Quand Haroun Tazieff faisait rire Pouzzoles et l’Italie…

L’évocation de la ville de Pouzzoles dans ma note précédente me rappelle l’histoire racontée par Haroun Tazieff dans son livre « Volcans » paru aux Éditions Bordas en 1996, et qu’il m’a relatée de vive voix quelques années plus tard.

L’anecdote a eu lieu en 1970, année où Le Professeur Giuseppe Imbo, à la tête de l’Osservatorio Vesuviano, avait fait appel à des scientifiques étrangers car il craignait une éruption imminente du Vésuve. Par précaution, il avait fait évacuer les habitants du Rione Terra, un quartier de Pouzzoles, bien connu pour les effets du bradyséisme. Il pensait que le magma qui provoquait le soulèvement du sol finirait par percer la surface. La prévision s’appuyait également sur la présence de « sources marines bouillonnantes » dans le golfe de Pouzzoles. Cerise sur le gâteau, on enregistrait une hausse de la sismicité, avec des événements à faible profondeur.

Le problème, c’est que la sismicité n’avait pas été mesurée dans les règles de l’art par les scientifiques italiens qui n’avaient mis en place qu’un sismomètre, alors qu’au moins trois appareils sont nécessaires pour effectuer des mesures fiables. Malgré des tentatives d’interdiction d’accès à la zone sensible, Tazieff et son équipe installèrent trois sismos et furent surpris de constater qu’un seul appareil réagissait, avec des tracés qui n’avaient pas le profil des secousses telluriques, et avec des événements d’une étonnante régularité.

Au cours d’une nuit d’un mauvais sommeil ; Tazieff a entendu passer les trains à Pouzzoles et il s’est demandé si le sismomètre ne réagissait pas à ce moment-là. Il en eu rapidement la confirmation le lendemain en comparant les tracés des sismos aux horaires des trains ! En fait, aucune sismicité inquiétante n’affectait la région.

Suite à cette découverte, Tazieff convoqua une conférence de presse et dès le lendemain le scandale s’étalait à la Une des journaux. « Macché vulcano : sono solo i treni…. » « Perchè allora, si è permesso l’esodo affannoso di 35 mila persone? » Pourquoi évacuer les quartiers de Pouzzoles? Selon Tazieff, « pour les racheter à vil prix, les raser et les remplacer par des villas somptueuses et des hôtels de grand luxe, en réalisant au passage des plus-values vertigineuses »!

Heureusement, la surveillance des Champs Phlégréens est plus sérieuse aujourd’hui !

Mise au point sur les Champs Phlégréens // Clarification about the Phlegraean Fields

Il y a quelques jours, j’ai été vivement critiqué par certaines personnes pour avoir utilisé le mot « routine » à propos de l’activité sismique observée actuellement dans les Champs Phlégréens. Je voulais simplement dire que les essaims sismiques ne sont pas une nouveauté dans la région. Ils sont liés au bradyséisme – mouvements verticaux du sol – qui sont observés depuis des lustres. Les épisodes de soulèvement du sol les plus récents ont été ceux de 1969-72 et de 1982-84, périodes où beaucoup de ceux qui me critiquent n’étaient pas nés. À l’époque, de nombreux habitants, en particulier dans le centre historique de Pouzzoles, ont été contraints d’abandonner leurs maisons.

Photo: C. Grandpey

De 2005 à aujourd’hui, on assiste à une nouvelle phase de bradyséisme. En avril 2025, elle avait provoqué un soulèvement d’environ 144 centimètres, avec un nombre élevé de séismes et d’essaims sismiques souvent ressentis par la population. Certains de ces événements comptent parmi les plus significatifs des 40 dernières années, avec des magnitudes supérieures à M4.0. Les réseaux de surveillance de l’INGV indiquent des épisodes de soulèvement du sol principalement centrés juste au sud-est du Rione Terra à Pouzzoles, avec une vitesse maximale qui varie au fil des ans entre 10 ± 3 mm/mois et 30 ± 5 mm/mois. En raison de cette série de phénomènes naturels, le niveau d’alerte des Champs Phlégréens a été relevé à la couleur Jaune en 2012.

Photo: C. Grandpey

Depuis 2018, le phénomène de bradyséisme s’accompagne d’une augmentation progressive de l’activité sismique. En 2023, alors que la plupart des événements avaient de faibles magnitudes (environ 90 % inférieurs à M1,0), on a observé une nouvelle augmentation de la fréquence des séismes. La plupart des événements se sont produits entre Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pouzzoleset le golfe de Pouzzoles, avec des profondeurs maximales d’environ 4 km, principalement concentrées dans les 2 premiers km. La même année, les événements les plus forts se sont produits les 27 septembre et 2 octobre, avec des magnitudes de M4,2 et M4,0. En 2024, l’événement le plus fort s’est produit le 20 mai avec une magnitude de M4,4 dans la Solfatara, tandis qu’en 2025, le séisme le plus puissant a été enregistré le 13 mars lors d’un essaim sismique, avec une magnitude de M4,6 (±0,3).

Photo: C. Grandpey

Si on fait une comparaison avec la crise bradysismique des années 1980, on constate que la situation actuelle est marquée par des soulèvements du sol et des séismes d’une magnitude comparable à ceux observés lors de la crise bradysismique de 1982-1984. Cependant, en termes d’impact sur les bâtiments et les infrastructures, la situation est très différente. La crise des années 1980 a causé d’importants dégâts aux bâtiments, notamment à Pouzzoles, entraînant l’évacuation de la population de ses habitations du centre historique. Aujourd’hui, la situation est similaire à celle observée lors de la crise bradysismique des années 1970, lorsque les habitants du Rione Terra ont dû être évacués. La crise bradysismique actuelle n’a pas causé de dégâts significatifs jusqu’à présent. Cela est dû à une différente vulnérabilité des bâtiments et à l’évolution différente du bradyséisme, en termes de fréquence des séismes et de vitesse de soulèvement du sol. La plupart des structures de la région sont aujourd’hui constituées de bâtiments ne dépassant pas trois étages qui ont fait l’objet d’interventions de réhabilitation parasismique depuis les années 1980.
Au cours des derniers mois de 2023, la Commission nationale des risques majeurs a été convoquée à plusieurs reprises pour donner son avis sur la situation actuelle. À l’issue de ces réunions, la Commission a constaté que les résultats scientifiques avec la présence de magma en profondeur comme cause principale de la crise bradysismique actuelle. Cependant, en l’absence de preuve de remontée de magma vers le surface, la Commission a conclu au maintien du niveau d’alerte Jaune pour le risque volcanique.
Source : INGV.

Certes, il est très désagréable pour les habitants de Pouzzoles de ressentir les essaims sismiques qui déclenchent, surtout la nuit, des vagues d’anxiété, mais il convient de souligner que ces séismes n’annoncent en rien une super-éruption des Champs Phlégréens. Il convient de préciser que la dernière éruption a eu lieu en 1538 au Monte Nuovo et n’était absolument pas une éruption majeure. Il n’y a donc pas lieu de paniquer. J’ai prévu un voyage en Campanie en septembre et je sais déjà que je dormirai à Pouzzoles…

Cratère du Monte Nuovo (Photo: C. Grandpey)

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A few days ago, I was sharply criticized by some persons for having used the word « routine » about the current seismic activity in the Phlegeaean Fields. I just meant that earthquake swarms are nothing new in the Campi Flegrei. They are linked to the bradyseism – vertical movements of the ground – that have affected the region for centuries. The most recent episodes of upheaval were those of 1969-72 and 1982-84, periods when many of those who criticize mz were not born, and when many inhabitants of the area, especially those of the historic center of Pozzuoli, were forced to abandon their homes. From 2005 to today, a new phase of bradyseism has been underway which in April 2025 produced an uplift of about 144 centimeters, also causing a high number of earthquakes with seismic swarms often felt by the population and some of the highest energy earthquakes of the last 40 years wth magnitudes above M4.0. The INGV monitoring networks indicate a radial geometry of the uplift centered just south-east of Rione Terra in Pozzuoli, with a maximum speed that over the years has varied between 10±3 mm/month to 30±5 mm/month. Due to this series of natural phenomena, since 2012 the alert level of Campi Flegrei has been raised to Yellow.

Since 2018, the bradyseism phenomenon has been accompanied by a gradual increase in seismic activity, including the number of earthquakes and their magnitude. In 2023, while most events had low magnitudes (about 90% below M1.0), there was a new increase in the frequency of earthquakes. Most of the events occurred between Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pozzuoli, and Gulf of Pozzuoli, with maximum depths of about 4 km, primarily concentrated in the first 2 km. In the same year, the strongest events occurred on September 27 and October 2, with magnitudes of M4.2 and M4.0. In 2024, the strongest event occurred on May 20 with a magnitude of M4.4 in the Solfatara, while in 2025, the strongest earthquake was recorded on March 13 during a seismic swarm, with a magnitude of M4.6 (±0.3).

Comparison with the bradyseismic crisis of the 1980’s. The current situation is marked by ground uplifts and earthquakes of a magnitude comparable to those experienced in the bradyseismic crisis of 1982-84, while in terms of impact on buildings and infrastructure, the picture is very different. The 1980s crisis caused extensive damage to buildings, particularly in the municipality of Pozzuoli, leading to the evacuation of the population from their homes in the historic center. This was similar to what happened during the bradyseismic crisis of the 1970s when the inhabitants of the Rione Terra had to be evacuated.
The current bradyseismic crisis has not caused significant damage so far. The reasons are to be found in the different vulnerabilities of the buildings and the different evolution of the phenomenon in the frequency of quakes and the rate of uplift. Most of the structures in the area today consist of buildings not exceeding three stories, mostly made of reinforced concrete or masonry, which have undergone seismic retrofitting interventions since the 1980’s.

In the last months of 2023, the National Major Risks Commission has been called several times to know its opinion on the current situation. As a result of these meetings, the Commission found that the scientific findings reinforce the evidence for the presence of deep-seated magma as the root cause of the current bradyseismic crisis. However, without evidence of rising magma, it was concluded to confirm « the yellow alert level for volcanic risk. »

Source : INGV.

Sure, it is very unpleaseant for the residents of Pozzuoli to feel the seismic swarms that trigger, above all at night, waves of anxiety, but it should be underlined that these earthquakes do not herald a super eruption of the Campi Flegrei. One should add that the last eruption occurred in 1538 at Monte Nuovo and was by no means a major eruption. I have planned a trip to Campania in September and I already know that I will sleep in Pozzuoli…

Le risque sismique au Myanmar et en Turquie // The seismic risk in Myanmar and Turkey

Le 28 mars 2025, un séisme de magnitude M7,7 a frappé la région de Sagaing au Myanmar avec un épicentre proche de Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Il s’agit du séisme le plus puissant à avoir frappé le Myanmar depuis 1912 et du deuxième plus meurtrier de l’histoire moderne du pays. Il a tué 5 352 personnes au Myanmar et 60 en Thaïlande.
Comme je l’ai écrit précédemment, la situation géologique et tectonique du Myanmar est bien connue. Le pays est coincé entre quatre plaques tectoniques qui interagissent dans des processus géologiques actifs. La faille de Sagaing, une faille transformante de 1 400 kilomètres, traverse le Myanmar ; elle constitue une frontière entre les plaques birmane et de la Sonde, qui glissent l’une sur l’autre. C’est la source sismique la plus importante et la plus active du Myanmar.

Contexte sismique au Myanmar avec la faille de Sagaing

Les scientifiques connaissent le contexte tectonique et sismique du Myanmar, mais sont incapables de prédire à quel moment les mouvements de failles peuvent déclencher des tremblements de terre destructeurs comme celui du 28 mars 2025.

La Turquie est un autre pays où le contexte tectonique et sismique est bien connu et où les sismologues sont encore incapables de prévoir les séismes. Un événement de magnitude M6,2 a frappé Istanbul le 23 avril 2025, blessant plus de 350 personnes, endommageant des bâtiments. Les scientifiques ont mis en garde quant au risque d’un événement de magnitude M7.0 ou plus, comme au Myanmar. Ils ont appelé à des mesures urgentes pour renforcer la préparation sismique de la ville.
Le séisme de magnitude M6,2 a été localisé dans la mer de Marmara, près d’Istanbul. Il a perturbé les réseaux mobiles et endommagé plusieurs bâtiments à Istanbul. On a notamment recensé des effondrements à Fatih, Bakırköy et Büyükçekmece. Le séisme a ravivé les craintes quant à la vulnérabilité sismique de la région. Les sismologues indiquent que le séisme du 23 avril n’était pas l’événement majeur auquel il faut s’attendre le long du segment Marmara de la faille nord-anatolienne. Ils expliquent que l’activité sismique en cours sur la faille de Kumburgaz accroît l’accumulation de contraintes, ce qui augmente la probabilité d’une rupture majeure. Cela signifie qu’un séisme dans la région pourrait dépasser la magnitude M7,0.

Contexte sismique en Turquie, avec la faille nord-anatolienne (en jaune)

Les sismologues turcs ont mis en garde contre la vulnérabilité d’Istanbul. La population compte entre 16 et 20 millions d’habitants et les infrastructures sont vieillissantes. Un séisme majeur pourrait provoquer un grand nombre d’effondrements de bâtiments, obstruer les rues étroites et submerger les services d’urgence. En 2023, les scientifiques ont parlé de la probabilité de 64 % qu’un séisme de magnitude M7.0 ou plus dans la région de Marmara d’ici 30 ans. Ils ont également critiqué la préparation d’Istanbul aux catastrophes, soulignant l’insuffisance des capacités hospitalières et de lutte contre les incendies, ainsi que les conséquences d’un développement urbain anarchique qui a limité la disponibilité de zones de rassemblement sûres. Les scientifiques ont également recommandé une action coordonnée des institutions gouvernementales, des municipalités et des citoyens, arguant que la transformation urbaine et les nouvelles constructions ne suffisent pas à elles seules à assurer la sécurité de la population.
Source : Médias d’information internationaux.

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On 28 March 2025, an M7.7 earthquake struck the Sagaing Region of Myanmar, with an epicenter close to Mandalay, the country’s second-largest city. It was the most powerful earthquake to strike Myanmar since 1912, and the second deadliest in Myanmar’s modern history, The earthquake killed 5,352 people in Myanmar and 60 in Thailand.

As I put it before, he geological end tectonic situation of Myanmar is well known. The country is wedged between four tectonic plates that interact in active geological processes. The Sagaing Fault, a 1,400-kilometre transform fault runs through Myanmar ; it is a boundary between the Burma and Sunda plates as they slide past each other. It is Myanmar’s largest and most active source of earthquakes.

Scientists know the tectonic and seismic context in Myanmar, but they are unable to say when the fault movements will trigger destructive earthqkaes like the event o 28 March 2025.

 

Turkey is another country where the tectonic and seismic context is well known and where seismologists are still unable to predict earthquakes. An M6.2 earthquake struck Istanbul on April 23, 2025, injuring more than 350 people, damaging buildings, and prompting warnings from seismologists about the potential for an M7+ event like in Myanmar. They called for urgent action to strengthen the city’s seismic preparedness.

The M6.2 quake struck the Sea of Marmara near Istanbul. It disrupted mobile networks and damaged several buildings in Istanbul, including collapses in Fatih, Bakırköy, and Büyükçekmece, and triggered renewed concerns about the region’s seismic vulnerability.

Seismologists indicate that the April 23 earthquake was not the anticipated major event along the Marmara segment of the North Anatolian Fault. They explain that ongoing seismic activity on the Kumburgaz fault is increasing stress accumulation, raising the likelihood of a significant rupture. This means that a future earthquake in the region could exceed M7.0.

Turkish seismologists have warned of Istanbul’s vulnerability. The population includes 16–20 million people and aging infrastructure. A major earthquake could cause widespread building collapses, obstruct narrow streets, and overwhelm emergency response efforts. In 2023, the scientists reported a 64% probability of an M7+ earthquake occurring in the Marmara region within 30 years. They also criticized Istanbul’s disaster preparedness, pointing to inadequate hospital and firefighting capacity, as well as the consequences of unplanned urban development, which has limited the availability of safe gathering areas. They recommended coordinated action by government institutions, municipalities, and citizens, arguing that urban transformation and new construction alone are insufficient to ensure the safety of the population..

Source : International news media.

Le risque sismique en Californie du Sud // The seismic risk in Southern California

La Californie du Sud, où se trouve Los Angeles, est une zone hautement sismique où plusieurs séismes ont été enregistrés ces dernières semaines. On peut se demander si le choix de Los Angeles pour les Jeux olympiques d’été de 2028 était raisonnable. Dans un remarquable article, le site The Watchers met en lumière le contexte géologique de la région.

Un séisme de magnitude M5,2 a frappé le comté de San Diego le 14 avril 2025. Il s’est produit le long de la zone de faille d’Elsinore, une importante faille décrochante en Californie du Sud, capable de déclencher des séismes de magnitude M7,8. La faille se situe à proximité de zones densément peuplées, notamment Los Angeles, Long Beach et Riverside, et le fait qu’elle soit restée inactive pendant longtemps pourrait faire redouter un événement sismique majeur.

Le séisme de magnitude M5,2 n’a causé ni blessés ni dégâts majeurs, mais il a rappelé le potentiel de la faille d’Elsinore à générer des séismes beaucoup plus importants. En effet, la faille fait partie d’un système complexe capable de provoquer des ruptures en cascade, avec des secousses pouvant affecter des millions de personnes.

Vue de la zone de faille d’Elsinore (Source :Southern California Earthquake Data Center – SCEDC)

La zone de faille d’Elsinore s’étend sur environ 180 km à travers la Californie du Sud, parallèlement à la faille de San Andreas et fait partie du système de failles de San Andreas. Elle coupe les Peninsular Ranges et passe à proximité de plusieurs grands centres urbains, ce qui en fait un risque sismique important.

La faille d’Elsinore (Source : NASA, ISS)

Selon le Centre de données sismiques de Californie du Sud (SCEDC), la faille glisse à raison d’environ 4 mm par an, ce qui génère une accumulation progressive de contraintes tectoniques. Bien que relativement calme ces dernières décennies, cette lente accumulation d’énergie contribue au risque sismique sur le long terme. Selon les sismologues californiens, un séisme débuterait sur la faille d’Elsinore et se propagerait sur la faille de Whittier. Ce processus enverrait une énergie considérable dans le bassin de Los Angeles, avec pour conséquence un des scénarios sismiques les plus dangereux.
Selon un modèle développé par l’USGS, un séisme de magnitude M7,8 le long du système Elsinore-Whittier pourrait provoquer de violentes secousses sur une vaste région. La faille d’Elsinore a été relativement calme historiquement. L’événement le plus important s’est produit le 15 mai 1910, près de la Temescal Valley, avec une magnitude estimée à M6. Ce séisme a causé des dégâts minimes.
La faille s’étire vers le sud-est jusqu’au Mexique où elle rejoint la faille de Laguna Salada. Le 23 février 1892, la faille de Laguna Salada a connu un séisme important, estimé entre M7,1 et 7,3. Cet événement a causé des dégâts dans le nord de la Basse-Californie et le sud de la Californie.
Plusieurs villes comme Torrance, Santa Monica et West Hollywood ont pris des mesures pour renforcer leurs bâtiments contre les séismes. Toutefois, à Los Angeles, les bâtiments à ossature métallique ne font toujours pas l’objet d’un programme de rénovation obligatoire, une lacune qui suscite des inquiétudes quant à la capacité de la ville à faire face au prochain puissant séisme.
Ces dernières années, seuls deux séismes d’une magnitude supérieure à M5,0 se sont produits dans les comtés de Los Angeles et d’Orange : un séisme de magnitude M5,1 en 2014 près de Brea et un séisme de magnitude M5,4 en 2008 près de Chino Hills. Le séisme de 2014 a causé 2,5 millions de dollars de dégâts, tandis que celui de 2008 a eu un impact minime.
Le fort risque sismique en Californie est dû à la situation géographique de cet État, à la limite de plaques tectoniques. La plaque Pacifique, où se trouvent des villes comme San Diego, Los Angeles et Santa Barbara, se déplace lentement vers le nord-ouest, tandis que la plaque nord-américaine, avec San Francisco, la Central valley et Big Bear Lake, se déplace dans la direction opposée. Ce mouvement fait s’accumuler les contraintes au fil du temps, et elles finissent par se libérer sous forme de séismes pouvant être destructeurs.
Croisons les doigts pour qu’aucun séisme majeur ne provoque de catastrophe pendant les Jeux de 2028…

Source : The Watchers.

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Southern California – the region that includes Los Angeles – is a highly seismic zone where several earthquakes have been recorded in the past weeks. One can wonder whether of Los Angeles for ther 2028 Summer Olympic Games was a cautious one. In a remarkable article, The Watchers website highlights the geological context of the region.

An M5.2 earthquake struck San Diego County on April 14th, 2025. It occurred along the Elsinore Fault Zone, a major strike-slip fault in Southern California capable of producing earthquakes up to M7.8. The fault runs near densely populated areas including Los Angeles, Long Beach, and Riverside, and its long period of limited activity may indicate an increased potential for a significant seismic event.

The M5.2 earthquake caused no injuries or major damage, but it drew renewed attention to the Elsinore Fault’s potential to generate much larger earthquakes. While historically quiet, the fault forms part of a complex system capable of producing cascading ruptures that could impact millions.

The Elsinore Fault Zone extends about 180 km through Southern California, running parallel to the San Andreas Fault and forming part of the broader San Andreas fault system. It cuts through the Peninsular Ranges and passes near several major population centers, making it a significant seismic hazard.

According to the Southern California Earthquake Data Center (SCEDC), the fault has a slip rate of approximately 4 mm per year, indicating gradual accumulation of tectonic strain. Though relatively quiet in recent decades, this slow deformation contributes to long-term seismic potential. According to Californian seismologists, an earthquake would start on the Elsinore Fault and move onto the Whittier Fault. This would send powerful energy straight into the L.A. Basin, making it one of the more dangerous earthquake scenarios.

In a model developed by the U.S.G.S., an M7.8 earthquake along the Elsinore-Whittier system could produce violent shaking across a wide region. The Elsinore Fault has been relatively quiet historically. The most significant recorded event occurred on May 15, 1910, near Temescal Valley, with an estimated magnitude of M6.0. This earthquake caused minimal damage.

The fault extends southeast into Mexico, connecting with the Laguna Salada Fault. On February 23, 1892, the Laguna Salada Fault experienced a significant earthquake, estimated between M7.1 and 7.3. This event caused damage in both northern Baja California and southern California.

Several cities like Torrance, Santa Monica, and West Hollywood have taken steps to strengthen their buildings against earthquakes. But in Los Angeles, steel frame buildings are still not part of any mandatory retrofit program, a gap that’s sparked concern about how ready the city really is for the next big quake.

In recent years, only two earthquakes with magnitudes above M5.0 have occurred beneath Los Angeles and Orange Counties : M5.1 earthquake in 2014 near Brea and M5.4 event in 2008 near Chino Hills. The 2014 earthquake caused 2.5 million dollars in damage, while the 2008 event resulted in minimal impact.

California’s high earthquake risk comes from its location on the edge of a tectonic plate boundary. The Pacific plate, home to cities like San Diego, Los Angeles, and Santa Barbara, is slowly shifting northwest, while the North American plate, holding San Francisco, the Central Valley, and Big Bear Lake, moves in the opposite direction. This movement builds up stress over time, which is eventually released in potentially destructive earthquakes.

Let’s cross our fingers that no major earthquake causes a disaster during the 2028 Games…

Source : The Watchers.