C’est sûr: L’Öræfajökull (Islande) montre des signes de réveil // Öræfajökull (Iceland) is showing sure signs of unrest

Le 20 juin 2018, j’ai écrit une note intitulée «Si Öræfajökull (Islande) entrait en éruption». J’expliquais que si une éruption majeure devait se produire, elle pourrait paralyser tout le trafic aérien en Europe pendant des jours.
La Protection Civile islandaise vient de publier une nouvelle mise à jour concernant le statut du volcan. Le rapport précise qu’il montre des signes évidents d’activité, avec une phase d’inflation qui dure depuis au moins un an et demi.
La Protection Civile ajoute que l’inflation se poursuit encore aujourd’hui et s’accompagne d’une hausse significative de la sismicité. Ces deux paramètres ne montrent aucun répit, malgré un déclin de l’activité géothermale depuis le mois de décembre 2017.
Les scientifiques pensent que la cause probable de l’inflation est une injection de magma juvénile. Le volume de l’édifice volcanique depuis la reprise de l’activité s’est accru d’environ 10 millions de mètres cubes, ce qui est semblable à l’intrusion  magmatique observée sur l’Eyjafjallajökull quelques années avant l’éruption de 2010.
De plus, de nouvelles mesures de résistivité indiquent la présence de roches altérées par l’activité géothermale à de faibles profondeurs à l’intérieur de la caldeira. Cela correspond à l’activité géothermale à haute température observée par intermittence sur de nombreux autres volcans.
En se référant à des scénarios éruptifs possibles, les scientifiques pensent que l’Öræfajökull se trouve dans une phase pré-éruptive typique dont l’évolution temporelle et le résultat sont inconnus, nouvelle preuve que notre aptitude à prévoir les éruptions est très limitée. Selon eux, une augmentation de l’activité géothermale provoquant des inondations et des émissions de gaz fait partie des scénarios possibles.
En cas d’éruption soudaine de l’Öræfajökull, la Protection Civile a élaboré un plan d’évacuation d’urgence. Le nombre d’instruments de surveillance a été augmenté sur et autour du volcan. Les efforts de recherche ont également été intensifiés pour essayer de mieux comprendre l’augmentation de l’activité sismique et de l’inflation du volcan ainsi que les changements dans l’activité géothermale sous-glaciaire. Les opérateurs de télécommunications ont amélioré la couverture des téléphones cellulaires dans la région.
Le dernier épisode éruptif de l’Öræfajökull a commencé en août 1727 et a pris fin en mai 1728. Il avait un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 4 et a causé la mort de trois personnes. Avant cela, le volcan s’est manifesté en 1362. Cet événement avait un VEI de 5 ; c’est la plus grande éruption explosive jamais observée Islande. Le volcan a rejeté d’énormes quantités de téphra et a détruit la région de Litla-Hérað par les inondations et les retombées de téphra. Plus de 40 années se sont écoulées avant que les gens reviennent s’installer dans la région connue sous le nom d’Öræfi.
Les documents historiques de l’éruption de 1727 indiquent qu’une intense activité sismique s’est produite quelques jours avant cet événement. Les fouilles archéologiques des fermes détruites par l’éruption de1362 confirment ces observations.
Le Met Office islandais et la Protection Civile ont fait passer la couleur de l’alerte aérienne du vert au jaune le 17 novembre 2017, mais cette alerte a été ramenée au VERT le 4 mai 2018.
Sources: Revue islandaise, Icelandic Met Office, The Watchers

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On June 20th, 2018, I wrote a post entitled « If Öræfajökull erupted in Iceland”. I explained that if a major eruption were to occur, it could paralyse all air traffic across Europe for days on end.

The Department of Civil and Emergency Management in Iceland has just issued a new status for the volcano saying that it is showing clear signs of unrest, with an inflation phase for at least a year and a half.

The Icelandic Department of Civil Protection has indicated that inflation is ongoing and is reflected by increased seismicity. Both parameters show no signs of decrease despite a decline of geothermal activity since last December.

Scientists think the likely cause of the inflation an injection of new magma. The volume change since the start of the unrest is of the order of magnitude of 10 million cubic metres, comparable to the intrusion activity in Eyjafjallajökull some years before the eruption in 2010.

New resistivity measurements indicate the presence of geothermally altered rocks at shallow levels inside the caldera consistent with intermittent high-temperature geothermal activity as seen in many other volcanoes.

Referring to possible scenarios and hazards, scientists said that Öræfajökull is in a typical preparation stage before an eruption but the temporal evolution and the outcome is unknown. Increase in the geothermal activity with associated floods and gas release is a possible scenario.

Should a sudden eruption of Öræfajökull occur, Civil Protection has devised an emergency evacuation plan. The number of instruments for volcano monitoring has been increased on and around the volcano. Rresearch efforts have aso been developed to deepen the understanding of increased seismic activity, increased inflation of the volcano as well as changes in subglacial geothermal activity. Telecommunications operators have improved cell phone coverage in the area.

The last eruptive episode of this volcano started in August 1727 and ended in May 1728. It had a Volcanic Explosivity Index (VEI) of 4 and was responsible for deaths of three people. Before that, the volcano erupted in 1362. This event had a VEI of 5 and was Iceland’s largest historical explosive eruption. The volcano ejected huge amounts of tephra and destroyed the district of Litla-Hérað by floods and tephra fall. More than 40 years passed before people again settled the area, which became known as Öræfi.

Historical records from the eruption in 1727 indicate that an intense earthquake activity occurred some days before the eruption. Archaeological excavation of farms ruined by the eruption in 1362 further supports these records.

The Icelandic Met Office and Civil Protection raised the aviation colour code from Green to Yellow on November 17th, 2017. But the alert was lowered back to Green on May 4th, 2018.

Sources: Iceland Review, Icelandic Met Office, The Watchers.

Vue du sommet de l’Öræfajökull (Crédit photo: Wikipedia)

Kilauea (Hawaii): Mauvaises nouvelles // Bad news

Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que la Fracture n° 8 continue d’envoyer de la lave en grande quantité dans le chenal surélevé qui la conduit en direction du nord-est vers Kapoho. Une fois arrivée dans ce secteur, la majeure partie de la lave prend la direction du sud vers Pohoiki.
Comme je l’ai écrit précédemment, la lave a envahi Ahalanui Beach Park dans la soirée du 11 juillet, détruisant une autre destination très populaire du district de Puna. Le parc, plus connu sous le nom de «Warm Ponds», a été recouvert par la lave peu de temps avant que l’école Kua O Ka La, sur la Highway 137, subisse le même sort.
La destruction du parc fait suite à celle des Tide Pools de Kapoho et des « Champagne Ponds», deux destinations populaires au bord de l’océan qui ont été détruites lorsque la lave a envahi Kapoho Bay au début du mois de juin.
Isaac Hale Beach Park est également sous la menace de la lave. Le parc se trouve entre la coulée de lave émise par la Fracture n° 8 et un ancien bras de coulée qui a atteint l’océan au sud de Pohoiki Road à la fin du mois de mai. Le parc est donc réellement menacé de destruction lui aussi, même si la direction emprunté par la coulée peut changer à tout moment. Les géologues du HVO indiquent que la lave ne constitue pas une menace immédiate pour Isaac Hale Beach Park car il lui faudrait pour cela se déplacer latéralement le long de la côte pour l’atteindre (voir carte ci-dessous). Le problème est que c’est l’avancée de la lave vers le sud, entre Kapoho et Ahalanui, qui a détruit les Warm Ponds, et Isaac Hale est en plein sur cette trajectoire.
Le HVO confirme que l’entrée de la lave dans l’océan à Ahalanui est « vigoureuse » et produit un panache dense de vapeur et de gaz. Le front d’écoulement présente maintenant une largeur de 6 kilomètres et l’entrée de lave la plus fournie se trouve dans le secteur d’Ahalanui.
Au sommet du Kilauea, l’activité sismique reste inchangée, avec explosions correspondant à des effondrements. Elles libèrent une énergie équivalente à des séismes de M 5,0 qui sont précédés chaque jour par des centaines de petites secousses. Il est vivement conseillé aux habitants de la zone sommitale du Kilauea de bien contrôler leurs maisons pour s’assurer qu’il n’y a pas de signes de dégâts causés par l’activité sismique. Ces signes comprennent des fissures dans les murs, des portes qui  ferment mal, des débris inexpliqués près des joints de murs et de sols, ou des fissures dans les fondations ou les piliers;
Source: HVO, journaux hawaïens.

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In its latest updates, HVO reported that Fissure 8 continues to erupt lava into the perched channel heading northeast from the vent toward Kapoho. The majority of the flow is now heading south toward Pohoiki.

As I put it before, lava consumed Ahalanui Beach Park on Juky 11th in the evening, destroying yet another very popular Puna destination. The park, commonly known as “Warm Pond,” was buried by lava shortly before Kua O Ka La Public Charter School on Highway 137 likewise was destroyed.

The park’s destruction follows the loss of the Kapoho tide pools and “Champagne Ponds,” both popular oceanside destinations that were lost when lava filled Kapoho Bay in early June.

One more beach park — Isaac Hale Beach Park — remains between the ongoing fissure 8 lava flow from Kilauea and an earlier branch of the flow that reached the ocean south of Pohoiki Road in late May. The fate of the park is concerning, although the direction of the flow could change at any time. HVO geologists indicate that the lava does not pose an imminent threat to Isaac Hale Park because it would have to travel laterally along the coast to reach it. The problem is that it was the flow’s southward advance that destroyed the Warm Ponds when it moved from Kapoho to Ahalanui, and Isaac Hale is down the line.

HVO confirm that the lava entry into Ahalanui is “vigorous” and producing a dense laze plume. The flow front is now 6 kilometres wide, with the majority of the flow directed toward the Ahalanui ocean entry.

At Kilauea summit, seismic activity continues in much the same way it has for the past several weeks, with collapse-explosion events releasing energy equivalent to M 5.0 earthquakes, and preceded by hundreds of smaller quakes each day. Residents living in Kilauea’s summit area are strongly advised to closely examine their property for signs of earthquake damage, which might not be immediately obvious. Possible signs of quake damage include cracks in walls, doors that no longer close easily, unexplained debris near wall and floor joints, or cracks in foundations or pillars ;

Source: HVO, Hawaiian newspapers.

Panache de gaz et de vapeur s’élevant du site d’Ahalanui Beach Park qui nient d’être envahi par la lave (Crédit photo : USGS / HVO)

Source: USGS

Sommet du Kilauea (Hawaii): Et maintenant? // Kilauea summit (Hawaii): What next ?

Au cours d’une réunion publique tenue à Volcano le 5 juillet 2018, les géologues de l’USGS ont admis qu’ils ne savaient pas pendant combien de temps l’éruption allait de poursuivre et ce qui allait se passer dans les prochains jours. Cependant, ils ont voulu rassurer la population locale en disant qu’il était très improbable que l’activité sismique au sommet du Kilauea atteigne des niveaux catastrophiques.
Les géologues ont insisté sur le fait que l’activité sismique sur le Kilauea allait continuer comme elle l’a fait au cours des deux derniers mois. Ils ont expliqué pourquoi : Après l’apparition de la lave dans le secteur de Lower Puna le 3 mai, le lac de lave du Kilauea a commencé à se vidanger, ce qui a entraîné des affaissements et des effondrements dans le cratère de l’Halema’uma’u, dont la taille a plus que doublé depuis le début de l’éruption. L’affaissement du fond du cratère s’accompagne régulièrement de séismes qui correspondent à une libération d’une énergie équivalente à un événement d’une magnitude de M 5.0, suivi chaque jour de centaines de séismes de moindre intensité.
Un responsable de la Protection Civile a déclaré que les habitants de Volcano, en particulier ceux dans les zones les plus isolées, devaient être prêts à quitter la région rapidement en cas de catastrophe. Le nord serait la direction à emprunter si un tel événement devait se produire. En effet, dans le cas très improbable où une augmentation de l’activité sismique produirait des coulées pyroclastiques, elles se dirigeraient sûrement vers le sud et le sud-ouest, bien qu’elles puissent aussi aller vers le nord.
Un autre danger serait un effondrement majeur du cratère de l’Halama’uùa’u qui affecterait des zones situées en dehors du rayon de la caldeira. Un tel événement s’est produit il y a 2200 ans, époque où la caldeira était beaucoup plus grande qu’elle ne l’est maintenant.
Même sans activité catastrophique, l’éruption du Kilauea a causé des dégâts considérables à la zone sommitale. Le bâtiment du HVO, situé près de l’Halema’uma’u, est devenu inutilisable, avec des fissures importantes sur les planchers du bâtiment et des chutes de dalles de plafond. Un trou béant d’environ 1,50 mètre de diamètre et jusqu’à 1,50 mètre de profondeur s’est formé le 5 juillet sur la Highway 11 près de la borne 30. Il convient de noter que ce trou n’est pas lié à des tunnels de lave du Kilauea ; il s’agit juste d’un affaissement de terrain provoqué par la sismicité quasi constante au sommet. La Protection Civile va prévoir des déviations au cas où d’autres routes deviendraient impraticables.

Personne ne sait si la lave reviendra au sommet du Kilauea. Si elle devait faire sa réapparition, un tel événement serait probablement accompagné d’explosions de vapeur potentiellement dangereuses
Source: Hawaii Tribune Herald.

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During a public meeting held at Volcano on July5th, 2018, USGS geologists admitted they did not know long long the eruption would go on and what would happen next. However, they reassured local residents saying it was highly unlikely that seismic activity at the summit of Kilauea would escalate to catastrophic levels.

Geologists emphasized that the pattern of seismic activity at Kilauea would continue as it has for the past two months. They explained that after lava broke out in Lower Puna on May 3rd, the lava lake at Kilauea receded, causing ground subsidence and collapses around Halema‘uma‘u crater, which has more than doubled in size since the eruption began. The recession of the crater floor is accompanied by periodic tremors that release energy equivalent to an M 5 earthquake, while hundreds of smaller quakes occur each day.

A Civil Defense official said that Volcano residents, particularly those in more isolated areas, should devise plans to leave the area quickly should disaster strike. North would be the safest direction in case of such an event. Indeed, in the unlikely event that increased seismic activity produces pyroclastic surges, they will probably follow terrain to the south and southwest, although they could still flow northward.

Another danger would be a major collapse of the Halama’uùa’u Crater, affecting areas outside the caldera’s radius. Such an event occurred twenty-two hundred years ago when the caldera was much bigger than it is now.

Even without catastrophic activity, Kilauea’s eruption has caused considerable damage to the summit area. The HVO building, located near the edge of Halema‘uma‘u, has become unusable, with sizable cracks through the building’s floors and fallen ceiling tiles. A sinkhole measuring about 1.50 metres in diameter and up to 1.50 metres deep formed on July 5th under Highway 11 near the 30-mile marker. It should be noted that the sinkhole was not connected to Kilauea’s internal magma tunnels, but was simply caused by subsidence brought about by the near-constant tremors at the summit. Civil Defense is having active discussions about alternate routes in case other roads become impassable due to road surface damage.

Nobody knows whether lava will return to the summit of Kilauea Volcano. If it does, such an event would probably be accompanied by potentially dangerous steam explosions

Source: Hawaii Tribune Herald.

Vue satellite du sommet du Kilauea. On aperçoit le bâtiment du HVO sur la gauche de l’image (Source: HVO / NASA)

 

Planchón-Peteroa (Chili / Chile): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Suite à une augmentation de la sismicité accrue et d’un dégazage plus intense, le SERNAGEOMIN a fait passer le niveau d’alerte du complexe volcanique Planchón-Peteroa de Vert à JAUNE le 6 juillet 2018..
La Protection Civile conseille aux visiteurs de respecter la zone de sécurité de 3 km autour des cratères actifs.
La dernière éruption de ce volcan a eu lieu entre février et juin 2011, avec un VEI de 3.
Le SERNAGEOMIN indique que la sismicité inclut des événements volcano-tectoniques d’une magnitude maximale de M 1,3, à des profondeurs d’environ 5 km dans la partie nord-ouest du complexe volcanique. En outre, des événements LP sont enregistrés, correspondant à la dynamique des fluides à l’intérieur du système volcanique. Enfin, on observe une augmentation du tremor volcanique depuis le début de l’année 2016.
Le Planchón-Peteroa est un volcan complexe de forme oblongue situé le long de la frontière Chili-Argentine. Il présente plusieurs caldeiras qui se chevauchent.
Source: SERNAGEOMIN.

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Due to increased seismicity and more intense degassing, SERNAGEOMIN raised the alert level from Green to YELLOW  for the Planchón-Peteroa volcanic complex on July 6th, 2018. .

Civil Defense advises visitors to respect the safety zone of 3 km around th active craters.

The last eruption took place between February and June 2011. It was given a VEI of 3.

SERNAGEOMIN indicates that seismicity includes volcano-tectonic events with a maximum magnitude of M 1.3 at depths of about 5 km in the NW part of the volcanic complex. Besides, LP events are recorded, corresponding to the dynamics of fluids inside the volcanic system. At last, there has been an increase in the volcanic tremor since the beginning of 2016.

Planchón-Peteroa is an elongated complex volcano along the Chile-Argentina border with several overlapping calderas.

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN