Le Groenland et les nouvelles voies de navigation // Greenland and new shipping lanes

La volonté du président Trump de contrôler (voire d’annexer) le Groenland repose sur trois motivations principales :

1) des raisons stratégiques et sécuritaires liées à la situation géographique de l’île. Elles apparaissent clairement si l’on regarde une carte de l’Arctique. Par ailleurs, la Chine et la Russie s’intéressent également au Groenland, et Donald Trump n’a aucune envie de se faire devancer et qu’elles s’emparent de l’île.

2) la richesse du sous-sol en pétrole, gaz naturel, minéraux et terres rares, souvent enfouis sous la calotte glaciaire, constitue un autre facteur., même si certaines de ces ressources semblent très difficiles à extraire.
3) Enfin, la fonte des glaces dans l’océan Arctique ouvrira de nouvelles voies de navigation. Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest acquerront une importance inédite. Ils permettront aux transporteurs maritimes d’économiser des millions de dollars de carburant en empruntant un itinéraire beaucoup plus court entre l’Europe et l’Asie. Les routes nordiques étaient jusqu’à présent praticables uniquement durant la saison chaude. Un navire commercial russe, escorté par un brise-glace, a été le premier à les emprunter en hiver, en février 2021, prouvant ainsi leur faisabilité (voir ma note du 1er mars 2021). Depuis, de nombreux navires russes et chinois ont emprunté ces routes à plusieurs reprises. L’autre solution pour acheminer des marchandises depuis les ports russes ou les pôles industriels d’Asie de l’Est consiste à passer par le sud. Cette route, via le canal de Suez, est plus longue d’environ 5 000 kilomètres.

Selon l’Institut arctique, comparée au trajet par le canal de Suez, la route maritime du Nord permettrait aux transporteurs maritimes de réaliser jusqu’à 50 % d’économies – carburant et autres dépenses compris – en réduisant par exemple la distance entre le Japon et l’Europe à une dizaine de jours seulement, contre environ 22 jours aujourd’hui. Une analyse de 2024 du Middlebury Institute of International Studies indiquait également que la route du Nord permettrait de gagner une dizaine de jours sur un trajet similaire entre Shanghai (Chine) et Rotterdam (Pays-Bas).
Avec le réchauffement continu de l’océan Arctique et la réduction de la banquise en hiver, le trafic maritime par le nord devrait augmenter considérablement. Le contrôle de ce passage et de la longue côte groenlandaise qu’il longe revêtira donc une grande importance.

En 2022, la NOAA a publié des graphiques montrant les nouvelles routes maritimes qui deviendront accessibles aux pétroliers autour du Groenland au cours des prochaines décennies. Les modélisations de la NOAA montrent une augmentation considérable du nombre de trajets possibles, tant pour les navires polaires prévus pour naviguer à travers la banquise que pour les navires classiques qui ne sont pas équipés pour affronter la glace. La NOAA prévoit même que d’ici 2059, avec la réduction prévue de la glace de mer, il sera probablement possible pour un navire polaire d’emprunter la route la plus directe, en passant directement par le pôle Nord.

Les graphiques publiés par la NOAA en 2022 montrent les routes maritimes à travers l’Arctique qui devraient devenir accessibles aux navires classiques (en bleu) et aux navires polaires (en rouge) autour du Groenland au cours des prochaines décennies. (Source : NOAA)

Source : CBS News via Yahoo News.

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President Trump’s desire to control (or even annex) Greenland has three motivations :

1) There are strategic and security reasons due to the geographical situation of the island. They are easy to understand when you look at a map of the Arctic. Besides China and Russia are also interested in Greenland and Mr. Trump would not like them to take it over instead.

2) Another reason is the wealth of oil, natural gas, minerals and rare earths that are hidden in the ground, very often beneath the ice cap. Some of them will be very difficult to extract.

3) At last, the melting of the ice in the Arctic Ocean will open new shipping lanes. The North-East and North-West passages will take an importance they did not have until now. They will allow shippers to save millions of dollars in fuel by taking a much shorter route between Europe and Asia.  Northern routes were long only passable in warmer months. A Russian commercial vessel, aided by an icebreaker, first traversed the route in the winter in February 2021, proving it was possible (see my post of March 1st, 2021). Since then more Russian and Chinese vessels have sailed the northern routes repeatedly.

The alternative way to get goods from ports in Russia or the manufacturing powerhouses of East Asia is to go south. But that course, through Egypt’s Suez Canal, is about 5,000 kilometers longer.

According to the Arctic Institute, compared to the Suez Canal route, the Northern Sea Route can save shippers as much as 50% in costs, considering fuel and other expenses, by reducing the distance from Japan to Europe, for instance, to only about 10 days compared to the roughly 22 today. A 2024 analysis by the Middlebury Institute of International Studies also said the northern route would shave about 10 days of a similar journey from Shanghai, China, to Rotterdam in the Netherlands.

As sea temperatures continue warming and winter ice cover shrinks, shipping traffic via the north is likely to increase, so control over that passage and the long Greenlandic coastline that it skirts will be of greater importance.

The NOAA shared graphs in 2022 predicting the new routes that would become available to regular tankers around Greenland over the coming decades. NOAA’s modeling shows a dramatic increase in viable journeys for both polar-class vessels fortified to forge through sea ice, and normal open water-faring ships. The agency even predicts that by 2059, it will likely be possible for a polar-class vessel to sail the most direct route, right across the North Pole, as the formation of sea ice reduces further.

Source : CBS News via Yahoo News.

Groenland : Trump remet ça ! // Greenland : Trump is doing it again !

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a ravivé son intérêt de longue date pour le Groenland, invoquant sa position stratégique et ses richesses minières. Il a également désigné explicitement les navires chinois et russes comme des menaces potentielles dans les eaux arctiques. Il a refusé d’exclure le recours à la force pour s’assurer le contrôle de l’île, une position qui a choqué le Danemark, allié de l’OTAN et traditionnellement proche de Washington.

Trump vient de déclencher une nouvelle polémique avec le Danemark après avoir nommé un envoyé spécial au Groenland. L’envoyé en question est Jeff Landry, gouverneur républicain de la Louisiane. Les envoyés spéciaux sont des nominations informelles et, contrairement aux diplomates officiels, n’ont pas à être approuvés par le pays hôte.
La nomination d’un envoyé spécial au Groenland a provoqué la colère de Copenhague, qui a annoncé qu’elle demanderait des explications à l’ambassadeur américain. Le ministre danois des Affaires étrangères a qualifié la nomination de Landry de « profondément gênante » et a demandé à Washington de respecter la souveraineté danoise. Il a ajouté : « Tant que nous aurons un royaume composé du Danemark, des îles Féroé et du Groenland, nous ne pourrons accepter aucune action portant atteinte à notre intégrité territoriale. » Le Premier ministre groenlandais a déclaré que l’île devait « décider de son propre avenir » et que son « intégrité territoriale devait être respectée ». Le Groenland, qui compte environ 57 000 habitants, bénéficie d’une large autonomie depuis 1979, bien que la défense et la politique étrangère restent sous la juridiction danoise. Si la plupart des Groenlandais sont favorables à une indépendance future du Danemark, les sondages d’opinion révèlent une opposition massive à une intégration aux États-Unis. De don côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré dans un message publié sur X que l’UE est « pleinement solidaire du Danemark et du peuple groenlandais ».
Malgré tout, cette nomination démontre que l’ambition de Trump de contrôler le Groenland demeure intacte. À l’instar de son agression militaire et verbale envers le Venezuela, elle indique que le président américain est déterminé à étendre son emprise sur ce que sa récente stratégie de sécurité nationale a appelé « l’hémisphère occidental », une sphère d’influence qu’il espère étendre à l’ensemble des Amériques.
Landry a déjà exprimé son opinion sur le Groenland et écrit sur son compte X en janvier : « Le président Donald J. Trump a tout à fait raison ! Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les États-Unis. Ce serait formidable pour eux, formidable pour nous ! » « Faisons-le ! »
Landry est un ancien militaire et policier, qui a été membre du Congrès américain et procureur général de la Louisiane avant d’être élu gouverneur en 2023.
La controverse autour de sa nomination survient alors que la concurrence stratégique dans l’Arctique s’intensifie. Comme je l’ai écrit précédemment, la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l’accès à de précieuses ressources minérales.
Le Groenland est situé dans l’Arctique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, ce qui en fait un élément central en matière de planification de la sécurité des États-Unis et de l’OTAN.
Les États-Unis maintiennent une base au Groenland depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient établi des postes militaires et radio suite à l’occupation du Danemark par les nazis pendant le conflit. À noter que la base militaire de Camp Century a été abandonnée dans les années 1960, mais aujourd’hui, le réchauffement climatique pourrait faire remonter à la surface des déchets toxiques, supposément enfouis à jamais sous la calotte glaciaire. L’ancienne base et sa radioactivité pourraient devenir un problème majeur pour Donald Trump si le président américain persiste dans son désir de prendre le contrôle du Groenland.
Le vice-président J.D. Vance s’est rendu sur la base en mars 2025 et a demandé à la population groenlandaise de « conclure un accord avec les États-Unis ». Il a reçu un accueil glacial, contrairement au président Macron quelques semaines plus tard.
Les États-Unis ont rouvert un consulat à Nuuk, capitale du Groenland, en 2020 – durant le premier mandat de Trump – après l’avoir fermé en 1953. Plusieurs pays européens, ainsi que le Canada, disposent de consulats généraux honoraires au Groenland.

Source : BBC News.

Je me pose la question suivante : que se passera-t-il le jour où ce que j’appelle ‘le clan des abrutis’ (Trump, Vance, Landry) décidera de s’approprier le Groenland ? Comment réagiront les pays de l’OTAN ? Comment réagiront la Russie et la Chine ? À mon avis, il y aura un grand remue-ménage diplomatique. Trump entendra des mots doux et se fera tirer les oreilles de toutes parts, mais aucune menace, militaire en particulier, ne sera dirigée à l’encontre des États Unis. La Chine et la Russie ne bougeront pas (Poutine s’y connaît en matière d’invasion). Ces deux pays ont tout à gagner d’un point de vue économique avec l’ouverture de l’océan Arctique à la navigation et le Groenland servira de superbe tremplin stratégique. Le Danemark piquera une colère noire. L’Union Européenne et la France ne feront rien et se contenteront de dire à Trump que c’est très mal et tout rentrera dans l’ordre. Il suffira de quelques démarches républicaines au niveau du Congrès américain pour que le Groenland devienne le 51ème État de l’Union. J’espère me tromper, mais j’ai peur que la réalité me donne raison.

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Since returning to the White House, Donald Trump has revived his long-standing interest in Greenland, citing its strategic location and mineral wealth. He also specifically mentioned Chinese and Russian ships as potential threats in the nearby seas. He has refused to rule out using force to secure control of the island, a stance that has shocked Denmark, a Nato ally that has traditionally enjoyed close relations with Washington.

Trump has just sparked a fresh row with Denmark after appointing a special envoy to Greenland. The envoy is Jeff Landry, the Republican governor of Louisiana. Envoys are informal appointments and unlike official diplomats, do not have to be approved by the host country.

The appointment of an envoy to Greenland has angered Copenhagen, which said it would call the US ambassador for « an explanation ». Denmark’s Foreign Minister described the appointment of Landry as « deeply upsetting » and warned Washington to respect Danish sovereignty. He added : « As long as we have a kingdom consisting of Denmark, the Faroe Islands and Greenland, we cannot accept actions that undermine our territorial integrity.Greenland’s prime minister said the island must « decide our own future » and its « territorial integrity must be respected ». Greenland, home to about 57,000 people, has had extensive self-government since 1979, though defence and foreign policy remain in Danish hands. While most Greenlanders favour eventual independence from Denmark, opinion polls show overwhelming opposition to becoming part of the US. EU Commission President Ursula von der Leyen said in a post on X that the EU stands in « full solidarity with Denmark and the people of Greenland ».

What this appointment shows is that Trump’s ambition to control Greenland remains undimmed. As with his military and rhetorical aggression towards Venezuela, it indicates the US president is determined to gain greater control over what his recent National Security Strategy called « the Western hemisphere », a sphere of influence that he hopes will cover the whole of the Americas.

Landry has previously voiced his opinion on Greenland, writing on his personal X account in January: « President Donald J. Trump is absolutely right! We need to ensure that Greenland joins the United States. GREAT for them, GREAT for us! Let’s get it done! »

Landry is a military veteran and former police officer who was a US Congressman and Louisiana’s attorney general before being elected governor in 2023.

The dispute over his appointment comes as strategic competition in the Arctic grows, with melting ice opening new shipping routes and increasing access to valuable mineral resources.

Greenland is located in the Arctic between North America and Europe, which also makes it central to US and Nato security planning.

The US has maintained a base in Greenland since World War Two, after invading to establish military and radio stations across the territory after the Nazis occupied Denmark during the conflict. The Camp Century military base was abandoned in the 1960s, but today climate change could bring toxic waste, supposedly buried forever beneath the ice sheet, to the surface. The former base and its radioactivity could become a major headache for Donald Trump if the American president persists in his desire to take control of Greenland.

Vice-President JD Vance visited the base in March as he asked Greenland’s people to « cut a deal with the US ». He received a freezing welcome, contrary to President Macron a few weeks later.

The US reopened a consulate in Nuuk, the capital of Greenland, in 2020 – during Trump’s first term – after closing it in 1953. A number of European countries, as well as Canada, have honorary general consulates in Greenland.

Source : BBC News.

I’m asking myself this question: what will happen the day what I call « the clan of idiots » (Trump, Vance, Landry) decides to claim Greenland? How will NATO countries react? How will Russia and China react? In my opinion, there will be a major diplomatic uproar. Trump will hear sweet nothings and be scolded from all sides, but no threats, particularly military ones, will be directed against the United States. China and Russia won’t budge (Putin knows a thing or two about invasions). These two countries have everything to gain economically from the opening of the Arctic Ocean to shipping, and Greenland will serve as a superb strategic springboard. Denmark will fly into a rage. The European Union and France will do nothing and will simply tell Trump that it’s very wrong, and everything will return to normal. A few Republican actions in the US Congress would be enough for Greenland to become the 51st state of the Union. I hope I’m wrong, but I fear reality will prove me right.

Le Canada contre la Chine dans l’Arctique // Canada vs. China in the Arctic

Avec le réchauffement climatique, l’Arctique canadien fond à une vitesse incroyable, révélant des réserves minérales et de nouvelles voies de navigation. D’autres pays que la Canada, comme la Chine, ont compris les nouvelles opportunités offertes par cette situation et posent plus ou moins discrètement des jalons pour de futures explorations, voire des implantations dans la région. C’est pourquoi le Canada a récemment envoyé et déployé des soldats, des navires et des avions dans le cadre d’un exercice annuel appelé Opération Nanook, dans l’une des régions les plus reculées du pays.
Aujourd’hui, des navires étrangers naviguent régulièrement dans le Nord, transpondeurs éteints, parfaitement invisibles pour les autres navires et difficilement repérables par les satellites et les systèmes de surveillance canadiens.
L’Opération Nanook revêt une importance particulière cette année, face à la conjonction de plusieurs changements géopolitiques. D’une part, il y a l’ambition croissante de la Chine dans l’Arctique. D’autre part, il y a les projets du premier ministre canadien Mark Carney d’accroître considérablement les capacités militaires et la valeur nouvellement reconnue des minéraux dans le Grand Nord. Sans parler de l’ouverture de nouvelles routes maritimes plus courtes entre l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe par le passage du Nord-Ouest. On sait que le réchauffement climatique entraîne une augmentation du nombre de jours sans glace.

La Russie, et surtout la Chine, ont un plan ambitieux visant à contrôler une grande partie des terres rares et l’exploitation minière, et souhaitent investir dans l’Arctique canadien. Certains gisements de minéraux essentiels comme le cuivre, le nickel, le lithium, le graphite et le cobalt se trouvent dans le Nord.

Source: Gouvernement canadien

L’intérêt de la Chine pour l’Arctique est surveillé de près par l’armée et la garde côtière canadiennes.
Au début de l’été 2025, l’armée de l’air a repéré un navire de recherche chinois qui revenait dans les eaux arctiques pour la deuxième année consécutive. En 2024, la frégate NCSM Regina a suivi ce même navire dans les eaux internationales. Le navire chinois est considéré comme à double usage. Autrement dit, les données qu’il recueille en surface et sous l’eau pourraient être utilisées à des fins de recherche ou militaire.
Le prédécesseur de ce navire a transité par le passage du Nord-Ouest canadien en 1999 et a attiré l’attention des responsables de la sécurité nationale. Ces navires ne sont pas des navires de guerre à proprement parler, mais ils sont capables de recueillir toutes sortes d’informations qui pourront ultérieurement être utilisées par des navires de guerre. Grâce aux informations ainsi recueillies, la Chine dispose probablement de cartes permettant à ses sous-marins de traverser les eaux canadiennes. La Chine et la Russie sont connues pour utiliser des navires « fantômes », qui ont l’apparence de navires marchands parfaitement inoffensifs, mais qui sont en réalité utilisés à des fins d’espionnage ou autres activités néfastes.
La géopolitique du Nord a changé. On observe un regain d’intérêt pour l’Arctique, non seulement en raison de son abondance de ressources, mais aussi pour des raisons territoriales. Le gouvernement fédéral canadien vient d’identifier un corridor économique et de sécurité arctique parmi une longue liste de projets d’importance nationale. Un tel projet de corridor pourrait donner lieu à un engagement financier important et à une simplification des approbations réglementaires.
Les récents achats de matériel de défense par le Canada changeront certainement la donne. L’épine dorsale de la surveillance maritime repose sur des CP-140, dont certains datent des années 1980. Ils devraient être remplacés par des P-8 Orion, plus grands et dotés d’un système de surveillance plus sophistiqué permettant à la force aérienne d’observer plus en détail sur de plus longues distances. Le Canada a également conclu un partenariat avec l’Australie pour développer un nouveau système radar transhorizon pour l’Arctique. Il remplacera le système de l’époque de la Guerre froide utilisé pour détecter les menaces maritimes et les missiles.
Source : CBC via Yahoo News.

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With global warming, the Canadian Arctic is melting at an incredible speed, uncovering mineral reserves and opening new shipping. Other countries like China have understood the new opportunities ofered by this new situation and are discreetly planting milestones dor future explorations or even settlements.This is the reason why Canada has recently sent soldiers, ships and aircraft in an annual exercise known as Operation Nanook to one of the most remote areas of the country.

Today, foreign vessels are running routinely through the north with their transponders switched off, largely invisible to other ships, and not necessarily seen by Canada’s satellite and surveillance systems.

Operation Nanook takes on a particular significance this year with a collision of geopolitical changes: China’s growing ambition in the Arctic versus Prime Minister Mark Carney’s plans to substantially increase the capabilities of the military and the newly recognized value of minerals in the North. Not to mention the opening of new, shorter shipping routes between Asia, North America and Europe through the Northwest Passage as global warming makes for an increasing number of ice-free days.

Russia and, increasingly, China have an ambitious plan to basically control a lot of the rare-earth elements and mining and wants to invest in the Canadian Arctic. Those elements and some of the world’s richest deposits of critical minerals like copper, nickel, lithium, graphite and cobalt are found in the North.

China’s interest in the Arctic has been closely monitored by Canada’s military and coast guard.

Earlier this summer, the air force kept watch over a Chinese research vessel as it returned to Arctic waters for the second year in a row. In 2024, the frigate HMCS Regina deployed on short notice to follow  the same vessel in international waters. The Chinese ship is considered dual purpose, meaning the data it gathers above and underwater could be used for research or military ends.

That vessel’s predecessor transited Canada’s Northwest Passage in 1999, sending alarm bells through national security officials. These are not warships per se, but they are capable of taking all sorts of information that can ultimately be utilized by warships in the future. Thanks to the information collected in this way, China may now have maps allowing its submarines to run through Canadian waters. Both China and Russia are known to use « shadow » or « ghost » vessels, which appear to be merchant or other inoffensive vessels, but are actually used for espionage or other nefarious activities.

The geopolitics of the North have changed. There has really been a renewed interest in the Arctic, not only for its abundance of resources, but for territorial reasons. The federal government has just identified an Arctic economic and security corridor on a long list of projects of national significance, which could ultimately see a significant funding commitment and the streamlining of regulatory approvals.

Canada’s raft of recent defence purchases will certainly change the dynamic. The backbone of maritime surveillance are the CP-140s, some of which date from the 1980s. They are set to be replaced by the P-8 Orion which is larger, with a more sophisticated surveillance system, allowing the air force to see in greater detail over longer distances. Canada has also partnered with Australia to develop a new Arctic over-the-horizon radar system, replacing the Cold War-era system used to detect missile and maritime threats.

Source : CBC via Yahoo News.

Un avenir prometteur pour la ville de Nome (Alaska) // A promising future for Nome (Alaska)

Avec la fonte de la calotte glaciaire et de la banquise, plusieurs pays comme la Russie et la Chine s’intéressent à l’Arctique. La fonte des glaces ouvrira de nouvelles voies de navigation. En fondant chaque été, la banquise polaire permettra aux grands navires de relier l’Asie à l’Europe par le célèbre passage du Nord-Ouest, avec un gain considérable de temps et d’argent pour les compagnies maritimes qui n’auront plus à emprunter le canal de Panama.

Le président Donald Trump souhaite protéger les États-Unis des intrusions étrangères. Sa politique pourrait changer le destin de Nome, sur la côte ouest de l’Alaska. La ville, pas très connue de nos jours, a eu son heure de gloire pendant la Ruée vers l’or au 19ème siècle. Sa population a alors atteint 30 000 habitants, contre 3 000 aujourd’hui. De nos jours seule une poignée de commerces et de restaurants servent les habitants de Nome, et la population chute considérablement pendant le long hiver. La ville est également connue pour être la ligne d’arrivée de l’Iditarod, la célèbre course de chiens de traîneau qui commémore le parcours héroïque de 1 600 kilomètres effectué en 1925 pour transporter des doses de vaccin contre la diphtérie malgré l’absence de routes.

À Nome, l’administration Trump s’apprête à lancer la construction du premier port en eaux profondes des États-Unis dans l’Arctique, ce qui aura des conséquences importantes pour la sécurité militaire et le tourisme. Nome est située au bord de la mer de Béring, à moins de 300 kilomètres de la Russie.
Les autorités fédérales prévoient le lancement des travaux du nouveau port de 400 millions de dollars en 2026 avec fin des travaux en 2029. Le port pourra accueillir les brise-glaces des garde-côtes, les barges de transport et les navires de guerre de la Marine, ainsi que les navires de croisière transportant des touristes au nord du cercle polaire arctique. Actuellement, le port ne peut accueillir que des navires ayant un tirant d’eau inférieur à 5,40 mètres. Cela signifie que les grands brise-glaces, les cargos et les navires de croisière ne peuvent pas y accoster et doivent soit jeter l’ancre au large, soit naviguer vers l’île Kodiak, à environ 2 000 kilomètres. Le gouvernement fédéral envisage l’agrandissement du port depuis au moins 2015 et justifie en partie cette nécessité par le réchauffement climatique. En effet, la montée des eaux océaniques menace les villages côtiers, qui auront besoin d’un meilleur accès aux équipements et matériaux lourds pour se protéger.

Vue du port de Nome (Crédit photo: Wikipedia)

Une douzaine de croisières avaient prévu de faire escale à Nome cette année, et les agences de voyage confirment qu’il existe une forte demande pour davantage de croisières dans les eaux arctiques. La plupart des touristes en Alaska viennent déjà en bateau, mais les plus gros navires ne peuvent pas encore faire escale à Nome, car ils risquent de s’échouer près des côtes. [NDLR : Il n’est, bien sûr, fait aucune allusion à l’impact que ces croisières auront inévitablement sur l’environnement].

Bien que l’Alaska soit depuis longtemps un lieu clé pour le contrôle de l’Arctique, il lui manquait un port en eau profonde dans le Nord. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée a construit son port en eau profonde le plus septentrional près d’Anchorage, à Whittier, mais a dû percer un tunnel de 20 kilomètres de long pour le relier à la voie ferrée.

Les responsables fédéraux considèrent depuis longtemps l’Alaska comme un élément clé de la sécurité nationale, et les inquiétudes grandissent à mesure que la Russie et la Chine cherchent à accroître leur influence dans la région.
Trump a plaidé en faveur d’une présence américaine renforcée dans l’Arctique, et le gouvernement fédéral a récemment approuvé un projet d’expansion de la flotte de brise-glaces des garde-côtes. Comme je l’ai indiqué précédemment, les États-Unis sont très en retard sur la Russie. Trump a également évoqué le rôle que le Groenland et le Canada pourraient jouer dans la sécurité des États-Unis.
Adapté d’un article publié dans USA Today via Yahoo News.

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With the melting of the ice cap and the sea ice, several countries like Russia and China are interested in the Arctic. The melting sea ice will open new shipping routes. Increasingly, polar sea ice has been melting enough each summer to permit large ships to travel from Asia to Europe via the famous Northwest Passage, saving time and money for shippers who would otherwise have to use the Panama Canal.

President Donald Trump wants to protect the U.S. against foreign intrusions. His policy might change the fate of Nome on Alaska’s west coast. The town became very popular during the Gold Rush in the 19th century. Its population reached 30,000 versus 3,000 today. Only a handful of stores and restaurants serve people in Nome today, and the population drops dramatically during the long winter. The town is also known as the finish line of the famed Iditarod sled dog race, which commemorates the 1,000-mile rush in 1925 to deliver diphtheria treatment despite the lack of roads.

In Nome, the Trump administration is poised to begin building America’s first Arctic deepwater port, with significant implications for military security and tourism. The town lies on the edge of the Bering Sea, less than 300 kilometers from mainland Russia.

Federal officials are preparing to begin work on a new $400 million harbor in 2026 and it is expected to be completed in 2029. The federal government has envisioned expanding the port since at least 2015, and has partly justified the need on the basis of global warming: rising water levels are threatening coastal villages that will need better access to heavy equipment and materials to protect themselves. The new port could accommodate Coast Guard icebreakers, cargo barges and Navy warships, along with cruise ships to carry tourists north of the Arctic Circle. Today, the port can only accommodate ships that have a draft of less than 5.40 meters. That means large icebreakers, cargo ships and cruise vessels cannot dock there, and must either anchor offshore or sail to Kodiak Island, about 2,000 kilometers away.

About a dozen cruise ship visits were scheduled for Nome this year, and tourism experts say there’s strong demand for even more cruising in Arctic waters. Most tourists to Alaska already come by ship, but the largest ships cannot yet stop in Nome because they might hit bottom near shore.

Although Alaska has long been a key location for Arctic power, it’s lacked a convenient deepwater port in the north. During World War II, the military constructed its northernmost deepwater port near Anchorage in Whittier but had to blast a 20-kilometer-long tunnel through a mountain to link it to railroad tracks.

Federal officials have long seen Alaska as key to the nation’s national security, with concerns rising as both Russia and China seek greater influence in the region.

Trump has been pushing for a stronger U.S. presence in the polar region, and the federal government recently approved plans for a major expansion of the Coast Guard’s icebreaker fleet. Trump has also told about the role Greenland and Canada might play in U.S. security.

Adapted from an article published in USA Today via Yahoo News.