Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

Lusi-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Tungurahua (Equateur)

drapeau francais9 heures: Dans son rapport du 26 juillet 2013, l’Institut Géophysique indique que l’activité du Tungurahua montre des changements tout en se maintenant à un niveau élevé. On observe actuellement une diminution progressive du nombre d’explosions et d’émissions gazeuses et cendreuses ainsi que de leur énergie. Ainsi, la hauteur des colonnes éruptives est inférieure à 1,5 km au-dessus du cratère.
Alors que l’activité de surface a diminué, la déformation des versants du volcan maintient une tendance inflationniste, notamment sur le flanc ouest. En outre, l’activité sismique reste à des niveaux jugés modérés à élevés alors que l’énergie du tremor – associé aux mouvements internes des fluides magmatiques – a diminué par rapport à celle observée les jours précédents.
Au vu de ce qui précède, l’Institut Géophysique pense que deux scénarii peuvent être envisagés :
Scénario 1. Le magma reste stocké dans le système d’alimentation (à des profondeurs allant de 1 à 3 km), ce qui signifierait qu’un nouveau bouchon s’est formé dans le conduit volcanique. Cette situation pourrait déboucher sur une violente activité explosive dans les prochaines semaines, avec apparition de coulées pyroclastiques.
Scénario 2. Le magma stocké à 1 – 3 km de profondeur remonte normalement vers la  surface et donne naissance à court terme à une nouvelle phase d’activité caractérisé par des explosions modérées à fortes avec des retombées de cendre plus intenses.

Dans tous les cas, il est recommandé aux populations situées à proximité du Tungurahu  de rester dans des zones sûres, et aux autorités de suivre attentivement l’évolution de l’activité volcanique sur les heures et les jours à venir à travers les informations émises par L’Institut Géophysique.

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18 heures : L’Institut Géophysique indique que depuis ce matin à 6h26 (heure locale) on enregistre une nouvelle augmentation de l’activité du volcan, avec de fortes explosions et une colonne de cendre d’environ 1,5 km de hauteur. L‘explosion de 07h23 a généré une petite coulée pyroclastique. Des retombées de cendre ont été observées  dans la ville de Mocha.

 

drapeau anglais9:00: In its report of 26 July 2013, the Geophysical Institute indicates that the activity of Tungurahua shows changes while maintaining a high level. There is currently a progressive decrease in the number of explosions and gas or/and ash emissions and in their energy. Thus, the height of the eruptive column is less than 1.5 km above the crater.
While surface activity is decreasing, deformation of the slopes of the volcano maintains an inflationary trend, especially on the western side. In addition, seismic activity remains at levels considered moderate to high, while the energy of the tremor – internal movements associated with magmatic fluids – has decreased compared to the observations of the previous days.
This situation has led the Geophysical Institute to imagine two possible scenarios:
Scenario 1. The magma is stored in the feeding system (at depths ranging from 1 to 3 km), which would mean a new plug has formed in the volcanic conduit. This could lead to violent explosive activity in the coming weeks, with the appearance of pyroclastic flows.
Scenario 2. The magma stored at depths of  1-3 km normally rises to the surface and gives birth in the short term to a new phase of activity characterized by moderate to heavy explosions with more intense ashfall.

In all cases, people located near the Tungurahu are strongly advised to stay in safe areas. Local authorities should closely monitor the evolution of volcanic activity in the coming hours and days through the information transmitted by The Geophysical Institute.

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18 :00 : The Geophysical Institute says that since this morning at 6:26 (local time) there has been a further increase in the activity of the volcano, with loud explosions and a column of ash about 1.5 km high. The explosion that occurred at 7:23 generated a small pyroclastic flow. Ashfall was observed in the city of Mocha.

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Le Tungurahua ce matin  (Crédit photo: Institut Géophysique)

Sabancaya (Pérou): Hausse de l’activité sismique

drapeau francaisL’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indique qu’un essaim sismique intense (jusqu’à 1.500 événements par jour) est enregistré depuis plusieurs jours sous le Sabancaya, avec un événement de M 5.9 le 16 Juillet. L’essaim inclut principalement des séismes volcano-tectoniques correspondant une fracturation de roche qui pourrait être causée par l’intrusion de magma. Selon l’IGP, l’activité sismique est actuellement en baisse, et aucun changement d’activité n’a été observé sur le volcan.

Vous pourrez lire l’histoire éruptive récente du Sabancaya et la découverte d’une momie inca sur son voisin, le Mont Ampato, dans mon dernier livre « Killer Volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisThe Geophysical Institute of Peru (IGP) indicates that an intense seismic swarm (up to 1,500 events per day) has occurred for several days beneath Sabancaya volcano with an M 5.9 event on July 16th. The swarm mainly includes volcanic-tectonic quakes corresponding with rock fracturing that might be caused by magma intrusion. According to IGP, seismic activity is currently decreasing and no change of activity has been observed on the volcano.

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Vue du Sabancaya (au premier plan) et du Mont Ambato  (Crédit photo:  Wikipedia)

Mammoth Mountain (Madera County / Californie)

drapeau francaisA côté des volcans actifs qui émettent des panaches de cendres et des coulées de lave, il y a d’autres volcans qui demeurent actifs tout en étant plus discrets. L’un d’eux est Mammoth Mountain, dans le secteur oriental des Sierra Nevada Mountains, une chaîne volcanique qui s’étend dans le comté de Madera en Californie. Il n’y a pas eu d’éruption majeure depuis des milliers d’années, mais la menace est toujours présente.
Les deux cônes de scories que l’on peut voir depuis le sommet de la montagne sont les plus jeunes volcans de cette chaîne. Leur dernière éruption remonte à environ 9.000 ans. L’activité volcanique a commencé par une éruption cataclysmale qui a envoyé des cendres vers l’est jusqu’à Nebraska il y a environ 750.000 années.

Plus récemment, l’activité sous les flancs de Mammoth Mountain a consisté en émissions de CO2 dans la région du Horseshoe Lake. Selon les géologues, les arbres morts sont la preuve que quelque chose se passe sous terre. « L’activité volcanique fait remonter le dioxyde de carbone qui tue les racines des arbres. On ne peut pas le voir ni le sentir, mais si vous restez couché suffisamment de temps sur le sol, il peut vous tuer. En 2006, trois membres d’une patrouille de ski sont morts quand ils sont tombés dans une bouche qui émettait du CO2 sur Mammoth Mountain.
L’eau de la rivière est chauffée à haute température par le magma qui sommeille à quelque 8 kilomètres sous la surface. C’était autrefois un endroit très populaire pour la baignade jusqu’à ce que l’eau devienne trop chaude pour y plonger le corps.
Des séismes sont régulièrement ressentis dans la région, à raison de 30 ou 40 événements par jour. Un séisme de M 6,8 s’est produit dans les années 1980. Il a causé 2 millions de dollars en dommages matériels et plusieurs blessés mais aucun décès.
Malgré la fréquence des petits tremblements de terre, la ville de Mammoth Lakes et le volcan de Mammoth Mountain sont des destinations touristiques populaires. Les géologues admettent qu’il est difficile de dire si une éruption peut avoir lieu dans un proche avenir. « Le risque d’une éruption importante est environ de un sur cent, semblable au risque d’un tremblement de terre majeur sur la faille de San Andreas près de San Francisco. »
Source: ABC News.

 

drapeau anglaisBeside active volcanoes emitting ash plumes or lava flows, there are other volcanoes that remain active while being more discreet. One of them is Mammoth Mountain, a peak on the east side of the Sierra Nevada Mountains, a volcanic range that stretches into Madera County in California. There hasn’t been any major eruption in thousands of years, but the threat is still there.

The cinder cones to be seen from the top of the mountain are the two youngest volcanoes in this chain. They last erupted about 9,000 years ago. Volcanic activity started with an eruption roughly 750,000 years ago; it was a cataclysmic eruption that sent ash as far east as Nebraska.

In more recent times, activity beneath the flanks of Mammoth Mountain has consisted of CO2 emissions in the Horseshoe Lake area. According to geologists, dead trees are evidence something is going on underground. “The volcanic activity is pushing carbon dioxide up into the trees killing their roots. You can’t see it or smell it but if you laid down long enough it would likely kill you”. In 2006 three members of a ski patrol were killed when they fell into a carbon dioxide vent on Mammoth Mountain.

The river water is heated to nearly boiling by molten rock 8 kilometres below the surface. It used to be a popular place to swim until the water became too hot to bathe in.

Earthquakes are regularly felt in the area, at a rate of 30 or 40 events per day. An M 6.8 quake occurred in the 1980s. It caused $2 million in property damage and several injuries but no deaths.

Despite frequent small quakes, the town of Mammoth Lakes and especially Mammoth Mountain volcano are popular tourist destinations. Geologists admit it is hard to say if an eruption may take place in the near future. “Chances of a significant eruption are about one in one hundred, similar to the chances of a major earthquake on the San Andreas Fault near San Francisco. »

Source : ABC News.

Mammoth-Mountain

(Crédit photo:  Wikipedia)