Sismicité étrange au large de l’Orégon (Etats Unis)

1475806114.7.jpgCe week-end, des scientifiques vont prendre la mer pour essayer de connaître la cause d’un essaim sismique qui a secoué le plancher de l’Océan Pacifique au large des côtes de l’Orégon ces dernières semaines.
Quelque 600 secousses ont été enregistrées dans une petite région à 350 km au large de Yachats. La plupart des événements étaient discrets, d’une magnitude de 2 ou3 ; seuls quelques uns atteignaient M 4 ou 5. Les secousses ne menacent pas les zones habitées, mais elles se produisent dans une zone où elles n’ont pas lieu d’être. Elle fait en effet partie de la plaque tectonique de Juan de Fuca dont la bordure sud vient frotter contre la plaque Pacifique. Cette zone est le siège de fréquents séismes (comme c’est le cas pour la faille de San Andreas), mais les derniers séismes ont été enregistrés à près de 60 km au nord de cette limite de plaques, ce qui est tout à fait anormal.
Un autre phénomène qui intrigue les scientifiques est la présence d’« essaims » sismiques qui ne sont pas censés se produire dans cette région où l’on relève d’habitude des secousses et des répliques. De tels essaims sont le plus souvent associés à une activité volcanique. Dans le cas présent, ils pourraient correspondre à une libération d’énergie au cœur de la plaque tectonique de Juan de Fuca.
Pendant les trois jours de recherche prévus, les scientifiques s’attendent à trouver de la lave en train de sortir du plancher de l’océan, ou bien des sources chaudes. Ils pourraient aussi observer de l’eau plus froide en train de sortir de la croûte terrestre sous la pression des forces tectoniques.
Très humblement, les chercheurs reconnaissent que ces événements montrent tout le travail qu’il reste à faire en matière de tectonique en zone océanique. Tout d’abord, la zone concernée n’a jamais été cartographiée et on n’en connaît donc pas la topographie. Les séismes ont été détectés par le réseau d’hydrophones SOSUS mis en place par les Américains pendant la Guerre Froide pour détecter la présence de sous-marins soviétiques.
Comme le faisait remarquer récemment – et à juste titre – le biologiste marin Laurent Ballesta dans l’émission de Nicolas Hulot Ushuaia Nature, nous connaissons la topographie de la lune et d’autres planètes et nous ignorons pratiquement tout de la morphologie du fond de nos océans.
Source : Oregon State University.

993348610.3.jpgThis weekend scientists will take to the water to try to find out the cause of a « swarm » of mysterious earthquakes that has shaken the Pacific Ocean seafloor near Oregon in recent weeks.
About 600 earthquakes have been recorded in a small region about 350 kilometres offshore from Yachats. Most of the temblors were small, about magnitude 2 or 3, although a few were magnitude 4 or 5. The earthquakes pose no threat to coastal residents but they are occurring in a zone in which earthquake activity is not expected. The area, which measures about 55 kilometres across, is part of the Juan de Fuca tectonic plate, whose southern edge grinds against the Pacific Plate in a boundary similar to California’s San Andreas Fault. That boundary is a zone of frequent earthquakes, but the recent earthquakes have been occurring 30 nautical miles north, where the fault may not be involved.
Another odd aspect is that these earthquakes are showing a swarm-like behaviour. Typically, on a fault, there is a main shock and then smaller aftershocks. Earthquake swarms normally indicate volcanic activity. But they could represent stresses being released in an unusual manner in the middle section of the Juan de Fuca plate.
The three-day research cruise may solve some of these puzzles. The scientists say they may find lava oozing out onto the seafloor or hot water undersea hot springs. They could also come across colder water squeezed out of the underlying crust by tectonic forces.
All of this, the scientists say, is an example of how much we still have to learn about ocean tectonics. To begin with, the area isn’t even well mapped. Scientists don’t really know what the topography looks like in this area. Too small to be studied by distant, land-based seismometers, the earthquakes were found by underwater microphones in a network called SOSUS, built by the U.S. Navy during the Cold War to monitor Soviet submarines.
As marine biologist Laurent Ballesta recently said it during Nicolas Hulot’s TV programme Ushuaia Nature, we perfectly know the topography of the moon and other planets but we hardly know the morphology of the bottom of our own oceans.
Source: Oregon State University.