Öræfajökull (Islande / Iceland): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Alors que certains commençaient à parier sur une éventuelle éruption du Bardarbunga, un nouveau ‘chaudron’ de glace s’est formé cette semaine dans la caldeira du volcan Öræfajökull et a incité le Bureau Météorologique islandais (OMI) à élever au JAUNE la couleur de l’alerte aérienne du volcan le 17 novembre 2017. Le dernier épisode éruptif de l’Öræfajökull a débuté en août 1727 et s’est terminéen mai de la même année.
La dépression qui s’est creusée dans le glacier mesure environ 1 km de diamètre et traduit une augmentation récente de l’activité géothermale dans la caldeira.
L’OMI a également enregistré une augmentation de l’activité sismique au cours des derniers mois, mais elle est restéefaible ces derniers jours.
Malgré la hausse du niveau d’alerte, il n’y a actuellement aucun signe d’éruption imminente.
L’Öraefajökull, le plus haut sommet d’Islande, est un volcan recouvert par un glaciersitué dans la partie SE de la calotte glaciaire du Vatnajökull.

Source: IMO.

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While some persons were beginning to bet on a possible eruption of Bardarbunga Volcano, a new ice-cauldron that formed this week within the Öræfajökull volcano caldera prompted the Icelandic Meteorological Office (IMO) to raise the aviation colour code for the volcano to Yellow on Novemver 17th 2017. The last eruptive episode of Öræfajökull started in August 1727 and ended in May of that same year.
The cauldron is about 1 km in diameter and it reflects a recent increase in geothermal activity within the caldera.
The IMO has also registered an increase in the seismic activity in the last few months, but it has been low for the past days.
Despite the increase in the alert level, there are currently no signs of an imminent eruption.
Öraefajökull, Iceland’s highest peak, is a broad glacier-clad central volcano at the SE end of the Vatnajökull icecap.

Source: IMO.

La source de Lusi, le volcan de boue ? // The source of the Lusi mud volcano ?

On en parle très peu aujourd’hui, mais plus de dix ans après le début de la catastrophe, le volcan de boue indonésien Lusi déverse toujours des flots de boue sur l’île indonésienne de Java. Au pire moment, Lusi vomissait 170 000 mètres cubes de boue par jour. Certains villages ont été ensevelis sous 40 mètres de fange. Quelque 60 000 personnes ont dû abandonner leurs maisons et 13 ont été tuées.
Une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research de l’American Geophysical Union affirme que la source de ce déversement incessant de boue a été trouvée. Une équipe de chercheurs norvégiens, suisses et indonésiens explique que le volcan de boue n’a pas cessé son activité parce qu’il est relié à un système volcanique qui se trouve à proximité.
La compréhension du fonctionnement de Lusi serait d’un grand intérêt pour les volcanologues. En effet, d’un point de vue géologique, Lusi est un phénomène très récent qui peut permettre de comprendre comment évoluent les volcans, les systèmes hydrothermaux et les geysers.
Les volcans de boue et ceux qui émettent de la lave se trouvent souvent dans les zones de subduction, et l’Indonésie en fait partie. S’agissant des volcans qui émettent de la lave, le magma à très haute température monte constamment vers la surface et permet aux volcans de la région de demeurer actifs. Inversement, les volcans de boue se forment généralement lorsque des gaz tels que le méthane et le dioxyde de carbone s’accumulent en créant une pression qui se libère violemment. Selon la nouvelle étude, Lusi est à la fois un volcan de boue et un système hydrothermal, autrement dit une formation géologique qui libère du gaz.

Les chercheurs pensent que le complexe volcanique d’Arjuno-Welirang, une chaîne volcanique à l’est de Java, est responsable de la naissance de Lusi. En effet, les échantillons de gaz expulsés par ce dernier sont similaires aux éléments chimiques que l’on observe généralement dans le magma. L’étude explique que pendant des années avant l’éruption, le magma du complexe volcanique Arjuno-Welirang a «cuit» les sédiments sous Lusi en générant une pression continue.
Le lien entre Lusi et Arjuno-Welirang a également été démontré par l’utilisation de la tomographie qui permet d’imager des structures tridimensionnelles. Les chercheurs ont disposé 31 sismomètres et ont découvert que, dans la chambre magmatique la plus au nord du complexe Arjuno-Welirang, il y a un tunnel qui alimente le bassin sédimentaire de Lusi.
La nouvelle étude a toutefois été critiquée par d’autres chercheurs qui pensent que les données ne montrent pas suffisamment que le tunnel d’Arjuno-Welirang est lié à Lusi. Ils font également remarquer que l’étude ne compare pas ses résultats aux images à résolution beaucoup plus élevée proposées par les analyses sismiques en 2D de l’industrie pétrolière. Ils ajoutent que des études supplémentaires auraient pu être effectuées pour comparer et valider les résultats, ce qui est recommandé en tomographie car cette technologie est fréquemment source d’erreurs.
La cause de la coulée de boue dévastatrice a été l’objet de nombreux débats au cours de la dernière décennie. Les scientifiques sont assez d’accord pour dire que toute cette pression a été générée par l’activité sismique, mais il n’y a pas de consensus sur l’origine exacte de cette activité. Une étude publiée en 2007 a prétendu que l’éruption du volcan de boue a été causée par un puits de gaz exploratoire qui a perforé des roches à 2 800 mètres sous la surface. Une autre étude indique qu’un séisme de magnitude M 6.3 survenu à plusieurs kilomètres de là, quelques jours avant Lusi, près de la ville de Yogykarta, a provoqué la catastrophe.
Quelle que soit la cause exacte, de nombreuses études montrent que le volcan de boue Lusi a encore de beaux jours devant lui.

Source: Presse scientifique américaine.

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Very little is said today about it, but more than ten years after the disaster started, Indonesian mud volcano Lusi is still spewing rivers of mud on the Indonesian island of Java. At its peak, the region was churning out over 170,000 cubic metres of mud every day. Some villages have been buried in as much as 40 metres of mud. Some 60,000 people have had to abandon their homes, and 13 people have been killed.

A study, published in the American Geophysical Union’s Journal of Geophysical Research, affirms that the source of this relentless flow of mud has been found. A team of researchers from Norway, Switzerland, and Indonesia say the mud volcano has not stopped oozing because it is connected to a nearby volcanic system.

Understanding how Lusi happened can tell volcanologists quite a lot. In terms of geological formations, Lusi is a new-born phenomenon, and thus allows scientists to understand how systems like volcanoes, hydrothermal vents, and geysers evolve.

Mud volcanoes and igneous volcanoes often both appear in subduction zones and Indonesia is one of them. As a consequence, hot magma is constantly rising to the surface and keeping the region’s volcanoes active. Conversely, mud volcanoes typically form when gases such as methane and carbon dioxide build up pressure that is released violently. According to the new study, Lusi is both a mud volcano and a hydrothermal vent, a geological formation that releases gas.

Researchers say the Arjuno-Welirang volcanic complex, a string of volcanoes in East Java, is to blame. Indeed, samples of the gas expelled by Lusi were similar to chemicals typically found in magma. The study explains that for years before the eruption, magma from Arjuno-Welirang had been « baking » the sediment lying under Lusi and continuously building pressure.

Connections between Lusi and Arjuno-Welirang were also made by the researchers’ use of tomography which allows to image three dimensional structures. Researchers laid out 31 seismometers and found that in the northernmost magma chamber of Arjuno-Welirang, there is a tunnel that feeds Lusi’s sediment basin.

The new study has criticisms from researchers who do not believe the data sufficiently shows the Arjuno-Welirang tunnel is linked to Lusi. These say the study does not compare its results to the far higher resolution images available from 2D petroleum industry reflection seismic surveys. They add that the additional surveys could have been used to compare and validate results, which is a useful tool in tomography because it can frequently produce errors.

Exactly how the dangerous mudflow began has been debated heavily in the past decade. Scientists are pretty united in saying all this pressure was generated by seismic activity, but there is not a consensus on the exact origin of this activity.

One study released in 2007 claimed the deadly eruption was caused by an exploratory gas well that punctured rock 2,800 metres below the surface. Another study suggests that an M 6.3 earthquake that occurred several days prior kilometres away from Lusi near the city of Yogykarta triggered the mud disaster.

Regardless of the exact cause, many studies show that Lusi shows no indication of stopping any time soon.

Source : U.S. scientific press.

Lusi: un désastre environnemental  (Crédit photo: Wikipedia)

Le vandalisme atteint la Vallée de la Mort (Californie) // Vandalism reaches the Death Valley (California)

Les employés du Parc National de la Vallée de la Mort ont dû dérouler 180 mètres de tuyau pour effacer les graffitis – de grosses lettres et des symboles – laissés par des vandales à la fin du mois d’octobre au fond de l’Ubehebe Crater, dans la partie nord du Parc.
Après avoir reçu des plaintes de visiteurs au sujet des graffitis, le Parc a envoyé un camion-citerne et une équipe de sept employés pour une opération de nettoyage dans le cratère.
L’équipe de nettoyage a tiré un tuyau depuis un camion-citerne jusqu’au fond du cratère où les ouvriers ont arrosé le sol, permettant à la surface de retrouver sa couleur et son apparence initiales. Les marques auraient probablement été effacées par les prochaines pluies, mais cela peut prendre du temps dans la Vallée de la Mort. Les employés du Parc auraient aussi pu ratisser les graffitis, mais cela aurait pu ouvrir la voie à des plantes invasives.
La Vallée de la Mort a connu une série de vols et de vandalisme ces dernières années, notamment des visiteurs qui ont pénétré illégalement avec leurs véhicules sur la surface de sel du Badwater Basin, le point le plus bas de la Vallée. D’autres ont ‘décoré’ des roches dans le cadre de projets artistiques non autorisés et volé des objets d’art indiens et des empreintes fossilisées laissées par des animaux préhistoriques.
Les responsables du Parc rappellent que le cratère de l’Ubehebe est considéré comme sacré par la tribu Timbisha Shoshone et il est souvent visité par les scientifiques qui viennent y étudier le volcanisme et comparer les échantillons de sol et de roches collectés par les rovers sur la planète Mars.
Source: Las Vegas Review Journal.

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National Park Service employees had to roll out about 180 metres of hose to erase the latest graffiti at Death Valley. Sometime in late October, vandals scratched large letters and symbols into the mud bottom of Ubehebe Crater, at the northern end of the National Park.

After fielding complaints from visitors about the graffiti, the Park dispatched a water tanker and team of seven park employees to the crater.

The cleanup crew ran a hose from the tanker to the bottom of the active volcano and soaked the scars in the dried mud, allowing the surface to return to its natural color and appearance. The marks would likely have been erased by the next significant rainfall, but that can be a long wait in Death Valley. Park employees could have raked away the graffiti, but that could have opened the ground to invasion by nonnative weeds.

Death Valley has seen a rash of theft and vandalism in recent years, including visitors illegally driving on the salt pan at Badwater Basin, decorating rocks as part of unauthorized art projects in the park and stealing Indian artifacts and fossilized footprints left by prehistoric animals.

According to park officials, Ubehebe Crater is considered sacred to the Timbisha Shoshone tribe and important to scientists studying everything from volcanism to soil and rock samples collected by rovers on Mars.

Source : Las Vegas Review Journal.

Cratère de l’Ubehebe (Photo: C. Grandpey)

Vers un réveil du Bárðarbunga (Islande)? // Is Bárðarbunga going to wake up in Iceland ?

Le Bárðarbunga, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, sous la partie nord-ouest du glacier Vatnajökull, a montré récemment plusieurs hausses de l’activité sismique qui ont inquiété les volcanologues islandais. Cette sismicité s’est accompagnée d’une intensification inhabituelle de l’activité géothermale sous la partie nord-ouest du Vatnajökull. Depuis plusieurs semaines, la Jökulsá á Fjöllum, le cours d’eau qui évacue l’eau de fonte de la bordure nord-ouest du glacier, montre des signes d’une hausse de l’activité géothermale sous le glacier, avec une augmentation de la conductivité électrique, une couleur rougeâtre et une forte odeur de soufre.
La semaine dernière, les scientifiques pensaient que les changements d’activité dans les montagnes de Kverkfjöll, un site d’activité géothermale bien connu, étaient à l’origine du pic de conductivité électrique dans la Jökulsá á Fjöllum. Cependant, le dernier bulletin du Bureau Météorologique Islandais (OMI) aboutit à une conclusion très différente: selon le Bureau, le volcan Bárðarbunga est très probablement responsable de cette situation.
Le mauvais temps sur le glacier Vatnajökull a d’abord empêché les scientifiques de monter une expédition pour apprécier la situation. Ils ont pu survoler la zone concernée pour la première fois au cours du week-end dernier. Les photographies aériennes ne montrent aucun changement d’activité dans les Kverkfjöll. En ce qui concerne Bárðarbunga, les photos montrent un niveau inhabituel d’eau de fonte à la sortie du Dyngjujökull, langue glaciaire qui recouvre le Bárðarbunga.
Il est important de savoir si la source de l’activité géothermale a sa source sous les Kverkfjöll ou au niveau du Bárðarbunga. Les montagnes de Kverkfjöll sont un ancien système volcanique connu pour son activité géothermale intense. La dernière éruption majeure dans les Kverkfjöll aurait eu lieu il y a 1300 ans. Les scientifiques pensent également que des éruptions mineures ont pu avoir lieu au cours des derniers siècles, mais la probabilité d’une éruption sur le site des Kverkfjöll est considérée comme très faible.
De son côté, le Bárðarbunga est l’un des volcans les plus actifs d’Islande. Il montre des signes d’activité depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-15. Cette éruption a produit le plus grand champ de lave jamais observé en Islande depuis le 18ème siècle.
Source: Iceland Magazine.

NDLR: Il faut toutefois noter que la récente sismicité observée au niveau du Bárðarbunga était superficielle est était probablement liée à des mouvements de fluides hydrothermaux, comme cela se produit fréquemment en Islande, au niveau du volcan Katla, sur le Myrdasjökull, par exemple. Si elle mérite d’être surveillée attentivement, elle n’annonce pas forcément une éruption à court terme. D’autres paramètres comme le tremor et la chimie des gaz doivent également être pris en compte.

 

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Bárðarbunga, one of Iceland’s most active volcanoes, located beneath the NW part of Vatnajökull, has shown several recent increases in seismic activity which worried Icelandic volcanologists. They were accompanied by an.unusual spike in geothermal activity beneath the northwestern corner of Vatnajökull glacier. For several weeks, Jökulsá á Fjöllum, which carries meltwater from the northwestern edge of the glacier, has been showing signs of increased geothermal activity beneath the glacier, a spike in electrical conductivity, a reddish colour and a strong smell of sulphur.

Last week scientists believed that changes in activity at Kverkfjöll mountains, a well-known geothermal hotspot, were the source of a spike in electrical conductivity in Jökulsá á Fjöllum. However, the latest statement from the Icelandic Meteorological Office (IMO) reaches a very different conclusion: According to thre Office, Bárðarbunga Volcano is most likely to blame.

Bad weather on the Vatnajökull Glacier initially stopped scientists from mounting an expedition to inspect conditions. They were able to fly over the area for the first time during the last weekend. A study of these aerial photographs shows no signs of changing activity at Kverkfjöll. As far as Bárðarbunga is concerned, the photos show unusual levels of meltwater coming from Dyngjujökull outlet glacier which covers Bárðarbunga.

It is important to know whether the source of the geothermal activity is beneath Kverkfjöll or Bárðarbunga. Kverkfjöll mountains are an old volcanic system known for significant and powerful geothermal activity. The last major eruption in Kverkfjöll is believed to have taken place 1300 years ago. Scientists also believe some minor eruptions could have taken place in the past few hundred years, but the likelihood of an eruption in Kverkfjöll is believed to be minimal.

Bárðarbunga, on the other hand, is one of the most active volcanoes in Iceland. The volcano has been showing growing signs of activity since the end of the Holuhraun eruption in 2014-15. This eruption produced the largest lava field ever seen in Iceland since the 18th century.

Source : Iceland Magazine.

Personal remark: It should be noted, however, that the recent seismicity observed at Bárðarbunga was shallow and was probably related to hydrothermal fluid movements, as is frequently the case in Iceland, for example at the Katla volcano on Myrdasjökull. If it deserves to be watched closely, it does not necessarily announce a short-term eruption. Other parameters such as the tremor and gas chemistry also need to be taken into account.

Vue de l’éruption de 2014-2015 (Crédit photo: Wikipedia)