Cyclones, typhons, ouragans et éruptions volcaniques // Cyclones, typhoons, hurricanes and volcanic eruptions

Ces dernières semaines, des cyclones et des ouragans ont frappé plusieurs régions du monde, laissant derrière eux leur lot de mort et de destruction. Certains de ces événements extrêmes se sont produits dans des pays où des volcans actifs sont présents, comme Hawaii et les Philippines. Le site Forbes pose la question suivante: Que se passe-t-il lorsqu’un ouragan frappe un volcan actif? Selon ce site, la réponse est que les conséquences peuvent être catastrophiques ou négligeables, ou entre les deux. J’ajouterai que la différence dépend du type de lave émise par les volcans: coulées de basalte qui durcit rapidement comme à Hawaii, ou cendre qui se dépose en épiasses couches comme en Indonésie ou aux Philippines.
Le premier point à noter est que les ouragans ou les typhons n’affectent pas le processus volcanique. L’éruption se poursuit même dans des conditions très défavorables. Il semblerait que les fluctuations de la pression atmosphérique n’affectent pas le comportement de puissants volcans comme le Mauna Loa. C’est ce que m’a fait remarquer Haroun Tazieff lorsque j’étudiais le phénomène sur le Stromboli en Sicile.
La plupart des ouragans qui ont frappé Hawaii l’ont fait au moment où le Kilauea était en éruption. Lorsque les fortes pluies s’abattent sur la Grande Ile pendant un ouragan, on peut observer des nuages ​​de vapeur denses sur les sites où la pluie ou l’eau de ruissellement rencontrent de la lave, mais l’éruption proprement dite se poursuit et l’ouragan ne l’affecte pas vraiment. La lave continue à couler comme si rien de spécial ne s’était passé dans le ciel.
Au pire, on remarque que la taille imposante de volumineux édifices volcaniques comme le Mauna Loa et le Mauna Kea leur permet de contrarier la circulation des ouragans qui passent à proximité. Le Mauna Loa n’a pas la capacité d’arrêter un ouragan, mais il contribue probablement à affaiblir les plus forts et à fortement perturber les plus faibles. Ce comportement protège dans une certaine mesure les autres îles hawaïennes et leur population.

L’impact des cyclones ou des typhons est différent dans les pays où les volcans explosifs émettent d’énormes quantités de cendre. La plupart d’entre eux se dressent autour de la Ceinture de Feu du Pacifique. Le Pinatubo est entré en éruption au moment où le typhon Yunya (de catégorie 3) frappait les Philippines en 1991. Les cendres émises par le volcan se sont mélangées à la pluie pour former des lahars. Lorsque de grandes quantités de pluie tombent sur des coulées pyroclastiques récentes, cela peut provoquer ou intensifier les lahars. Les coulées pyroclastiques peuvent également envahir le lit des rivières et autres voies d’écoulement des eaux, ce qui provoque des inondations. Comme les accumulations de cendre sont relativement instables, ces barrages peuvent se rompre et provoquer des inondations soudaine en aval, même après la période de pluie.

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In recent weeks, cyclones and hurricanes has struck several parts of the world, leaving behind them a trail of death and devastation. Some of these extreme events have occurred in countries where active volcanoes are present, like Hawaii and the Philippines. The website Forbes asks the question: What happens when a hurricane hits an active volcano? The answer is that results can be catastrophic or negligible or anything in between. I would add that the difference depends on the kind of lava emitted by volcanoes: flows of basalt that get hard rapidly like in Hawaii, or ash that accumulates in thick layers like in Indonesia or the Philippines.

The first point to notice is that hurricanes or typhoons do not affect the volcanic process. The eruption goes on even in very adverse conditions. It seems the fluctuations in atmospheric pressure do not affect the behaviour of powerful volcanoes like Mauna Loa, as Haroun Tazieff told me when I was studying the phenomenon in Stromboli volcano in Sicily.

Most hurricanes that have struck Hawaii have done so while Kilauea volcano was erupting. When the heavy rains pour on the Big Island during a hurricane, one can observe dense clouds of steam where rain or flowing water encounter lava, but the eruption itself goes on like before and the hurricane does not really affect it. Lava keeps flowing as if nothing special happened in the skies.

At most, the size of huge volcanic edifices like Mauna Loa and Mauna Kea allows them to interfere with the circulation of nearby hurricanes. Mauna Loa is not quite a hurricane killer, but it certainly helps weaken the strong ones and scramble the weak ones. This effect helps protect the rest of the inhabited Hawaiian islands to some extent.

The consequence of hurricanes or typhoons is different in areas where explosive volcanoes emit huge quantities of ash. Most of them are located around the Pacific Ring of Fire. Mount Pinatubo erupted at the same time that typhoon Yunya (Cat 3) struck the Philippines in 1991. The ash emitted by the volcano mixed with rain to form lahars. Large amounts of rain falling onto fresh pyroclastic flows can cause or enhance lahars. Pyroclastic flows can also dam rivers and other drainage paths, resulting in flooding. Since fresh piles of ash and dust are not very strong, these dams may then break apart, causing sudden flooding downstream, even after the rain has passed.

Lave basaltique à Hawaii

Dépôts de lahar à la Martinique

(Photos: C. Grandpey)

Quand la presse déforme la vérité… // When newspapers distort the truth…

Au cours des dernières semaines, on a pu lire dans la presse un certain nombre d’articles affirmant que le Katla était sur le point d’entrer en éruption en Islande. Selon ces articles, en particulier celui publié dans le Sunday Times, le Katla – «volcan extrêmement dangereux» – émettait une énorme quantité de dioxyde de carbone, signe évident que la chambre magmatique était en phase de remplissage, ce qui annonçait une éruption de grande ampleur. Tout cela était faux! Lorsque ce genre d’article a été publié, j’ai exprimé des doutes quant à son contenu et déclaré que personne ne savait quand le Katla entrerait en éruption.
Les articles de presse avaient été inspirés par une étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters dans lequel une scientifique de l’Université de Leeds et ses collègues faisaient état de la quantité de CO2 émise par le Katla. Les mesures ont montré que les émissions étaient extrêmement élevées et que d’autres volcans comme le Katla devraient être pris en compte dans le cadre plus large des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. L’étude scientifique n’a jamais mentionné le risque d’une éruption à court terme, mais l’article du Sunday Times ne s’est pas privé de l’annoncer haut et fort! Le journal a affirmé que les résultats de l’étude montraient que le volcan allait «entrer en éruption» et qu’une telle éruption éclipserait celle d’Eyjafjallajökull en 2010.
Ces affirmations à propos du Katla ont été reprises par des agences de presse dans le monde entier. La scientifique de l’Université de Leeds qui a piloté l’étude a envoyé une série de tweets dénonçant les articles «alarmistes» qui désinformaient les lecteurs. Elle a rappelé qu’elle avait explicitement déclaré que les chercheurs n’étaient pas en mesure de dire si le Katla allait entrer en éruption, et que la perturbation du trafic aérien en cas d’éruption ne risquait pas d’être aussi grave qu’en 2010. Elle a accusé le journal britannique de «mentir à ses lecteurs». Les scientifiques ont déclaré qu’ils ne savaient pas quand Katla entrerait en éruption car ils ne savent pas non plus prévoir quand les volcans entreront en éruption dans le monde.
Cette affaire met bien en lumière les difficultés rencontrées par les scientifiques qui souhaitent partager leurs recherches, mais qui se heurtent à des journaux qui cherchent avant tout à attirer les lecteurs.
Source: Newsweek.

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Over the past weeks, a stream of articles claiming that Katla Volcano was about to erupt in Iceland were published. According to articles in the press, especially in the Sunday Times, the “highly hazardous” Katla volcano was releasing a huge amount of carbon dioxide, a clear indication that the magma chamber was filling up, and this was evidence of an imminent, massive eruption. This was simply not true! When the articles were published, I expressed doubts about their contents and said that nobody knew when Katla would erupt.

The press articles were prompted by an article published in the journal Geophysical Research Letters, in which a scientist from the University of Leeds, and her colleagues assessed the amount of CO2 being released from Katla. Findings showed emissions were extremely high—so much so that it, and other volcanoes like it, should be considered in the wider picture of CO2 emissions globally. It never mentioned the risk of a short-term eruption, but the Sunday Times’article did! The newspaper claimed the findings suggested that the volcano was “about to erupt” and that such an eruption would dwarf the one at Eyjafjallajökull in 2010.

The Katla story was picked up by news agencies worldwide, and soon afterward the Leeds University scientist sent out a string of tweets criticizing the “scaremongering” articles that misinformed readers. She reminded that she said explicitly that the researchers were not in a position to say whether or not Katla was ready to erupt; and that air traffic disruption in case of an eruption is unlikely to be as serious as in 2010. She accused the British newspaper of “lying to the readers.” Scientists do not know when Katla will erupt next, as they cannot predict when volcanoes around the world will erupt.

The case highlights the problems faced by scientists wishing to share their research, and newspapers looking to attract readers.

Source: Newsweek.

Le Katla vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Hawaii: Tout est calme sur la Lower East Rift Zone du Kilauea

Un survol effectué par Paradise Helicopters le 20 septembre 2018 a permis d’observer la Lower East East Rift Zone du Kilauea. Les passagers de l’appareil ont pu constaters qu’il n’y avait aucune lave active au fond de la Fracture n° 8, pas même d’incandescence.

À l’exception des bordures de fractures qui ont été actives pendant l’éruption, la zone des Leilani Estates commence à reverdir. Les bouches qui se trouvent à proximité continuent d’émettre de la vapeur, mais il n’y a pas de lave active le long de la ligne de fractures ou ailleurs sur le champ de lave.
Un volumineux banc de sable barre toujours l’entrée de Pohoiki. Plusieurs plages de sable noir sont apparues de part et d’autres de l’entrée en mer qui existait à Mackenzie. Sous réserve de financement, les autorités ont promis de remettre en état la route actuellement recouverte par la lave et qui donne accès à Isaac Hale Beach Park.

La pièce d’eau qui était apparue à Kapoho à proximité de l’océan semble avoir disparu et est remplacée par du sable.
Cela fait maintenant six semaines que l’éruption a cessé, ou a fait une pause, comme se plaisent à le dire les scientifiques, et Pelé, la déesse du feu hawaiien, ne montre aucune envie de la réactiver.

Source: Big Island Now.

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An overflight performed by Paradise Helicopters on September 20th allowed to get a good view of Kilauea’s Lower East Rift Zone. The passengers couls have a clear look within Fissure 8 and saw zero lava, not even a small glow.

Except for very near the fissures that have been active, the area of the Leilani Estates is starting to get green again. Vents nearby continue steaming steadily, but there is no active lava along the line of fissures or anywhere else on the flow field.

A huge sand bar persists at Pohoiki. Several black sand beaches have popped up on both sides of the initial ocean entry at Mackenzie. Provided they get the money to do it, authorities have promised to rebuild the road covered by the flow nearby to give access to Isaac Hale Beach Park.

The Kapoho pond formed near the ocean to the north has now filled in with sand.

It is now six weeks since the eruption went into a pause, or lull, as scientists call it. However, Pele, the goddess of fire, is showing no signs of reactivation.

Source: Big Island Now.

Aucune lave active au fond de la Fracture n° 8 (Crédit photo: USGS / HVO)