l’éruption du 1er avril.(Source : Met Office)

———————————————-

The current situation in Iceland puzzles the local volcanologists and the current situation has become a guessing game. In which local volcanologists are making their own predictions. Referring to the long-term ground uplift beneath Svartsengi, the sign of a voluminous magma accumulation, they were expecting a powerful eruption with the emission of huge quantities of lava. The eruption that occurred on April 1st, 2025 was largely different. A fissure opened toward Grindavik but it only emitted a volume of lava estimated at about 0.4 million cubic meters. The lava field was the smallest one observed since the eruption sequence at Sundhnúkur crater row began in December 2023. The eruption only lasted six hours. Even though le volume of emitted lava was low, magma was active beneath the surface and formed a dike that extended both north and south over a distance of about 20 km. This means that the lava emitted on April 1st was a very small portion of the magma that had been accumulating. The question is to know how the situation will evolve.

The Met Office thinks that a new eruption is unlikely. Þorvaldur Þórðarson, professor of volcanology and petrology at the University of Iceland, says that the recent seismic activity on the Reykjanes Peninsula, particularly near Reykjanestá and northeast of the Sundhnúkur crater row, may signal a shift in volcanic activity. He believes the current earthquakes are more likely caused by tectonic tension than by magma movement. One should not forget the significant seismic swarns that were recorded at Reykjanestá and Krysuvik. According to the scientist, these events may signal that volcanic activity is winding down at Sundhnúkahraun, the lava field formed during the recent eruption, and may be shifting to a new area. Despite the increase in seismic activity northeast of the Sundhnúkur crater row, Þorvaldur Þórðarson considers it unlikely that this is due to the movement of a magma dyke. Instead, he attributes the earthquakes to tectonic forces. He believes it is more likely the result of tension released along tectonic plate boundaries.

The guessing game continues…

Yellowstone et Hawaï : une histoire de points chauds // Yellowstone and Hawaii: a history of hotspots

Ceux qui s’intéressent au monde des volcans connaissent probablement les Yellowstone Caldera Chronicles, une publication hebdomadaire proposée par des scientifiques et des collaborateurs de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO). La dernière chronique pose une question intéressante : Qu’ont en commun Yellowstone et Hawaï ?

Yellowstone et l’archipel hawaïen sont des exemples spectaculaires de systèmes volcaniques actifs dans le monde, et chacun attire des millions de visiteurs chaque année. Ces systèmes volcaniques sont séparés par près de 5 000 km et ont des comportements très différents. Yellowstone ne possède pas de grandes structures volcaniques mais présente plutôt des caldeiras dessinées par des éruptions explosives de magma rhyolitique. Suite à leur formation, les caldeiras de Yellowstone ont eu tendance à se remplir de coulées de rhyolite visqueuses et de dômes qui donnent naissance à de vastes plateaux.

Photo: C. Grandpey

En revanche, l’activité volcanique à Hawaï tend à édifier des volcans en forme de boucliers, comme le Mauna Loa, où l’on observe de nombreuses coulées de lave fluide. Les volcans hawaïens peuvent présenter, eux aussi, des caldeiras, même si elles sont beaucoup plus petites que celles de Yellowstone. Ils entrent en éruption beaucoup plus fréquemment que Yellowstone, en émettant généralement des laves basaltiques fluides. De plus, les éruptions hawaïennes ont tendance à être beaucoup moins puissantes que celles de Yellowstone. Malgré ces différences de comportement éruptif et d’apparence extérieure, Yellowstone et Hawaï présentent des similitudes.

Vue du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

La plupart des systèmes volcaniques dans le monde sont liés soit à des zones de subduction, où une plaque tectonique glisse sous une autre (comme sous la Chaîne Cascade dans l’ouest des États-Unis), soit à des zones d’accrétion, où un écartement dans la croûte terrestre favorise l’ascension du magma, comme le long de la dorsale médio-Atlantique. À côté de cela, le volcanisme à Hawaï et à Yellowstone est plutôt généré par des panaches mantelliques, autrement dit des zones où le magma à très haute température réussit à percer la surface. Lorsque ce magma très chaud se rapproche de la surface, il fait fondre la croûte, ce qui conduit à la mise en place d’un système magmatique capable de produire des éruptions volcaniques.

Volcanisme de point chaud (Source: Smithsonian Instutution)

Les panaches mantelliques fonctionnent indépendamment de la tectonique des plaques ; ils restent généralement stationnaires alors que les plaques tectoniques se déplacent au-dessus d’eux. En conséquence, les systèmes magmatiques comme ceux d’Hawaï et de Yellowstone produisent des chapelets de volcans dont l’âge évolue avec la longueur. Par exemple, au cours des 16 derniers millions d’années, le point chaud qui alimente actuellement Yellowstone a produit plusieurs systèmes de caldeiras allant de la caldeira McDermitt dans le sud-est de l’Oregon et le nord du Nevada, jusqu’à la celle de Yellowstone dans le nord-ouest du Wyoming

Ces différents systèmes volcaniques étaient semblables à la caldeira de Yellowstone ; en effet, ils produisaient de grosses éruptions explosives avant que le mouvement de la plaque n’éloigne le système suffisamment du point chaud – ou hotspot – et coupe l’alimentation par le panache mantellique. C’est ainsi qu’un nouveau centre volcanique s’est formé au nord-est du précédent, au-dessus du nouvel emplacement du panache mantellique. La partie orientale de la plaine de la Snake River dans le sud de l’Idaho marque cette chaîne d’ anciennes éruptions de Yellowstone ; elle ‘vieillit’ au fur et à mesure que l’on se déplace vers le sud-ouest de la caldeira de Yellowstone.

Carte du nord-ouest des États-Unis montrant les principales structures volcaniques associées au panache mantellique qui se trouve actuellement sous la caldera de Yellowstone. Les couleurs indiquent des compositions basaltiques (en bleu) et rhyolitiques (en rouge), avec des nuances indiquant l’âge (les nuances plus sombres sont plus anciennes). Les chiffres, avec des âges approximatifs en millions d’années, correspondent aux grandes lignes de caldeiras formées par le point chaud de Yellowstone. (Source: YVO)

De la même façon, le hotspot actuellement sous Hawaï est responsable de la formation de la chaîne Hawaiian Ridge-Emperor Seamount au cours des 80 derniers millions d’années. Les volcans de cette chaîne vieillissent de plus en plus en allant vers le nord-ouest dans l’océan Pacifique. Les plus anciens centres éruptifs hawaïens se trouvent au large de la côte du Kamtchatka, en Russie.

Source: HVO

Étant donné que Yellowstone et Hawaï sont tous deux alimentés par des panaches mantelliques, on peut se demander pourquoi ces systèmes volcaniques se comportent si différemment et produisent des laves aussi différentes. Il y a plusieurs raisons, mais la plus significative est peut-être la nature de la croûte terrestre dans les deux sites. Hawaï est situé sur la croûte océanique qui est beaucoup plus mince (environ 10 km d’épaisseur) que la croûte continentale présente à Yellowstone (environ 45 km d’épaisseur). Comme la croûte est plus fine sous Hawaï, le magma peut monter plus rapidement et plus facilement. Cela signifie qu’il n’a pas le temps de cristalliser ou d’interagir avec la croûte. Il a donc tendance à être émis sous forme de coulées de lave basaltique présentant une faible viscosité. Les éruptions ont aussi tendance à être plus fréquentes et plus réduites en volume.

Photo: C. Grandpey

En revanche, l’épaisse croûte continentale sous Yellowstone empêche le magma de s’élever facilement. En conséquence, il s’arrête et s’accumule et subit des transformations dans la croûte. Au fil du temps, ce processus a conduit à la mise en place d’un grand système magmatique qui couvre la majeure partie de la croûte sous Yellowstone et comprend un grand réservoir de magma rhyolitique dans la croûte supérieure (à des profondeurs de 5 à 19 km) qui alimente les éruptions et phénomènes hydrothermaux spectaculaires de Yellowstone.

Vue d’une petite portion de la caldeira de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

En conclusion, malgré leurs différences extérieures, les systèmes mantelliques qui alimentent le volcanisme à Yellowstone et à Hawaï ont beaucoup de points communs.

————————————————–

Those interested in the world of volcanoes are probably familiar with the Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly publication by scientists and collaborators at the Yellowstone Volcano Observatory (YVO). The latest Chronicle asks an interesting question: What do Yellowstone and Hawaii have in common?

Yellowstone and the Hawaiian Islands are some of the most spectacular examples of active volcanic systems in the world, each drawing millions of visitors annually. These volcanic systems are separated by nearly 5000 kilometers and have dramatically different behaviors. Yellowstone doesn’t produce tall volcanic features, but instead forms large depressions in the ground, referred to as calderas, because of explosive eruptions of rhyolite magma. After formation, Yellowstone’s calderas tend to fill with viscous rhyolite lava flows and domes that form broad plateaus or steep dome-like structures that are often covered with pine trees.

In contrast, volcanic activity in Hawaii tends to build broad shield volcanoes such as Mauna Loa that are composed of numerous fluid lava flows and stand above the surrounding landscape.

Hawaiian volcanoes are often capped by calderas, albeit much smaller than those produced by Yellowstone. Hawaiian volcanoes also erupt much more frequently than Yellowstone, typically producing fluid basalt lavas, but individual eruptions tend to be much smaller than those from Yellowstone. Despite these differences in eruptive behavior and outward appearance, Yellowstone and Hawaii have some deeply rooted similarities.

Most volcanic systems around the world are related to either subduction zones, where one crustal tectonic plate slides under another — as beneath the Cascade Range in the western United States — or at divergent plate margins, where magma ascends as the crust is being pulled apart — often in the middle of ocean basins such as along the mid-Atlantic Ridge.

Volcanism in Hawai‘i and Yellowstone, however, is instead driven by mantle plumes, regions where Earth’s mantle is anomalously hot and buoyantly upwelling.

As the hot mantle rises to shallower depths, it causes melting that in turn leads to the development of a magmatic system which can produce volcanic eruptions.

Mantle plumes operate independently of plate tectonics and remain mostly stationary as the Earth’s tectonic plates move above them. As a result, magmatic systems such as those in Hawai‘i and Yellowstone produce chains of volcanoes that have an age progression along their lengths.

During the past 16 million years, the hot spot feeding Yellowstone caldera produced several caldera systems extending from McDermitt Caldera in southeastern Oregon and northern Nevada to Yellowstone caldera in northwest Wyoming.

Each of these now-buried volcanic systems was similar to Yellowstone caldera in that they produced large explosive eruptions before plate motion carried the system far enough away from the hot spot that access to the mantle plume was cut off. Eventually, a new volcanic center formed to the northeast of the previous one above the new crustal location of the mantle plume.

The eastern Snake River Plain of southern Idaho marks this chain of “ancient Yellowstones” that gets older as you move to the southwest from Yellowstone caldera.

Similarly, the hot spot under Hawai‘i is responsible for producing the Hawaiian Ridge-Emperor Seamount chain during the past 80 million years. Volcanoes in that chain get older the farther northwest you go across the Pacific Ocean from the Hawaiian Islands. The oldest “ancient Hawai‘is” are located off the coast of Kamchatka, Russia.

Given that Yellowstone and Hawai‘i are both powered by mantle plumes, why do these volcanic systems behave so differently?

There are many reasons, but perhaps the most significant is the nature of the crust in the two locations.

Hawaiʻi is located on oceanic crust, which is much thinner — about 6 miles thick — than the continental crust present at Yellowstone, which is about 28 miles thick. Because of the thinner crust underneath Hawai‘i, magma is able to rise more quickly and easily.

That means magma doesn’t have time to crystallize or interact with the crust and instead tends to erupt as runny, or low viscosity, basaltic lava flows. Eruptions also tend to be more frequent and smaller in volume.

In contrast, the thick continental crust underneath Yellowstone prevents magma from easily ascending. As a result, magma stalls and accumulates in the crust.

With time, this process has led to the development of a large magmatic system that spans most of the crust underneath Yellowstone and includes a large rhyolite magma reservoir in the upper crust — at depths of about 3 to 12 miles — that feeds Yellowstone’s dramatic eruptions.

Despite their outward differences, the fundamental engines that power volcanism in Yellowstone and Hawai‘i are quite similar.

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

Dans sa dernière mise à jour de ce soir, 2 avril 2025, le Met Office fournit des informations très intéressantes sur la situation sur la péninsule de Reykjanes. Il indique qu’aucune activité n’a été observée sur la fissure éruptive depuis le 1er avril dans l’après-midi, bien qu’une lueur soit encore visible dans la lave nouvellement émise. Les mesures montrent que le volume de lave émis le 1er avril était d’environ 0,4 million de mètres cubes. Ce champ de lave est le plus petit observé depuis le début de la série d’éruptions sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur en décembre 2023.
Malgré la petite taille du champ de lave, le dyke formé le 1er avril mesure près de 20 km de long ; c’est le plus long depuis le début de l’activité sismique en novembre 2023. Cela montre que la plus grande partie du magma qui a quitté la chambre magmatique sous Svartsengi – soit environ 90 % du volume accumulé depuis la précédente éruption de décembre 2024 – a servi à la formation du dyke, et que seule une petite partie a atteint la surface au nord de Grindavík.
Depuis le 1er avril au matin, un affaissement du sol de plus de 25 cm a été enregistré à la station GPS de Svartsengi. Les dernières mesures GPS, effectuées à 8 h le 2 avril, confirment que l’affaissement se poursuit, bien qu’il ait considérablement ralenti. La majeure partie du magma accumulé depuis la dernière éruption s’est déplacée de Svartsengi vers le dyke nouvellement formé.
En lien avec la formation de failles à Grindavík, des déplacements ont été mesurés à plusieurs stations GPS de la ville, avec des mouvements verticaux de plus de 10 cm et des déplacements horizontaux de 5 à 8 cm. Le déplacement total du sol à Grindavík depuis le 1er avril au matin atteint environ 50 cm, répartis sur plusieurs failles de la zone.
L’activité sismique se maintient à un niveau modéré, mais l’intensité des séismes a globalement diminué.
Compte tenu de l’évolution actuelle de la partie sud du dyke, marquée par l’absence d’activité éruptive et une faible sismicité, il est de plus en plus improbable que l’éruption se déclenche à nouveau. Concernant la partie nord-est du dyke, la probabilité d’une nouvelle activité éruptive est également considérée comme peu probable avec le temps, bien qu’elle ne puisse être exclue en raison de la microsismicité persistante dans la zone. Les mesures de déformation au cours des prochains jours fourniront une image plus claire sur la façon dont le magma continue de s’écouler de Svartsengi vers le dyke et sur l’évolution de l’accumulation de magma sous Svartsengi.

Tout est calme en ce moment sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur (image webcam)

——————————————-

In tonight’s latest update, the Met Office gives very interesting information about the situation on the Reykjanes Peninsula. It indicates that no activity has been observed at the eruptive fissure since April 1st in the afternoon, though glowing is still visible in the newly formed lava. Measurements show that the lava volume erupted on April 1st was about 0.4 million cubic meters. The lava field is the smallest one observed since the eruption sequence at Sundhnúkur crater row began in December 2023.

Despite the small lava field, the dike that formed on April 1st is nearly 20 km long, the longest since the onset of seismic unrest in November 2023. This suggests that the vast majority of magma that left the magma chamber beneath Svartsengi, about 90% of the volume accumulated since the previous eruption in December 2024, was used in forming the dike, and only a small portion reached the surface north of Grindavík.

Since April 1st in the morning, ground subsidence of more than 25 cm has been recorded at the GPS station in Svartsengi. The latest GPS measurements, from 8 a.m. on April 2nd, confirm that subsidence is ongoing, though it has slowed significantly. Most of the magma that had accumulated since the last eruption has now moved from Svartsengi into the newly formed dike.

In connection with faulting within Grindavík, displacements were measured at several GPS stations in the townwith vertical movements of over 10 cm and horizontal displacement of 5–8 cm. The total displacement within Grindavík since April 1st in the morning is up to about 50 cm, distributed over several faults in the area.

Seismic activity continues at a moderate level, but earthquake magnitudes have generally decreased .

Given the current development in the southern part of the dike, marked by the absence of eruptive activity and low seismicity, it is increasingly unlikely that the eruption will reinitiate. Regarding the northeastern part of the dike, the likelihood of a new eruptive opening is also considered lower with time, although it cannot be ruled out due to persistent microseismicity in the area.

Deformation measurements over the coming days will provide a clearer picture of whether magma continues to flow from Svartsengi into the dike and how magma accumulation beneath Svartsengi evolves.

Islande : la situation actuelle déjoue tous les pronostics // Iceland : The current situation defies all predictions

La situation actuelle en Islande intrigue les volcanologues locaux. Le scénario le plus probable évoqué avant le début de l’éruption était une éruption de grande ampleur avec un préavis très court, mais la réalité a été différente. Une fissure de 2 km de long s’est ouverte en début de matinée le 1er avril 2025 et a émis de petites fontaines de lave, mais l’activité a rapidement diminué pour finalement s’arrêter, sans qu’aucune autre lave ne soit visible le reste de la journée. Un scientifique islandais nous explique que l’événement était important malgré sa petite taille apparente. Il est comparable à l’événement le plus important survenu le 10 novembre 2023, au début de l’épisode éruptif. Un important volume de magma s’est alors écoulé, sans qu’aucune éruption n’ait lieu.
Le dyke formé le 1er avril 2025 est le deuxième plus long observé depuis le début de l’activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes le 10 novembre 2023. Il s’étend sur 20 kilomètres d’un bout à l’autre et va beaucoup plus au nord que ce qui a été observé jusqu’à présent. Cependant, le dyke du 10 novembre 2023 était probablement cinq fois plus important.
Comme aucune autre émission de lave ne s’est produite pour le moment, il semble que la majeure partie du magma qui s’est déplacé soit restée sous terre, dans le dyke magmatique. Il se pourrait que ce magma finisse par se solidifier et continue à former la croûte terrestre en Islande. On aurait alors affaire à une éruption avortée, comme celle qui s’est produite dans la région du Krafla dans les années 1990. Cette hypothèse est confirmée par le fait que la sismicité actuelle est relativement profonde, avec des hypocentres à 4-6 km de profondeur, ce qui tend à indiquer que le magma ne remonte pas vers la surface.
Tous les volcanologues islandais s’accordent à dire qu’il est impossible de dire ce qui se passera dans les prochains jours. Il faudra attendre au moins deux à trois semaines avant de pouvoir se rendre compte s’il y aura une reprise du soulèvement du sol, qui n’a pas diminué pour le moment.

Calme plat ce matin sur le potentiel site éruptif (image webcam)

°°°°°°°°°°

2 avril 2025 – 15 heures (heure locale) : La sismicité reste importante sur la péninsule de Reykjanes, mais elle a diminué par rapport à hier 1er avril. En conséquence, la Protection Civile a abaissé le niveau d’alerte pour la péninsule ; il est passé de Situation d’Urgence à Situation Dangereuse. Les séismes dans la région sont désormais moins intenses qu’hier, et leur fréquence diminue.
Les scientifiques n’excluent toutefois pas la possibilité d’une nouvelle éruption car le magma présent dans l’intrusion ne s’est pas solidifié. L’intrusion, longue d’environ 20 kilomètres, se situe à environ trois kilomètres de Reykjanesbraut. Elle ne s’est pas prolongée davantage depuis hier.
Source ; Protection Civile.

Vue de la sismicité le 1er avril 2025, avec progression du dyke vers le NE. (Source: Met Office)

—————————————–

The current situation in Iceland puzzles local volcanologists. The most likely scenario discussed before the eruption began was a large eruption with a short lead-up. However, the reality was different. A 2 km long fissure opned in the early morning of April 1st, 2025, emitting small-sized lava fountains, but activity soon decreased and finally stopped, with no more lava to be seen the rest of the day. An Icelandic scientist says that the event was significant despite the eruption being apparently small. It was comparable to the largest event that occurred on 10 November 2023 when the eruption episode began. Then, the largest volume of magma flowed even though no eruption took place.

The magma dyke that formed on April 1st was the second longest to have emerged in the volcanic episode on the Reykjanes peninsula since the sequence began on 10 November 2023. It stretches a total of 20 kilometres from end to end and extends further north than has previously been seen. However, the one that formed on 10 November 2023 was likely five times larger.

As no other lava emission has occurred yet, it seems that most of the magma that moved has settled into the magma dyke. It might eventually solidify and continue forming the Icelandic crust. This hypothesis is confirmed by the facts that the earthquakes are relatiely deep, with hupocenters 4- 6 km deep, which tends to show that magma is not ascending toward the surface.

All Icelandic volcanologists agree to say that it is impossible to assess what will happen in the next days It will be necessary to wait at least two to three weeks before it is possible to determine whether uplift – which has not decreased for ther momenet – will begin again.

°°°°°°°°°°

Seismicity is still significant on the Reykjanes Peninsula but has decreased compared to what it was on April 1st . Accordingly, the Civil Defence has lowered the alert level for the peninsula from Emergency to Danger. Earthquakes in the region are now weaker than yesterday, and intervals between them are increasing.

Scientists are not yet ruling out the possibility of further eruptions, however, as the magma within the intrusion has not solidified. The intrusion is about 20 kilometres long and lies about three kilometres from Reykjanesbraut. It has not extended any further since yesterday.

Sourcer ; Civil Defence.