L’éruption du Stromboli (suite) // Stromboli Volcano’s eruption (continued)

Les deux explosions qui ont secoué le Stromboli tôt ce matin ont surpris tout le monde car l’activité sur le volcan au cours des jours et heures précédents n’avait pas montré d’anomalies particulières. La dernière mise à jour du Laboratorio Geofisica Sperimentale indiquait que le nombre d’événements VLP – correspondant aux explosions stromboliennes – était élevé avec environ 13 événements par heure, comme les jours précédents. L’amplitude du tremor était à un niveau moyen. L’activité de chutes de blocs le long de la Sciara del Fuoco était faible.
Le Laboratorio indique que le réseau de surveillance a enregistré «une explosion majeure avec un signal d’inflation de 3,5 µrad et une durée de 4 minutes, la pression acoustique liée à l’événement était de 8 bars et était localisée dans la partie Centre / SO du cratère».
Comme je l’ai déjà écrit, l’accès au volcan est actuellement restreint et les touristes ne peuvent grimper qu’à 400 m d’altitude avec les guides locaux. Il est clair qu’il en sera ainsi tout au long de l’été. Il faut garder à l’esprit que nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques, même avec tous les instruments disposés sur ce volcan. Les images de l’éruption de ce matin fournies par la webcam sont assez impressionnantes. Il faut être vigilant et très prudent car le volcan peut produire des explosions plus puissantes comme au cours de l’été 2019. A Stromboli, les éruptions sont certes pour les touristes, comme à la Réunion, mais le niveau de risque n’est pas le même car l’île sicilienne est plus petite, avec une population qui augmente considérablement pendant les vacances d’été.

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The two explosions that shook Stromboli volcano early this morninh surprised everybody because activity at the volcano in the preceding days and hours did not show particular anomalies. The Laboratorio Geofisica Sperimentale’s latest update indicated that the number of VLP seismic events – corresponding with the Strombolian explosions – was high with about 13.events per hour, like in the previous days. The amplitude of seismic tremor was medium. Rockfall activity along the Sciara del Fuoco was low.

The Laboratorio indicates that the monitoring network recorded “a major explosion with a inflation signal of 3.5 µrad and duration of 4 minutes, the acoustic pressure related to the event was 8 bar and located at Central/SW vent.”

As I put it before, access to the volcano is currently restricted and tourists are allowed to climb up to 400 m a.s.l. with the local guides. It is clear that the situation will remain so all through the summer. We should bear in mind that we are no able to predict eruptions, even with all the instruments set up on this volcano. The webcam images of this morning’s eruption are quite impressive and one should be very careful as the volcano may produce stronger events like during the summer 2019. At Stromboli, the eruptions are for tourists like on Reunion Island, but the risk level is not the same as the Sicilian island is smaller, with a population that grows considerably during the summer holidays.

Le Stromboli vu par la webcam ce soir. Le volcan a beaucoup dégazé aujourd’hui, avec quelques événements stromboliens d’intensité faible à moyenne (Capture d’image de la webcam Skyline).

Nouvel épisode explosif sur le Stromboli (Sicile) // New explosive episode on Stromboli (Sicily)

Aujourd’hui dimanche 19 juillet 2020, c’est le jour choisi par le Stromboli pour attirer l’attention. Deux fortes explosions ont secoué le volcan vers 5 heures du matin et provoqué un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravisait le volcan côté Ginostra. L’INGV indique que les explosions stromboliennes ont projeté des matériaux  incandescents qui ont arrosé toute la terrasse cratèrique ainsi que la Sciara del Fuoco, comme on peut le voir sur l’image de la caméra thermique ci-dessous. Il n’est toutefois fait état d’aucun dégât. .

Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Des centaines de touristes sont présents à Stromboli ces jours-ci. Les habitants ont essayé de les rassurer et souligné qu’il n’y a pas de danger sur l’île. D’ailleurs, les sirènes n’ont pas retenti. Depuis deux jours, le >Stromboli offrait un beau spectacle fascinant tant de la mer que depuis l’altitude de 290m, la limite autorisée pour les randonneurs, pour des raisons de sécurité.

Plus de peur que de mal, donc, mais les événements de ce matin montrent que les restrictions d’accès au volcan sont parfaitement justifiées.

Source : La Sicilia.

Voici une vidéo montrant les explosions de ce matin. Il y avait vraiment beaucoup de pression sous le volcan. Heureusement que l’événement s’est produit à une heure où les touristes sont encore en train de dormir!

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Today Sunday, July 19th, 2020, was the day chosen by Stromboli to attract attention. Two strong explosions shook the volcano at about 5 a.m. and caused a movement of anguish among the population who keep in mind the explosive events of the last months, with one dead on July 3rd, 2019, a hiker who climbed the volcano, side Ginostra. INGV explains the Strombolian explosions threw incandescent materials that sprayed the entire crater terrace as well as the Sciara del Fuoco, as can be seen in the thermal camera image below. However, no damage has been reported. .
According to INGV, the two explosions were less intense than that of July 3rd, 2019.
Hundreds of tourists are present at Stromboli these days. The locals tried to reassure them and stressed that there was no danger on the island. This was confirmed by the fact the sirens did not sound. Stromboli has offered a fascinating show for the past two days, both from the sea and from the altitude of 290m, the limit authorized for hikers, for safety reasons.
More fear than harm, then, but this morning’s events confirm that the access restrictions to the volcano are perfectly justified.
Source: La Sicilia.

La sismicité sous le Mauna Kea (Hawaii) // Seismicity beneath Mauna Kea (Hawaii)

Le Mauna Kea n’a pas connu d’éruptions depuis plus de 4 500 ans, mais cela ne signifie pas que c’est un volcan éteint. En fait, depuis des décennies, il cache l’un des signaux sismiques les plus étranges jamais observés sur un volcan.
Il y a plusieurs années, les sismologues de l’USGS testaient une nouvelle méthode d’analyse de la sismicité sur le Kilauea. Elle consiste à analyser des fractions de 24 heures de données sismiques afin de détecter des signaux similaires sur plusieurs appareils. Par curiosité, ils ont décidé d’étendre leurs observations au reste de l’île d’Hawaii. Ce qu’ils ont découvert est surprenant. Une étude publiée dans la revue Science en mai 2020 explique qu’ils ont détecté des séismes profonds sous le Mauna Kea, avec une répétition toutes les 7 à 12 minutes. La pollution sonore générée par le vent et les voitures à proximité, ainsi que la faible magnitude (M 1.5) des séismes avaient empêché leur détection par le réseau sismique traditionnel. .
Ces petits séismes se produisent à des profondeurs d’environ 15 – 25 km directement sous le sommet du Mauna Kea, toutes les 7 à 12 minutes avec une régularité surprenante. En outre, ces événements répétitifs apparaissent depuis au moins l’année 1999, mais il est très probable qu’ils se produisaient bien avant cette date.
Les scientifiques se sont tout d’abord montrés prudents avant d’attribuer ces séismes à des processus volcaniques car leur régularité semblait artificielle. Ils ont pris le temps d’éliminer toutes les causes possibles, comme les activités dans la zone d’entraînement de Pohakuloa ou les travaux routiers.
Un facteur permettant d’interpréter l’origine des séismes répétés et profonds du Mauna Kea est que leurs ondes sismiques sont différentes de celles des séismes classiques. Alors que les séismes classiques donnent naissance essentiellement à des événements haute fréquence, ceux du Mauna Kea sont plus prolongés, avec des fréquences plus basses. Cela signifie qu’un décrochement sur une faille n’est pas la cause de ces événements.
Les séismes basse fréquence peuvent se produire sur les volcans, mais il n’y a aucun autre exemple de ce type de répétition ou de longévité dans le monde. Au total, on a enregistré plus d’un million de secousses sismiques sur le Mauna Kea entre 1999 et 2018. Cumulée, l’énergie ainsi libérée correspond à un séisme de M 3.0 sous le volcan chaque jour. En mettant ensemble les signaux produits par ces milliers de ces séismes, on peut examiner leur forme d’onde plus en détail. Les résultats montrent que ces événements sont probablement causés par le mouvement de fluides au-dessus d’une chambre magmatique profonde. À mesure que les fluides s’élèvent, ils pénètrent dans une fissure hermétique dans sa partie supérieure. L’arrivée continue de fluide met la fissure sous pression, ce qui finit par briser l’obturation à son sommet et déclencher un séisme. La fissure se referme ensuite, et tout recommence.
La question est de savoir d’où proviennent ces fluides. La source d’alimentation réside probablement au niveau des gaz magmatiques qui se comportent comme des fluides lorsqu’ils se trouvent dans les profondeurs de la croûte terrestre. Ces gaz se séparent du magma en se refroidissant. Les grandes poches magmatiques mettent des centaines à des milliers d’années pour se refroidir, donc ce processus génère des fluides sur le long terme, ce qui pourrait expliquer la présence des séismes profonds sous le Mauna Kea.
Selon cette interprétation, les fluides sont produits par le refroidissement du magma en place. Rien n’indique toutefois qu’il y ait une ascension du magma sous le Mauna Kea. Bien que cette étude donne un aperçu intéressant des processus en cours sous le volcan, elle ne change en rien le niveau de risque volcanique du Mauna Kea. Si une éruption devait être imminente, les scientifiques de l’USGS pensent que l’ouverture d’un nouveau conduit d’alimentation s’accompagnerait d’essaims sismiques à faible profondeur pour avertir à l’avance d’une activité éruptive imminente.
Les séismes profonds qui ont été détectés par les scientifiques de l’USGS confirment que le Mauna Kea reste un volcan potentiellement actif.
Source: USGS, HVO, AVO.

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Mauna Kea volcano hasn’t erupted in over 4,500 years, but that doesn’t mean it is quiet. In fact, for decades it has been hiding one of the most unique seismic signals seen at any volcano.

Several years ago, USGS seismologists were trying out a new method to track seismicity at Kilauea Volcano. The method scans 24-hour sections of seismometer data looking for signal similarity on many instruments. Out of curiosity, they decided to look at the rest of the Island of Hawaii to see what else they might find. What they found came as a surprise. A study published in the journal Science in May 2020 describes how they detected deep earthquakes beneath Mauna Kea that repeat every 7 to 12 minutes. Noise in the seismic records from wind and nearby cars, together with the small size of the individual earthquakes (magnitude M 1.5), had prevented these earthquakes from being detected with the regular earthquake detection system.

The small, repeating earthquakes occur at depths of about 15-25 km directly beneath Mauna Kea’s summit and happen every 7 to 12 minutes with surprising regularity. Furthermore, the repeating events can be detected going back to at least 1999, but it is very likely that the repeating earthquakes were occurring even further back in time.

Scientists were initially cautious about interpreting the earthquakes due to volcanic processes because the regularity seemed man-made. It took a long period of investigation to rule out all of the possibilities, such as activity at the Pohakuloa Training Area or road construction.

One clue to the origin of the repeating, deep Mauna Kea earthquakes is that their seismic waves look different from those of ordinary earthquakes. Where regular earthquakes produce more high frequency shaking, the Mauna Kea events are more drawn out, containing lower frequencies. This means that regular slip on a fault is not responsible for the deep Mauna Kea events.

Low-frequency earthquakes are not unusual at volcanoes, but there is no other example of this kind of repetition or longevity anywhere in the world. Ultimately, over 1 million earthquakes were found from 1999 to 2018. Summing the energy release of the earthquakes gives a total that is equivalent to an M 3.0 earthquake under Mauna Kea every day. Adding together the signals of thousands of these earthquakes allows the waveform to be examined in greater detail, and the results suggest the events are caused by the movement of fluids above a deep magma chamber. As the fluids ascend, they enter a crack that is sealed at the top. The continuous flow of fluid pressurizes the crack, eventually breaking the top seal and creating the earthquake. The crack then reseals, and everything starts over again.

The question is to know where these fluids come from. The source of the fluid dupply is likely magmatic gases that behave like fluids when they are deep within the Earth’s crust. These gases separate from the magma as it cools. Large magma bodies cool over hundreds to thousands of years, so this process provides a long-term, nearly continuous supply of fluids to repeatedly drive deep earthquakes beneath Mauna Kea.

Under this interpretation, the fluids are produced from magma cooling in place. There is no evidence that magma is rising under Mauna Kea. So while this study provides important insight into processes beneath the volcano, it does not change estimates of volcanic hazard at Mauna Kea. USGS scientists expect any opening of a new conduit will be accompanied by swarms of shallow earthquakes to provide advanced warning of impending eruptive activity.

The earthquakes nonetheless underscore that Mauna Kea is classified as an active volcano.

Source : USGS, HVO, AVO.

Photos: C. Grandpey