Activité sismique près du Mont St Helens (Etats Unis) // Seismic activity close to Mount St Helens

drapeau francaisLes géologues de l’ISGS ont enregistré une séquence inhabituelle de séismes au cours des dernières semaines près du mont St. Helens. L’essaim, qui comprenait des événements de M 3,7 ; M 3,4 et M 3,1 le 23 Août, a commencé le 2 Août avec une secousse de M 3.1. Les secousses se sont produites à environ 20 km au nord-ouest du Mont St. Helens, à une profondeur de16 km.
Quelque120 séismes au total ont été enregistrés depuis le début de l’essaim. La population de Battle Ground, dans le comté de Clark, a déclaré avoir ressenti l’événement de M 3,7 le 23 Août, mais depuis, les choses se sont calmées. Le dernier séisme mesurable était d’une magnitude de 0,6 le 27 Août.
Ces séismes sont liés à des failles dans la croûte terrestre et non au volcan. Il y a dans cette zone beaucoup de petites fractures dans la croûte terrestre liées à la tectonique des plaques et à la zone de subduction de Cascadia, où la plaque Juan de Fuca glisse sous la plaque nord-américaine.
Des séismes ont lieu dans cette région depuis des siècles. Ce qui est un peu étrange ces derniers temps, c’est leur répartition. Habituellement, le plus fort vient en premier alors que  cette fois le plus fort a été détecté quelques semaines après la première secousse.
Une activité similaire a été enregistrée sur le versant sud du Mont Hood, avec 16 séismes de faible intensité ; le plus important a atteint M 2,0 le 26 Août.

Source : The Seattle Times.

 

drapeau anglaisUSGS geologists have been tracking an unusual sequence of earthquakes in recent weeks near Mount St. Helens. The swarm, which included M 3.7, M 3.4 and M 3.1 events on August 23rd, started on August 2nd with an M 3.1. They are occurring at about 20 km northwest of Mount St. Helens at a depth of about 16 km.

About 120 earthquakes in total have been recorded since the swarm began. People in Battle Ground, Clark County, reported feeling the M 3.7 event on August 23rd, but since then things have tapered off. The last measurable quake was a 0.6 magnitude on August 27th .

The earthquakes are related to faults in the Earth’s crust and not to the volcano. There are many small fractures in the crust related to plate tectonics and the Cascadia subduction zone, where the Juan de Fuca plate is sliding beneath the North America plate.

Such earthquakes have occurred in that area for centuries. What is a little unusual this time is the sequence of earthquakes. Usually the largest one is first, but this time the largest one came a few weeks after the first one.

Similar activity has been recorded on the south side of Mount Hood, with 16 small earthquakes the largest of which reached M 2.0 on August 26th.

Source : The Seattle Times.

 

Reventador & Tungurahua (Equateur)

drapeau francaisL’activité reste soutenue sur le Reventador avec des explosions plus ou moins fortes. S’agissant de la sismicité, on enregistre quotidiennement des épisodes de tremor ainsi que plusieurs dizaines d’événements longue période correspondant à des mouvements de magma à l’intérieur de l’édifice. La couverture nuageuse empêche, la plupart du temps, de distinguer le sommet du volcan.

L’activité reste soutenue également sur le Tungurahua avec des explosions qui font vibrer les vitres des maisons, des projections de blocs qui roulent sur les flancs du volcan et des émissions de cendre qui retombe sur des villages comme Choglontus. D’un point de vue sismique, on enregistre un nombre importants d’événements longue période ainsi que plusieurs épisodes de tremor. Comme pour le Reventador, les nuages cachent le plus souvent le sommet du volcan.

Source : IGEPN.

 

drapeau anglaisActivity remains elevated on Reventador with explosions that are more or less strong. As far as seismicity is concerned, daily episodes of tremor and dozens of long period events corresponding to the movement of magma inside the building are recorded. Most of the time, the clouds prevent from seeing the top of the volcano.

The activity also remains elevated on Tungurahua with explosions that vibrate the windows of houses, projections of blocks that run down the flanks of the volcano and ash emissions causing ashfall on villages like Choglontus. From a seismic point of view, there has been a significant number of long-term events as well as several episodes of tremor. Just like Reventador, clouds usually hide the summit of the volcano.
Source: IGEPN.

White Island (Nouvelle Zélande): Sismicité en baisse // Seismicity is declining

drapeau francaisLes sismos montrent que la crise sismique signalée dans ma note du 26 juillet est sur le déclin et on s’oriente vers un retour à la normal. Les webcams montrent toutefois que l’incandescence persiste sur le petit dôme au cœur du cratère.

 

drapeau anglaisSeismographs show that the seismic crisis mentioned in my post of July 26th is declining and that the situation is going back to normal. However, the webcams show that incandescence is still present on the small dome inside the crater.

White-Island-blog

 

Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

Lusi-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)