Islande, la Terre en mouvement 

France 2 a diffusé un document intéressant intitulé « Islande, la Terre en mouvement » qui nous montre la situation sur la péninsule de Reykjanes entre le début de l’activité sismique en novembre 2023 et l’éruption du 18 décembre de cette même année.

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-le-samedi-islande-la-terre-en-mouvement_6268131.html

Le début du document, avec les témoignages des habitants de Grindavik et les vues des fractures qui parcourent la ville est particulièrement émouvant. On se rend parfaitement compte de l’épée de Damoclès au-dessus de ce petit port de pêche. On comprend comment une fissure éruptive a pu s’ouvrir le 14 janvier 2024 aux portes de la ville qui avait été évacuée avant cet événement. L’avenir de Grindavik est très incertain car les instruments de mesure indiquent que l’intrusion magmatique reste active sous la ville. De nouvelles émissions de lave ne sont pas impossibles au milieu des maisons. On comprend la tristesse des habitants qui sont désemparés devant les forces de la nature et ont abandonné leurs habitations.

Pour le reste, le document montre de belles images de l’île. On nous explique que les glaciers fondent, ce qui pourrait avoir une influence sur l’activité volcanique. En s’allégeant, la masse de glace qui recouvre les volcans pourrait favoriser leur réveil. Le conditionnel est de mise car nous ne possédons pas suffisamment de recul pour savoir si ce ‘rebond isostatique » augmentera le nombre des éruptions.

Pour le moment, la véritable question est de savoir comment va évoluer la situation éruptive sur la péninsule de Reykjanes. Grindavik est-elle une ville condamnée à jamais ?

Crédit photo : médias islandais

1783 : une année sans été en Alaska // 1783 : a year without a summer in Alaska

L’une des éruptions les plus dévastatrices de l’histoire a été celle du Laki, dans le sud-est de l’Islande. Pendant huit mois en 1783, cette éruption fissurale a émis des coulées de lave et vomi des gaz nocifs dans l’atmosphère. Un quart de la population islandaise a péri. Les gaz riches en soufre qui se sont répandus à la surface de la Terre ont réfléchi les rayons du soleil, provoquant une baisse des températures dans de nombreux endroits.

Vue de Lakagigar, la fissure éruptive du Laki (Photo: C. Grandpey)

Des chercheurs ont analysé les cernes de troncs d’épinettes blanches en Alaska et ont conclu que l’éruption du Laki avait aussi été une catastrophe pour les habitants du nord-ouest de cet Etat. Ces gens ne savaient pas pourquoi juillet avait pris des allures de novembre cette année-là.
Une scientifique du laboratoire d’analyse des cernes des arbres de l’Observatoire Lamont-Doherty à New York a raconté l’histoire de l’année sans été en Alaska. Elle a montré une photo des cernes sur le tronc d’une épinette blanche prélevée en Alaska. Au milieu d’une série de lignes sombres, on en distingue une plus claire qui correspond à l’année 1783.

Forêt d’épinettes (spruce trees), arbres emblématiques de l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

En juin 1940, un archéologue et ingénieur des mines prit l’avion entre Fairbanks et Allakaket. Une fois arrivé dans ce petit village, il se dirigea vers le cours supérieur de la rivière Kobuk où il a confectionna un radeau en rondins. Il descendit la rivière, tout en prélevant des échantillons d’arbres en cours de route et en s’arrêtant sur des sites archéologiques.
À l’embouchure de la Kobuk, il tourna à droite et remonta la rivière Noatak. Il atteignit ensuite la péninsule de Seward et termina son expédition scientifique dans la ville de Haycock, non loin du village actuel de Koyuk. À l’automne 1940, l’archéologue rédigea sa thèse qui mettait en évidence ses remarquables travaux sur le terrain à partir des centaines d’échantillonsd’arbres qu’il avait collectés.
Un demi-siècle plus tard, les scientifiques de Lamont-Doherty ont utilisé certains de ses échantillons. Avec d’autres enregistrements de cernes d’arbres recueillis en Alaska et les données fournies par des stations météorologiques archivées à l’Université d’Alaska et ailleurs, les chercheurs ont reconstitué les températures estivales de l’Alaska de la fin des années 1600 à nos jours. Ils ont estimé que la moyenne des températures en Alaska de mai à août était normalement d’environ 11,6°C pendant la majeure partie de cette période. En 1783, la température moyenne de mai à août était d’environ 6,6°C.
Pour montrer l’aspect exceptionnel de l’année 1783, les scientifiques de Lamont-Doherty ont également cité un livre dans lequel sont répertoriées des traditions orales de peuples autochtones du nord-ouest de l’Alaska. L’ouvrage raconte quatre vieilles légendes, chacune liée à la quasi-extinction de tous les êtres vivants dans le nord-ouest de l’Alaska. Les deux premiers événements décrits dans le livre étaient trop anciens pour que les chercheurs puissent en tenir compte. Le quatrième événement était l’épidémie de grippe espagnole qui, en 1918, frappa durement l’Alaska et le reste du monde. La troisième calamité dans le nord-ouest de l’Alaska était liée à l’éruption islandaise. Cette année-là (probablement 1783), au printemps, les oiseaux migrateurs étaient revenus en Alaska et tout semblait normal… jusqu’à la fin du mois de juin. On peut lire que  » tout d’un coup, le temps est devenu froid… et les gens ne pouvaient plus aller chasser ni pêcher. » En quelques jours, les lacs et rivières, récemment dégelés, ont gelé de nouveau. Le temps chaud n’est revenu qu’au printemps (début avril) de l’année suivante.
Source : Anchorage Daily News.

——————————————–

One of the most devastating eruption in history was that of Laki Volcano in south-east Iceland. For eight months in 1783, a fissure eruption spewed lava and belched noxious fumes into the atmosphere. One-quarter of the Icelandic population died. The sulfur-rich gases that spread worldwide reflected the sun’s rays, causing temperatures to drop and making many places on Earth cooler.

Using evidence held in white spruce trees, researchers think the Laki eruption was a catastrophe for northwest Alaska residents who had no idea why July turned into November that year.

A scientist from the tree-ring lab at Lamont-Doherty Earth Observatory in New York told the story of Alaska’s year without a summer. She displayed a photo of tree rings from a white spruce tree from Alaska. Amid a series of dark lines is a faint one that lines up with the year 1783.

In June of 1940, an archaeologist and mining engineer, flew from Fairbanks to Allakaket. Once in that small village, he travelled to the headwaters of the Kobuk River where he lashed together a log raft. He floated it down the river, taking tree cores along the way and stopping at known and possible archaeological sites.

At the mouth of the Kobuk, he turned right and traveled up the Noatak River. Then, he went on to the Seward Peninsula and finished his scientific journey in the town of Haycock, not far from today’s village of Koyuk. In the autumn of 1940, the archaeologist wrote his master’s thesis, detailing his remarkable season of fieldwork and the hundreds of tree cores he acquired.

Half a century later, scientists at Lamont-Doherty used some of his samples. With other tree-ring records gathered in Alaska and the real weather-station data gathered at the University of Alaska and other places, the researchers reconstructed Alaska summer temperatures from the late 1600s to the present. They figured average Alaska temperatures from May to August were about 11.6°C for most of that time. In 1783, the May to August average temperature was about 6.6°C.

To further show the weirdness of 1783, the Lamont-Doherty scientists also cited a book of oral traditions from Natives of northwest Alaska. It describes four ancient legends, each linked to the near-extinction of everyone living in northwest Alaska. The first two events were too far back for the researchers to imagine what they might have been. The fourth and most recent disaster was the influenza epidemic of 1918 that hit Alaska and the rest of the world so hard. In between, the third calamity in northwest Alaska was linked to the Iceland eruption. That year (perhaps 1783), in the springtime migratory birds had returned to Alaska and all seemed normal, until after June passed. Then, on can read in the book : “suddenly it turned into cold weather … and people could not go out hunting and fishing. In a few days, the lakes and rivers, recently thawed, froze over. Warm weather did not return until spring (early April) of the next year.”

Source : Anchorage Daily News.

Islande : vers la fin de l’éruption? // Iceland : the eruption may be coming to an end

8 heures (heure française – 7 heures en Islande) : Il fait encore nuit en Islande et il est impossible de faire un état des lieux. Les webcams montrent que l’éruption n’est pas terminée, mais elle a bien baissé d’intensité, ce qui est une bonne nouvelle. Les photos publiées dans la presse islandaise montrent que les bulldozers ont été à l’oeuvre depuis le début de l’éruption pour édifier des digues de protection et essayer d’empêcher la lave de pénétrer davantage dans Grindavik. La digue qui avait été édifiée depuis l’éruption du 18 décembre a dévié la coulée de lave émise par la fracture initiale et a permis d’éviter le pire, même si des brèches se sont ouvertes en certains endroits. Ce matin, la sismicité est encore significative mais relativement normale au vu du contexte éruptif. Le tremor poursuit son déclin.

Source: Met Office

Il faut espérer que le gros du magma qui s’était accumulé ces dernières semaines est maintenant évacué et que l’Islande va pouvoir revenir à une situation plus calme, même si cette éruption a causé de gros dégâts à Grindavik. Il reste toujours le risque que du magma continue à circuler dans des fractures à l’intérieur de la ville.

L’éruption a nettement baissé d’intensité par rapport à la veille. (Images webcam le 15 janvier 2024 au matin)

°°°°°°°°°°

13h30 : Les autorités locales confirment ce que montraient les webcams ces dernières heures : la fissure sud près de Grindavik a cessé d’émettre de la lave. Cette dernière s’écoule principalement de 2 ou 4 bouches dans la fissure nord initiale ouverte le 14 janvier au matin.. Comme je l’ai écrit précédemment, les digues de protection se sont révélées efficaces et ont dévié la lave émise par la fissure nord.
La fissure sud, qui s’est ouverte à proximité des maisons les plus au nord de Grindavik le 14 janvier à midi, semble avoir cessé son activité ; le débit éruptif a commencé à diminuer tard hier soir.
La digue de terre au nord de Grindavik était à moitié achevée (à moitié de sa hauteur) lorsque l’éruption a commencé le 14 janvier au matin. L’éruption a démontré l’efficacité de ce rempart. Dès le début de l’éruption, des travaux ont été effectués pour surélever certains secteurs de la Nesvegur, du côté nord de Grindavík, ainsi que la zone à proximité, afin qu’elle puisse servir de protection contre la lave.
Toutes les équipes d’intervention se sont réunies dans la matinée du 15 janvier pour examiner la situation à Grindavík. La ville manque d’eau chaude et froide et d’électricité. Les participants à la réunion ont réfléchi aux moyens de sauvegarder les objets de valeur et d’évaluer la situation. La ville est rendue dangereuse en raison des dégâts causés par la lave. De plus, il est important que les animaux encore présents à Grindavik soient secourus le plus rapidement possible car il n’y a plus d’eau dans la ville.
Source  : médias d’information islandais.

Vue du site éruptif le 15 janvier 2024 à 13 heures (image webcam)

Bouche encore active sur la coulée initiale (image webcam)

°°°°°°°°°°

18 heures : De toute évidence, l’éruption qui a commencé au matin du 14 janvier 2024 vit ses dernières heures. J’ai essayé de décrire son déroulement le plus fidèlement possible en analysant les excellentes images proposées par les webcams et les paramètres scientifiques mis en ligne par le Met Office islandais.

Selon un volcanologue islandais, l’éruption qui a débuté le 14 janvier 2024 est différente de celle qui a commencé le 18 décembre 2023. Elle n’est pas aussi puissante que la précédente. Il semblerait que la quantité de lave émise soit presque quatre fois inférieure à celle de l’éruption de décembre. L’éruption de décembre s’est terminée très vite, mais celle-ci mettra un peu plus de temps à se terminer, peut-être avec une quantité de lave semblable, voire un peu supérieure.

De son côté le Met Office indique que les mesures GPS montrent que le soulèvement du sol se poursuit sous la région de Svartsengi, signe que le remplissage de la chambre magmatique continue. C’est différent de la situation qui a fait suite à l’éruption de décembre. Les scientifiques évaluent actuellement les données et les mesures pour essayer de déterminer ce que cela peut signifier dans un avenir immédiat.

Le Met Office ajout que des déformations du sol sont toujours observées près de la partie la plus méridionale de l’intrusion magmatique sous Grindavík. De nouvelles fissures sont apparues et celles qui existaient déjà se sont élargies. Il est possible que d’autres fissures apparaissent en surface dans les prochains jours.

Il y a, certes, de gros dégâts à Grindavik, mais la catastrophe aurait pu prendre une autre ampleur sans la digue de terre qui a permis de dévier la coulée de lave initiale. L’ouverture d’une deuxième fracture aux portes de Grindavik était beaucoup plus difficile à gérer. Il était quasiment impossible d’empêcher des maisons de brûler.

Il va maintenant falloir surveiller l’évolution des paramètres sismiques et de déformation. Le sol va-t-il de nouveau se soulever – ou continuer à se soulever – dans le secteur de Svartsengi, là où semble se trouver la source de l’intrusion magmatique ? C’est à mon avis la question la plus importante. En cas de réponse positive, les Islandais devront se préparer à un nouvel assaut de la lave sur la péninsule de Reykjanes. Seront-ils en mesure de l’endiguer ? Il faut l’espérer, mais la partie est loin d’être gagnée.

Source: Icelandic Met Office

——————————————–

8 a.m. (French time – 7 a.m. in Iceland): It is still night in Iceland and it is impossible to take stock of the situation. The webcams show that the eruption is not over, but it has decreased in intensity, which is good news. Photos published in the Icelandic press show that bulldozers have been at work since the start of the eruption to build protective dikes and try to prevent lava from travelling further into Grindavik. The dike that had been built since the eruption of December 18th diverted the lava flow emitted by the initial fissure and made it possible to avoid the worst, even if breaches opened in certain places. This morning, seismicity is still significant but relatively normal given the eruptive context. The tremor continues its decline. It is to be hoped that most of the magma which had accumulated in recent weeks has now been evacuated and that Iceland will return to a calmer situation, even if this eruption caused great damage to Grindavik.However, there is still the risk that magma may continue to travel in fractures within the town.

°°°°°°°°°°

1:30 pm : Local authorities confirm what the webcams were showing in the past hours : the southern fissure near Grindavik has ceased erupting, with lava mainly flowing from the northern fissure. As I put it before, protective barriers have proved effective. The lava seems to be mainly issuing from two to four vents on the initial northern fissure that opened on January 14th in the morning.

The southern fissure, which opened close to the northernmost houses in Grindavik at noon on January 14th, seems to have stopped erupting; its intensity started decreasing late last night.

The earthern barrier north of Grindavik was about halfway completed (half its height) when the eruption began on January 14th in the morning. The eruption demonstrated their worth, Since the start of the eruption, work has been done to raise parts of Nesvegur road on the north side of Grindavík, and the area in its vicinity, so that it could serve as a barrier.

All the key response teams have been meeting in the morning of January 15th to review the situation in Grindavík. The town lacks hot and cold water and electricity. The participants in the meeting considered how to save valuables and assess the situation.The town is obviously dangerous because of the damage caused by the lava. Moreover, it is important that animals still in Grindavik be rescued as soon as possible as there is no more water in the town.

°°°°°°°°°°

06:00 pm : Obviously, the eruption which began on the morning of January 14th, 2024 is in its final hours. I tried to describe its progress as faithfully as possible by analyzing the excellent images provided by its webcams and the scientific paraameters released online by the Icelandic Met Office.
According to an Icelandic volcanologiqt, the eruption that started on January 14th, 2024 is quite different from the one that started on December 18th, 2023. This eruption is not as powerful as the previous one. It seems the amount of magma is almost four times less than it was in December. The December eruption was fast to end, but this one will be a little longer to come to an end, maybe with a similar amount of magma or even a little more.

The Met Office indicates that GPS measurements show that land rise continues under Svartsengi, revealing the magma chamber is filling back up. This is different from the way the land was behaving following the December eruption. Experts are evaluating the data and measurements to determine what that could mean for the immediate future.

The Met Office adds that deformation is still detected near the southernmost part of the magma conduit beneath Grindavík. Fresh fissures have developed, and existing ones have expanded. It is possible that additional fissures may emerge on the surface in the next few days.

There is, of course, a lot of damage in Grindavik, but the disaster could have taken another turn without the earthen dike which made it possible to deflect the initial lava flow. The opening of a second siffure on the outskirts of Grindavik was much more difficult to manage. It was almost impossible to stop houses from burning.
We will now have to monitor the evolution of the seismic and deformation parameters. Will the ground rise again in the Svartsengi area, where the source of the magma intrusion appears to be? This is in my opinion the most important question. In the event of a positive response, Icelanders will have to prepare for a new eruption on the Reykjanes peninsula. Will they be able to stem it? We must hope so, but the game will be a difficult one.

Incendies zombies dans l’Arctique // Zombie wildfires in the Arctic

Dans une note publiée le 21 mai 2020, j’expliquais que les incendies observés dans l’Arctique pendant l’été 2019 avaient survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Ces incendies ont repris en mai, alors que la neige était encore en train de fondre. Les incendies dans l’Arctique contribuent à la fonte du permafrost et envoient d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère, aggravant ainsi le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.
Pour la plupart des gens, les incendies de forêt se résument à des flammes gigantesques qui dévorent les arbres et la végétation qui les entoure. Les incendies zombies, en revanche, ne s’enflamment pas mais brûlent plus lentement ; ils ont tendance à pénétrer profondément dans le sol et à se propager latéralement.Au final, ces incendies quasiment invisibles sont moins accessibles et nécessitent d’être déterrés et arrosés à grande eau. Les feux zombies produisent aussi plus de fumée en raison de leur température de combustion plus basse. Les particules ultrafines contenues dans la fumée sont particulièrement nocives pour les systèmes respiratoire et cardiovasculaire et peuvent être transportées très loin par le vent.

Les incendies qui couvent dans le sous-sol peuvent durer des mois, voire des années. On a constaté qu’ils « hivernent » pendant la saison froide pour réapparaître pendant la saison chaude et sèche. Au cours de la saison des incendies 2019-2020 en Sibérie, les incendies zombies ont été accusés d’avoir repris l’année suivante.
Certains incendies zombies peuvent devenir si vastes qu’ils libèrent des panaches de fumée affectant de vastes régions géographiques. En 1997, des incendies de tourbe en Indonésie ont généré des panaches de fumée qui sont devenus une menace pour toute l’Asie du Sud-Est et certaines parties de l’Australie, avec à la clé une augmentation des émissions de carbone. Ils ont été déclenchés par les activités de culture sur brûlis et amplifiés par les conditions de sécheresse lors d’un puissant épisode El Niño.
Comme indiqué plus haut, les incendies zombies sont plus difficiles à maîtriser et à éteindre pour les pompiers, ils demandent donc plus de ressources pendant de plus longues périodes. Les pompiers de l’Alberta, au Canada, où les tourbières riches en carbone sont courantes, ont été confrontés à des incendies zombies de plusieurs mètres de profondeur en 2023. Les incendies de tourbe peuvent rendre le sol instable et l’utilisation d’équipement lourd pour parcourir les zones d’incendie peut être dangereuse.

Sur tous les incendies de tourbe arctique recensés au cours des 40 dernières années, 70% se sont produits pendant les huit dernières années. 30 % de cette superficie a brûlé pendant la seule année 2020, ce qui montre l’accélération du phénomène.
Source : Yaloo Actualités.

 

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

——————————————————-

In a post published on May 21st, 2020, I explained that Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». These fires started again in May, while the snow was still melting. Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.

Most people picture wildfires as catastrophic flames consuming trees and grasses. Ground fires, on the other hand, do not flame but burn more slowly and have the tendency to spread deep into the ground and spread laterally. The result is that ground-smoldering fires are not only less visible, but they are also less accessible and require digging up and dousing with lots of water. These smoldering fires also produce more smoke because of their lower temperature of combustion. Ultra-fine particles in smoke are particularly harmful to the respiratory and cardiovascular systems and can be carried far and wide by winds. Smoldering ground fires can burn for months and sometimes years. They have been shown to “overwinter,” persisting through the cold season to reemerge in the warm, dry season. During the 2019-2020 fire season in Siberia, zombie fires were blamed for rekindling fires the following year.

Some of these ground fires can become so massive that they release smoke plumes that cover vast geographical regions. In 1997, peat fires in Indonesia sent dangerous levels of smoke across Southeast Asia and parts of Australia and increased carbon emissions. They were ignited by slash-and-burn activities and amplified by drought conditions during a severe El Niño event.

Soil fires that spread underground are harder for firefighters to tame and extinguish, thus demanding more resources for longer periods of time. Firefighters in Alberta, Canada, where carbon-rich peatlands are common, have been dealing with fires smoldering to depths of several meters underground in 2023. Because peat fires can make the ground unstable, using heavy equipment to excavate the fire areas also becomes risky.

About 70% of recorded area of Arctic peat affected by burning over the past 40 years occurred in the last eight years, and 30% of it was in 2020 alone, showing the acceleration.

Source : Yaloo News.