Axial Seamount (Oregon / Etats Unis)

drapeau francaisDepuis de nombreuses années, les scientifiques américains de la Scripps Institution of Oceanography (Université de Californie à San Diego) étudient l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 400 km au large de la côte de l’Oregon, sur la dorsale Juan de Fuca (voir mes notes des 11 et 23 août 2011, 17 août 2013 et 4 août 2014). Ce volcan présente une structure complexe et ses origines sont encore mal comprises.

À partir du jeudi 23 avril 2015, les capteurs récemment mis en place dans le secteur de l’Axial ont enregistré 8000 petits séismes sur une période de 24 heures. La caldeira, qui avait gonflé sous la poussée d’une montée de magma, s’est ensuite effondrée rapidement. Les scientifiques se sont demandés si une éruption avait effectivement eu lieu, avec écoulement de la lave sur le plancher océanique. Cependant, aucun des instruments n’avait été endommagé et on n’avait relevé aucune hausse significative de température. Il se peut que du magma se soit infiltré dans des fractures souterraines en formant un dyke. La seule façon de savoir ce qui s’est passé est de visiter le site avec un navire de recherche, que vont faire les scientifiques cet été.
Malgré l’incertitude de la situation, la capacité à surveiller le déroulement de cet événement marque un jalon important pour la Scripps Institution. Exploité par l’Université de Washington, le réseau de surveillance sous-marine comprend près de 100 km de câble coaxial disposés sur le fond de l’océan. Ce cable permet d’alimenter et de transmettre les données à partir d’une foule de sismomètres, inclinomètres, échantillonneurs microbiens et autres instruments.
La plupart des instruments sont concentrés dans le centre de la caldeira de l’Axial qui mesure près de 3,5 km de large et 9 km de long. Elle est également parsemée de sources hydrothermales et de fumeurs noirs qui abritent des vers à tube ainsi que des microbes qui aiment la chaleur et se développent dans des conditions inhospitalières.
Il n’est pas facile d’atteindre le volcan sous-marin Axial. Il se trouve sous quelque 1500 mètres d’eau à environ 400 km au large des côtes. Sa dernière éruption remonte à avril 2011, mais les scientifiques ne s’en sont rendus compte que plusieurs mois plus tard, quand ils ont récupéré les instruments fonctionnant sur batterie qui avaient été déployés plus d’un an auparavant. Aujourd’hui, avec le nouveau réseau de câbles, ils peuvent surveiller le volcan quotidiennement.
Quand ils se rendront sur le site dans quelques mois, les chercheurs utiliseront des véhicules télécommandés et d’autres instruments destinés à observer le versant nord de l’Axial. Les signaux faibles émis par certains sismomètres pourraient indiquer que la lave a percé le plancher océanique. Les chercheurs voudraient aussi savoir si Axial est entré dans une phase plus active.

Source : The Seattle Times.

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drapeau anglaisFor quite a long time, US scientists at Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego and their colleagues have been studying Axial Seamount, an undersea volcano located about 400 km off the Oregon coast, at the Juan de Fuca Ridge (see my notes of August 11th and 23rd 2011, August 17th 2013 and August 4th 2014). The seamount is geologically complex, and its origins are still poorly understood.

Beginning Thursday, April 23rd 2015, the sensors recently set up in the seamount area recorded 8,000 small earthquakes in a 24-hour period. The volcano’s caldera, which had been swelling rapidly from an influx of magma, collapsed like a deflated balloon.

Scientists are debating whether to describe what transpired as an eruption, which means lava flowed onto the seafloor. However, no instruments were destroyed and there was no obvious temperature spike, so the magma might have oozed into subterranean fissures, forming a dike. The only way to find out what happened is to visit the site with a research vessel, which the scientists will do this summer.

Despite the ambiguity, the ability to monitor the submarine event as it unfolded marks a major milestone for the underwater observatory. Operated by the University of Washington, the network includes nearly 100 km of coaxial cable on the seafloor that powers and delivers data from scores of seismometers, tiltmeters, microbial samplers and other instruments.

Most of the instruments are concentrated in the volcano’s central caldera, which is nearly 3.5 km wide and 9 km long. The caldera is also dotted with hydrothermal vents and black smokers which harbour tube worms and heat-loving microbes that thrive in the inhospitable conditions.

Axial isn’t easy to get to. It lies under 1,500 metres of water and sits about 400 km offshore. The last time the volcano erupted was in April 2011, but scientists didn’t realize it until several months later, when they retrieved battery-operated instruments deployed more than a year before. Now with the new cable network, they can keep an eye on the volcano every day.

When they visit the volcano later this year, the researchers will use remotely operated vehicles and other instruments to scrutinize Axial seamount’s northern flanks. Faint signals from some of the seismometers may hint that lava has broken through the ocean floor. The researchers are also interested in the question of whether Axial is entering a more active phase.

Source: The Seattle Times.

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Sources:  Scripps Institution / The Seattle Times.

Le Mont Hood (Oregon) sous haute surveillance // Mount Hood to be closely monitored

drapeau francaisDans une note rédigée le 21 février 2014, j’indiquais que, dans une étude parue dans la revue Nature, des chercheurs de l’Université d’Oregon avaient conclu que la lave émise lors des dernières éruptions du Mont Hood, il y a 1500 ans et 220 ans, était restée stockée 100 000 ans sous le volcan. Les scientifiques avaient également analysé les cristaux à l’intérieur de la lave afin de connaître la température du magma qui lui avait donné naissance. Il en ressortait que le magma est resté à une température de 750°C, voire un peu moins. C’est donc au moment où le magma connaît une hausse de température que le volcan entre en éruption.

Au vu des résultats de cette étude, l’USGS et l’Observatoire Volcanologique des Cascades ont demandé à installer dans les meilleurs délais quatre stations de surveillance sur les hautes pentes du Mont Hood. Bien qu’il ne soit pas en éruption, le volcan rappelle qu’il est actif avec de fréquents séismes et des émissions de gaz et de vapeur dans la zone de Crater Rock, près du sommet. Ces stations amélioreraient la capacité des scientifiques à détecter les moindres signaux de réveil du volcan et permettraient de déterminer s’il représente une menace d’éruption imminente.
En 2005, l’USGS a qualifié le Mont Hood de volcan présentant « une très forte menace», en raison de son histoire éruptive, de l’activité actuelle et de la proximité des zones habitées. Le Mont Hood se dresse à environ 80 kilomètres à l’est de Portland.

Source : The Oregonian.

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drapeau anglaisIn a note written on February 21st 2014, I indicated that in a study published in the journal Nature University of Oregon researchers could determine that the lava from Mt. Hood’s last two eruptions – 220 years ago and 1,500 years ago – had been stored for up to 100,000 years beneath the volcano. The scientists also analyzed crystals that formed in the lava to determine how hot the magma had been for most of that time. The results show that magma has remained at or below 750°C. So it is only when the magma gets warmer than this that Mt. Hood will erupt.

After taking the results of this study into account, the U.S. Geological Survey and the Cascades Volcano Observatory have asked to install soon four volcano monitoring stations on the upper flanks of Mount Hood. Scientists say that although it’s not erupting, Mount Hood signals that it is an active volcano. The peak produces frequent earthquakes, and steam and volcanic gases are emitted in the area around Crater Rock near the summit. The stations would enhance scientists’ ability to detect subtle signals beneath the volcano and help determine whether it poses any threat of imminent eruption.

In 2005, the USGS designated Mount Hood as a “very high threat” volcano, due to its history of eruptions, current activity and closeness to downstream communities. The mountain is about 80 kilometres east of Portland.

Source : The Oregonian.

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Photo:  C.  Grandpey

Les leçons de l’éruption du Mont Ontake (Japon) // The lessons of Mount Ontake’s eruption (Japan)

drapeau francaisAprès la mort de 63 randonneurs pendant l’éruption du Mont Ontake en septembre dernier, le gouvernement japonais a annoncé qu’un système de surveillance permanente allait être mis en place sur les 50 volcans considérés comme les plus dangereux.
L’Agence Météorologique Japonaise (JMA) devra installer des équipes de crise (en relation avec les autorités locales) et créer des cartes de risques ainsi que des plans d’évacuation pour les habitants susceptibles d’être menacés par ces volcans.
Le Japon possède 110 volcans considérés comme actifs. 47 d’entre eux sont déjà sous surveillance, mais les mesures de gestion des catastrophes se sont avérées insuffisantes lorsque le Mont Ontake est entré brusquement en éruption le 27 septembre. Les 63 morts représentent le pire bilan d’une éruption volcanique au Japon depuis 1926, en sachant que plusieurs victimes sont encore sur la montagne, enfouies sous la boue.
Les parents des victimes ont critiqué l’absence d’un système d’alerte sur le volcan avant l’éruption. La catastrophe a montré que sur 130 municipalités proches des 47 volcans qui sont considérés comme dangereux, seules 20 ont des plans d’évacuation.
À la mi-décembre, la JMA a émis un bulletin d’alerte indiquant que le Mont Azumayama, à la limite entre les préfectures de Fukushima et de Yamagata, était susceptible d’entrer en éruption. De même, des alertes ont été émises en octobre pour les localités à proximité du Mont Iwo, sur l’île de Kyushu, après une série de petites éruptions.
Une commission de la JMA a par ailleurs suggéré que trois nouveaux volcans – les monts Hakkoda, Midagahara et Towada – soient ajoutés à la liste de surveillance prioritaire.
Source. The Japan Times.

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drapeau anglaisAfter the deaths of 63 climbers killed when Mount Ontake erupted in last September, the Japanese government has announced plans for a 24-hour monitoring system for the 50 volcanoes across the country considered most at risk.

The Japan Meteorological Agency will be required to set up crisis teams with local authorities and to create hazard maps and evacuation plans for residents likely to be under the threat of these volcanoes.

Japan has 110 volcanoes that are listed as active, with 47 already subject to monitoring, but the nation’s disaster preparedness plans were shown to be inadequate when Mount Ontake erupted without warning on September 27th. The 63 dead is the worst toll in a volcano eruption in Japan since 1926 with several of the dead still buried in the mud on the mountain.

Relatives of the victims were critical of the lack of an advance warning system on the peak before the eruption, with the disaster revealing that of 130 municipalities close to the 47 volcanoes that are considered at risk, just 20 have evacuation plans.

In mid-December, the Meteorological Agency issued a warning that Mount Azumayama, on the border of Fukushima and Yamagata prefectures, might erupt. Similarly, alarms were sounded in October for communities close to Mount Iwo, on the southernmost main island of Kyushu after a series of minor eruptions.

An agency committee has suggested that three new peaks – Mount Hakkoda, Mount Midagahara and Mount Towada – be added to the priority watch list.

Source. The Japan Times.

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Le Mont Ontake après l’éruption du 27 septembre 2014  (Crédit photo: JMA)

Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) sous haute surveillance // Close monitoring of the Piton de la Fournaise

drapeau francaisEn lisant Le Monde du 14 juillet entre deux séquences de défilé à la télé, j’ai appris que des chercheurs dont Florent Brenguier (membre de l’équipe franco-japonaise  qui a déclaré le Mont Fuji dans un « état critique »*) ont mis en place sur le Piton de la Fournaise un nouveau réseau de surveillance sismique composé de trois ensembles carrés de 500 mètres de côté incluant 100 capteurs chacun. Ces capteurs agiront comme des « télescopes » tournés non pas vers le ciel, mais vers l’intérieur du volcan, en particulier le cratère Dolomieu, jusqu’à trois kilomètres de profondeur, juste au-dessus du niveau de la mer. Selon Florent Brenguier, « avec les techniques de surveillance classiques, basées sur l’analyse directe des ondes sismiques, cette partie du volcan est invisible parce que située sous, et non pas sur la principale source de sismicité. L’idée du projet VolcArray est d’utiliser un signal bien plus ténu, mais aussi bien plus profond, pour visualiser cette région du volcan. » Le Piton de la Fournaise a donc intérêt à bien se tenir !

L’installation des capteurs s’est faite avec une météo exécrable à la fin du mois de juin, ce qui n’a pas facilité le travail des scientifiques. Comme le fait remarquer l’auteur de l’article, c’est le revers de la médaille du contrôle à distance des volcans au 21ème siècle. Il faut tout de même aller sur le terrain comme le faisaient les regrettés Krafft dans les années 1980-90. Belle occasion de penser à eux.

* Voir ma note du 9 juillet dernier.

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drapeau anglaisWhile reading Le Monde on July 14th between two sequences of the military parade on TV, I learned that researchers along whom Florent Brenguier (member of the Franco-Japanese team who said Mount Fuji was in a « critical condition » *) have set up on the Piton de la Fournaise a new seismic monitoring network composed of three sets of 500 square metres including 100 sensors each. These sensors will act as « telescopes » directed not toward sky, but toward the inside of the volcano, especially the Dolomieu crater, as deep as three kilometres, just above the sea level. According to Florent Brenguier, « with traditional monitoring techniques based on the direct analysis of seismic waves, this part of the volcano is invisible because it is located underneath, not above the main source of seismicity. The idea of ​​the VolcArray project is to use a much smaller but also much deeper signal, to view this part of the volcano ». The Piton de la Fournaise had better well behave!
The installation of the new sensors was performed with a very poor weather at the end of June, which did not facilitate the scientists’work. As the author of the article puts it, this is the flip side of the remote control of volcanoes in the 21st century. You still need to go on the field as did the Kraffts in the years 1980-1990. This is an opportunity to think about them.
* See my note of July 9.

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Le Piton de la Fournaise vu depuis l’espace en janvier 2009  (Crédit photo:  NASA)