Les Jeux d’hiver de 2030 en France : une bonne idée ?

On vient de nous l’annoncer avec tambours et trompettes : la France – seule en lice – devrait organiser les Jeux Olympiques d’hiver en 2030. A l’heure où la COP 28 de Dubaï est censée apporter des solutions au réchauffement climatique, la volonté d’organiser des compétitions de ski dans un tel contexte semble assez surprenante. Il est vrai – j’ai pu le constater à plusieurs reprises – que le déni du réchauffement climatique est bien implanté dans les Alpes françaises.

Selon leurs défenseurs, les Jeux d’hiver de 2030 seront « sobres et responsables. » Il ne faudrait toutefois pas oublier le fiasco environnemental des JO d’hiver de Pékin 2022, organisés dans une zone semi-aride sur de la neige 100% artificielle.

Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) est persuadé que les pistes seront « très majoritairement » recouvertes de neige naturelle, et que le recours aux canons à neige sera limité. Au vu de l’accélération de la hausse des températures et du recul de l’enneigement dans les Alpes, je ne serais pas aussi affirmatif !

Si le patinage artistique, le hockey sur glace et tous les autres sports d’intérieur ne souffrent pas vraiment de la hausse des températures, les épreuves disputées en plein air – ski alpin, ski de fond, biathlon, snowboard – sont dépendantes de la météo, de l’enneigement et donc du climat. C’est loin d’être gagné dans sept ans !

Selon une étude publiée en 2022, seuls quatre des 21 sites – tels que Chamonix et Grenoble – où ont eu lieu les Jeux d’hiver depuis 1924 serraient en mesure de pouvoir accueillir un tel événement en 2050, si les émissions de gaz à effet de serre continuent de suivre la trajectoire actuelle. A l’horizon de la fin du siècle, Sapporo (Japon) serait la seule ancienne ville organisatrice susceptible d’accueillir les Jeux d’hiver sans encombre.

Il est trop tôt aujourd’hui pour affirmer que les Jeux olympiques d’hiver sont condamnés. Il reste des sites hôtes fiables sur le plan climatique en Amérique du Nord, en Europe et en Asie pour quelques décennies. Certains font remarquer que la situation peut se compliquer pour les Jeux paralympiques, qui se déroulent traditionnellement en mars, après la quinzaine olympique. Il faudrait peut-être songer à les avancer en février, voire les organiser simultanément dans une autre ville ou un autre pays.

Source : France Info.

Un recours aux canons à neige limité? A voir! (Photo: C. Grandpey)

A Bessans (Savoie) et au Grand Bornand (Haute Savoie), stations pressenties pour accueillir les épreuves de biathlon, on stocke la neige sous une épaisse couche de sciure pour la préserver d’un hiver sur l’autre (Photo : C. Grandpey)

Automne 2023, le plus chaud en France !

Météo- France indique ce 30 novembre 2023 que l’automne météorologique (septembre-octobre-novembre) 2023 est « le plus chaud » enregistré en France depuis 1900. Toujours en France, l’année 2023 devrait se classer au deuxième rang des années les plus chaudes avec une température moyenne de 14,2 °C. A l’échelle de la planète, il se pourrait que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée. Pour avoir confirmation, il faudra attendre la mi-janvier 2024.

Ce record de chaleur automnal n’est pas vraiment une surprise quand on sait que le mois de septembre a été le plus chaud de l’histoire, le mois d’octobre au 2ème rang et un mois de novembre encore trop doux, même si la fraîcheur des derniers jours peut faire illusion. Toutefois, quatre départements alpins ont été placés en vigilance Orange à la pluie et aux inondations, avec les pluies abondantes et la fonte partielle de la neige présente sur le relief.

2023 reste donc dans la continuité de 2022, année la plus chaude que la France ait connue depuis le début du 20ème siècle. L’anomalie thermique en France sur l’ensemble de l’année devrait se situer autour de + 1,3 °C  par rapport aux normales 1991-2020.

On peut s’attendre à des températures encore hautes pour la saison au cours des prochains mois. En effet, la planète est sous l’effet du phénomène El Niño dans le Pacifique oriental, dont les effets, selon les climatologues, devraient se faire sentir au moins jusqu’au mois d’avril 2024.

Cette année, les arbres tardent à perdre leurs feuilles; les grues sont en retard. Pas de doute, le climat est bien en train de changer… (Photos: C. Grandpey)

La fonte de l’Antarctique impacte l’ensemble de la planète // Antarctica’s melting is impacting the whole planet

  On peut lire ces jours-ci dans la presse, scientifique et populaire, de nombreux articles sur la fonte incroyable de l’Antarctique. Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) a récemment annoncé.que la glace de mer antarctique avait atteint un niveau hivernal encore jamais observé. Selon le Centre, le record a été « pulvérisé », avec une quantité de glace « bien en-deçà de ce qui a été observé au cours des 45 années de mesures satellitaires qui ont débuté en 1979 ». La quantité de glace de mer « manquant à l’appel » est d’environ un million de kilomètres carrés par rapport au précédent record de 2022 ; c’est plus que la taille de l’Égypte.
Le chef du service climatique auprès de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré : « Ce qui se passe en Antarctique et dans l’Arctique affecte le globe tout entier. »
Il est important de rappeler que la glace de mer est de l’eau de mer gelée qui fond chaque été, puis recongèle chaque hiver. La glace de mer antarctique est généralement à son minimum fin février ou début mars, vers la fin de l’été dans l’hémisphère sud. Elle atteint son maximum en septembre, à la fin de l’hiver. Le comportement de la glace de mer arctique est à l’opposé, avec le maximum en février/mars et le minimum en septembre.
Dans l’Arctique, la glace de mer joue un rôle essentiel dans la vie et les coutumes des peuples autochtones qui l’utilisent pour chasser et se déplacer. La glace de mer arctique affecte également la faune comme les ours polaires, les phoques et les morses.
En Antarctique, ce sont les manchots qui dépendent de la glace de mer. J’ai expliqué dans une note précédente qu’en raison de la fonte spectaculaire de la banquise, plusieurs colonies de manchots empereurs seront menacées de « quasi-extinction » dans les décennies à venir.
En outre, la glace de mer protège les zones côtières de l’érosion en atténuant les assauts des vagues. Dans les zones où il y a moins de glace de mer, les tempêtes sur l’océan Arctique peuvent générer des vagues beaucoup plus grosses qui endommagent les rivages et les zones habitées. C’est ce qui se passe en particulier le long des côtes de l’Alaska.
Contrairement à ce que pensent certains, ce qui se passe en Antarctique ne se limite pas à l’Antarctique. La glace de mer contribue également à la régulation de la température de la planète en influençant la circulation de l’atmosphère et des océans. Les scientifiques insistent sur le fait que le déficit de glace de mer en Antarctique en 2023 aura un effet direct sur le climat et les écosystèmes, à la fois proches et lointains, y compris dans les basses latitudes où vit la majorité de la population humaine et ses intérêts économiques.
L’immense calotte glaciaire antarctique et la banquise qui entoure le continent sont essentielles à la régulation du climat, car elles réfléchissent la lumière du soleil vers l’atmosphère et l’espace. En revanche, la surface sombre de l’océan absorbe la majeure partie de cette énergie. Ainsi, le manque de glace de mer favorise la hausse des températures, accélérant ce que les scientifiques appellent une boucle de rétroaction, autrement dit un cercle vicieux.
La NOAA a déclaré que les variations dans la quantité de glace de mer peuvent perturber la circulation océanique, avec à la clé des changements dans le climat de la planète. « Même une légère augmentation de la température peut conduire à un réchauffement plus important au fil du temps, faisant des régions polaires les zones les plus sensibles au changement climatique sur Terre. » .
Il est encore trop tôt pour énumérer tous les facteurs responsables de la fonte de l’Antarctique, mais l’arrivée d’eaux océaniques plus chaudes est un facteur déterminant du ralentissement de la glace de mer pendant l’hiver antarctique. La chaleur observée dans l’Océan Austral fait partie du réchauffement global des océans, mais on ne sait pas très bien dans quelle mesure la chaleur océanique (et son impact sur l’Antarctique) est due aux eaux extrêmement chaudes d’autres parties du globe.
Le NSIDC affirme que « la glace de mer antarctique est très probablement entrée dans un nouveau régime provoqué par une influence beaucoup plus forte des eaux océaniques chaudes, ce qui limite la croissance de la glace ». On craint que ce soit le début d’une tendance à long terme au déclin de la glace de mer antarctique, étant donné que les océans se réchauffent à l’échelle mondiale ; le mélange des eaux chaudes dans la couche polaire de l’Océan Austral va probablement se poursuivre.
Sources, Yahoo Actualités, USA Today.

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One can read these days in the press, scientific or popular, a lot of articles about Antarctica which is melting at an incredible speed. The National Snow and Ice Data Center (NSIDC) recently announced that Antarctic sea ice reached an all-time record wintertime low. According to the Center, the record was broken « by a wide margin, » adding that the amount of ice was « far outside anything observed in the 45-year modern satellite record that began in 1979. » The amount of « missing » sea ice was some one million square kilometers below the previous record low in 2022 ; this ismore than the size of Egypt.

The chief of climate monitoring at the World Meteorological Organization declared : « What happens in Antarctica and the Arctic affects the entire globe.”

It is ismportant to remind that sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Antarctic sea ice is typically at its smallest in late February or early March, toward the end of summer in the Southern Hemisphere. It’s at its largest in September as winter comes to an end. The Arctic’s sea ice schedule is the opposite: largest in February/March, and smallest in September.

In the Arctic, sea ice fills a central role in the lives and customs of native people, as indigenous people use it for hunting and traveling. Sea ice in the Arctic also affects wildlife such as polar bears, seals and walruses.

In Antarctica, it’s the penguins that rely on sea ice. I explained in a previous post that, due to the dramatic loss of sea ice there, several colonies of emperor penguins face « quasi-extinction » in the decades to come.

In addition, sea ice also protects coastal areas from erosion by damping ocean waves. In areas with less sea ice, storms on the Arctic Ocean can generate much larger waves, damaging shorelines and Arctic communities. This is what happens along the Alaskan coastline.

Contrary to what some people think, what happens in Antarctica does not stay in Antarctica. Sea ice also helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the planet’s atmosphere and oceans. Scientists insist that the 2023 Antarctic sea-ice deficit has direct impacts on the climate and ecosystems, both nearby as well as far field, including at lower latitudes, which are home to the majority of human population and their economic interests.

Antarctica’s huge glacial ice expanse and the surrounding sea ice cover are critical to regulating the climate, because it reflects the sun’s energy back to the atmosphere and space. In contrast, the dark ocean surface absorbs most of the sun’s incoming energy. So, less sea ice contributes to increasing temperatures, thus accelerating whqt scientists call a feedback loop, in other words a vicious cycle.

NOAA said that changes in the amount of sea ice can disrupt normal ocean circulation, thereby leading to changes in global climate. « Even a small increase in temperature can lead to greater warming over time, making the polar regions the most sensitive areas to climate change on Earth. » .

It is still too early to cite all of the factors that might be involved in the melting of Antarctica, but warmer ocean waters reaching the Antarctic are a key factor in slowing the ice growth through the Antarctic winter. The Antarctic ocean warmth is a part of the overall globally warm oceans, but it is not clear how much of the ocean heat that impacted the Antarctic is due to the extreme warm waters in other parts of the globe.

Overall, the NSIDC says « there is growing evidence that the Antarctic sea ice system has entered a new regime, featuring a much stronger influence of warm ocean waters, limiting ice growth. » There is concern that this may be the beginning of a long-term trend of decline for Antarctic sea ice, since oceans are warming globally, and warm water mixing in the Southern Ocean polar layer could continue.

Sources, Yahoo News, USA Today.

 

Etendue de la glace de mer antarctique le 10 septembre 2023 (Source : NSIDC)

Nouvelles du Vésuve (Italie) // News of Vesuvius (Italy)

On a beaucoup parlé des Champs Phlégréens ces derniers temps, avec un essaim sismique qui a fait souffler un vent d’inquiétude sur la région. Au final, on s’est rendu compte que la sismicité enregistrée – un peu plus forte que d’habitude – fait partie des phénomènes observés dans cette partie de la Campanie, célèbre pour ses événements bradysismiques.

Pas très loin des Champs Phlégréens, le Vésuve pourrait devenir une autre source d’inquiétude s’il montrait des signes de réveil. Comme pour les Champs Phlégérens, la région est densément peuplée et son évacuation serait un sacré casse-tête pour les autorités. Il existe certes des plans d’évacuation, mais il y a un gouffre entre la théorie et la pratique !!

Le Vésuve, une menace pour Naples et ses environs (Photo: C. Grandpey)

Le Vésuve vu depuis l’ISS (Crédit photo: Luca Parmitano)

Pour le moment, pas d’inquiétude ; le Vésuve est calme, comme le montre le rapport de l’INGV pour le mois de septembre 2023.

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Une sismicité de fond persiste sur le Vésuve avec 66 événements d’une magnitude maximale de M 2,4 enregistrés au cours du mois de septembre 2023. Une cinquantaine a été localisée principalement dans une zone du cratère avec profondeur concentrée dans le premier kilomètre et ensuite jusqu’à environ 2 km. Plus globalement, les paramètres sismiques ne montrent pas d’évolution significative.

La sismicité sur le Vésuve au cours des 12 derniers mois (gauche) et du mois de septembre 2023 (droite)

D’après les données GNSS et les tiltmètres, aucune déformation majeure n’a été enregistrée sur le volcan. Les stations GNSS situées dans la partie supérieure de l’édifice volcanique montrent un affaissement important et des déplacements horizontaux cohérents avec une phase de contraction du Gran Cône, probablement dus aux effets gravitationnels et aux processus de compactage et/ou de glissement sur un terrain irrégulier et en forte pente.

Photo: C. Grandpey

S’agissant de la température, les données fournies par la caméra thermique montrent une tendance à une hausse légère des températures maximales de surface. Les mesures effectuées à l’aide d’une caméra thermique mobile montrent une tendance sensiblement stationnaire de la température maximale. On ne remarque pas de variations significatives dans la répartition spatiale du champ de fumerolles.

Photo: C. Grandpey

Il n’y a pas de variations significatives dans les paramètres géochimiques. Ils indiquent la poursuite de la tendance pluriannuelle à la baisse de l’activité hydrothermale à l’intérieur de la zone du cratère du Vésuve. Rien ne laisse entrevoir une évolution significative à court terme. Les légères variations observées sont à mettre en relation avec les variations saisonnières avec des événements météorologiques (pluie, vent fort, dépression, température atmosphérique, etc.)
Source : INGV.

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There has been a lot of talk about the Phlegraean Fields lately, with a seismic swarm triggering a wave of concern to the region. In the end, the recorded seismicity – a little stronger than usual – was one of the phenomena observed in this part of Campania, famous for its bradyseismic events.
Not far from the Phlegrean Fields, Vesuvius could become another source of concern if it showed signs of awakening. As with the Phlegerian Fields, the region is densely populated and its evacuation would be a major headache for the authorities. There are certainly evacuation plans, but there is a gulf between theory and practice!!
For now, don’t worry; Vesuvius is calm, as shown in the INGV report for the month of September 2023.

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Background seismicity persists on Vesuvius with 66 events with a maximum magnitude of M 2.4 recorded during the month of September 2023. Around fifty were located mainly in an area of the crater with depth concentrated in the first kilometer and then down to about 2 km. More generally, the seismic parameters do not show any significant change.

According to GNSS data and tiltmeters, no major deformation has been recorded on the volcano. GNSS stations located in the upper part of the volcanic edifice show a significant subsidence and horizontal displacements consistent with a contraction phase of the Gran Cone, probably due to gravitational effects and compaction processes and/or slipping on uneven and steeply sloping terrain.

Regarding temperature, the data provided by the thermal camera show a trend towards a slight increase in maximum surface temperatures. Measurements made using a mobile thermal camera show a substantially stationary trend in maximum temperature. One does not notice any significant variations in the spatial distribution of the fumarolic field.

There are no significant variations in geochemical parameters. They indicate the continuation of the multi-year trend of decreasing hydrothermal activity inside the Vesuvius crater area. Nothing suggests any significant development in the short term. The slight variations observed are to be related to seasonal variations with meteorological events (rain, strong wind, depression, atmospheric temperature, etc.)
Source: INGV.