Il y a 50 ans, l’Alaska tremblait… // 50 years ago, Alaska was trembling…

drapeau francaisLe 27 mars 2014 marque le 50ème anniversaire du séisme qui a secoué l’Alaska en 1964, le jour du Vendredi Saint. Connu sous le nom de « Great Alaskan Earthquake » ou « Good Friday Earthquake », d’une magnitude de M 9,2, c’est par sa puissance le deuxième séisme jamais enregistré sur notre planète, après celui de Valdivia au Chili en 1960, avec une magnitude de M 9,5. L’épicentre a été localisé à environ 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Le bilan officiel de la catastrophe se situe entre 115 et139 morts, victimes pour la plupart d’effondrements de bâtiments ou du tsunami engendré par le séisme. C’est ainsi que 32 personnes ont perdu la vie à Valdez, petit port blotti au bord du Prince William Sound et reconstruit aujourd’hui sur un site censé être plus sûr.

Le séisme du Vendredi Saint a marqué les esprits des Alaskiens et les témoignages se transmettent de génération en génération, un peu comme une alliance de mariage dont les bords auraient été un peu usés par le temps.

Tout a commencé à 17h36. Certains habitants d’Anchorage entendirent ce qui ressemblait aux chenilles de chars d’assaut, comme si toute une armée était en train de pénétrer dans la ville. D’autres eurent l’impression qu’un Boeing 747 était en train d’atterrir dans leur jardin. C’était comme si la grosse caisse d’une fanfare vibrait dans leur poitrine et comme si cette vibration se propageait dans tout leur corps. Pendant trois à cinq minutes selon les endroits, la terre ressemblait à une immense couverture que quelque géant était en train de secouer. Les arbres vacillaient ; poteaux et lignes électriques remuaient dans tous les sens. Dans les parkings, les voitures étaient soulevées de terre et retombaient les une contre les autres.

Puis les secousses cessèrent. Ce fut l’heure de constater les dégâts, d’établir des bilans et de penser à la reconstruction. De nombreux bâtiments s’étaient en partie ou en totalité effondrés. Il n’y avait plus d’électricité et de téléphone. Les conduites d’eau avaient été brisées. Les gens remplissaient les baignoires avec de la neige pour avoir de l’eau et le feu dans les cheminées remplaçait les appareils de chauffage. Comme toujours dans le cas de puissants séismes, celui du 27 mars 1964 fut suivi de répliques. A chacune d’elles, les gens sortaient précipitamment des maisons, en proie à la panique.

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La 4ème Avenue d’Anchorage juste après le séisme  (Crédit photo: U.S. Army)

Aujourd’hui encore, l’Alaska connaît des séismes, pas toujours ressentis par la population. Toutefois, dès qu’un grondement se fait entendre, comme celui d’un avion ou d’un chasse-neige, beaucoup d’habitants tendent l’oreille et restent vigilants, dans la crainte que se reproduise le séisme du Vendredi Saint.

Les traces du 27 mars 1964 ont disparu d’Anchorage mais plusieurs lieux rappellent ce terrible événement. Au nord de la ville, on peut visiter l’Earthquake Park où des panneaux fournissent des explications sur les glissements de terrain dévastateurs et meurtriers provoqués par les secousses.

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Dans le l’Alaska Experience Theater, un simulateur fait vibrer les spectateurs avec la même intensité qu’en 1964. Les images projetées sur l’écran font froid dans le dos.

Plus au sud, à Valdez, là où se trouvait le port avant le tremblement de terre et le tsunami, un panneau explique où se trouvaient les habitations.

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(Photos:  C.  Grandpey)

Le Valdez Museum met en vente un DVD très intéressant, intitulé « Between the Glacier and the Sea », qui fait revivre les événements du Vendredi Saint 1964.

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drapeau anglaisMarch 27th, 2014 marks the 50th anniversary of the earthquake that rocked Alaska in 1964, on Good Friday. Known as the  » Great Alaskan Earthquake  » or  » Good Friday Earthquake  » with a magnitude of M 9.2, it is the second most powerful earthquake ever recorded on our planet, after the one that shook Valdivia in Chile in 1960, with a magnitude of M 9.5. The epicentre was located about 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The official toll of the disaster is between 115 et139 deaths, mostly victims of building collapses or of the tsunami generated by the earthquake. 32 people lost their lives in Valdez, a small port nestled on the shores of Prince William Sound and rebuilt today on a site supposed to be a safer.

The Good Friday Earthquake remains stamped in the minds of Alaskans and the memories are transmitted from generation to generation, like a wedding ring whose edges were a bit worn out with the time.
It all started at 17h36. Some residents of Anchorage heard what sounded like the caterpillars of tanks, as if a whole army was entering the city. Others got the impression that a Boeing 747 was about to land in their garden. It was as if the bass drum of a band vibrated in their chests and as if that vibration was spreading throughout their body. For three to five minutes depending on the area, the land looked like a huge blanket that a giant was shaking. Trees swayed ; poles and power lines were moving in all directions. In parking lots, cars were lifted from the ground and fell against one another.
Then the shaking stopped. It was time to see the damage, count the victims, establish budgets and think about reconstruction. Many buildings were partially or totally destroyed. There was no electricity and telephone. Water pipes were broken . People filled their bathtubs with snow for having water and fires in the fireplaces replaced the heaters. As always in the case of powerful earthquakes, the quake of March 27th 1964 was followed by aftershocks. At each of them, the people left hurriedly houses in a panic.
Today , Alaska is still experiencing earthquakes, not always felt by the population. However, when a rumbling sound can be heard, like an airplane or a snowplow, many people listen carefully and remain vigilant, fearing a repeat of the Good Friday Earthquake.
Traces of March 27th, 1964 have disappeared from Anchorage but many places recall this terrible event. North of the city, you can visit the Earthquake Park where signs provide explanations about the devastating and deadly landslides. (see photos above)
In the Alaska Experience Theater , a simulator shakes the audiences with the same intensity as in 1964. The images on the screen send shivers down the spine.
Further south, in Valdez, on the site where the port lay before the earthquake and tsunami, a sign indicates where the houses stood while a plaque bears the list of the missing (see photos above).
The Valdez Museum sells a very interesting DVD, entitled  » Between the Glacier and the Sea « , which meminds us of the events of Good Friday 1964.

Séisme en Nouvelle Zélande // An earthquake in New Zealand

drapeau francaisCe n’est pas volcanique mais ça s’est passé dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande où les volcans ne sont jamais très loin. Un séisme de M 6,2 a frappé la partie sud de l’île hier après-midi, près de la petite ville d’Eketahuna. On ne déplore aucune victime mais une série de dégâts matériels: chutes de bibelots, étagères qui lâchent prise et coupures de courant.

La partie centrale de l’île a subi une série de répliques aujourd’hui. L’événement le plus significatif avait une magnitude de 4,2, à une dizaine de kilomètres au NO de Castle point.

drapeau anglaisIt is not volcanic but it took place in New Zealand’s North Island where volcanoes are never far away. An M 6.2 earthquake struck the lower part of the island yesterday in the afternoon near Eketahuna. There were no casualties but quite a lot of broken ornaments, collapsed shelves and power outages.

The central North Island continues to be shaken with a series of aftershocks. The largest was a M 4.2 event, located 10 kilometres north-west of Castlepoint.

Séismes et volcans de boue // Earthquakes and mud volcanoes

drapeau francaisUne nouvelle île a émergé au large de la ville de Gwadar, au Pakistan, après un fort séisme de magnitude 7,7 qui a secoué le pays le 24 septembre 2013. L’édifice semble avoir une hauteur de 6 à 12 mètres et un diamètre d’une trentaine de mètres. Il se trouve à environ 100 mètres de la côte.
Les scientifiques sont encore loin d’un consensus. Les deux possibilités les plus probables sont un glissement de terrain ou un volcan de boue.
Le volcan de boue est une  hypothèse plausible car la côte de Gwadar en possède déjà plusieurs, à la fois sur terre et en mer. L’un d’eux a soudain surgi en formant une île à un endroit où le fond de la mer était de 30 à 60 mètres de profondeur le 26 novembre 2010. Par ailleurs, en 1945, le séisme de M 8.1 à Makran a provoqué la formation de volcans de boue au large de Gwadar. Une étude récente dans la revue Nature Geoscience révèle par ailleurs que ce séisme a provoqué la libération de tonnes de méthane du fond marin.

Cet événement fait évidemment penser à Lusi, le volcan de boue indonésien qui, selon certains scientifiques, aurait été provoqué par un séisme à 250 km de distance.

Source : Live Science.

 

drapeau anglaisA new island emerged from the ocean offshore of the city of Gwadar, Pakistan, after a strong magnitude-7.7 earthquake shook the country on September 24th 2013. The mound appears to be 6 to 12 metres high and 30 metres wide. It rose out of the sea about 100 metres from the coast.

Scientists are still far from consensus. The two most likely possibilities are a landslide or a mud volcano.

A mud volcano is a likely possibility because Gwadar’s coastline already has several of these, both onshore and at sea. One suddenly popped up where sea level was 30 to 60 metres deep on November 26th, 2010, creating an island. Besides, in 1945, the M 8.1 Makran earthquake triggered the formation of mud volcanoes offshore of Gwadar. A recent study in the journal Nature Geoscience also suggests the 1945 earthquake released tons of methane from the seafloor.

This event reminds us of Lusi, the Indonesian mud volcano which, according to some scientists, might have benne caused by an earthquake 250 km away.

Source: Live Science.

Maccalube

A plus petite échelle, les Maccalube di Aragona en Sicile sont de superbes volcans de boue. (Photo:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska ! (3) // From Alaska with love ! (3)

L’étape suivante du voyage me conduit à Valdez, au bord du Prince William Sound. Le port a été rendu célèbre par le séisme du 27 mars 1964 (M 9,2 sur l’échelle de Richter)dont l’épicentre se trouvait à 90 km de cette localité. Le séisme a provoqué un glissement de terrain et un tsunami qui ont anéanti la ville. Cette dernière a été reconstruite à quelques kilomètres de distance sur un terrain apparemment moins fragile.
En mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s’échouait à proximité de Valdez suite à une grossière erreur de pilotage du capitaine qui avait, semble-t-il abusé du whisky. La conséquence fut une gigantesque marée noire qui vint souiller les côtes intactes du Prince William Sound. Aujourd’hui, on ne décèle aucune trace apparente de la catastrophe, mais il est fort à parier que les fonds marins portent encore les stigmates de cette pollution.
Vladez est un haut lieu de la pêche au saumon et les Américains viennent ici faire des provisions pour l’hiver. Les camping-cars repartent avec les glacières remplies de filets de saumons qui ont éré congelés ultra rapidement dans le port. Inutile de dire que les ours rodent dans le coin en quête d’une nourriture facile !
Valdez permet aussi d’atteindre les glaciers qui viennent finir leur course dans le Prince William Sound. Comme ailleurs dans le monde, leur recul est spectaculaire. Il y a 4 ans, lors de mon dernier passage à Valdez, le bateau s’arrêtait au milieu des icebergs à environ 5 km du front de glace du Columbia Glacier. Cette année, le bateau fait une halte à seulement 2 km et ne s’approche pas davantage pour des raisons de sécurité. On voit fréquemment des pans de glace s’écrouler et provoquer de spectaculaires vagues qui seraient capables de secouer sérieusement notre bateau. Du grand spectacle! TVB.

Glacier 1

Glacier 2

Le Columbia Glacier

Ours noir

Oursons

C’est en famille que les ours noirs viennent rendre visite aux saumons…

(Photos:  C. Grandpey)