Les causes de la crise sismique à Santorin (Grèce) // Causes of the seismic crisis in Santorini (Greece)

Étrangement, nous ne sommes pas capables de prédire les séismes ou les éruptions volcaniques, mais nous pouvons expliquer pourquoi et comment ces événements naturels se sont produits. Une nouvelle étude tente d’expliquer la cause de la sismicité qui a déclenché une vague de panique à Santorin début 2025.

Source: NASA

Fin janvier 2025, une importante crise sismique a touché les îles grecques de Santorin, Amorgos et Anafi. Ces îles de la mer Égée ont connu une série d’essaims comprenant plus de 28 000 événements, dont plusieurs d’une magnitude supérieure à M5.0. Les habitants de Santorin craignaient une violente éruption volcanique. Nombre d’entre eux ont décidé de fuir et de se réfugier en lieu sûr. Au bout d’environ un mois, la crise sismique s’est terminée sans dégâts majeurs.

Source : TW/SAM, Google

Aujourd’hui, les scientifiques pensent avoir trouvé le coupable : il semble qu’un dyke magmatique se soit rapidement élevé des profondeurs de la croûte terrestre et ait déclenché l’essaim sismique du mois de janvier. Publiée en septembre 2025 dans la revue Nature, l’étude révèle également un lien surprenant entre Santorin et Kolumbo, un volcan sous-marin situé non loin de l’île et initialement suspecté d’être à l’origine de la crise sismique.

Source: Nature

Grâce à de nouveaux instruments et à l’intelligence artificielle, les scientifiques sont désormais en mesure de suivre le mouvement du magma sous la région, ce qui leur permettra de mieux évaluer le risque éruptif la prochaine fois que ces îles connaîtront une nouvelle crise sismique.
On sait que cette partie de la mer Égée a une histoire volcanique explosive. Une méga-éruption en 1560 av. J.-C. a anéanti la civilisation minoenne. De son côté, le volcan Kolumbo, tapi sous l’eau à un peu plus de six kilomètres au nord-est de Santorin, constitue également une menace pour la région. En 1650, une explosion a déclenché d’importants tsunamis et généré une brume de gaz nocif pouvant être mortel.
Santorin et Kolumbo sont tous deux des systèmes volcaniques actifs, susceptibles d’entrer à nouveau en éruption un jour ou l’autre. C’est pourquoi les habitants de Santorin, d’Amorgos et d’Anafi ont craint le pire lorsque la terre a commencé à trembler au début de cette année.
Alors que de nombreux habitants fuyaient Santorin, les scientifiques essayaient de déterminer la cause de la crise sismique. Ils ont été surpris de constater que les séismes s’éloignaient rapidement de Santorin et se propageaient vers l’est, en se concentrant dans une zone de failles à proximité, et non sous des volcans connus. Les scientifiques ne savaient pas s’il s’agissait d’un événement magmatique ou tectonique.

Heureusement, certains de leurs collègues surveillaient déjà Santorin et Kolumbo. MULTI-MAREX, un projet interdisciplinaire germano-grec visant à transformer la région en laboratoire scientifique, était pleinement opérationnel lorsque la forte sismicité a commencé. Des capteurs avaient été déployés à l’intérieur du cratère du Kolumbo où ils ont détecté des signaux sismiques et des variations de pression provenant du fond marin. L’équipe scientifique a également utilisé des satellites équipés de radars capables de suivre les moindres déformations de la région, ainsi que des stations GPS terrestres et des détecteurs de gaz volcaniques. Les chercheurs ont même utilisé une forme d’intelligence artificielle avec des programmes d’apprentissage automatique conçus à partir de décennies de données sismiques. Ces programmes sont capables identifier les moindres séismes et de localiser précisément leur origine dans la croûte terrestre.

De juillet 2024 à janvier 2025, avant la crise sismique, les données ont montré que Santorin s’était légèrement soulevée, avec une hausse des émissions de dioxyde de carbone et d’hydrogène, signe qu’un nouveau magma entrait dans le réservoir magmatique peu profond. Cette situation est souvent passée inaperçue à l’époque. C’est pourtant à ce moment-là que l’essaim sismique a commencé.

De fin janvier à fin février, la sismicité a migré de Santorin vers les eaux au sud de Kolumbo. La source se trouvait à une profondeur de 18 kilomètres et la sismicité a progressé jusqu’à un peu moins de 3 kilomètres de la surface en quelques semaines seulement. Les instruments ont révélé que cette activité sismique était liée à un dyke magmatique d’environ 13 km de long qui remontait vers la surface. Au cours de son ascension, le magma a brisé des kilomètres de roches et a exercé une pression sur une série de failles à proximité, provoquant leur rupture. Au final, l’intrusion magmatique a déclenché une réaction sismique en chaîne, à l’origine des secousses les plus fortes observées sur l’île de Santorin. Simultanément, alors que le dyke s’élevait à travers la croûte, le réservoir magmatique situé sous Santorin et Kolumbo se vidangeait, provoquant l’affaissement des deux volcans.

Source: Nature

L’ascension rapide du dyke faisait craindre que le magma puisse atteindre les fonds marins et provoquer une activité explosive. Heureusement, le dyke a stoppé son ascension, probablement à cause d’une alimentation insuffisante (son volume est estimé à environ 0,31 km³), ce qui a mis fin à la crise sismique.
Cependant, si l’intrusion magmatique a pris fin prématurément cette fois, d’autres pourraient ne pas faire de même. À l’avenir, une meilleures compréhension du système d’alimentation magmatique permettra aux chercheurs de suivre le magma en temps réel et d’alerter les habitants en cas de risque d’éruption.
Source : Nature.

NB : Un visiteur de mon blog précise que la contribution française à cette étude a été primordiale. Les deux chercheurs les plus impliqués étaient Nikolai Shapiro, Directeur de recherches au CNRS et Florent Brenguier, Physicien des observatoires. Ils sont tous les deux enseignants-chercheurs à l’Institut des Sciences de la Terre de Grenoble. Ce travail a aussi fait l’objet d’un article dans le journal « Le Monde » du samedi 27 septembre 2025.

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Strangely, we are not able to predict earthquakes or volcanic eruptions, but we are able to explain why these natural events occurred. A new study tried to explain the cause of the seismicity that triggered a wave of panic in Santoriny early in 2025.

In late January 2025, a significant seismic crisis affected theGreek islands of Santorini, Amorgos, and Anafi. These Aegean islands experienced a series of swarms including over 28,000 events, among which several had magnitudes above M5.0. Locals on Santorini feared that a violent volcanic eruption might occur. Many local residents decided to flee and go and live in a safet place.

After about a month, the seismic crisis ended without incident. Today, scientists think they have found the culprit : it looks as if a sheet of magma rapidly rose from the depths of the Earth’s crust and triggered the seismic swarm.

Published in September 2025 in the journal Nature, a study also revealed a surprising connection between Santorini and Kolumbo, a submarine volcano not far from the island and which was initially suspected to be the cause of the seismic crisis. .

Thanks to a new instruments and artificial intelligence, scientists now know they can track the movement of magma beneath the region, which allows them to better forecast the likelihood of an eruption the next time these islands begin to shake.

It is well known that this part of the Aegean Sea has an explosive volcanic history.a Mega eruption in 1560 B.C.wiped outa civilization. Kolumbo, hiding underwater just over six kilometers to the northeast, is also a threat to the region. In 1650, an explosion there triggered tall tsunamis and released a deadly haze of noxious gas.

Both Santorini and Kolumbo are active volcanic systems, likely to erupt again someday. This is why the residents of Santorini, Amorgos, and Anafi feared the worst when the earth started to shake earlier this year.

As many of its residents fled Santorini, scientists scrambled to work out what was causing the seismic crisis. Surprisingly, the quakes quickly moved away from Santorini and offshore to the east, clustering within a nearby fault zone and not beneath any known volcanoes.Scientists did not know whether it was magmatic or tectonic. Luckily, scientists were already monitoring Santorini and Kolumbo. In particular, the MULTI-MAREX project, a German-Greek-led interdisciplinary effort to turn the region into a natural scientific laboratory, was fully operating when the quakes began.

Sensors had been deployed within the Kolumbo’s crater and detected seismic signals and pressure changes from the seafloor. The team also used radar-equipped satellites able to track the subtle shifts in the shape of the region, as well as GPS ground stations and volcanic gas detectors. They even deployed a form of artificial intelligence: machine learning programs trained on decades of seismic data. These programs could identify the smallest earthquakes and pinpoint exactly where in the crust they were coming from.

From July 2024 to January 2025, prior to the seismic crisis, the data showed that Santorini uplifted slightly, and more carbon dioxide and hydrogen gas leaked out of its roof, indicating that new magma was filling up its own shallow magma reservoir. This situation went largely unnoticed. Then the seismic swarm began.

From late January to the end of February, the seismicity migrated from Santorini to below the waters south of Kolumbo. They started at a depth of 18 kilometers and rose to just under 3 kilometers below the surface in just a few weeks.

The instruments revealed that a dike of magma was rushing to the surface. As it did so, it smashed through kilometers of brittle rock and put pressure on a series of nearby faults, causing them to rupture. In short, the dike intrusion set off a chain reaction, and this was what generated the stronger shaking experienced on the island.

Simultaneously, as the dike rose through the crust, the magma reservoir below both Santorini and Kolumbo shrank as its own molten rock was escaping. This caused both volcanoes to subside.

The dike’s rapid ascent meant that magma might reach the shallow seafloor and cause some explosive activity. Fortunately, the dike stopped its ascent, and the crisis came to an end. There probably was not enough magma in the dike so that it was unable to reach the surface. Its volume is estimated at approximately 0.31 cubic kilometers.

However, while this intrusion ended prematurely, others might not. And in the future sketching out other aspects of the plumbing system will help researchers track dangerous magma in real time and warn locals.

Source : Nature.

L’éruption en Islande (suite) // The eruption in Iceland (continued)

L’éruption qui a débuté le 16 juillet 2025 sur la péninsule de Reykjanes se poursuit et le niveau d’alerte pour le système volcanique reste à 3, le maximum. La source de l’éruption se trouve au sud-est de Litla-Skógfell, à peu près à l’endroit où un cratère s’est formé lors de l’éruption d’août 2023. Il s’agit de la neuvième éruption dans cette zone et de la douzième sur la péninsule depuis le début de la série avec l’éruption de Fagradalsfjall en mars 2021.
Le Met Office indique que la fissure éruptive s’est allongée et s’étend désormais plus au nord que les précédentes observées depuis décembre 2023. L’émission de lave se poursuit, mais son intensité a diminué. La majeure partie de la lave s’accumule à l’est de la fissure et devrait combler les dépressions dans la zone. L’activité sismique a considérablement diminué, avec seulement quelques faibles séismes par heure.

 Source : Met Office.

Le site de l’éruption est actuellement inaccessible aux touristes en raison de la dangerosité. La pollution due à l’éruption et aux incendies de végétation est importante, et la qualité de l’air à proximité du site est mauvaise. Il n’y a pas de parking aménagé ni de points d’observation.
La police recommande vivement aux automobilistes de ne pas stationner le long de la Reykjanesbraut. La Grindavíkurvegur, la Nesvegur et la Suðurstrandarvegur sont fermées. Des voies d’évacuation sont ouvertes via la Nesvegur et la Suðurstrandarvegur. Le Blue Lagoon et le Northern Light Inn sont fermés.

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17 juillet 2025, 12 heures (heure française) :Selon les derniers bulletins du Met Office et des médias islandais, l’activité volcanique à Sundhnúksgígar a continué de diminuer durant la nuit. Seule la partie centrale de la fissure  reste active. Presque aucune activité sismique n’est enregistrée. Cependant, la surveillance de l’éruption a été difficile pendant la nuit en raison de la pollution qui a obscurci les images des webcams. Il semble que dix cratères soient toujours en activité, mais cela ne sera pleinement établi qu’après le survol du site éruptif par un drone et un examen plus approfondi des images.

Le niveau d’alerte a été abaissé d’Urgence à Danger. L’accès à Grindavík est ouvert aux résidents, mais fermé au public. Le Blue Lagoon est à nouveau ouvert.

Carte montrant le site éruptif. Les deux traits rouges correspondent aux deux fissures éruptives; la zone orange montre la surface occupée par les coulées de lave. (Source: Morgunblaðið  et  mbl.is)

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The eruption that started on July 16th, 2025 on the Reykjanes Peninsila continues and the alert level for the volcanic system remains at the highest level, 3. It is the ninth eruption in this area and the twelfth on the peninsula since the series started with the Fagradalsfjall eruption in March 2021. The source of the eruption was located southeast of Litla-Skógfell, roughly the same area where a crater formed during the August 2023 eruption.

The Met Office indicates that the eruptive fissure has lengthened and now extends farther north than previous fissures since December 2023. The lava flow continues but has decreased in intensity. Most of the lava is accumulating east of the fissure and is likely to fill depressions in the area. Seismic activity has decreased significantly, now measuring only a few small earthquakes per hour.

Source : Met Office.

The eruption site is currently not accessible to tourists due to hazardous conditions. Pollution from the eruption and wildfires is significant, and air quality near the eruption site is poor. There is no organized parking or viewing area available.
The police urges drivers not to park along Reykjanesbraut. Road closures are in effect on Grindavíkurvegur, Nesvegur, and Suðurstrandarvegur. Escape routes are open via Nesvegur and Suðurstrandarvegur. The Blue Lagoon and Northern Light Inn are both closed.

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17 July 2025, 12:00pm (French time) : According to the latest nrws from the Met Office and Icelandic news media, the volcanic activity at Sundhnúksgígar continued to decrease overnight. Only the central part of the fissure is still active. Almost no seismic activity is being measured. However, it was difficult to monitor the volcano during the night due to pollution that obscured the view of webcams. it appears that ten craters are still erupting, but that will not be fully clear until a drone is flown over the eruption sites and they are examined in more detail.

The civil protection level has been lowered from Emergency to Danger. Access to Grindavík has been opened for residents but is closed to the public. The Blue Lagoon has been opened.

 

Le Veniaminof (Alaska) pour mieux comprendre le comportement du magma // Veniaminof (Alaska) to better undrestand magma behaviour

Le Veniaminof, l’un des volcans qui se dressent sur la péninsule d’Alaska, présente une longue histoire d’éruptions qui se produisent avec peu ou pas de signes précurseurs détectables. Malgré la présence de huit stations sismiques permanentes et d’une surveillance satellite par radar à synthèse d’ouverture interférométrique (InSAR), la plupart des éruptions depuis 1993 se sont produites sans véritables signes précurseurs. Sur les 13 dernières éruptions, seules deux ont été précédées de signes avant-coureurs détectables. Ce schéma éruptif a incité les chercheurs à examiner le système magmatique sous-jacent du Veniaminof et à étudier le comportement des volcans avant leur éruption.

Vue du Veniaminof (Crédit photo : USGS)

Des chercheurs de deux universités de l’Illinois ont cherché à déterminer si un système magmatique fermé pouvait entrer en éruption sans déclencher d’activité sismique ni de mouvements de terrain notables.
Dans les systèmes volcaniques ouverts, comme le Mauna Loa, le magma et les gaz se déplacent librement vers la surface, ce qui génère parfois peu de signaux avant-coureurs clairs. En revanche, les systèmes fermés, comme les Champs Phlégréens, accumulent généralement de la pression, ce qui peut provoquer un soulèvement du sol et une hausse de la sismicité avant une éruption. Pour comprendre comment des éruptions peuvent se produire sans ces signaux, les chercheurs ont construit des modèles thermomécaniques avec lesquels ils ont testé l’interaction des changements de forme, de taille, de profondeur et de débit de la chambre magmatique avec les propriétés physiques de la roche environnante.
L’équipe scientifique a créé des modèles intégrant le comportement de la roche, dépendant et indépendant de la température. Ils ont simulé le déplacement du magma depuis des sources profondes, à plus de 13 km de profondeur, vers des chambres magmatiques moins profondes, avec diverses géométries.
Pour tester le réalisme de ces modèles, ils ont comparé les résultats aux données InSAR et sismiques de l’éruption de Veniaminof de 2018. L’éruption de 2018 est intéressante car elle n’a montré aucun mouvement de terrain significatif ni aucune activité sismique préalable, ce qui en fait un bon exemple d’éruption ‘silencieuse’, autrement dit sans signes précurseurs.
La principale conclusion est que certains systèmes magmatiques peuvent entrer en éruption sans produire de signaux d’alerte détectables. Plus précisément, les systèmes disposant de petites chambres magmatiques profondes, avec de faibles apports de magma et une roche environnante ramollie par la chaleur peuvent produire des éruptions avec une déformation minimale du sol (moins de 10 mm) et une sismicité faible, voire nulle. Cette dernière est en général liée à la rupture de la roche par cisaillement.
Cependant, les scientifiques ont remarqué que certaines roches continuent à se fracturer suite à des contraintes trop intenses, ce qui est suffisant pour permettre au magma de remonter vers la surface et provoquer une éruption. Dans les modèles où le comportement de la roche évolue avec la température, un flux de magma plus important est nécessaire pour déclencher cette rupture, mais même dans ce cas, les signaux de surface restent faibles.
L’analyse InSAR de 2015 à 2018 n’a révélé aucun schéma cohérent de soulèvement ou d’affaissement du sol autour du Veniaminof, ce qui corrobore les résultats de la modélisation. Même lors de l’éruption de 2018, les signaux de déplacement étaient difficilement détectables et probablement masqués par des interférences atmosphériques ou par le glacier qui recouvre le sommet. Ces facteurs compliquent la détection de signes subtils d’inflation volcanique et étayent la conclusion selon laquelle le Veniaminof peut produire des éruptions avec peu ou pas de signes précurseurs en surface.

References:

Stealthy magma system behavior at Veniaminof Volcano, Alaska – Yuyu Li, Patricia M. Gregg, et al. – Frontiers in Earth Science – June 10, 2025 – DOI https://doi.org/10.3389/feart.2025.1535083 – OPEN ACCESS

The Watchers.

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Veniaminof volcano on the Alaska Peninsula has a long record of eruptions that occur with little or no detectable warning. Despite the presence of eight permanent seismic stations and satellite monitoring using Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR), most eruptions since 1993 have taken place without clear precursory signals. Of the last 13 eruptions, only two were preceded by detectable warning signs. This pattern prompted researchers to examine the underlying magma system at Veniaminof and investigate how volcanoes behave prior to eruption.

Researchers from two Illinois universities set out to test whether a sealed magma system could erupt without triggering any noticeable seismic activity or ground movement.

In open volcanic systems, such as Mauna Loa, magma and gases move more freely toward the surface, sometimes resulting in fewer clear warning signals. In contrast, closed systems, such as Campi Flegrei, typically accumulate pressure, which can cause ground uplift and increased seismicity before an eruption.

To figure out how eruptions might happen without these signals, the researchers built detailed thermomechanical models. They tested how changes in magma chamber shape, size, depth, and magma supply rate interact with the surrounding rock’s physical properties.

The scientific team created models incorporating both temperature-dependent and temperature-independent rock behavior. They simulated magma transport from deep sources, more than 13 km below the surface, into shallower magma chambers with varying geometries.

To test how realistic these models were, they compared the results with InSAR and seismic data from Veniaminof’s 2018 eruption. The 2018 eruption is valuable because it showed no obvious ground movement or any preceding seismic activity, making it a good example of a quiet eruption.

The main finding is that certain magma systems can erupt without producing detectable warning signals. Specifically, systems characterized by small, deep magma chambers, low magma supply rates, and heat-softened surrounding rock can produce eruptions with minimal ground deformation (less than 10 mm and little to no seismicity related to shear failure, which typically causes earthquakes.

However, some rock still fractured through tensile failure, which was enough to allow magma to rise and cause an eruption. In models where the rock’s behavior changed with temperature, a higher magma flux was needed to trigger this failure, but even then the surface signals remained weak.

InSAR analysis from 2015 to 2018 revealed no consistent uplift or subsidence patterns around the volcano, supporting the modeling results. Even during the 2018 eruption, displacement signals were ambiguous and likely masked by atmospheric interference or the glacier covering the summit. These factors complicate the detection of subtle signs of volcanic inflation and support the conclusion that Veniaminof can produce eruptions with little or no surface warning.

References:

Stealthy magma system behavior at Veniaminof Volcano, Alaska – Yuyu Li, Patricia M. Gregg, et al. – Frontiers in Earth Science – June 10, 2025 – DOI https://doi.org/10.3389/feart.2025.1535083 – OPEN ACCESS

The Watchers.

Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegraean Fields (Italy)

L’état d’urgence a été déclaré dans la région des Champs Phlégréens le 13 mai 2025, suite à un séisme de magnitude M4,4 enregistré au cœur d’un essaim de 49 événements. Selon l’INGV, cet essaim a débuté à 0 h 06 (heure locale) le 13 mai et s’est terminé dans la matinée du 14 mai. La décision de déclarer l’état d’urgence a été annoncée par le ministre de la Protection civile, Nello Musumeci, afin d’accélérer les procédures de gestion des risques. Comme précédemment, l’essaim sismique est lié au bradyséismes qui affecte régulièrement la région des Campi Flegrei.
L’épicentre du séisme de magnitude M4,4 a été localisé près de Pouzzoles il a été suivi d’un séisme de magnitude M3,5.
Les séismes ont entraîné l’évacuation d’écoles et de bâtiments publics, la suspension des services ferroviaires régionaux et l’activation des centres de coordination d’urgence.
Les essaims sismiques dans les Champs Phlégréens sont liés au bradyséisme, un phénomène de déplacement vertical du sol causé par le mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux dans les profondeurs. L’activité bradysismique est récurrente dans cette région depuis des siècles, avec des épisodes remarquables dans les années 1970 et 1980. Ils ont entraîné un important soulèvement du sol et l’évacuation temporaire de milliers de personnes.

Chaque essaim – surtout lorsqu’il survient la nuit – déclenche une vague d’inquiétude au sein de la population. Nombreux sont ceux qui craignent que la hausse de la sismicité annonce une éruption dans les Champs Phlégréens. Cependant, les instruments n’indiquent pas l’imminence d’un tel événement. Dans la presse napolitaine du 15 mai 2025, l’INGV déclare : « Se il magma dovesse risalire, avremmo segnali chiari e il tempo di avvisare la popolazione ». [Si le magma devait remonter, nous aurions des signaux clairs et le temps d’alerter la population’].


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Source : INGV.

Incrustations de coquillages sur un pilier du temple de Sérapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

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Dernière minute : Un nouvel essaim sismique a commencé dans la caldeira des Champs Phlégréens à 14 h 23 ( heure locale) le 14 mai 2025, cinq heures seulement après la fin de l’essaim signalé ci-dessus et qui avaitconduit à la déclaration de l’état d’urgence. À 1′ h 05, 24 séismes avaient été enregistrés le 14 mai, avec des magnitudes allant jusqu’à M3,1. Les épicentres étaient situés dans la partie centre-est de la caldeira, principalement entre Pouzzoles et Solfatare, à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km.

Photo: C. Grandpey

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Dans son dernier bulletin du 13 mai 2025, l’INGV indique que dans la semaine du 5 au 11 mai 2025 on a déjà enregistré 46 séismes de magnitude maximale de M2,3. L’Institut fait état de l’essaim du 13 mai et de l’événement de M4,4 ± 0,3 dans la zone côtière de Pozzuoli.

Depuis début avril 2025, des soulèvements de terrain continuent d’être enregistrés, avec une
valeur mensuelle moyenne d’environ 15±5 mm..
Aucune variation significative des paramètres géochimiques n’a été signalée. Le capteur de température installé à 5 mètres de la fumerolle principale de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C.
Dans la conclusion de son rapport, INGV précise qu’ « aucun élément n’émerge de nature à suggérer des évolutions significatives à court terme. »

Fumerolle de Pisciarelli (Photo: C. Grandpey)

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A state of emergency was declared for the Campi Flegrei area on May 13, 2025, following an M4.4 earthquake within a swarm of 49 registered events. The swarm began at 12:06 LT on May 13 and ended during the morning hours of May 14, according to the INGV Vesuvian Observatory. The decision to declare a state of emergency was announced by Civil Protection Minister Nello Musumeci with the goal of expediting ongoing risk mitigation procedures in response to the area’s increased seismicity attributed to bradyseism

The M4.4 earthquake occurred near Pozzuoli, and was followed by an M3.5 event.

The seismic events prompted evacuations of schools and public buildings, suspension of regional train services, and activation of emergency coordination centers.

Seismic swarms in Campi Flegrei are linked to bradyseism, a phenomenon involving vertical ground displacement caused by underground magma or hydrothermal fluid movement Bradyseismic activity has been recurrent in this area for centuries, with notable episodes in the 1970s and 1980s resulting in significant ground uplift and the temporary evacuation of thousands. Each swarm triggers a wave of anxiety among the population. Many people fear that the rise in seismicity might announce an eruption within the Phlegrean Fields. However, the instrumentsdo not indicatethe imminence of such an event.

Source : INGV.

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Last minute : A new earthquake swarm began in the Campi Flegrei caldera at 14:23 (local time) on May 14, 2025, just five hours after the end of a previous swarm described above and that led to a state of emergency declaration. By 14:05, a total of 24 earthquakes had been recorded, with magnitudes ranging up to M3.1. The epicenters were located in the central-eastern part of the caldera, mainly between Pozzuoli and Solfatara, with depths between 1 and 3 km.

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In its latest bulletin dated May 13, 2025, INGV indicates that 46 earthquakes with a maximum magnitude of M2.3 were already recorded during the week of May 5-11, 2025. The Institute reports the swarm of May 13 and the M4.4 ± 0.3 event in the coastal area of ​​Pozzuoli.
Since the beginning of April 2025, ground uplift has continued to be recorded, with an average monthly value of approximately 15 ± 5 mm.
No significant variations in geochemical parameters have been reported. The temperature sensor installed 5 meters from the main fumarole of Pisciarelli shows an average value of approximately 97°C.
In the conclusion of its report, INGV specifies that « no evidence has emerged to suggest significant changes in the short term. »