Humeur volcanique…

Depuis le 27 novembre dernier, jour où le niveau d’alerte de l’Agung a de nouveau été élevé à son maximum, les autorités indonésiennes, les volcanologues  (locaux et étrangers) et  – par voie de conséquence – la-presse-qui-sait-tout, annoncent à qui veut l’entendre qu’une éruption de l’Agung est « IMMINENTE »

Si l’on se réfère aux différentes définitions de ce mot dans les dictionnaires, il ressort que l’éruption (selon le Larousse) est  « sur le point de se produire. » D’autres définitions insistent sur « un délai très bref. » D’autres encore y ajoutent une nuance de menace. On qualifierait d’imminent un « événement redouté qui est sur le point d’avoir lieu, qui va arriver dans un futur très proche. »

Ces dernières définitions s’appliquent parfaitement à l’Agung, sauf qu’il faudrait savoir ce que l’on entend par « délai très bref » ou « futur très proche ». Si, comme cela se fait souvent à propos des volcans, on se situe à l’échelle géologique, une éruption imminente pourrait avoir lieu dans quelques années, quelques décennies, voire quelques siècles.

A l’échelle humaine, c’est un peu différent. Quand on annonce le départ imminent d’un train, il s’agit en général de quelques dizaines de secondes sauf si, comme cela se produit de plus en plus souvent sur la ligne Limoges-Paris, la motrice tombe en panne au moment du départ du convoi…

Toujours est-il, se plaçant à l’échelle humaine, que l’éruption imminente (je l’attendais personnellement au bout de quelque heures, en étant tolérant) n’a toujours pas eu lieu ! Certes, on a vu de beaux nuages de cendre fermer les aéroports et perturber le trafic aérien, mais c’est roupie de sansonnet à côté de l’événement majeur annoncé !

Ne fustigeons pas les volcanologues locaux ; on est sur un volcan de la Ceinture de Feu dont les humeurs sont totalement imprévisibles. Envoyons quelques fleurs à la Protection Civile locale qui a su à deux reprises (chaque fois que le niveau d’alerte a été élevé au maximum) appliquer le principe de précaution et mettre à l’abri les populations menacées.

Pour autant, il faudrait arrêter d’utiliser en permanence des termes ronflants. Parler d’une « menace d’éruption » ou de la « possibilité d’une éruption à court terme » aurait été plus nuancé et permis à la population de comprendre tout aussi bien le danger. Pourquoi ameuter les foules inutilement ? Le sensationnalisme est dans l’air du temps, mais son abus est tout de même un peu gênant, voire très désagréable !

Webcam VSI

Le plus haut volcan du monde (suite) // The highest volcano in the world (continued)

Une foule de 3 000 personnes s’est rassemblée dimanche après-midi à Portland (Oregon) sur le parvis de l’OMSI pour assister à l’éruption d’un volcan de 10,2 mètres de hauteur dans le cadre de la tentative de battre le record du monde Guinness du plus grand volcan réalisé avec du bicarbonate de soude et du vinaigre. Un liquide rougeâtre a giclé au sommet de la structure recouverte d’une bâche (voir photo ci-dessous).
Il faudra plusieurs mois pour avoir la confirmation du record mais les autorités du musée sont «confiantes à 100%» que la tentative de dimanche a bien établi un nouveau record du monde. Le record précédent pour un tel volcan était de 8,40 mètres de hauteur avec une éruption de 1,20 mètres, établi par l’École Elmfield Rudolf Steiner au Royaume-Uni en 2015.
Le volcan de OMSI aura battu le record précédent avec une structure autonome qui atteignait 10,20 mètres de hauteur et une éruption qui atteignait environ 1,80-2,40 mètres. L’OMSI ne saura pas avant 2 ou 3 mois si le record du monde est validé par Guinness.
Un employé de l’OMSI a filmé l’éruption depuis le toit du musée pour que Guinness puisse se avoir une bonne idée de l’éruption.
L’événement de dimanche faisait partie de l’ouverture au public d’une exposition sur Pompéi. (voir ma note précédente à ce sujet).
Source: The Oregonian.

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A crowd of 3,000 people gathered on Sunday afternoon around the OMSI Front Plaza as the science museum’s 10.2-metre-high volcano erupted in an attempt to break a Guinness World Record for the largest baking soda and vinegar volcano. A reddish liquid sprayed from the top of the tarp-covered structure.

Though it will take months to confirm it, the museum authorities are « 100 percent confident » that Sunday’s attempt indeed set a new world record. The previous record for a vinegar-baking soda volcano was 8.4 metres tall with a 1.20-metre eruption, set by the Elmfield Rudolf Steiner School in the United Kingdom in 2015.

OMSI’s baking soda-vinegar volcano appears to have beaten the previous record handily, with a freestanding structure that reached 10.20 metres and an eruption that hit around 1.80-2.40 metres beyond that. OMSI will not know for sure that they have set the Guinness World Record for at least 2-3 months.

An OMSI employee recorded the eruption from the museum’s rooftop so Guinness would be able to confirm how high the eruption went.

Sunday’s event was part of a celebration of this summer’s opening of « Pompeii: The exhibition.”

Source: The Oregonian.

Crédit photo: OMSI

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisLes conditions météo ne sont pas bonnes en ce moment sur l’Ile de la Réunion (pré-alerte cyclonique) et seuls les instruments peuvent donne des indications sur l’évolution de l’éruption. Dans son bulletin du dimanche 5 février émis en fin de journée, l’Observatoire indiquait que « l’éruption débutée le 31 janvier 2017 à 19h40 heure locale se poursuit. Le tremor volcanique se maintient à un niveau relativement élevé, comparable à celui observé en début d’éruption.» Les autres paramètres demeurent inchangés.

Source : OVPF.

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drapeau-anglaisWeather conditions are not good at the moment on Reunion Island and only the instruments can give information about the evolution of the eruption. In its update of Sunday February 5th, released at the end of the day, the Observatory indicated that « the eruption begun on January 31st, 2017 at 7:40 pm (local time) continues. The volcanic tremor remains at a relatively high level, like at the beginning of the eruption. » The other parameters remain unchanged.
Source: OVPF.

piton-01-copie

Source: OVPF.

Volcan sous-marin actif dans l’Alaska du Sud-Est // Active submarine volcano in South-East Alaska

drapeau-francaisDes scientifiques états-uniens et canadiens ont découvert un nouveau volcan sous-marin actif dans eaux de l’Alaska du Sud-Est.
Il y a deux ans, des géologues qui étudiaient un chenal océanique près de Ketchikan avaient déjà repéré un volcan immergé, à environ 45 mètres sous la surface. Il était en sommeil et les scientifiques ont alors estimé qu’il n’avait pas eu d’éruption depuis environ 10 000 ans.
Des scientifiques américains et canadiens ont découvert le nouveau volcan sous-marin le 23 septembre 2015, près de la Dixon Entrance, juste au nord de la frontière maritime entre l’Alaska et la Colombie-Britannique, lors d’une mission d’étude sur le système de failles Queen Charlotte-Fairweather qui a été l’épicentre de certains séismes récents. Le nouveau volcan a été découvert alors que scientifiques étudiaient des failles locales dans un secteur où elles sont susceptibles de déclencher d’importants glissements de terrain qui peuvent à leur tour provoquer des tsunamis à grande échelle.
Lors d’un déplacement vers un lieu d’exploration différent, les chercheurs ont détecté un important panache de méthane en provenance d’une bouche volcanique à environ 900 mètres sous le niveau de la mer. Cependant, ils n’ont pas observé de lave émise récemment.
La découverte met en lumière le fonctionnement de la faille Queen Charlotte-Fairweather qui se trouve au large de la Colombie-Britannique et de l’Alaska du Sud-Est. C’est une région où la plaque Pacifique se frotte contre la plaque nord-américaine. Cela signifie que cette faille aboutit dans les profondeurs de la Terre à des zones où le magma et les fluides sont chauffés par géothermie et peuvent ensuite migrer vers la surface.
Selon un chercheur, les recherches fournissent « de nouvelles informations sur les risques très importants de séismes dans la région. Elles permettront aussi à l’avenir de mieux comprendre les caractéristiques de fluidité de cette faille. » En effet, la lave et d’autres fluides volcaniques jouent un rôle de lubrifiant dans les failles, ce qui réduit le risque de ruptures brutales. En revanche, cela peut augmenter la pression sur d’autres zones le long de la faille, avec des déplacements susceptibles de provoquer de puissants séismes.
Source: CoastAlaska News.

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drapeau-anglaisUS and Canadian scientists have found a new active underwater volcano in Southeast Alaska waters.
About two years ago, geologists studying an ocean channel near Ketchikan had already spotted a submerged volcano, about 45 metres below the surface. It was dormant and scientists estimated it hadn’t erupted for about 10,000 years.
American and Canadian scientists discovered the new underwater volcano on September 23rd, near Dixon Entrance, just north of Alaska’s maritime border with British Columbia, during a study of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System which has been the epicentre of some recent earthquakes. The new volcano was found as scientists investigated local failures in the area that are likely to trigger large landslides that may in turn general tsunamis.
While travelling to a different place of exploration, the researchers came across a big plume made up of methane gas that was being released by a volcanic vent about 900 metres below sea level. However, they did not detect any fresh lava.
The discovery sheds light on the workings of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System, which is offshore British Columbia and Southeast Alaska. It’s where the Pacific Plate, rubs up against the North American Plate. It means that this fault acts as a conduit to deeper in the Earth to places where either magma or fluids that are heated by magma or geothermally heated at depth can migrate up through the fault to the surface.
According to one researcher, the research is providing “really important new information about earthquake hazards in our area. It’s also helping direct future research that will help define the significance of understanding the fluidity of that fault.” Indeed, lava and other volcanic fluids lubricate faults, lessening the chance of sudden movement. But that can increase pressure on other areas along the fault, forcing them to jerk forward, causing earthquakes.
Source : CoastAlaska News.

Fault

Vue de la faille Queen Charlotte-Fairweather  (Source: USGS)