La mort des coraux (suite) // The death of corals (continued)

On le sait depuis plusieurs années : les récifs coralliens sont directement menacés par le réchauffement climatique. La température de l’eau de surface des océans a augmenté en moyenne de 0,5 °C depuis 1860 jusqu’à aujourd’hui. Les prévisions du GIEC annoncent une augmentation de la température moyenne de l’air de 1,5 °C d’ici 2100. Or, on sait que ces prévisions sont souvent en retard par rapport à la réalité sur le terrain.

Les récifs coralliens sont très sensibles aux changements de températures du fait de leur faible capacité d’adaptation. Une augmentation de un à deux degrés Celsius des eaux de surface au-delà des maxima habituels sur une durée de deux semaines est suffisant pour provoquer un blanchissement massif, affectant la croissance, l’alimentation et d’autres processus écologiques des récifs.

La limite entre les eaux de surface chauffée par le soleil et les eaux froides des profondeurs est modifiée, ce qui va avoir un impact sur le corail. Normalement, elle est à 40-50 mètres de profondeur. Des plongeurs ont observé que dans les eaux de l’archipel des Chagos, au sud de l’Inde, la limite est passée à 100-120 mètres ce qui fait que les coraux se sont retrouvés dans des eaux avec des températures quasiment de surface. Une différence de température d’un seul degré peut les condamner. La plupart sont déjà à la limite haute de température. Les scientifiques estiment que si on arrive à l’objectif de +1,5°C de hausse des températures, on aura une disparition d’entre 70 et 90 % des coraux.

Parallèlement à la hausse des températures, les coraux sont affectés par la baisse du pH de l’eau des océans. Cette baisse est causée par l’absorption de dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère. L’augmentation du CO2 atmosphérique entraîne l’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone dissout dans l’eau des océans. La résultante est l’acidification de ces eaux.Elle réduit la faculté des coraux à fabriquer leurs squelettes calcaires, ce qui les rend donc beaucoup plus vulnérables à l’érosion.

En quarante ans, 40 % des récifs ont déjà disparu et les scientifiques s’accordent à dire que si rien n’est fait d’ici 2050, la totalité aura disparu. Cette mort annoncée concerne l’ensemble des récifs coralliens de la planète. Un fidèle visiteur de mon blog m’a fait part d’un « carnage » sur les coraux, de Martinique et de Guadeloupe. Dans ces régions, « le fond de la mer ressemble aux montagnes d’hiver, avec du blanc, encore du blanc, toujours du blanc. » D’après les décomptes officiels, 90% des colonies seraient décimées dans ces deux départements d’outre-mer.
Selon un plongeur, « la cause principale, c’est l’eau qui est à 30° ou plus depuis plus de 2 mois en continu. Les coraux tolèrent quelques jours d’échauffement, mais pas une période de stress aussi longue … » Il ajoute que « d’ici quelques semaines, tous les cadavres vont se couvrir d’algues et le vert/brun va devenir la tonalité dominante dans nos eaux … »

Source : presse française et source personnelle.

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We have known it for several years: coral reefs are directly threatened by global warming. Ocean surface temperatures have increased by an average of 0.5°C since 1860. IPCC forecasts predict an increase in average air temperature of 1.5°C by 2100. However, we know that these predictions often lag behind the reality on the firld.
Coral reefs are very sensitive to temperature changes due to their low capacity for adaptation. An increase of one to two degrees Celsius in surface waters beyond typical maxima over a two-week period is enough to cause mass bleaching, affecting reef growth, feeding and other ecological processes.
The boundary between the surface waters heated by the sun and the cold waters of the depths is modified, which will have an impact on the coral. Normally, this boundaey is 40-50 meters deep. Divers observed that in the waters of the Chagos Archipelago, in southern India, the limit increased to 100-120 meters, which meant that corals found themselves in waters with almost surface temperatures. A temperature difference of just one degree can kill them. Most are already at the upper temperature limit. Scientists estimate that if we achieve the objective of +1.5°C increase in temperatures, we will see between 70 and 90% of corals disappear.

Along with rising temperatures, corals are affected by the decreasing pH of ocean water. This drop is caused by the absorption of carbon dioxide (CO2) present in the atmosphere. Increased atmospheric CO2 leads to increased concentrations of dissolved carbon dioxide in ocean water. The result is the acidification of these waters. It reduces the ability of corals to produce their limestone skeletons, which therefore makes them much more vulnerable to erosion.

In forty years, 40% of reefs have already disappeared and scientists agree that if nothing is done by 2050, all of them will have disappeared. This predicted death concerns all of the planet’s coral reefs. A loyal visitor to my blog informed me of a “carnage” on the corals of Martinique and Guadeloupe. In these regions, “the bottom of the sea resembles the winter mountains, with a white environment.» According to official counts, 90% of the colonies are decimated in these two overseas departments.
According to a diver, “the main cause is water that has been at 30° or more for more than 2 months continuously. The corals tolerate a few days of warming, but not such a long period of stress… » He adds that « within a few weeks, all the dead corals will be covered in algae and green/brown will become the dominant tone in our waters… »
Source: French news media and personal source.

Coraux sur l’île de la Réunion (Photo: C. Grandpey)

La fonte de l’Arctique et ses conséquences (suite) // The melting of the Arctic and its consequences (continued)

La COP28 de Dubaï s’est soldée par un échec, malgré les applaudissements de ses participants. La promesse – non contraignante – d’abandonner progressivement les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique n’est que de la poudre aux yeux.

Pendant que la COP 28 pataugeait dans son hypocrisie, une nouvelle étude nous rappelait l’urgence de réduire les émissions et, a fortiori, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Cette étude publiée le 12 décembre 2023 par la NOAA, souligne que l’année 2023 a été la sixième plus chaude depuis 1900 dans l’Arctique, mais surtout qu’entre juillet et septembre, la chaleur a localement atteint des niveaux historiques avec une température moyenne de 6,4°C. Il va sans dire que la calotte glaciaire du Groenland a continué à diminuer.

Cette évolution a des conséquences qui vont bien au-delà du pôle Nord. Le GIEC tire la sonnette d’alarme car la fonte des deux calottes glaciaires, Groenland et Antarctique, contribue pour 20% à 25% à l’élévation du niveau des océans. Les autres causes sont la dilatation thermique de l’eau et la fonte des glaciers de montagnes. Par ailleurs, en raison de ce réchauffement, le rapport attire l’attention du public sur les conséquences de l’été 2023 anormalement sec dans le nord du continent américain. Cela a favorisé les incendies dévastateurs au Canada, et une année particulièrement humide en Alaska et en Scandinavie, avec inondations et tempêtes.

Suite à la hausse vertigineuse des températures dans l’Arctique, le pôle Nord subit le phénomène “d’amplification Arctique”. Cette région du globe se réchauffe deux à quatre fois plus vite que le reste du monde. Avec la réduction de la surface recouverte pas la glace de mer, cette zone devient moins blanche et donc plus sombre. Perdant de son albédo, elle absorbe de plus en plus d’énergie et de chaleur.

Une autre conséquence du réchauffement de l’Arctique est le dégel du permafrost – ou pergélisol – notamment en Sibérie. On estime que ce sol normalement gelé en permanence pourrait dégeler dans sa totalité vers 2040. Il est facile d’imaginer les conséquences quand on sait que ces tourbières stockent près de 40 milliards de tonnes de carbone, autrement dit le double de ce qui est stocké dans les forêts européennes. Si ce carbone s’échappe dans l’atmosphère, cela accélérera encore le réchauffement climatique sur toute la planète.

Il est donc urgent d’agir et, si possible, passer outre les recommandations beaucoup trop modestes de la COP 28.

Source : NOAA, GIEC, médias d’information.

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COP28 in Dubai ended in failure, despite the applause of its participants. The promise – non-binding – to gradually abandon fossil fuels, the main culprits of global warming, is just window dressing.
While COP 28 was wallowing in hypocrisy, a new study reminded us of the urgency of reducing the emissions and, a fortiori, the concentrations of greenhouse gases in the atmosphere.
This study published on December 12th, 2023 by NOAA, highlights that the year 2023 was the sixth warmest since 1900 in the Arctic, but above all that between July and September, the heat locally reached historic levels with a temperature average of 6.4°C. Needless to say, the Greenland ice sheet has continued to shrink.
This development has consequences that go well beyond the North Pole. The IPCC is sounding the alarm because the melting of the two ice caps, Groenland and Antarctica, contributes 20% to 25% to the rise in ocean levels. Other causes are the thermal expansion of water and the melting of mountain glaciers. Furthermore, due to this warming, the report draws public attention to the consequences of the abnormally dry summer of 2023 in the north of the American continent. This favored devastating fires in Canada, and a particularly wet year in Alsaka and Scandinavia, with floods and storms.
Following the dizzying rise in temperatures in the Arctic, the North Pole is experiencing the phenomenon of “Arctic amplification”. Indeed, this region of the globe is warming two to four times faster than the rest of the world. With the reduction in the surface covered by sea ice, this area becomes less white and therefore darker. Losing its albedo, it absorbs more and more energy and heat.
Another consequence of Arctic warming is the thawing of permafrost, particularly in Siberia. It is estimated that this permanently frozen ground could thaw in its entirety around 2040. It is easy to imagine the consequences when we know that these peatlands store nearly 40 billion tonnes of carbon, in other words double what is stored in European forests. If this carbon escapes into the atmosphere, it will further accelerate global warming across the planet.
It is therefore urgent to act and, if possible, to override the far too modest recommendations of COP 28.
Source: NOAA, IPCC, news media.

La fonte de la glace de mer ouvre la porte à la poursuite de l’exploitation du pétrole (Photo: C. Grandpey)

2023 : température record en novembre et on va frôler 1,5°C de hausse pour l’année ! // 2023 : record temperature in November and we will approach the 1.5°C rise for the year !

La série continue. ERA5 nous apprend qu’avec +1.092°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de novembre 2023 vient d’établir un nouveau record de chaleur. Le précédent record de 2020 (+0.775°C) est dépassé de 0.32°C. L’anomalie de +1.092°C observée au mois de novembre 2023 par rapport à 1981-2010 correspond à +1.83°C au-dessus de la période 1850-1900.

L’année 2023 sera la plus chaude jamais observée et on va frôler, voire atteindre, sur la moyenne annuelle le seuil de 1.5°C au-dessus de la température préindustrielle.

Après juin, juillet, août, septembre et octobre, novembre est le 6ème mois d’affilée marqué par un record de chaleur.

Pour rappel, le 17 novembre 2023, la Terre a dépassé les +2°C de réchauffement pendant une journée. En juillet déjà, les températures moyennes à l’échelle de la planète affichaient 1,5°C au-dessus de leur niveau moyen de l’ère préindustrielle. Selon l’OMM, un record battu pendant une seule journée n’est pas significatif, mais cela a tout de même de quoi alerter. Si ,comme c’est prévu ci-dessus, 2023 atteint 1,5°C de réchauffement, ce ne sera, certes, que pour une année, mais au train où vont les choses, il se pourrait tout à fait que ce soit le début d’une courbe ascendante qui aurait des conséquences catastrophiques. Quoi qu’il en soit, le seuil fixé par la COP 21 est très sérieusement menacé.

Certains diront que les conditions El Niño actuellement présentes favorisent la hausse des températures qui devrait se renforcer au cours de l’hiver 2023-24. C’est vrai, mais on pourrait rétorquer que les années précédentes qui étaient sous l’influence du phénomène de refroidissement El Niña n’ont pas été accompagnées d’une baisse des températures. En effet, les dix dernières années figurent toutes dans le top 10 des années les plus chaudes.

Le graphique ci-dessous (Source : ERA5) montre les 10 anomalies globales les plus élevées jamais observées en novembre.

Source : global-climat.

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The series continues. ERA5 is telling us today that with +1,092°C above the 1981-2010 average, the month of November 2023 has just established a new heat record. The previous record of 2020 (+0.775°C) is exceeded by 0.32°C. The anomaly of +1.092°C observed in November 2023 compared to 1981-2010 corresponds to +1.83°C above the period 1850-1900.
The year 2023 will be the hottest ever observed and the threshold of 1.5°C above the pre-industrial temperature might be reached on the annual average.
After June, July, August, September and October, November is the 6th month in a row marked by record heat.

As a reminder, on November 17th, 2023, the Earth exceeded +2°C of warming for one day. Already in July, average temperatures across the planet were 1.5°C above their pre-industrial average level. According to the WMO, a record broken for a single day is not significant, but it is still a cause for alarm. If, as predicted above, 2023 reaches 1.5°C of warming, it will, of course, only be for one year, but at the rate things are going, it could very well be the start of an upward curve which would have catastrophic consequences. In any case, the threshold set by COP 21 is very seriously threatened.
Some will say that the El Niño conditions currently favor rising temperatures which are expected to increase during the winter of 2023-24. This is true, but one could argue that previous years that were influenced by the El Niña cooling phenomenon were not accompanied by a drop in temperatures. In fact, the last ten years all appear in the top 10 hottest years.
The chart below (Source: ERA5) shows the 10 highest global anomalies ever observed in November.

 

Source : global-climat.

Les Jeux d’hiver de 2030 en France : une bonne idée ?

On vient de nous l’annoncer avec tambours et trompettes : la France – seule en lice – devrait organiser les Jeux Olympiques d’hiver en 2030. A l’heure où la COP 28 de Dubaï est censée apporter des solutions au réchauffement climatique, la volonté d’organiser des compétitions de ski dans un tel contexte semble assez surprenante. Il est vrai – j’ai pu le constater à plusieurs reprises – que le déni du réchauffement climatique est bien implanté dans les Alpes françaises.

Selon leurs défenseurs, les Jeux d’hiver de 2030 seront « sobres et responsables. » Il ne faudrait toutefois pas oublier le fiasco environnemental des JO d’hiver de Pékin 2022, organisés dans une zone semi-aride sur de la neige 100% artificielle.

Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) est persuadé que les pistes seront « très majoritairement » recouvertes de neige naturelle, et que le recours aux canons à neige sera limité. Au vu de l’accélération de la hausse des températures et du recul de l’enneigement dans les Alpes, je ne serais pas aussi affirmatif !

Si le patinage artistique, le hockey sur glace et tous les autres sports d’intérieur ne souffrent pas vraiment de la hausse des températures, les épreuves disputées en plein air – ski alpin, ski de fond, biathlon, snowboard – sont dépendantes de la météo, de l’enneigement et donc du climat. C’est loin d’être gagné dans sept ans !

Selon une étude publiée en 2022, seuls quatre des 21 sites – tels que Chamonix et Grenoble – où ont eu lieu les Jeux d’hiver depuis 1924 serraient en mesure de pouvoir accueillir un tel événement en 2050, si les émissions de gaz à effet de serre continuent de suivre la trajectoire actuelle. A l’horizon de la fin du siècle, Sapporo (Japon) serait la seule ancienne ville organisatrice susceptible d’accueillir les Jeux d’hiver sans encombre.

Il est trop tôt aujourd’hui pour affirmer que les Jeux olympiques d’hiver sont condamnés. Il reste des sites hôtes fiables sur le plan climatique en Amérique du Nord, en Europe et en Asie pour quelques décennies. Certains font remarquer que la situation peut se compliquer pour les Jeux paralympiques, qui se déroulent traditionnellement en mars, après la quinzaine olympique. Il faudrait peut-être songer à les avancer en février, voire les organiser simultanément dans une autre ville ou un autre pays.

Source : France Info.

Un recours aux canons à neige limité? A voir! (Photo: C. Grandpey)

A Bessans (Savoie) et au Grand Bornand (Haute Savoie), stations pressenties pour accueillir les épreuves de biathlon, on stocke la neige sous une épaisse couche de sciure pour la préserver d’un hiver sur l’autre (Photo : C. Grandpey)