White Island (Nouvelle Zélande): Et maintenant? // What next ?

Si les conditions météo le permettent, les plongeurs tenteront une nouvelle fois de rechercher les deux personnes disparues qui sont probablement quelque part dans l’océan au large de White Island.
Il convient de noter que le niveau d’alerte volcanique de White Island est actuellement à 2, sur une échelle de 5. Il s’agit du même niveau que le jour de l’éruption. Un visiteur de mon blog m’a demandé si une autre éruption similaire pourrait avoir lieu. Bien sûr, je ne sais pas. Les observations de différents volcans où des éruptions phréatiques se sont produites ont tendance à montrer que de nouvelles éruptions aussi violentes ne se produisent pas dans le court terme. Un peu comme des répliques des séismes, si d’autres événements interviennent, leur intensité est inférieure à la première explosion. Le plus grand risque réside dans les nuages ​​de gaz toxiques que le volcan continue d’émettre après l’éruption. C’est la raison pour laquelle les sauveteurs qui ont opéré sur White Island sont soumis à une décontamination une fois leur travail terminé.

Comme je l’ai indiqué précédemment, maintenant que l’émotion de la catastrophe s’estompe, une triple question se pose: 1) Des touristes auraient-ils dû être autorisés à pénétrer sur l’un des volcans les plus actifs de Nouvelle-Zélande ? 2) Les touristes doivent-ils être autorisés à pénétrer de nouveau sur ce volcan? 3) Y a-t-il eu une omission dans la gestion de l’événement qui a fait obstacle à la sécurité des victimes?
L’enquête décidera si des accusations doivent être portées contre des personnes qui auraient enfreint la loi néo-zélandaise sur la santé et la sécurité au travail (voir ma note du 14 décembre). De la même façon, les voyagistes qui ont conduit les touristes sur ce volcan actif lors de son éruption, mais aussi les compagnies de croisière et les propriétaires du site pourraient également faire l’objet d’une enquête. En effet, beaucoup de touristes étaient des passagers du paquebot Ovation of the Seas et l’île appartient à une famille d’Auckland qui vend des autorisations d’accès au volcan à quatre agences de voyages.

Cinq millions de dollars néo-zélandais ont été provisionnés pour venir en aide aux commerces de la région de Whakatane, ainsi que celles de la côte ouest de l’Ile du Sud qui ont été affectées par des inondations il y a quelques jours. Whakatane se trouve dans la région économiquement pauvre de la Bay of Plenty. La ville a longtemps été tributaire de l’activité touristique  à White Island pour survivre.

La Première Ministre néo-zélandaise a déclaré qu’il ne lui appartenait pas de dire si White Island serait rouverte au tourisme tant que l’enquête ne serait pas terminée. Cependant, on peut raisonnablement penser que les visiteurs n’entreront pas de si tôt dans le cratère, même si le tourisme de masse apporte des revenus considérables.  Comme je l’ai déjà écrit, l’enquête sera longue et rien ne pourra probablement être décidé tant qu’elle ne sera pas close.

Source: presse néo-zélandaise et britannique.

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Weather permitting, divers will perform more attempts to look for the remaining two persons who are believed to be in the ocean off White Island.

It should be noted that White Island’s volcanic alert level is currently at 2, on a scale of 5. This is the same level of risk as the day it erupted. A visitor of my blog asked me if another similar eruption might take place. Of course, I do not know. Observations at different volcanoes where phreatic eruptions occurred tend to show that other powerful eruptions do not happen in the short term. A bit like aftershocks with earthquakes, if other events do take place, their intensity is lower than the first explosion. The greatest risk lies with the noxious gas clouds the volcano keeps emitting after the eruption. This is the reason why the rescuers at White Island undergo a decontaminating operation once their job is over.

As I put is before, now that the emotion of the disaster is fading, a triple question is being asked :  1) Should tourists have been allowed on one of New Zealand’s most active volcanoes. 2) Should tourists be allowed again on the volcano?  3) Did anyone fail to do anything that could have kept the victims safe?

The inquiry will decide whether charges should be brought against any individuals who are found to have violated New Zealand’s workplace health and safety laws (see my post of December 14th). As well as the tour operators who took the visitors to the active volcano when it erupted, cruise ship companies and landowners could also come under scrutiny. Indeed, many of the tourists were passengers on the cruise ship Ovation of the Seas. The island is owned privately by a family from Auckland, who sold leases to four tourism operators.

Five million NZ dollars have been set aside to help support small businesses in the Whakatane area, as well as those on the West Coast of the South Island who were cut off by flooding a few days ago. Whakatane lies in a poor region of the Bay of Plenty from an economic point of view. It has long been reliant on the tourist draw of White Island as an anchor for its economic survival.

The NZ prime minister said it was not for her to say whether White Island would be reopened for tour groups in the year that the inquiry would take to complete. However, it is likely that tourists will not enter soon the White Island crater, despite the revenues brought by mass tourism. As I put it before, the investigation will be long and nothing can be decide as long as it is not over.

Source: New Zealand and British press.

Source: Helicopter Rescue Trust

2 réflexions au sujet de « White Island (Nouvelle Zélande): Et maintenant? // What next ? »

  1. Bonjour Claude,

    un de tes précédents billets fait état d’une lueur rouge dans le cratère. C’est donc que le magma n’est pas loin et que cette éruption phréatique ne s’est pas produite dans des conditions similaires à celles de l’éruption de la Soufrière de la Guadeloupe de 1976 qui a pesé si lourdement sur la politique de la recherche française. A la Soufrière, Tazieff et ses équipiers avaient démontré que le magma se trouvait à plus de cinq kilomètres sous la surface, ce que l’IPGP, par Claude Allègre qui la dirigeait, refusait d’admettre en dépit des observations. Les foyers des séismes se trouvant à 5 km, le magma se trouvait forcément plus bas. Sait-on comment le volcan de White Island est surveillé ?

    Frédéric.

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    1. Bonjour Frédéric,
      D’après GNS Science, le magma se trouve très près de la surface. Selon moi, on n’est pas très loin de l’éruption phréato-magmatique. Les analyses à venir diront si du magma a été impliqué dans l’éruption du 9 décembre.
      Comme tu le dis, l’événement de la Soufrière en 1976 était uniquement phréatique. Allègre avait menti en disant qu’il y avait des matériaux juvéniles.

      C’est GNS Science qui assure la surveillance de White Island. Ils ont deux sismos sur l’île et 3 webcams. Deux ont été détruites par la dernière éruption. Les prélèvements de gaz se font habituellement sur le terrain mais ça craint trop en ce moment et ils se font depuis les airs, en sachant que ces mesures sont moins précises. Il y a également une caméra thermique à bord de l’hélico. Le GNS reçoit quotidiennement des observations du SO2 par satellite. Il y a deux stations GPS sur le volcan pour surveiller les déformations. Une collaboration existe avec le MetService pour détecter les cendres dans l’atmosphère.
      Le volcan est donc bien surveillé, mais ça ne sert pas à grand-chose dans le cas d’une éruption phréatique. Des scientifiques auraient pu se faire tuer eux aussi s’ils avaient été dans le cratère au mauvais moment.

      Bien à toi,
      Claude

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