L’agonie des glaciers de Glacier National Park (Montana / USA) // The slow death of glaciers in Glacier National Park

Le 8 juillet 2015, j’ai écrit une note à propos du Parc National des Glaciers (PNG) que je venais de visiter dans le Montana, près de la frontière avec le Canada. J’indiquais que, comme en Alaska ou en France, les effets du réchauffement climatique y étaient évidents. « Il ne fait absolument aucun doute que le recul des glaciers est en cours et de nombreux glaciers ont déjà disparu. »

On estime qu’il y avait environ 150 glaciers dans le PNG en 1850, et la plupart étaient encore présents en 1910, lorsque le parc a été créé. En 2010, les scientifiques estimaient qu’il ne restait plus que 25 glaciers de plus de 10 hectares. En 2015, un modèle climatique informatique prévoyait que certains des plus grands glaciers du parc auraient disparu avant 2030. Cela signifiait que tous les glaciers du parc allaient disparaître au cours des prochaines décennies, voire avant, car bon nombre d’entre eux reculaient plus rapidement que prévu.

Vue du Parc National des Glaciers en 2015 (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui, en 2024, la situation du Parc national des Glaciers ne s’est pas améliorée. Les quelques glaciers restants continuent de fondre. D’ici la fin de ce siècle, il n’en restera plus aucun. Ils sont tout simplement trop petits pour survivre même au niveau de réchauffement climatique le plus bas. Les modèles scientifiques montrent que leur mort est inévitable.
Des études montrent que d’ici 2030, le volume de glace ne sera plus que de moitié environ par rapport à ce qu’il était vers 2017, avant de tendre inexorablement vers zéro d’ici 2100.

Les légendes qui accompagnent le graphique confirment la disparition quasi totale des glaciers du Parc national des Glaciers d’ici 2100. Une analyse de l’USGS montre que certains facteurs tels que l’épaisseur de la glace, la situation à l’ombre et les effets du vent peuvent influer sur le moment exact de la disparition de la glace, mais la petite taille des glaciers fournit peu de protection contre le réchauffement climatique.
Source : Services des parcs nationaux, USGS.

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On July 8th, 2015, I wrote a post about Glacier National Park (GNP) I had just visited in Montana, close to the border with Canada. I indicated that like in Alaska or in France, the effects of global climate change were strikingly clear. « There is absolutely no doubt glacier recession is underway, and many glaciers have already disappeared. »

It has been estimated that there were approximately 150 glaciers in GNP in 1850, and most glaciers were still present in 1910 when the park was established. In 2010, scientists considered there were only 25 glaciers larger than 10 hectares remaining in the Park. In 2015, a computer-based climate model predicted that some of the park’s largest glaciers would vanish by 2030. This meant that all the park’s glaciers could disappear in the next several decades or even earlier, as many of the glaciers are retreating faster than their predicted rates.
Today, in 2024, the situatio at Glacier National Park has not improved. The few remaining glaciers keep melting. By the end of this century, none will be left. They are simply too small to survive even the lowest realistic levels of warming. Scientific models show their deaths are inevitable. Glacier National Parkwill have no glaciers.

Studies show that by around 2030, the volume of ice in the local glaciers will only be around half of what it was in around 2017, before inexorably sloping towards zero by 2100.

Research notes accompanying the chart confirm the near total Glacier National Park glacier disappearance by 2100. USGS analysis shows that localised factors such as ice thickness, shading, and wind effects may mediate the exact timing of ice disappearance, yet the small size of the glaciers provides little buffer against a warming climate.

Source : National park Services, USGS..

Hawaii : éruption éclair du Kilauea ! // Hawaii : flash eruption of Kilauea Volcano !

3 juin 2024, 2 h 11 (heure locale) : Comme on pouvait s’y attendre au vu des derniers événements sismiques et de déformation, une éruption vient de commencer sur le Kilauea. L’événement a débutéé vers 0 h 30 (heure locale) le 3 juin 2024, probablement à environ 1 ou 2 km au sud de la caldeira du Kilauea et au nord du système de failles de Koa’e et de Hilina Pali Road, dans le Parc national des volcans d’Hawaii.
En conséquence, le niveau d’alerte volcanique est passé de WATCH (Vigilance) à WARNING (Danger) et la couleur de l’alerte aérienne d’ORANGE à ROUGE.
Une lueur est visible sur les images de la webcam, indiquant que la lave est actuellement émise par des fissures.

La dernière éruption dans ce secteur a eu lieu en décembre 1974, et n’a duré qu’environ 6 heures. Pour le moment, il n’est pas possible de dire combien de temps durera cette nouvelle éruption.
Source : HVO.

Vue de l’éruption de 1974 (Crédit photo: HVO

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Dans un nouveau rapport publié quelques minutes avant minuit le 3 juin 2024 (heure locale), le HVO indique que l’éruption s’est arrêtée. Toutefois, l’activité reste dynamique et pourrait évoluer rapidement. Les observations visuelles révèlent que l’émission de lave a cessé vers 12h30. (heure locale). Cependant, des zones d’incandescence et d’émissions de gaz volcaniques perdurent. Le tremor volcanique reste bien présent sur les sismomètres au sommet, même si son intensité a légèrement diminué. L’activité sismique a considérablement diminué dans la région sommitale du Kīlauea avec le début de l’éruption. Toute la sismicité des 8 dernières heures se concentre près de Maunaiki, à l’extrémité ouest du système de fissures qui se sont ouvertes lors de cette éruption. La déformation du sol se caractérise par une lente déflation du sommet, ce qui montre que le magma pourrait encore migrer depuis la chambre magmatique sommitale vers le sud-ouest dans la zone de l’éruption. Cette dernière aura été aussi brève qu’en 1974, à moins que Madame Pélé décide autrement…
Source : HVO.

Carte montrant le site de l’éruption. La zone où se sont ouvertes les fractures est entourée en rouge (Source : HVO)

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June 3rd, 2024, 2:11am (local time) : As could be predicted with the latest seismic and deformation events, an eruption has just started at Kilauea Volcano. The event began at approximately 12:30 a.m. (local time) on June 3rd, 2024. likely about 1-2 km south of Kilauea caldera and north of the Koa’e fault system and Hilina Pali Road, within Hawai’i Volcanoes National Park.

Accordingly, the Volcano Alert Level has been raised from WATCH to WARNING and the Aviation Color Code from ORANGE to RED.

Glow is visible in webcam imagery, indicating that lava is currently erupting from fissures. The most recent eruption in this region was during December 1974, which lasted only about 6 hours. At this time, it is not possible to say how long the eruption will last.

Source : HVO.

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In a new report released a few minutes before midnight, HVO indicates that the eruption has paused. However, activity in this region remains dynamic and could change quickly. Visual observations suggest that effusion of lava ceased by approximately 12:30 p.m. (local time). However, areas of incandescence and elevated volcanic gas emissions continue. Volcanic tremor continues to be recorded on summit seismometers though at a slightly decreased intensity. Earthquake activity decreased greatly in the summit region of Kīlauea with the onset of the eruption. All seismicity for the last 8 hours is concentrated near Maunaiki at the western extent of the system of cracks that opened during this eruption. Ground deformation has been characterized by slow summit deflation, suggesting that magma may still be moving from summit storage to the southwest into the eruption area. This eruption looks like the 1974 event…unless Madame Pele decides differently..!

Source : HVO.

Activité volcanique sur Vénus // Volcanic activity on Venus

Une étude publiée dans la revue Nature Astronomy présente une nouvelle analyse des données collectées sur Vénus par la sonde Magellan au cours d’une mission de seulement huit mois au début des années 1990. Les images montrent des changements à la surface de la planète pouvant être attribués à une activité volcanique survenue au cours de la mission. Selon cette étude, l’activité volcanique est non seulement permanente sur Vénus, mais elle se produit également à grande échelle. Cela signifie que toutes les observations susceptibles d’être effectuées sur Vénus doivent prendre en compte la manière dont le volcanisme peut façonner la surface et l’atmosphère de la planète. Cela inclut la détection de phosphine qui a été interprétée comme une biosignature potentielle en 2020. (La phosphine, hydrure de phosphore, phosphure d’hydrogène, ou phosphane est un composé inorganique du phosphore et de l’hydrogène, de formule PH3).

Une équipe de géologues de l’Université d’Annunzio en Italie a découvert que Vénus a connu une activité volcanique semblable à celle sur Terre au cours des 180 millions d’années écoulées, ce qui est bien plus important que ce que l’on pensait, mais pourrait aider les scientifiques à comprendre l’histoire de la planète. Les chercheurs ont découvert que la rétrodiffusion, ou signal de réflexion radar, avait changé au fil du temps dans deux régions volcaniques différentes lorsque la sonde Magellan les avait survolées. Selon les chercheurs, ces changements s’expliquent par la probabilité de nouvelles coulées de lave liées à l’activité volcanique qui a eu lieu pendant la mission de cartographie de Magellan effectuée avec son radar à synthèse d’ouverture.

https://youtu.be/h1BmNjzg41Q

Cette étude fournit une preuve supplémentaire que Vénus est un corps géologiquement actif. La planète, malgré sa relative proximité avec la Terre, n’est pas bien connue. Nous ne possédons que quelques éléments à son sujet : nous savons que sa taille, sa masse et sa composition minérale sont semblables à celles de la Terre, mais elle est très différente à d’autres égards. La température et la pression à sa surface sont respectivement environ 30 fois et 90 fois supérieures à celles de la Terre. De plus, Vénus est entourée d’une épaisse atmosphère composée principalement de dioxyde de carbone.
En raison de ces conditions, Vénus n’est pas aussi propice à l’exploration que la planète Mars, et l’atmosphère épaisse rend très difficile la visualisation de ce qui se passe à la surface. En conséquence, très peu de sondes ont été envoyées sur Vénus, ce qui signifie que nous ne disposons que de peu de données orbitales. Cependant, la sonde Magellan était équipé d’un radar capable de pénétrer à l’intérieur de la couche nuageuse et de cartographier la surface en dessous, pendant ses survols de Vénus de 1990 à 1994. Trente ans plus tard, ce sont toujours les meilleures informations dont disposent les chercheurs. En 2023, elles leur ont permis de faire une nouvelle découverte : au cours d’une période de huit mois en 1991, une bouche volcanique a changé de forme, signe d’une activité volcanique continue.
En étudiant le large éventail de données fournies par la sonde Magellan, les chercheurs ont trouvé d’autres preuves de changements survenus dans deux régions différentes de la planète entre 1990 et 1992. Ils ont observé une profonde modification de la rétrodiffusion des ondes radar sur le flanc d’un volcan bouclier – Sif Mons – et dans une grande plaine volcanique – Niobe Planitia. Les chercheurs ont effectué une analyse détaillée de ces changements et ont exclu des causes telles que des effets atmosphériques ou un changement d’angle de vue. Cela leur a permis de déterminer que la cause la plus probable de cette modification était un remodelage de la surface provoqué par des coulées de lave.
À l’aide de ces informations, les chercheurs ont commencé à calculer le débit d’émission de la lave. Ils ont conclu que Sif Mons a un débit de 25,2 km3 et Niobe Planitia de 37,8 km3 par an. À titre de comparaison, au cours des 180 derniers millions d’années, le débit volcanique moyen sur Terre a été estimé entre 26 et 34 kilomètres cubes par an. Cela laisse supposer que le débit sur Vénus pourrait être du même ordre de grandeur que celui estimé sur Terre, avec au moins quelques éruptions volcaniques par an. Ces découvertes devront être confirmées par de nouvelles missions en orbite autour de la planète.
Source : Yahoo Actualités.

Modifications observées dans la rétrodiffusion radar sur le flanc ouest de Sif Mons. (Nature Astronomy 2024)

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A research published in the journal Nature Astronomy presents a new analysis of data collected over the space of just eight months in the early 1990s by the Magellan orbiter. It shows changes in the Venusian surface that can best be attributed to volcanism that took place during the Magellan mission. The study suggests that volcanic activity is not only ongoing on Venus, but widespread. It means that any observations we make of Venus need to take into account the way volcanism can shape the planet’s surface and atmosphere – including the detection of phosphine gas, interpreted as a potential biosignature, back in 2020.

A team of geologists from the Università d’Annunzio in Italy has found that Venus has a similar volcanic output to Earth over the past 180 million years, which is not only way higher than anyone expected, but can help scientists understand its history. The researchers found that the backscatter, or radar reflection signal, changed over time in two different volcanic regions as Magellan flew overhead. According to the researchers, these changes are most reasonably explained as evidence of new lava flows related to volcanic activities that took place during the Magellan spacecraft’s mapping mission with its synthetic-aperture radar.

https://youtu.be/h1BmNjzg41Q

This study provides further evidence that Venus is a currently geologically active body. The planet, for all its relative proximity to Earth, is not well understood. We know a few things about it : it has similar size, mass, and mineral composition to Earth, but is very different in other ways. Its surface temperature and pressure are about 30 times and 90 times those of Earth, respectively. Moreover, it is surrounded by a thick atmosphere of mostly carbon dioxide.

Because of these conditions, Venus is not conducive to exploration in the same way Mars is, and the thick atmosphere makes it very difficult to see what’s happening on the surface. As a result, very few dedicated probes have been sent to Venus, meaning that we simply don’t have a lot of data from orbit. However, Magellan was equipped with radar that was able to penetrate the cloud layer and map the surface below, as it orbited Venus from 1990 to 1994. Thirty years later, it is still the best information we have. In 2023, it allowed scientists to make a new discovery. Over an eight-month period in 1991, a volcanic vent changed shape, which is the evidence of ongoing volcanic activity.

By studying a wide swath of Magellan data, the researchers found more evidence of changes that took place in two different regions between 1990 and 1992. On the side of a shield volcano called Sif Mons, and a large volcanic lowland called the Niobe Planitia, the way the radar waves reflected off the surface, or backscatter, changed significantly. The researchers made a detailed analysis of these changes, and ruled out alternative explanations such as atmospheric effects or a change in the viewing angle. This allowed them to determine that the most likely cause was a reshaping of the surface due to lava flows.

Using this information, the researchers set about calculating the volume of volcanic output. They found that Sif Mons has a flow rate of 25.2 and the Niobe Planitia of 37.8 cubic kilometers per year. As a comparison, over the past 180 million years, Earth’s average volcanic flow rate has been estimated at 26–34 cubic kilometers per year. This suggests that Venus’ volcanic output might be of the same order of magnitude as that estimated for Earth, with at least a few volcanic eruptions per year. These new findings will need be confirmed by new missions orbiting the planet.

Source : Yahoo News.

Islande : quelques nouvelles de l’éruption // Iceland : some news of the eruption

L’activité se poursuit sur la fracture éruptive où deux ou trois bouches sont actives à Sýlingarfell et Hagafell, avec des accumulations de lave susceptibles de poser des problèmes dans les prochains jours. Rien n’indique que l’éruption va s’arrêter. Elle ressemble beaucoup à la précédente qui a duré une cinquantaine de jours,
Il existe actuellement trois principales coulées de lave émises par l’éruption. Elle proviennent principalement d’une bouche active au sud et de deux au nord. La lave de l’une des bouches s’écoule vers le sud, comme lors de la dernière éruption. Elle coule également vers l’ouest et le nord. La coulée en direction du sud ne va pas loin, mais la lave s’accumule et forme un lac qu’il faudra surveiller de près. En effet, la lave pourrait déborder et avancer dans les prochains jours. Si c’est le cas, elle se déplacera avec force. Il faudra donc s’assurer que personne ne se trouve à proximité.
Source : Met Office.

Image webcam de la partie active de la fracture éruptive

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Activity is going on on the eruptive fissure where two to three previous craters are active at Sýlingarfell and Hagafell, and lava pools have may become a problem in the next fewdays. There is no indication that the eruption will stop in the short term. It is very similar to the last one, that lasted about 50 days,

There are currently three main streams of lava coming from the eruption, mainly originating from one crater in the south and two in the north. The lava from one crater flows to the south in the same way as it did during the last eruption. It is also flowing to the west and north. The flow to the south doesn’t go far, but lava is piling up into a pool that should be closely monitored. Indeed, the lava could overflow from there and advance in the next few days. If lava overflows, it will be with a strong force, so it is important to make sure that no one is near when it happens.

Source : Met Office.