Ça se bouscule sur les écrans autour des Krafft !

Le 6 juillet dernier, j’annonçais la sortie sur les écrans de « Fire of Love« , un documentaire de 93 minutes illustrant la vie de Katia et Maurice Krafft. Composé d’images spectaculaires capturées par le couple pour tenter de comprendre le mystère des volcans, et narré en off par la cinéaste et artiste américaine Miranda July, Fire of Love est un film d’aventure sur le temps, l’inconnu et le sens de l’existence humaine.

Vous accéderez à la bande-annonce en cliquant sur ce lien:

https://www.cineserie.com/movies/4842988/video/5149935/

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Aujourd’hui, c’est un nouveau documentaire qui est proposé par la chaîne ARTE. Intitulé « Au coeur des volcans, Requiem pour Katia et Maurice Krafft« , d’une durée de 81 minutes, il ne s’agit pas d’une nouvellee biographie, mais d’un hommage rendu au célèbre couple. On peut lire sur le site d’ARTE que Werner Herzog, le réalisateur, à l’aide « des captivantes archives cinématographiques des volcanologues, célèbre avec poésie la vie, brutalement interrompue en 1991, de deux chercheurs et preneurs d’images à l’oeuvre unique. »

Le film est disponible du 24/09/2022 au 29/11/2022. Vous pourrez d’ores et déjà le regarder en cliquant sur ce lien:

https://www.arte.tv/fr/videos/092967-000-A/au-coeur-des-volcans/

J’ai bien aimé ce documentaire, en dépit de longueurs et d’une musique parfois pénible dans la première partie. Certaines séquences, sur le Nevado del Ruiz et sur le Mont Unzen, par exemple, sont exceptionnelles et émouvantes. A noter que le geyser auprès duquel se trouve Katia ne se trouve pas dans le Parc de Yosemite; il s’agit du Lone Star Geyser à Yellowstone, mais c’est juste un détail.

Crédit photo: Wikipedia

Effets d’un séisme au Mexique sur la Vallée de la Mort (Californie) // Repercussions of a Mexican earthquake on Death Valley (California)

Ce n’est pas de la volcanologie, mais il s’agit d’un phénomène très surprenant qui a été observé dans la Vallée de la Mort suite au puissant séisme de M 7,6 qui a secoué la côte Pacifique du Mexique le 19 septembre 2022, tuant au moins deux personnes.
Les vibrations générées par le séisme ont été ressenties jusqu’à 2 400 kilomètres au nord, où des vagues de 1,20 mètre de haut ont commencé à s’agiter fortement à l’intérieur de Devils Hole, une cavité dans le Parc national de la Vallée de la Mort.
Une séquence vidéo du phénomène montre une vue d’en haut de la cavité au moment où l’eau, initialement calme, produit une série de vagues qui viennent s’écraser par intermittence sur les parois de la cavité pendant plusieurs minutes. D’un point de vue technique, il s’agit d’une seiche, une oscillation de l’eau que l’on observe lorsque des changements soudains se produisent dans un lac ou un plan d’eau partiellement fermé sous l’effet de petites secousses telluriques.
Devils Hole est une pièce d’eau géothermale au fond d’une cavité creusée dans le calcaire, dans une partie de la Vallée de la Mort près de la frontière entre le Nevada et la Californie. La cavité proprement dite a plusieurs dizaines de mètres de profondeur et la pièce d’eau relativement peu profonde sert de lieu de vie à une espèce marine en voie de disparition appelée Cyprinodontidae

(Cyprinodon salinus) et pupfish en anglais . Les poissons, dont la population s’élevait à seulement 175 individus début 2022, se nourrissent d’algues qui poussent sur une saillie rocheuse peu profonde et ensoleillée dans Devils Hole. La seiche déclenchée par le séisme a arraché les algues qui poussaient dans la grotte, ce qui réduit la nourriture des poissons à court terme. Cependant, un biologiste marin du National Park Service estime que les poissons seront probablement suffisamment résistants pour faire face au changement temporaire de leur environnement. En effet, ils ont survécu à plusieurs événements semblables ces dernières années, et aucun poisson mort n’a été retrouvé après l’arrêt de la dernière seiche.
Le séisme ressenti dans la Vallée de la Mort est le premier de deux événements puissants qui ont secoué le Mexique. Un deuxième séisme a été enregistré plus à l’intérieur des terres, près de la ville de Mexico, en début de journée le 22 septembre. Il avait une magnitude préliminaire de M 6,8, a fait osciller des bâtiments et a tué au moins une personne.
Source : Service des Parcs Nationaux.

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This is not volcanology, but a very surprising phenomeneon was observed in Death Valley following the M 7.6 earthquake tat shook Mexico’s Pacific coast on September 19th, 2022 and killed at least two people.

Repercussions of the earthquake extended as far as 2,400 kilometers north, where 1.20 meter-tall waves began churning inside Devils Hole, a cave in a Death Valley National Park.

Video footage of the phenomenon – technically called a seiche, when sudden changes are observed in a lake or partially enclosed body of water – shows a view of the cave from above as the initially still water erupts into a series of waves that roil and crash intermittently over the course of several minutes.

Devils Hole is a geothermal pool within a limestone cave, located in a section of Death Valley near the border of Nevada and California. The cave itself is several tens of meters deep, and its relatively shallow water level is crucial for an endangered marine species called pupfish that live there. The fish, whose naturally-occurring population totaled just 175 earlier this year, feed on algae that grows on a shallow, sunlit shelf in Devils Hole. Because the seiche triggered by the earthquake removed algae that had been growing in the cave, it will reduce the pupfish’s food supply in the short term. However, an aquatic ecologist with the National park Service, believes that the creatures may be resilient enough to withstand the temporary shift in their environment. Indeed, the pupfish have survived several of these events in recent years, and no dead fish was found after the waves stopped.

The Mexican earthquake was the first of two powerful events that shook the country. A second quake happened further inland near Mexico City, early on September 22nd. It was given a preliminary magnitude of M 6.8, and killed at least one person while causing buildings to sway.

Source: National Park Service.

Cette image fournie par le National Park Service montre les vagues provoquées par la seiche à l’intérieur de Devils Hole après le séisme au Mexique.

Cyprinodontidae male (à droite) et femelle (à gauche) – Source : Wikipedia

Un nouveau téléphérique sur le glacier de la Girose (Hautes-Alpes)?

La semaine dernière, au moment où je me trouvais à La Grave (Hautes-Alpes), petit village au pied de la Meije, sur le route du col du Lautaret, toutes les conversations tournaient autour du projet d’extension du téléphérique. L’idée divise les habitants; pour certains, l’aménagement est nécessaire, mais pour d’autres, ce serait une perte d’identité du village avec la crainte de voir la mise en place d’une jonction avec les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes.

Depuis 40 ans, le téléphérique de La Grave ouvre à tous l’expérience de la montagne à 3 200 mètres d’altitude. L’exploitant de la station veut remplacer le vieux téléski par un troisième tronçon de téléphérique accessible aux piétons et qui offrirait au public une vue imprenable sur le glacier de la Girose. Au village, certains habitants craignent que ce projet en cache un autre qui fait régulièrement surface : le projet « Grand Oisans » qui prévoit une liaison entre les stations de La Grave, l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, en Isère.

A La Grave, le collectif d’habitants, opposé à la construction d’un troisième tronçon du téléphérique, vient de financer une étude qui met en doute la viabilité économique de l’extension. Face à ce super-projet de liaison, les membres du collectif craignent de voir leur station dissoute dans un vaste ensemble touristique qui effacerait son identité.

Les partisans du 3ème tronçon de téléphérique font valoir son côté positif pour l’environnement. Le remplacement du téléski actuel – propulsé par une motrice fonctionnant au fioul – par un téléporté qui sera alimenté en électricité, permettra de diviser par cinq l’énergie finale consommée. Avec cette opération, dans 15 ans, on émettra moins de gaz à effet de serre, construction comprise, que si on continue à exploiter le téléski en l’état. A La Grave, tout le monde reconnaît que l’ancien téléski doit être retiré du site, mais c’est l’avenir de cet aménagement qui alimente le débat.

Comme je l’ai fait remarquer aux habitants de La Grave avec lesquels j’ai abordé le sujet du téléphérique, personne ne parle de la fonte du glacier de la Girose et, plus globalement, de ceux du massif des Ecrins. L’expression « réchauffement climatique  » est tabou en montagne. Au train où vont les choses, il n’est pourtant pas certain que le spectacle proposé par le glacier de la Girose dans 10 ans sera aussi beau qu’aujourd’hui. Le glacier existera-t-il encore? Et puis, comment sera l’enneigement? Au cours de l’hiver 2021-2022, il y a eu une bonne chute de neige en novembre qui a été balayée par la pluie dans les semaines suivantes. Une nouvelle chute de neige a eu lieu en mars, mais très insuffisante pour sauver la saison de ski. Apparemment, personne n’a évoqué – et ne veut évoquer! – l’impact du réchauffement climatique sur le projet…. Ça s’appelle la politique de l’autruche…

Glacier de la Girose et site du projet de téléphérique (Photo: C. Grandpey)

Éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la fin des embouteillages?

L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 19 septembre 2022, ne devrait pas rester dans les annales. En grande partie gâchée par le mauvais temps, elle ne présente pas une grande intensité. La pression du magma dans les conduits d’alimentation ne semble pas très forte.

Même si l’accès à l’Enclos Fouqué est strictement interdit, une éruption de la Fournaise attire toujours les foules au Pas de Bellecombe-Jacob, avec son cortège d’embouteillages sur la route qui conduit aux parkings. Ce sont souvent plus de 1000 véhicules qui se précipitent vers le site, avec des automobilistes qui se garent n’importe où le long du chemin, au risque parfois de bloquer la circulation et le passage de véhicules de secours.

Afin que ces embouteillages prennent fin, l’ONF et la mairie du Tampon ont pris des mesures pour réguler la circulation. Elles devaient entrer en vigueur dès le 23 septembre 2023. .

En cas de forte affluence, la circulation sera régulée par des patrouilles de gendarmerie et de police depuis le chemin de la Grande Savane, à Bourg-Murat. Le dispositif prévoit également la mobilisation d’agents municipaux au niveau des parkings Bellecombe-Jacob et Foc Foc afin de contrôler le flux de véhicules et faire en sortent qu’ils ne bloquent pas la circulation. Le parking du Pas de Bellecombe a une capacité de 300 places tandis que le Foc Foc peut accueillir 250 véhicules.

L’ONF a émis un arrêté qui interdit aux bus transportant plus de 23 passagers d’emprunter la route forestière n°5. La mesure est en fait en vigueur depuis le déclenchement de la phase d’alerte 2-1 « Eruption dans l’Enclos ».

Il est par ailleurs demandé à la population de respecter le site en utilisant les poubelles et sanitaires sur le parking Foc Foc.

Source: Réunion la 1ère.

Photo: C. Grandpey