France : mai 2022 le plus chaud de tous les temps !

On s’en doutait, mais Météo-France le confirme : les températures du mois de mai 2022 ont été supérieures de plus de 3°C aux normales saisonnières et on ne compte plus les records battus. Durant la troisième semaine de mai, la température moyenne en France n’est pas descendue en dessous de 20°C. Du jamais vu. Des records de chaleur ont été battus un peu partout dans l’hexagone, même en Normandie et en Bretagne où il fait d’habitude plus frais à cette époque de l’année. Il a fait chaud le jour mais aussi la nuit, avec une température nocturne moyenne de 16,5°C le 19 mai.

Le mois écoulé a été aussi l’un des plus secs, avec un déficit de pluviométrie qui rejoint les records de 1976, 1989 et 2011.
Ces températures exceptionnelles sont dues à la situation des masses d’air (hautes pressions sur l’Europe, et air chaud en provenance du sud) et aux effets du changement climatique. Il ne fait guère de doute que ces records de chaleur précoces se reproduiront dans les années à venir, compte tenu des niveaux records de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les prévisions à long terme n’étant pas fiables, il est impossible de dire si ce printemps très chaud annonce un été caniculaire. Toutefois, les prévisionnistes indiquaient au début du mois de mai que le scénario le plus probable était celui de températures plus chaudes  que la normale en juin et juillet en France.

Source: Météo-France, France Info.

La température nationale moyenne normale pour un mois de mai est de 15,04 °C. En 2022, elle a été de 17,8°C.
Le graphique montre l’écart par année par rapport à cette moyenne. (Source : Météo-France)

Planète : mai 2022 le 5ème ou 6ème plus chaud // Planet : May 2022 the 5th or 6th warmest

Avec +0,416°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mai 2022 a été le 5ème ou le 6ème plus chaud des archives ERA5, quasiment au même niveau que mai 2021. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,256°C.

Des conditions La Niña sont toujours présentes dans le Pacifique, avec une certaine stabilité par rapport à avril. Selon la moyenne des modèles, La Niña pourrait se maintenir sur le reste de l’année.

L’anomalie de +0,416°C observée au mois de mai 2022 par rapport à 1981-2010 correspond à une anomalie de +1,12°C par rapport à 1850-1900. Si l’anomalie observée sur janvier-mai se maintenait toute l’année, la température globale sur l’ensemble de 2022 serait de +1,18°C au-dessus de la période préindustrielle. Les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1,337°C et +1,33°C.

Source : global-climat.

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With +0.416°C above the 1981-2010 average, May 2022 was the 5th or 6th warmest in the ERA5 archives, almost at the same level as May 2021. Compared to the new reference period 1991- 2020 used by ERA5, the anomaly is +0.256°C.
La Niña conditions are still present in the Pacific, stable compared to April. La Niña could continue for the rest of the year, according to the average of the models.
The anomaly of +0.416°C observed in May 2022 compared to 1981-2010 corresponds to an anomaly of +1.12°C compared to 1850-1900. If the anomaly observed in January-May were maintained throughout the year, the global temperature over the whole of 2022 would be +1.18°C above the pre-industrial period. The two hottest years were 2016 and 2020 with +1.337°C and +1.33°C respectively.

Source: global-climat.

 

Fumerolles à Vulcano : une histoire de température et d’hygrométrie

Comme on peut le voir ci-dessous sur les captures d’écran de la webcam, les panaches de gaz et de vapeur qui s’échappent du champ fumerollien dans le cratère de la Fossa à Vulcano peuvent prendre un aspect différent d’un jour à l’autre.

L’air est sec et chaud en ce moment en Sicile et le cratère de la Fossa est parfaitement dégagé. Il en va d’ailleurs de même du Stromboli où l’activité gazeuse est très faible. A noter que l’activité éruptive est très calme elle aussi.

J’avais remarqué ces variations d’aspect des panaches de gaz et de vapeur à Vulcano dans les années 1990. Certains jours – plus au printemps qu’en été – on avait l’impression que le volcan menaçait d’entrer en éruption. J’ai donc essayé de comprendre la cause de telles fluctuations.

Equipé d’un thermomètre, d’un baromètre et d’un hygromètre, je me suis posté sur la lèvre du cratère pour effectuer des relevés à différents moments de la journée (8 heures, 12 heures,16 heures, 18 heures). Je me suis vite rendu compte que les panaches étaient denses lorsque la température était fraîche et l’hygrométrie de l’air élevée. Un tel contexte était favorable au phénomène de condensation et il était donc normal que les panaches soient plus volumineux. Inversement, dans des conditions d’air sec, les nuages de vapeur se faisaient plus discrets.

A côté de cela, je n’ai pas noté d’influence particulière de la pression atmosphérique sur les fumerolles à Vulcano. En revanche, elle semble avoir un impact plus significatif sur l’activité éruptive à Stromboli. Voir le résumé – sous l’entête de ce blog – de l’étude que j’ai effectuée sur ce volcan.

Webcam INGV

Eruption du Hunga Tonga-Hunga-Ha’apai : pas d’effet sur la température terrestre // No impact on Earth’s temperature

Les scientifiques viennent de confirmer que l’éruption sous-marine du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en janvier 2022 n’affectera pas le climat de la Terre malgré la présence de nuages de cendres de dizaines de kilomètres de hauteur dans l’atmosphère (voir ma note précédente à ce sujet),
De puissantes éruptions volcaniques provoquent parfois un refroidissement à court terme de la planète, mais ce ne sera pas le cas avec le récent événement dans l’archipel des Tonga.
Une nouvelle étude confirme en effet les estimations précédentes. Elle indique que l’effet de refroidissement du Hunga Tonga ne dépasserait pas 0,004 ° C dans l’hémisphère nord et 0,01 ° C dans l’hémisphère sud, ce qui est encore moins que certaines estimations précédentes.
La clé de l’impact d’une éruption volcanique sur la température de la Terre est la quantité de dioxyde de soufre (SO2) qui a été émise par le volcan. En effet, dans l’atmosphère, le gaz forme des particules d’aérosol qui font obstacle à la lumière du soleil, avec diminution de la quantité d’énergie qui entre dans le système terrestre. Par exemple, l’éruption du Pinatubo en 1991 a entraîné un refroidissement d’environ 0,6°C qui a duré près de deux ans. La différence avec l’éruption aux Tonga, c’est que les cendres rejetées dans l’air par le Pinatubo contenaient environ 50 fois plus de dioxyde de soufre.
Source : space.com.

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Scientists have just confirmed that the Hunga Tonga submarine eruption in January 2022 will not affect Earth’s climate despite sending clouds of ash dozens of kilometers high into the atmosphere (see my previous post about this topic),

Powerful volcanic eruptions sometimes cause short-term cooling of the planet, but this won’t be the case of the recent Tonga event.

A new study confirms previous estimates, stating that the cooling effect of Hunga Tonga could range from just 0.004°C in the northern hemisphere to 0.01°C in the southern hemisphere, which is even less than some of the previous estimates expected.

The key to the impact of a volcanic eruption on the Earth’s temperature is the amounrt of sulfur dioxide (SO2) that has been emitted by the volcano. Indeed, in the atmosphere the gas forms aerosol particles, which deflect sunlight, thus decreasing the amount of energy that enters the Earth’s system. For example, the 1991 explosive eruption of Mount Pinatubo produced a cooling of about 0.6°C that lasted for nearly two years. The difference with the Tonga eruption is that the ash spewed into the air by Mount Pinatubo contained about 50 times as much sulfur dioxide.

Source: space.com.

Effet de l’éruption du Pinatubo sur l’atmosphère (Source : Wikipedia)