Séisme et crainte d’une éruption en Colombie // Earthquake and fear of an eruption in Colombia

drapeau francaisLe Service Géologique de Colombie a fait passer ce mardi du Jaune à l’Orange les niveaux d’alerte du Cerro Negro et du Chiles, deux volcans situés à la frontière entre la Colombie et l’Equateur, après qu’un séisme de magnitude 5,6 ait frappé la région. Le niveau Orange signifie qu’«une éruption est probable dans quelques jours ou quelques semaines. »
Si ces volcans entrent en éruption, ce sera surtout la province de Nariño qui sera la plus menacée. Le gouvernement local a commencé à prendre des mesures de sécurité afin de prévenir des tragédies. Il a recommandé la fermeture des classes, mis en place un système de communication pour les communautés autochtones de la région et fourni à ces communautés des tentes si elles devaient évacuer leurs habitations en cas d’alerte volcanique maximale.
Source: Journaux colombiens.

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drapeau anglaisColombia’s Geological Service raised alert levels of Cerro Negro and Chiles, on Colombia’s southern border with Ecuador, from yellow to orange on Tuesday after an M 5.6 earthquake hit the border region. The orange alert level is defined by the Geological Service as “probable eruption in term of days to weeks.”

If the volcanoes are to erupt, it will mostly affect the Nariño state where the local government has started to take security measures in order prevent tragedies. It has recommended suspending school classes, delivered a special communication system to indigenous communities in the area and offered these communities tents if they need to evacuate their premises while the volcanoes are on high alert.

Source: Colombian newspapers.

Le Mont Fuji (Japon) dans un « état critique »? // Mount Fuji (Japan) in a « critical state »?

drapeau francaisLe Mont Fuji serait-il le Michael Shumacher des volcans ? C’est la conclusion que l’on pourrait tirer en lisant une étude franco-japonaise relayée par le journal Le Monde. Selon les chercheurs, les entrailles du Mont Fuji, situé au sud-ouest de Tokyo, ont été largement mises sous pression lors du tremblement de terre au large des côtes japonaises, le 11 mars 2011. Cette pression serait telle qu’il existe un potentiel d’éruption important et que le volcan se trouverait dans un « état critique ».

En fait, cette étude franco-japonaise n’est pas un sccop et le sujet n’est pas nouveau. Le lien entre le Mont Fuji et le séisme de Fukushima, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness ; ça ressort de temps en temps dans la presse. Vous pourrez lire les notes que j’ai rédigées à ce sujet sur mon blog le 9 septembre 2012, le 4 février et le 5 août 2013 (voir les liens ci-dessous). Cela va faire 2 ans que ma première note est parue et il n’y a toujours pas d’éruption du Mont Fuji en vue! Il s’agit donc d’un « état critique » de longue durée, comme pour le pilote de Formule 1!

Le séisme de Fukushima a probablement fragilisé le volcan japonais mais jusqu’à quel point ? C’est la véritable question. Il se peut qu’on soit proche d’un point de déclenchement d’une éruption, mais ce n’est pas prouvé, de la même façon que le lien entre séismes et éruptions n’a jamais été réellement démontré. Nos connaissances en matière de prévision éruptive sont à l’heure actuelle trop limitées pour que l’on se permette de crier sur les toits qu’une éruption est sur le point d’avoir lieu. Il faut d’ailleurs remarquer que les auteurs de l’étude ne se mouillent pas puisque l’un d’eux a déclaré : « Nos travaux ne disent pas que le volcan va entrer en éruption ». La messe est dite !

Dans le même ordre d’idée, il y a 2 ou 3 mois, certains annonçaient à qui voulaient l’entendre que l’Hekla allait entrer incessamment en éruption en Islande. On attend toujours l’événement!!

Voici les liens vers les articles de mon blog:

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2012/09/09/mont-fuji-japon-5/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/04/mont-fuji-japon-mount-fuji-japan/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/08/05/et-si-le-mont-fuji-entrait-en-eruption-what-if-mount-fuji-erupted/

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drapeau anglaisIs Mount Fuji the Michael Schumacher of the volcanoes? This is the conclusion that could be drawn by reading a French-Japanese study relayed by the newspaper Le Monde. According to researchers, the inside of Mount Fuji, located south-west of Tokyo, was largely set under pressure by the earthquake off the coast of Japan on March 11th, 2011. This pressure is said to be so great that there is a real potential eruptive risk and the volcano might be in a « critical condition ».
In fact, this study is not a sccop and the topic is not new. The link between Mount Fuji and the Fukushima earthquake is a bit like the Loch Ness monster; it appears from time to time in the press. You can read the notes I wrote about it in my blog on September 9th, 2012, February 4th and August 5th2013 (see links below). My first note wass published 2 years ago and there is still no eruption of Mount Fuji in sight!
The Fukushima earthquake probably weakened the Japanese volcano but to what extent? That is the real question. It may be close to an eruption, but it cannot be proved in the same way that the relationship between earthquakes and eruptions has never been adequately demonstrated. Our knowledge of eruptive prevision is currently too limited toshout from the rooftops that an eruption is about to occur. By the way, one can notice that the authors of the study remained cautious as one of them said: « Our work does not say that the volcano will erupt. »
In the same way, 2 or 3 months ago, some scientists announced that Hekla was about to erupt in Iceland. We are still waiting for the event!

Here are links to articles in my blog:
http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2012/09/09/mont-fuji-japon-5/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/04/mont-fuji-japon-mount-fuji-japan/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/08/05/et-si-le-mont-fuji-entrait-en-eruption-what-if-mount-fuji-erupted/

Mont-Fuji-blog

Crédit photo:  Wikipedia

Secousse sismique sur le Nevado del Ruiz (Colombie) // Earthquake at Nevado del Ruiz (Colombia)

drapeau francaisSelon le site web Inside Colombia, les autorités ont émis une «alerte jaune» pour une région du centre de la Colombie suiteà un séisme de M 2,9 qui a été enregistré à 02h29 dimanche matin au niveau du Nevado del Ruiz. L’alerte jaune signifie que les populations des zones situées dans les états frontaliers de Tolima et de Caldas doivent rester vigilantes car l’activité volcanique est susceptible d’évoluer à cause du séisme.
Les autorités ont de bonnes raisons d’être prudentes. Le Nevado del Ruiz est connu pour ses coulées pyroclastiques. Personne n’oubliera l’éruption de 1985 et la coulée de boue qui a enseveli au moins trois villes et tué 25.000 personnes.

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drapeau anglaisAccording to the Inside Colombia website, authorities have issued a “yellow alert” for a region in central Colombia following an M 2.9 earthquake that was recorded at 2:29 a.m. on Sunday morning at Nevado del Ruiz. The yellow alert means that affected areas in the bordering states of Tolima and Caldas should remain vigilant in the face of potentially shifting volcanic activity brought on by the earthquake.

Authorities have good reason for caution. The volcano is known for its deadly pyroclastic flows. Nobody will forget the 1985 eruption that triggered a lahar that buried at least three surrounding town and killed 25,000 people.

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Crédit photo:  Wikipedia

Il y a 50 ans, l’Alaska tremblait… // 50 years ago, Alaska was trembling…

drapeau francaisLe 27 mars 2014 marque le 50ème anniversaire du séisme qui a secoué l’Alaska en 1964, le jour du Vendredi Saint. Connu sous le nom de « Great Alaskan Earthquake » ou « Good Friday Earthquake », d’une magnitude de M 9,2, c’est par sa puissance le deuxième séisme jamais enregistré sur notre planète, après celui de Valdivia au Chili en 1960, avec une magnitude de M 9,5. L’épicentre a été localisé à environ 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Le bilan officiel de la catastrophe se situe entre 115 et139 morts, victimes pour la plupart d’effondrements de bâtiments ou du tsunami engendré par le séisme. C’est ainsi que 32 personnes ont perdu la vie à Valdez, petit port blotti au bord du Prince William Sound et reconstruit aujourd’hui sur un site censé être plus sûr.

Le séisme du Vendredi Saint a marqué les esprits des Alaskiens et les témoignages se transmettent de génération en génération, un peu comme une alliance de mariage dont les bords auraient été un peu usés par le temps.

Tout a commencé à 17h36. Certains habitants d’Anchorage entendirent ce qui ressemblait aux chenilles de chars d’assaut, comme si toute une armée était en train de pénétrer dans la ville. D’autres eurent l’impression qu’un Boeing 747 était en train d’atterrir dans leur jardin. C’était comme si la grosse caisse d’une fanfare vibrait dans leur poitrine et comme si cette vibration se propageait dans tout leur corps. Pendant trois à cinq minutes selon les endroits, la terre ressemblait à une immense couverture que quelque géant était en train de secouer. Les arbres vacillaient ; poteaux et lignes électriques remuaient dans tous les sens. Dans les parkings, les voitures étaient soulevées de terre et retombaient les une contre les autres.

Puis les secousses cessèrent. Ce fut l’heure de constater les dégâts, d’établir des bilans et de penser à la reconstruction. De nombreux bâtiments s’étaient en partie ou en totalité effondrés. Il n’y avait plus d’électricité et de téléphone. Les conduites d’eau avaient été brisées. Les gens remplissaient les baignoires avec de la neige pour avoir de l’eau et le feu dans les cheminées remplaçait les appareils de chauffage. Comme toujours dans le cas de puissants séismes, celui du 27 mars 1964 fut suivi de répliques. A chacune d’elles, les gens sortaient précipitamment des maisons, en proie à la panique.

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La 4ème Avenue d’Anchorage juste après le séisme  (Crédit photo: U.S. Army)

Aujourd’hui encore, l’Alaska connaît des séismes, pas toujours ressentis par la population. Toutefois, dès qu’un grondement se fait entendre, comme celui d’un avion ou d’un chasse-neige, beaucoup d’habitants tendent l’oreille et restent vigilants, dans la crainte que se reproduise le séisme du Vendredi Saint.

Les traces du 27 mars 1964 ont disparu d’Anchorage mais plusieurs lieux rappellent ce terrible événement. Au nord de la ville, on peut visiter l’Earthquake Park où des panneaux fournissent des explications sur les glissements de terrain dévastateurs et meurtriers provoqués par les secousses.

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Dans le l’Alaska Experience Theater, un simulateur fait vibrer les spectateurs avec la même intensité qu’en 1964. Les images projetées sur l’écran font froid dans le dos.

Plus au sud, à Valdez, là où se trouvait le port avant le tremblement de terre et le tsunami, un panneau explique où se trouvaient les habitations.

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(Photos:  C.  Grandpey)

Le Valdez Museum met en vente un DVD très intéressant, intitulé « Between the Glacier and the Sea », qui fait revivre les événements du Vendredi Saint 1964.

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drapeau anglaisMarch 27th, 2014 marks the 50th anniversary of the earthquake that rocked Alaska in 1964, on Good Friday. Known as the  » Great Alaskan Earthquake  » or  » Good Friday Earthquake  » with a magnitude of M 9.2, it is the second most powerful earthquake ever recorded on our planet, after the one that shook Valdivia in Chile in 1960, with a magnitude of M 9.5. The epicentre was located about 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The official toll of the disaster is between 115 et139 deaths, mostly victims of building collapses or of the tsunami generated by the earthquake. 32 people lost their lives in Valdez, a small port nestled on the shores of Prince William Sound and rebuilt today on a site supposed to be a safer.

The Good Friday Earthquake remains stamped in the minds of Alaskans and the memories are transmitted from generation to generation, like a wedding ring whose edges were a bit worn out with the time.
It all started at 17h36. Some residents of Anchorage heard what sounded like the caterpillars of tanks, as if a whole army was entering the city. Others got the impression that a Boeing 747 was about to land in their garden. It was as if the bass drum of a band vibrated in their chests and as if that vibration was spreading throughout their body. For three to five minutes depending on the area, the land looked like a huge blanket that a giant was shaking. Trees swayed ; poles and power lines were moving in all directions. In parking lots, cars were lifted from the ground and fell against one another.
Then the shaking stopped. It was time to see the damage, count the victims, establish budgets and think about reconstruction. Many buildings were partially or totally destroyed. There was no electricity and telephone. Water pipes were broken . People filled their bathtubs with snow for having water and fires in the fireplaces replaced the heaters. As always in the case of powerful earthquakes, the quake of March 27th 1964 was followed by aftershocks. At each of them, the people left hurriedly houses in a panic.
Today , Alaska is still experiencing earthquakes, not always felt by the population. However, when a rumbling sound can be heard, like an airplane or a snowplow, many people listen carefully and remain vigilant, fearing a repeat of the Good Friday Earthquake.
Traces of March 27th, 1964 have disappeared from Anchorage but many places recall this terrible event. North of the city, you can visit the Earthquake Park where signs provide explanations about the devastating and deadly landslides. (see photos above)
In the Alaska Experience Theater , a simulator shakes the audiences with the same intensity as in 1964. The images on the screen send shivers down the spine.
Further south, in Valdez, on the site where the port lay before the earthquake and tsunami, a sign indicates where the houses stood while a plaque bears the list of the missing (see photos above).
The Valdez Museum sells a very interesting DVD, entitled  » Between the Glacier and the Sea « , which meminds us of the events of Good Friday 1964.