Un volcan s’endort, un autre se réveille // One volcano is going to sleep, another is waking up

Dans un communiqué diffusé à 02h45 (heure locale) le 17 janvier 2022, l’OVPF indique que l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a pris fin ce même jour à 02h10. L’événement a été signalé par l’arrêt du tremor volcanique.
L’Observatoire précise, comme à l’accoutumée, qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité), compte tenu de signaux
sismiques qui sont toujours observés sous le sommet. Des rougeoiements sont toujours visibles et correspondent aux tunnels de lave qui se vidangent.

Source: OVPF.

Sans atteindre des sommets, cette éruption aura permis de réaliser de beaux clichés.

Un très bon article, bien illustré, sur la fin de l’éruption est à lire dans le Journal de l’Ile:

https://www.clicanoo.re/rubriques/societe/2022/01/17/videophotos-les-dernieres-heures-de-leruption

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L’INGV signale une intensification de l’activité explosive dans la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile). Bien que la visibilité soit réduite en raison de la couverture nuageuse, « une accumulation continue de matériaux pyroclastiques dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco entraîne le détachement de gros blocs incandescents qui roulent jusqu’à la côte. » On observe également la présence d' »une petit coulée de lave qui reste confinée à la partie supérieure » et « dont le front laisse échapper de gros blocs incandescents ». D’un point de vue sismique, on observe « une augmentation modérée de l’amplitude moyenne du tremor volcanique, avec des valeurs moyennes à faibles ».

Source: INGV.

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In an update issued at 2:45 a.m. (local time) on January 17th, 2022, OVPF indicates that the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) ended that same day at 2:10 a.m. The event was signaled by the cessation of the volcanic tremor.
The Observatory specifies, as usual, that no hypothesis is ruled out as to the evolution of the situation (definitive ending, resumption of activity), referring to the seismic signals that are still observed beneath the summit. Some glow is still observed on the eruptive site and corresponds to the lava tunnels which are draining.
Without reaching peaks, this eruption made it possible to take nice photos.
Source: OVPF.

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INGV reports an intensification of explosive activity in the northern crater area of Stromboli (Sicily). Although visibility is reduced due to cloud cover, « a continuous accumulation of pyroclastic material in the upper part of the Sciara del Fuoco results in the detachment of large incandescent blocks that roll down to the coast. » There is also « a small lava flow which remains confined to the upper part » and « whose front lets out large incandescent blocks ». From a seismic point of view, one observes « a moderate increase in the average amplitude of the volcanic tremor, with average to low values ».
Source: INGV.

Piton de la Fournaise (Photo: Christian Holveck)

Hawaii : influence de la pression atmosphérique sur l’éruption du Kilauea?

Si vous passez vos vacances à la montagne, vous aurez probablement remarqué que les nuages descendent de plus en plus bas quand une période de mauvais temps approche. Ces intempéries s’accompagnent d’une baisse de la pression atmosphérique à laquelle sont sensibles certains animaux.C’est ainsi que j’ai vu des chamois à quelques centaines de mètres au-dessus du parking du Pont St Charles à Val d’Isère. Un garde du Parc National de la Vanoise m’a confirmé ce comportement du rupicapra rupicapra en relation avec la pression atmosphérique

Les volcans sont également sensibles aux variations de la pression atmosphérique. Je l’ai expliqué dans une étude intitulée « Le volcan et le baromètre » dont le résumé figure sous l’entête de ce blog. J’avais observé une concomitance entre l’activité strombolienne et la pression atmosphérique sur le volcan qui a sonné son nom à ce type éruptif. Un jour, l’un des guides du Stromboli m’a dit, alors que les nuages descendaient sur le sommet du volcan et que cessait l’activité éruptive : « T’as vu, il a compris que le temps est en train de changer. » Les observations que j’ai effectuées par la suite sur l’île ont confirmé cette relation pression-éruption. Certaines personnes s’étonnent que la baisse de pression ne favorise pas, au contraire, une remontée plus facile du magma, mais il n’en est rien.

Au moment où j’effectuais mes recherches et rédigeais l’ébauche de mon étude, j’ai sollicité l’avis d’Haroun Tazieff avec qui je correspondais régulièrement. L’illustre volcanologue a montré une certaine réserve sur cette relation entre les phénomènes atmosphérique et éruptif. Selon lui, si une relation existait, elle ne pouvait être perçue que sur les « petits » volcans comme le Stromboli, mais pas sur des volcans mettant en jeu de très importants volumes de magma comme le Nyiragongo en RDC ou le Kilauea à Hawaii.

S’agissant du Kilauea, le volcan est actuellement en éruption depuis le mois de septembre 2021 avec la présence de la lave sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. Toutefois, cette nouvelle éruption n’a jamais atteint les sommets et on assistait jusqu’à ces derniers jours à un épanchement de lave plus qu’à un lac de lave digne de ce nom, comme celui qui s’est agité jusqu’en 2018.

Début décembre 2021, l’activité éruptive dans l’Halema’uma’u a marqué le pas, avec un déclin qui s’est soldé par l’absence totale de lave le 5 décembre. Le HVO a émis l’hypothèse de la fin de l’éruption. Au même moment, une vague de très mauvais temps s’approchait de la Grande Ile d’Hawaii où elle a provoqué des inondations, des vents violents avec des coupures de courant. La route qui fait le tour de l’île a même dû être fermée momentanément à cause de coulées de boue.

Cet épisode de très mauvais temps – avec une bonne couche de neige sur le Mauna Loa et le Mauna Kea – s’est accompagnée d’une chute spectaculaire de la pression atmosphérique qui est passée de 1016hPa, où elle se situe habituellement, à 1005 hPA, ce qui est un creux exceptionnel à Hawaii. Ces relevés ont été effectués à l’aéroport de Hilo.

L’activité du Kilauea étant faible faible au moment de cette situation météorologique, je me suis demandé s’il n’y avait pas un lien entre l’absence de lave dans le cratère et la chute de pression atmosphérique. Le 7 décembre, la webcam thermique montrait un timide retour de la lave dans l’Halema’uma’u. Il a été confirmé par les webcams conventionnelles. On observe actuellement un retour à la situation telle qu’elle était il y a une dizaine de jours. Cette réapparition de la lave s’est aussi accompagnée d’une amélioration des conditions météorologiques et d’une hausse de la pression atmosphérique.

La chute de la pression atmosphérique est-elle responsable de la baisse d’activité du Kilauea? S’agit-il d’une simple coïncidence? Seule Madame Pele serait capable de répondre à ces questions. Je lui demanderai la prochaine fois que je lui serrerai la main….

Photo: C. grandpey

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Dans son dernier bulletin du 7 décembre, le HVO confirme que l’éruption du Kilauea a redémarré dans la soirée du 6 décembre 2021, après une pause de 3 jours, à partir de la bouche située dans la partie ouest du cratère de l’Halema’uma’u. La lave a fait sa réapparition et a recouvert l’ancienne surface du lac de lave. Cette pause d’activité était la quatrième, mais aussi la plus longue depuis le début de l’éruption le 29 septembre. Aucune des pauses précédentes n’avait duré plus de 24 heures avant la reprise de l’activité éruptive.

Source: HVO

Le Stromboli et Vulcano inquiètent la presse italienne // Stromboli and Vulcano worry the Italian press

Hier soir, la presse sicilienne titrait: « Que se passe-t-il dans les Iles Eoliennes? » J’aurais envie de répondre: rien de très grave. C’est vrai que le Stromboli et la Fossa de Vulcano montrent ensemble des signes d’activité, mais ce n’est pas la première fois que se produit une telle situation.

A Stromboli, on observe ces jours-ci un débordement de lave dans la partie nord de la terrasse cratèrique tandis que l’activité strombolienne continue sans variation particulière. Cette situation se reflète dans le trémor qui conserve une certaine stabilité à un niveau moyen. La coulée de lave arrive à mi pente de la Sciara del Fuoco. Des blocs se détachent de son front et roulent jusque dans la mer.

De son côté, la Fossa di Vulcano inquiète les scientifiques et les autorités locales à cause des émissions de gaz, essentiellement de CO. Par précaution, les habitants du secteur autour du port doivent quitter leurs maisons entre 23 heures et 6 heures . En effet, les lits se trouvant à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol, la présence de CO2 pourrait devenir dangereuse pendant le sommeil. On a signalé la mort de chats sur l’île. Dans les années 1990, Haroun Tazieff m’avait dit qu’il était fréquent de trouver des cadavres de petits animaux au niveau du cratère. L’accès aux bains de boue et à la plage de Levante est également interdit.. Le maire de Lipari a demandé à l’ARPA d’effectuer des mesures précises des gaz avec avec des équipements sophistiqués pour vérifier à quels endroits se situe les émissions dans la zone rouge.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la situation actuelle à Vulcano me rappelle celle que j’ai connue et pour laquelle j’ai effectué des mesures dans les années 1990. Je ne serais pas surpris que cette année encore, la situation redevienne progressivement normale sans qu’une éruption se produise. La dernière ayant eu lieu en 1890, une surveillance étroite du volcan doit toutefois être assurée.

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Last night, the Sicilian press headlined: « What’s going on in the Aeolian Islands? » I would like to answer: nothing very serious. It is true that Stromboli and Fossa di Vulcano together show signs of unrest, but this is not the first time that such a situation has occurred.

At Stromboli, there is currently a lava overflow in the northern part of the crater terrace while Strombolian activity continues without any significant fluctuation. This situation is reflected in the tremor which keeps a certain stability at a medium level. The lava flow travels down mid-slope on the Sciara del Fuoco. Blocks detach from its front and roll into the sea.

For its part, the Fossa di Vulcano worries scientists and local authorities because of gas emissions, mainly CO. As a precaution, residents of the area around the port must leave their homes between 11 p.m. and 6 a.m. Indeed, the beds being a few tens of centimeters above the ground, the presence of CO2 could become dangerous during sleep. Cat deaths have been reported on the island. In the 1990s, Haroun Tazieff told me that it was common to find the corpses of small animals at the crater. Access to the mud baths and the Levante beach is also prohibited. The mayor of Lipari has asked ARPA to carry out accurate gas measurements with sophisticated equipment to check where the emissions are. in the red zone.
As I put it previously, the current situation iat Vulcano reminds me of the one I experienced and for which I carried out measurements in the 1990s. I would not be surprised if again this year the situation gradually returned to normal. without an eruption occurring. The last one took place in 1890, so close monitoring of the volcano should be performed.

Le Stromboli le 25 novembre 2021 (capture écran webcam)

Une nouvelle approche des éruptions du Stromboli (Sicile) // A new approach to the eruptions of Stromboli (Sicily)

En lisant le journal La Sicilia, on apprend que les scientifiques ont utilisé une nouvelle approche et un nouvel algorithme pour analyser les données de surveillance du Stromboli. Cela a permis de mettre en évidence d’autres signaux et mécanismes possibles à surveiller au cours des phases d’activité du volcan..
Cette nouvelle approche est proposée par une étude intitulée « The 2019 Eruptive Activity at Stromboli Volcano: A Multidisciplinaire Approach to Reveal Hidden Features of the » Unexpected »3 July Paroxysm » [L’activité éruptive du Stromboli en 2019: Approche multidisciplinaire révélant les phénomènes cachés lors du paroxysme « inattendu » du 3 juillet]. L’étude a été récemment publiée dans la revue internationale de MDPI ‘Remote Sensing’.
L’étude, menée par une équipe de chercheurs de l’INGV en collaboration avec le professeur Roberto Scarpa de l’Université de Salerne et avec le professeur Carmelo Ferlito de l’Université de Catane, a été réalisée en analysant a posteriori les signaux qui ont précédé le paroxysme du 3 juillet 2019 sur le Stromboli..
L’un des auteurs de l’étude indique qu’« en observant d’un point de vue nouveau les données qui sont normalement acquises sur le Stromboli par les réseaux de surveillance multiparamétriques, nous avons pu reconstituer la séquence d’activité qui a précédé l’événement du 3 juillet 2019. » En analysant l’ensemble des données disponibles (données géodésiques, satellitaires, caméras, données thermiques et de déformation du sol acquises grâce à des instruments de haute précision), les chercheurs ont découvert de possibles changements dans le comportement du volcan qui pourraient être mis en évidence dans les instants précédant immédiatement la crise paroxystique.
Selon un autre auteur de l’étude, « des paroxysmes comme celui du 3 juillet sont particulièrement dangereux car ils produisent des signaux extrêmement difficiles à interpréter : nombre d’explosions ou d’événements VLP, ou d’événements sismiques à basse fréquence typiques des volcans actifs, qui ne subissent pas une augmentation significative dans les phases précédant un paroxysme. À partir de ces considérations, nous nous sommes concentrés sur certains paramètres spécifiques, tels que les signaux haute fréquence enregistrés par les dilatomètres, capteurs placés dans un forage profond d’environ 200 mètres sous la surface et qui mesurent les plus petites variations de déformations du sol. Nous avons remarqué que ces signaux correspondaient en fait aux signaux VLP enregistrés par les sismographes, mais ils avaient une forme d’onde spécifique qui, avant le 3 juillet, a brusquement changé.»
De plus, les images prises par les caméras de surveillance présentes à Stromboli ont été réanalysées à l’aide d’un algorithme automatique. Ce faisant, les chercheurs ont remarqué une augmentation de l’intensité et de l’énergie des explosions du volcan à partir d’environ un mois avant le paroxysme de début juillet.

Les scientifiques pensent que cette approche et le modèle proposé peuvent être très prometteurs pour le suivi éruptif du Stromboli.

Source: INGV, La Sicilia.

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Reading the newspaper La Sicilia, we learn that scientists have used a new approach and a new algorithm to analyze Stromboli surveillance data. This made it possible to highlight other possible signals and mechanisms to be monitored during the phases of the volcano’s activity.
This new approach is proposed by a study entitled « The 2019 Eruptive Activity at Stromboli Volcano: A Multidisciplinary Approach to Reveal Hidden Features of the » Unexpected « 3 July Paroxysm. » It was recently published in MDPI’s international journal ‘Remote Sensing’.
The study, carried out by a team of INGV researchers in collaboration with Professor Roberto Scarpa from the University of Salerno and with Professor Carmelo Ferlito from the University of Catania, was carried out by analyzing a posteriori the signals that preceded the paroxysm of July 3rd, 2019 on Stromboli.
One of the authors of the study indicates that « by observing from a new point of view the data which are normally acquired on Stromboli by multiparametric monitoring networks, we were able to reconstruct the sequence of activity that preceded the event of July 3rd, 2019.” By analyzing all the available data (geodetic, satellite, cameras, thermal and soil deformation data acquired using high-precision instruments), the researchers discovered possible changes in the behavior of the volcano that could be highlighted in the moments immediately preceding the paroxysmal crisis.
According to another study author, “paroxysms like the one on July 3rd are particularly dangerous because they produce signals that are extremely difficult to interpret: number of explosions or VLP events, or low frequency seismic events typical of active volcanoes, which do not undergo a significant increase in the phases preceding a paroxysm. From these considerations, we focused on some specific parameters, such as the high frequency signals recorded by dilatometers, or sensors placed in a deep borehole about 200 meters below the surface and which measure the smallest variations in soil deformations. We noticed that these signals actually matched the VLP signals recorded by the seismographs, but they had a specific waveform that suddenly changed before July 3rd. ”
In addition, the images taken by the surveillance cameras present at Stromboli were reanalyzed using an automatic algorithm. In doing so, the researchers noticed an increase in the intensity and energy of the volcano’s explosions from about a month before the peak in early July.
Scientists believe that this approach and the proposed model may be very promising for the eruptive monitoring of Stromboli.
Source: INGV, La Sicilia.

L’éruption du 3 juillet 2019 (Crédit photo: ANSA)