Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’activité éruptive du volcan Ibu (Indonésie) s’est intensifiée les 12 et 13 mai 2024, avec une forte éruption vers 00h12 (UTC) le 13 mai 2024. On a observé un volumineux panache de cendres s’élevant jusqu’à 6,4 km d’altitude. Cette éruption fait suite à un événement similaire le 10 mai avec une colonne de cendres qui a atteint 5,3 km d’altitude.

Le niveau d’alerte volcanique a été relevé de 2 à 3 (Siaga) le 8 mai après les premiers signes de hausse d’activité. Les autorités demandent au public de rester à au moins 3 km du cratère et à 5 km de la partie nord du cratère. Ces mêmes autorités ont préparé des tentes d’évacuation, mais aucun ordre d’évacuation n’a encore été donné.

Dernière minute : Au vu des observations visuelles et des informationd fournies par les instruments  qui montrent une intensification de l’activité éruptive sur le Mont Ibu, les autorités indonésiennes ont relevé le niveau d’alerte de 3 à 4, le maximum.

Source : CVGHM.

Eruption du 13 mai 2024

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Au moins 37 personnes ont été tuées par des crues soudaines et des laves torrentielles sur les flancs du Marapi (île de Sumatra / Indonésie). Le 11 mai 2024, plusieurs heures de fortes pluies ont déclenché des torrents de cendres et de roches sur les pentes du volcan. Les laves torrentielles ont envahi deux districts, entraîné la mort de plusieurs personnes et endommagé plus de 100 maisons, mosquées et installations publiques. Le 12 mai dans l’après-midi, les sauveteurs avaient retrouvé 19 corps dans le village de Canduang, et neuf autres corps dans le district voisin de Tanah Datar. Les autorités expliquent que le nombre de morts pourrait s’alourdir car 18 personnes sont portées disparues. Selon la presse locale, le bilan était de 43 morts le 15 mai. Le niveau d’alerte du Marapi reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 4,5 km du cratère actif.

Source : BBC News.

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Toujours en Indonésie, en raison d’une baisse de la sismicité, le niveau d’alerte du Ruang (îles Sangihe) a été abaissé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 4 km du cratère actif.
Source : PVMBG.

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Une fois de plus, le Met Office islandais prévient que de nouvelles fissures éruptives pourraient s’ouvrir sur la péninsule de Reykjanes entre Stóra-Skógafell et Hagafell et émettre des coulées de lave semblables à celles du début de la dernière éruption. Cet événement pourrait survenir très rapidement, même sans préavis. L’inflation continue à Svartsengi au même rythme qu’auparavant. Depuis la dernière éruption du 16 mars 2024, elle a atteint près de 20 cm. Avant la dernière éruption dans la rangée de cratères de Sundhnúkagígar, environ 8 à 13 millions de mètres cubes de magma s’étaient accumulés dans la chambre magmatique sous Svartsengi. La quantité de magma qui s’est ajoutée depuis le 16 mars dépasse le niveau supérieur, avec 16 millions de mètres cubes le 16 mai 2024.

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La sismicité reste élevée sur le Puracé (Colombie). Le nombre d’événements volcano-tectoniques (VT) et longue période (LP) reste stable, avec une légère augmentation du nombre et de l’intensité des événements LP le 9 mai 2024. Les séismes VT sont situés à des profondeurs jusqu’à 4 km sous le volcan et son flanc E. Les séismes LP sont localisés dans les mêmes zones, à des profondeurs inférieures à 2 km. Les émissions de CO2 et de SO2 restent supérieures à la normale. Le niveau d’alerte est maintenu à Orange (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano.

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L’activité volcanique reste bien présente sur l’île de Tofua (Tonga). Des anomalies thermiques sont détectées quotidiennement avec des intensités qui restent faibles. La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Le niveau d’alerte maritime reste à Orange (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs) et il est conseillé aux marins de rester à 2 km de l’île.
Source : Services géologiques tongiens.

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L’éruption sur l’île Fernandina (Galápagos) a faibli ces derniers jours. Les émissions de SO2 sur les données satellitaires, ont cessé d’être détectées le 8 mai, indiquant peut-être une baisse d’activité. Des anomalies thermiques au niveau de la coulée de lave sont toutefois identifiées sur les images satellite.
Source : Instituto Geofisico.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Eruptive activity at Ibu (Indonesia) intensified on May 11th and 12th, 2024, leading to a strong eruption at around 00:12 UTC on May 13, 2024, with a thick ash plume rising up to 6.4 km above sea level. This eruption follows a similar event on May 10th with an ash column up to 5.3 km a.s.l.

The volcano’s Alert Level was raised from 2 to 3 (Siaga) on May 8th after the first signs of increased activity. Authorities are urging the public to stay at least 3 km away from the crater and 5 km from the northern part of the crater. Local authorities have prepared evacuation tents, but no evacuation order has been reported yet.

Last minute : Based on the results of visual and instrumental monitoring which show the occurrence of increased volcanic activity for Mount Ibu, Indonesian authorities have raised Mt Ibu’s alert level from 3 to 4, the maximum.

Source : CVGHM.

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At least 37 people were killed by flash floods and cold lava flowing from Mount Marapi ( Sumatra / Indonesia). Hours of heavy rain on May 11th, 2024 swept torrents of ash and rocks down the volcano’s slopes. The cold lava mudslides inundated two districts, swept people to their deaths and damaged more than 100 homes, mosques and public facilities. On May 12th in the afternoon, rescuers had found 19 bodies in the worst-hit village of Canduang and recovered nine other bodies in the neighbouring district of Tanah Datar. According to a news report the death toll reached 43 people on May 15th. The Alert Level for Mount Marapi remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 4.5 km away from the active crater.

Source : BBC News.

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Still in Indonesia, due to a decrease in seismicity, the alert level of Ruang (Sangihe Islands) was lowered to 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 4 km away from the active crater.

Source : PVMBG.

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Once again, the Icelandic Met Office warns that new eruption fissures could open up on the Reykjanes Peninsula between Stóra-Skógafell and Hagafell and emit lava flows similar to those at the beginning of the last eruption. This event could happen very fast, even without notice.

Inflation continues at Svartsengi at the same speed as before. Since the last eruption on March 16th, 2024, it has reached nearly 20 cm. Before the last eruption, approximately 8 to 13 million cubic meters of magma had been added to the magma chamber under Svartsengi before the eruption started in the Sundhnúkagígar crater row. The amount of magma added since March 16th has now risen above the upper mark with 16 million cubic meters on May 16th, 2024.

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Seismicity remains elevated at Puracé (Colombia). The number of both volcanic (VT) and long-period (LP) events is stable, with only a slight increase in both the number and intensity of LP events on May 9Th, 2024. The VT events are located at depths up to 4 km beneath the volcano and its E flank. LP earthquakes are located in similar areas as the VT events, at depths less than 2 km. BothCO2 and SO2 emissions remain above baseline levels. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source: Servicio Geológico Colombiano.

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Unrest continues at Tofua (Tonga). Thermal anomalies are detected daily with intensities that fluctuate at low levels. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale); the Maritime Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale) and mariners are advised to stay 2 km away from the island.

Source: Tonga Geological Services.

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The eruption at Fernandina (Galapagos) has decreased in recent days. SO2 emissions, measured using satellite data, ceased to be detected on May 8th, possibly indicating a decline in activity. Daily thermal anomalies from the lava flow were identified in satellite images.

Source: Instituto Geofísico.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Aurores françaises…

Phénomène assez exceptionnel à notre latitude, des aurores boréales ont été observées ces derniers jours en France. Ce magnifique phénomène lumineux coloré dans le ciel nocturne a été causé par une très forte tempête solaire. Il pourrait occasionner, comme en 2023, des perturbations sur les réseaux électriques et de communication.

Un ciel mauve ou rose a pu être observé depuis le Limousin, la Bourgogne, les Alpes ou la région parisienne. L’épisode de tempête géomagnétique qui a provoqué le phénomène est le plus important depuis plus de vingt ans. Il a été classée par les autorités au niveau 5, le plus élevé.

Aurore à Strabourg le 11 mai 2024 (Crédit photo: Wikipedia)

Les scientifiques nous expliquent que les aurores boréales sont liées à la réception sur Terre d’éjections de masses coronales en provenance directe du Soleil dont une partie de la surface se soulève. « Le plasma, les particules, le champ magnétique qui constituent le Soleil se détachent de celui-ci et s’envolent dans l’espace. […] Les éjections se déplacent à plusieurs centaines de kilomètres par seconde et se produisent depuis une même tache solaire, dont le diamètre est 17 fois supérieur à celui de notre planète. Ces rejets interviennent alors que le Soleil approche de son pic d’activité, selon un cycle qui revient tous les 11 ans. »

La NOAA américaine ajoute que ce genre d’événement solaire peut avoir des conséquences sur le fonctionnement des outils numériques comme les GPS, les réseaux électriques, les vaisseaux spatiaux, la navigation des satellites, etc. Peu de perturbations sont en revanche attendues sur le trafic aérien.

Lors du dernier puissant épisode d’éjections solaires en 2003 – « les tempêtes d’Halloween » – des coupures de courant étaient survenues en Suède et des transformateurs avaient été endommagés en Afrique du Sud. La plus grosse tempête solaire recensée jusqu’à présent date de 1859. Connue sous le nom d’événement de Carrington, elle avait très fortement perturbé les communications… par télégraphe.

Si la météo le permet, il devrait être possible d’observer à nouveau des aurores en France au cours du prochain week-end car l’activité solaire reste très intense ;

Source : Presse nationale et internationale.

Les aurores les plus spectaculaires se produisent dans les régions polaires E lles peuvent donc être boréales (aurora borealis) ou australes (aurora australis). Dans notre hémisphère, on les observe fréquemment depuis les régions de l’Arctique telles que l’Alaska , les territoires du Yukon canadien, l’Islande , le Groenland , la Norvège , la Suède , la Finlande , l’Écosse et la Sibérie. C’est dans ces régions qu’elles sont le plus spectaculaires. Elles peuvent prendre différents aspects, allant de simple faisceaux lumineux à la belle couleur verte à des draperies mêlant le vert et le rose qui se déploient en avançant dans le ciel hivernal. Des habitants du Yukon m’ont dit que certains épisodes sont tellement puissants que les aurores émettent des sons comme des sifflements ou des craquements. Un soir, j’ai eu l’occasion d’en observer dans le nord du Yukon canadien avec une meute de loups qui hurlait à proximité du lieu où je me trouvais. Du grand spectacle, frissons garantis !

Photos: C. Grandpey

Les Volcans à Verneuil sur Vienne le 25 mai 2024 !

Le samedi 25 mai 2024, l’association « Dynamisons Verneuil » organise les RENCONTRES DU LIVRE dans la salle de Pennevayre à Verneuil sur Vienne (Haute-Vienne).

Les organisateurs m’ont aimablement demandé d’être l’Invité d’Honneur de cette manifestation qui sera donc placée sous le signe des Volcans.

Une trentaine d’auteurs seront présents. De mon côté, je proposerai le dernier ouvrage « Histoires de Volcans – Chroniques d’Éruptions » écrit conjointement avec Dominique Decobecq. Les visiteurs pourront également se procurer « Mémoires Volcaniques » ainsi que des CD d’images de volcans.

Le salon se tiendra de 9h30 à 17h30. Entrée gratuite.

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Fonte des glaces et mesure du temps sur Terre // Melting ice and measuring time on Earth

Pendant des siècles, pour mesurer le temps, l’être humain s’est basé sur la rotation de la Terre. Une rotation complète correspond à une journée de 24 heures, chaque heure contient 60 minutes, et chaque minute 60 secondes. La seconde était ainsi définie jusqu’en 1967. Mais il existe depuis cette date un autre système pour mesurer le temps, basé sur l’heure donnée par les horloges atomiques. Des technologies telles qu’Internet, le GPS et les réseaux de téléphonie mobile dépendent des signaux horaires extraordinairement précis de ces horloges.
Ces horloges atomiques définissent la seconde en termes de fréquence de la lumière impliquée dans une transition spécifique dans le césium atomique. La définition a été choisie de telle sorte que 86 400 secondes atomiques correspondent très étroitement à la durée d’un jour sur Terre – ce qui est la définition traditionnelle de la seconde. Cependant, la correspondance n’est pas exacte. Entre 1970 et 2020, la durée moyenne d’une journée sur Terre (la période de rotation de la Terre) était d’environ 1 à 2 ms plus longue que 86 400 s. Cela signifie que toutes les quelques années, un écart d’une seconde se crée entre le temps mesuré par la rotation de la Terre et le temps mesuré par une horloge atomique.
Depuis 1972, cet écart a été corrigé par l’insertion de 27 secondes intercalaires dans le temps universel coordonné (UTC). Ce processus de correction est compliqué par le fait que divers facteurs font varier la période de la Terre sur plusieurs échelles de temps différentes. Ainsi, des secondes intercalaires sont insérées lorsque cela est nécessaire, et non selon un calendrier régulier comme les années bissextiles. Neuf secondes intercalaires ont été insérées entre 1972 et 1979, par exemple, mais aucune n’a été insérée depuis 2016.
Depuis 2020 environ, la période moyenne de la Terre est tombée en dessous de 86 400 s. En d’autres termes, la rotation de la Terre semble s’accélérer. Cela est dû à l’intensification de la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique, qui diminue la vitesse angulaire de la Terre. En effet, l’eau des pôles est redistribuée dans les océans,ce qui modifie le moment d’inertie de notre planète. Le moment cinétique étant conservé, ce changement entraîne une diminution de la vitesse angulaire. Cela retardera de trois ans la nécessité d’une seconde intercalaire négative. Une seconde intercalaire négative pourrait être nécessaire en 2029, mais elle pourrait être l’une des dernières car les métrologues ont décidé de supprimer la correction de la seconde intercalaire en 2035.
Source  : Médias d’information scientifique comme physicsworld.

Glaciers au Groenland Photo: C. Grandpey

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For centuries, to measure time, humans relied on the rotation of the Earth. A full rotation corresponds to a 24-hour day, each hour contains 60 minutes, and each minute 60 seconds. The second was thus defined until 1967. But since then there has been another system for measuring time, based on the time given by atomic clocks. Technologies such as the Internet, positioning systems and mobile-phone networks depend on the clocks’ extraordinarily  accurate time signals.

These atomic clocks define the second in terms of the frequency of light that is involved in a specific transition in atomic caesium. The definition was chosen so that 86,400 atomic seconds corresponds very closely to the length of a day on Earth – which is the traditional definition of the second. However, the correspondence is not exact. Between 1970 and 2020, the average length of a day on Earth (the period of Earth’s rotation) was about 1–2 ms longer than 86,400 s. This means that every few years, a second-long discrepancy builds up between time as measured by Earth’s rotation and time measured by an atomic clock.

Since 1972 this deviation has been corrected by the insertion of  27 leap seconds into co-ordinated universal time (UTC). This correction process is complicated by the fact that various factors cause Earth’s period to vary on a number of different time scales. So leap seconds are inserted when needed – not according to a regular schedule like leap years. Nine leap seconds were inserted in 1972–1979, for example, but none have been inserted since 2016.

Since about 2020 Earth’s average period has dipped below 86,400 s. In other words, Earth’s rotation appears to be speeding up. This is due to the increased melting of ice in Greenland and Antarctica which is decreasing the Earth’s angular velocity. This is because water from the poles is being redistributed throughout the oceans, thereby changing our planet’s moment of inertia. Because angular momentum is conserved, this change results in a decrease in angular velocity. This will postpone the need for a negative leap second by three years. A negative leap second could be needed in 2029, but it could be one of the last because metrologists have voted to get rid of the leap-second correction in 2035.

Source : Scientific news media like physics world.

https://physicsworld.com/