L’Aquila (Italie): La justice prononce l’acquitement des scientifiques

La Cour d’appel de L’Aquila a finalement acquitté lundi les sept scientifiques condamnés en première instance à six ans de prison pour avoir sous-estimé les risques avant le séisme qui avait fait plus de 300 morts en 2009. Pour mémoire, les scientifiques s’étaient réunis à L’Aquila six jours avant le tremblement de terre, mais n’avaient pas alerté les habitants des sérieux risques liés à celui-ci.

Jugés en appel, les sept scientifiques italiens (Franco Barberi, Enzo Boschi, Mauro Dolce, Bernardo De Bernardinis, Giulio Selvaggi, Claudio Eva et Gian Michele Calvi) ont été acquittés. Ces membres de la Commission « grands risques », six experts des tremblements de terre et le sous-directeur de la Protection civile Bernardo De Bernardinis, avaient été condamnés en octobre 2012 à six années de prison chacun  pour « homicide par imprudence ».

Sans donner d’explication, la cour a estimé que les faits ne constituaient pas un délit. La lecture de la décision dans la salle d’audience a été accueillie par des huées du public. Seule exception à l’acquittement général, Bernardo De Bernardinis a été condamné à deux ans de prison pour la mort de certaines victimes, mais acquitté pour la mort d’autres. La cour a toutefois suspendu sa peine de prison.

Les parties civiles ou le parquet peuvent encore introduire un recours devant la Cour de Cassation.

Comme je l’ai indiqué au cours de l’émission « Vies d’Envies », je trouvais scandaleuse la condamnation des sept scientifiques. Apparemment, la justice italienne ne connaît rien en sismologie, sinon elle saurait que nous sommes absolument incapables de prévoir le déclenchement d’un tremblement de terre. Dans ce contexte, comment les 7 scientifiques auraient-ils pu alerter la population ? Certes, la région de l’Aquila est une zone à risques, mais c’est tout ce que l’on peut dire ; rien de plus concernant la prévision !.

La condamnation (même si elle est suivie d’un acquittement) est grave car, à l’avenir, les scientifiques italiens réfléchiront deux fois avant d’alerter une population à propos d’un risque sismique ou volcanique. Comme me le confiait un jour Franco Barberi – l’un des scientifiques acquittés – à propos de la prochaine éruption du Vésuve : « Si je fais évacuer la population de Naples qu’il ne se passe rien, je passe pour un imbécile ; si je ne fais pas évacuer et qu’une catastrophe se produit, je vais en prison. »

Plus têtu qu’un Japonais, tu meurs! // Who can be more obstinate than a Japanese?

drapeau francaisLes autorités locales viennent de voter en faveur du redémarrage de la centrale nucléaire de Sendai, malgré les mises en garde des scientifiques et en dépit de l’opposition de l’opinion publique à l’énergie nucléaire. A Ichikikushikino, une ville à moins de 5 km de la centrale de Sendai, plus de la moitié des 30000 habitants ont signé au début de cette année une pétition contre le redémarrage de la centrale. De plus, les volcanologues ont fait remarquer que le séisme de 2011 (M 9,0 sur l’échelle de Richter) avait augmenté la probabilité d’activité volcanique dans la région. La centrale de Sendai est située à seulement 50 km du Sakurajima, un volcan très actif qui entre régulièrement en éruption
En dépit de ces mises en garde, le conseil municipal de Satsumasendai, dans la préfecture de Kagoshima, a massivement approuvé (avec19 voix sur 26) la décision de rouvrir la centrale de Sendai qui est l’un des principaux employeurs de l’île de Kyushu. Avant la catastrophe de Fukushima, les Japonais tiraient 30 pour cent de leur électricité à partir de l’énergie atomique.
L’Autorité de Régulation Nucléaire au Japon (NRA) a approuvé les normes de sécurité de Sendai en septembre, mais la centrale doit encore subir des contrôles de sécurité avant de pouvoir redémarrer.
Le vote est intervenu alors qu’un incendie a s’est déclaré mardi dans une autre centrale nucléaire gérée par Kyushu Electric. Le feu a pris dans un bâtiment annexe de la centrale de Genkai, dans la préfecture de Saga. Selon les autorités locales, l’incendie a été circonscrit par les ouvriers de la centrale. Personne n’a été blessé et on n’a observé aucun rejet de matières radioactives.

Source : The Japan Times.

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drapeau anglaisLocal officials have voted to reopen the Sendai nuclear plant, despite scientists’warnings of increased volcanic activity in the region and against the opposition of public opinion to nuclear energy. In Ichikikushikino, a city less than 5 km from the Sendai plant, more than half of its 30,000 residents signed a petition opposing the restart earlier this year. Besides, scientific authorities warned of increased seismic activity on the island. Volcanologists have warned that the 2011 earthquake, which measured 9.0 on the Richter scale, may have increased the likelihood of volcanic activity throughout the region.

The Sendai plant is also situated only 50 km from Mount Sakurajima, an extremely active volcano which erupts on a regular basis.

The municipal assembly in Satsumasendai, Kagoshima Prefecture, overwhelmingly approved (19 out of 26 votes) of proposals to open the Sendai plant, which is one of the chief employers on Kyushu island. The vote has been seen as an attempt to resurrect the country’s nuclear industry, which the Japanese government hopes to restart despite public opposition to nuclear energy in the wake of the Fukushima disaster. Prior to the disaster, the Japanese had derived 30 percent of their electricity from atomic power.

Japan’s Nuclear Regulation Authority (NRA) approved Sendai’s safety features in September, but the plant must still pass operational safety checks before it will be able to reopen.

The vote came as a fire broke out Tuesday at Kyushu Electric’s other nuclear plant, the Genkai facility in Saga Prefecture. The blaze started in an auxiliary building of the power station and was extinguished by plant workers, local officials said. There were no injuries and no release of radioactive materials.

Source: The Japan Times.

Le Japon bientôt rayé de la carte? // Japan soon wiped off the map?

drapeau francaisVoici le type d’article que je déteste vraiment! Il traite des prévisions à long terme, ponctuées d’un nombre incalculable de verbes au conditionnel alors que nous ne savons toujours pas prévoir les éruptions dans le court terme. Il suffit de jeter un coup d’œil à la situation actuelle sur le Mayon (Philippines) où des milliers de personnes sont évacuées depuis plusieurs semaines par crainte d’une éruption…qui ne vient pas!
Le New Zealand Herald a relayé un article prétendant que le Japon pourrait être rayé de la surface de la Terre par une éruption volcanique majeure dans les 100 prochaines années, avec à la clé la mort de la quasi-totalité de sa population de 127 millions d’habitants.
L’article fait référence à une nouvelle étude dans laquelle des volcanologues analysent les modèles éruptifs au Japon et concluent qu’il n’est «pas exagéré» de prévoir une catastrophe naturelle qui « anéantirait » le pays.
Les scientifiques de l’Université de Kobé ont étudié un vaste cratère volcanique de l’île de Kyushu qui est entré en éruption à 7 reprises dans les 120 000 dernières années. Ils estiment qu’une nouvelle éruption enfouirait 7 millions de personnes sous des coulées de lave tandis que les vents d’ouest transporteraient une énorme quantité de cendre et de poussière vers Honshu. Selon eux, le nuage toxique rendrait l’île voisine «invivable» et les 120 millions de personnes vivant dans les centres urbains n’auraient « aucune chance » de survivre à ce cataclysme.
Les professeurs Yoshiyuki Tatsumi et Keiko Suzuki ont calculé que le risque qu’une telle éruption se produise dans les 100 prochaines années est d’environ un pour cent. Ils font remarquer que ce chiffre ne saurait être ignoré car la probabilité qu’un séisme majeur frappe Kobé dans les 30 ans avait, elle aussi, été estimée à environ un pour cent la veille du séisme de M 7.2 qui a détruit la ville japonaise en 1995, tuant 6.400 personnes.
Cet article est publié quelques semaines après l’éruption meurtrière du Mont Ontake et au moment où on apprend que le volcan Ioyama, situé dans le sud du Japon à 64 km de la centrale nucléaire de Sendai (voir ma note du 26 octobre), montre des signes d’activité qui pourraient éventuellement déboucher sur une éruption.

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drapeau anglaisHere is the type of article I definitely hate ! It deals with long-term predictions punctuated by an infinity of “could” while we are not able to predict eruptions in the short term. It suffices to have a look at the current situation on Mayon volcano where thousands of people have been evacuated for several weeks for fear of an eruption that does not come!

The New Zealand Herald has relayed an article pretending that Japan could be wiped off the face of the earth by a massive volcanic eruption some time in the next century killing almost all of its 127million inhabitants.

The article refers to a new study in which experts analysing the eruption patterns of volcanoes in Japan say it is ‘not an overstatement’ to predict that a natural disaster could leave the country ‘extinct’.

Scientists at Kobe University looked at a massive volcanic crater on Kyushu Island, which has erupted seven times in the last 120,000 years. They predicted that another eruption would bury 7 million people underneath lava flows, while westerly winds would carry a huge amount of ash and dust to Honshu. They added that the toxic cloud would make the neighbouring island ‘unliveable’ and that the 120 million living in major cities and towns would be ‘hopeless’.

Professors Yoshiyuki Tatsumi and Keiko Suzuki calculated that the risk of such an eruption occurring in the next 100 years was around 1 per cent. However, they said that figure could not be ignored, as the chance of a major earthquake striking Kobe within 30 years was estimated at about one percent just a day before an M 7.2 quake destroyed the Japanese city in 1995, killing 6,400 people.

The news comes just weeks after the deadly eruption of Mount Ontake and amid warnings that Ioyama volcano in southern Japan, located 64 km from the Sendai nuclear plant (see my note of October 26th), was showing signs of increased activity that could possibly lead to an eruption.

Séisme et crainte d’une éruption en Colombie // Earthquake and fear of an eruption in Colombia

drapeau francaisLe Service Géologique de Colombie a fait passer ce mardi du Jaune à l’Orange les niveaux d’alerte du Cerro Negro et du Chiles, deux volcans situés à la frontière entre la Colombie et l’Equateur, après qu’un séisme de magnitude 5,6 ait frappé la région. Le niveau Orange signifie qu’«une éruption est probable dans quelques jours ou quelques semaines. »
Si ces volcans entrent en éruption, ce sera surtout la province de Nariño qui sera la plus menacée. Le gouvernement local a commencé à prendre des mesures de sécurité afin de prévenir des tragédies. Il a recommandé la fermeture des classes, mis en place un système de communication pour les communautés autochtones de la région et fourni à ces communautés des tentes si elles devaient évacuer leurs habitations en cas d’alerte volcanique maximale.
Source: Journaux colombiens.

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drapeau anglaisColombia’s Geological Service raised alert levels of Cerro Negro and Chiles, on Colombia’s southern border with Ecuador, from yellow to orange on Tuesday after an M 5.6 earthquake hit the border region. The orange alert level is defined by the Geological Service as “probable eruption in term of days to weeks.”

If the volcanoes are to erupt, it will mostly affect the Nariño state where the local government has started to take security measures in order prevent tragedies. It has recommended suspending school classes, delivered a special communication system to indigenous communities in the area and offered these communities tents if they need to evacuate their premises while the volcanoes are on high alert.

Source: Colombian newspapers.