Le réchauffement climatique fait disparaître un lac en Bolivie // Global warming causes a lake to disappear in Bolivia

La chaîne de radio France Info a attiré l’attention sur la disparition du Lac Poopó en Bolivie. Avec 2 337 km2, c’était le deuxième plus grand lac du pays, après le Lac Titicaca. Au cours des années 2000, il s’est asséché progressivement, avant de disparaître en 2015. Les autorités boliviennes ont qualifié le lac Poopó de « zone désastrée ».

Pour les Urus, la communauté de pêcheurs qui vit autour du lac, c’est une catastrophe. Il n’y a plus d’eau, plus de poissons et, au final, plus de moyens de survivre. Certains pêcheurs se sont tournés vers l’artisanat, mais la majorité a dû quitter la région pour trouver du travail.

Les prélèvements d’eau pour l’irrigation et l’activité minière ont certes contribué à cette catastrophe écologique, mais le facteur majeur reste le changement climatique. Le phénomène El Niño impacte la région tous les trois ans. On observe une année El Niño, une année La Niña et, dans le meilleur des cas, une année normale. Cette alternance n’est pas suffisante pour rétablir le lac.

Source : France Info.

En plus des effets du réchauffement climatique, les lacs et lagunes boliviens sont menacés à cause des très importantes réserves de lithium qui sommeillent dans leur sous-sol. Une petite partie du salar d’Uyuni, un lieu d’une beauté extraordinaire, est déjà exploitée par la Comibol, l’entreprise minière publique bolivienne, et ce n’est qu’un début. L’objectif de la Bolivie est de produire annuellement environ 30 000 tonnes de carbonate de lithium à partir de 2019, soit l’équivalent de la production mondiale actuelle.

Une autre menace pèse sur la Cordillère des Andes : La fonte et la disparition des glaciers et, avec eux, l’eau potable pour la population, mais aussi celle qui permet de produire l’électricité et d’irriguer les cultures. Sans glaciers, la population n’aura plus le choix ; elle devra partir.

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The French radio channel France Info has drawn attention to the disappearance of Lake Poopó in Bolivia. Covering 2,337 km2, it was the second largest lake in Bolivia after Titicaca. In the 2000s, it dried up gradually before disappearing in 2015. The Bolivian authorities have described Lake Poopó as a « disaster zone ».
For the Urus, the fishing community that lives around the lake, it is a disaster. There is no more water, no more fish and, ultimately, no more means to survive. Some fishermen turned to crafts, but the majority had to leave the area to find work.
The pumping of water for irrigation and mining has certainly contributed to this environmental disaster, but the major factor remains climate change. El Niño impacts the  region every three years. There is El Niño one year, La Niña one year and, in the best case, a normal year. This alternation is not sufficient to restore the lake.
Source: France Info.
In addition to the effects of global warming, Bolivian lakes and lagoons are under threat because of the very large reserves of lithium in their subsoil. A small part of the Uyuni salar, a place of extraordinary beauty, is already being exploited by Comibol, the Bolivian public mining company, and this is just the beginning. Bolivia’s goal is to produce approximately 30,000 tonnes of lithium carbonate annually by 2019, the equivalent of the current world production.
The other threat for the Andean Cordillerais the melting and disappearing of glaciers and, with them, drinking water for the population, but also the water produces electricity and irrigates crops. Without glaciers, the population will have no choice; people will have to leave.

Le Lac Poopó en avril 2013

Le Lac Poopó en janvier 2016

(Crédit photo: NASA)

Toujours plus chaud ! // Warmer and warmer !

Alors que l’on attend les dernières statistiques globales de température pour 2017, des informations intéressantes arrivent sur les premiers jours de janvier 2018. 47.3°C ont été enregistrés à Sydney (Australie) le 8 janvier 2017. Dans le même temps, la température matinale ce même jour à Ajaccio (Corse / France) était de 21°C, un nouveau record. De nombreux bulletins d’information se concentrent actuellement sur la vague de froid au Canada et dans certaines parties des États-Unis, mais la vérité est que le réchauffement climatique affecte encore largement la planète. 20°C ont été enregistrés en Sibérie le dernier jour de 2017! Les abondantes chutes de neige dans les Alpes ne signifient pas que le temps est plus froid; cela signifie que de l’air humide est entré en contact avec l’air normalement froid qui règne sur les montagnes en cette saison.
Décembre 2017 a été le mois de décembre le plus chaud jamais enregistré en Alaska. Selon le dernier rapport de la NOAA, la température moyenne en l’Alaska en décembre était de -7,2°C, soit 8,7°C de plus que la moyenne du 20ème siècle. Les records pour l’Alaska remontent à 1925. Le rapport a également constaté que 2017 a été la troisième année la plus chaude enregistrée aux États-Unis depuis le début des relevés en 1895. L’année dernière a également été la septième année la plus chaude en Alaska. Les quatre dernières années font toutes parties des sept plus chaudes jamais enregistrées.
Dans les localités du district de North Slope, le long de l’Océan Arctique, chaque jour de décembre a connu des températures supérieures à la normale.
Selon la NOAA, 2017 a été l’année la plus chaude de tous les temps dans cinq États américains : l’Arizona, la Géorgie, le Nouveau-Mexique, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud.

Sources : NOAA, National Weather Service.

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While we are waiting for the latest global temperature statistics for 2017, some interesting information is arriving about the first days of January 2018. 47.3°C were recorded in Sydney (Australia) on January 8th 2017. Meantime, the morning temperature on that same day in Ajaccio (Corsica / France) was 21°C, a new record. Many news bulletins are currently focusing on the cold snap in Canada and parts of the U.S. but the truth is that global warming is still largely affecting the planet. 20°C were recorded in Siberia on the last day of 2017! The very heavy snowfall in the Alps does not mean that the weather is colder; it means that humid air came into contact with the normally cold air that prevails on the mountains in this season.

December 2017 was the warmest December on record in Alaska. According to the latest NOAA report, Alaska’s average temperature in December was -7.2°C, 8.7°C above the 20th century average. Records for Alaska go back to 1925. The report also found that 2017 was the third warmest year on record for the U.S. as a whole since record-keeping began in 1895. Last year was also the seventh warmest year in Alaska on record. The last four years are all in the top seven warmest on record.

In the North Slope communities along the Arctic Ocean, every single day of December had temperatures above normal.

Five U.S. states had their warmest year on record in 2017: Arizona, Georgia, New Mexico, North Carolina and South Carolina, according to NOAA.

Sources : NOAA, National Weather Service.

La Chine s’attaque aux émissions de carbone // China tackles carbon emissions

Alors que l’administration Trump fait marche arrière dans la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, renforce son engagement.
Le Président chinois Xi Jinping a récemment tenu sa promesse de lancer un marché national du carbone. Même s’il n’est pas aussi ambitieux que le projet d’origine, le programme chinois, qui couvrira le secteur de l’électricité dans sa première phase, a déjà dépassé le marché du carbone de l’Union Européenne. En tant que tel, la Chine envoie un signal fort aux autres pays et leur montre qu’elle respecte l’Accord de Paris.
La Chine commencera par son secteur énergétique qui représente 46% des émissions de dioxyde de carbone dans le pays. Elle a ensuite l’intention d’étendre le programme, entre autres, à la pétrochimie, à la sidérurgie et à l’aviation. Si tout va bien, les experts disent que le programme pourrait permettre à la Chine d’atteindre ses objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Le marché pourrait réduire les émissions de dioxyde de carbone de la Chine de près de 30% d’ici 2030.
Une réussite du programme pourrait assurer à la Chine le statut de leader en matière de climat, d’autant plus que les États-Unis ne joueront plus un rôle prépondérant. En effet, l’administration Trump a clairement indiqué qu’elle ne considérait plus le changement climatique comme une menace pour la sécurité nationale.
S’agissant de ce nouveau marché du carbone, les objectifs de la Chine pourraient s’avérer difficiles à atteindre. Comme le fait remarquer la revue Scientific American, aucun système d’échange de carbone dans le monde, y compris ceux de l’UE et de la Californie, n’a permis de réduire significativement les émissions de CO2.
Source: Huffington Post.

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As President Trump’s administration takes steps backward in the world’s fight against climate change, China is ramping up its commitment.

Chinese Premier Xi Jinping recently made good on his promise to launch a national carbon market. Though not as ambitious a scheme originally touted, the program, which will cover China’s power sector in its first phase, has already overtaken the European Union carbon market as the world’s largest. As such, China sends a strong political signal internationally that the country is committed to the Paris Agreement.

China will start with its power sector, which accounts for 46 percent of the nation’s carbon dioxide emissions. It intends eventually to expand the program to petrochemicals, iron and steel, and aviation, among other industries. If all goes well, experts say the program could help China hit its Paris climate agreement targets. The market could reduce China’s carbon dioxide emissions by almost 30 percent by 2030.

A successful program may secure China’s status as a climate leader, particularly as the U.S. retreats from what had been a prominent role. Indeed, Trump’s administration has made it clear that it no longer considered climate change a national security threat.

China’s goals for its new carbon market could prove challenging to achieve. As Scientific American notes, no carbon trading system in the world, including those in the EU and in California, has resulted in significant reductions in CO2 emissions.

Source: Huffington Post.

Nuage de pollution industrielle au-dessus de la Mer de Bohai et de la Mer Jaune, en provenance de la côte orientale de la Chine (Crédit photo: NASA).

Arctique : Cimetières en péril // Arctic : Endangered graveyards

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, le réchauffement climatique fait fondre le permafrost dans les hautes latitudes, en particulier en Alaska et dans le Yukon. L’instabilité du sol provoquée par cette fonte endommage les routes, fissure les fondations des habitations et accélère l’érosion.
Dans certains villages de l’Arctique, les habitants ont cessé d’enterrer leurs morts car, avec la fonte du permafrost, la partie la plus ancienne de leurs cimetières s’enfonce dans le sol. Creuser des tombes dans le sol détrempé ne fait qu’empirer les choses.
Aujourd’hui, la vue offerte par les cimetières de la région est bien triste. Les croix sortent du sol en présentant des positions étranges et certaines d’entre elles sont presque complètement noyées dans l’eau saumâtre. Le marécage a commencé à apparaître il y a 10 ou 15 ans, puis s’est étendu et a carrément avalé les tombes aux alentours.
Cette situation dans les cimetières vient s’ajouter aux maisons qui s’effondrent sur les rivages de l’Océan Arctique en raison de l’élévation du niveau de la mer. En conséquence, de nombreux habitants ont déjà quitté leurs villages pour aller vivre dans des zones plus sûres. Le gouvernement fédéral a fait jusqu’à présent bien peu de choses pour leur venir en aide.

Source: Anchorage Daily News.

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As I put it several times before, global warming is thawing the permafrost in the upper latitudes, particularly in Alaska and the Yukon. Actually, it is doing more than damaging roads, cracking foundations and accelerating erosion.

In some villages of the Arctic, residents have stopped burying their dead because, as the permafrost melts, the oldest part of their cemetery is sinking. Digging graves in the soggy ground is just making it worse.

Today, the sight offered by the cemeteries of the region is quite sad. The crosses stick out of the sunken ground at odd angles, some of them almost completely submerged in the brackish water. The swamp appeared about 10 or 15 years ago and then expanded, swallowing the graves around it.

This adds to the houses that are collapsing on the shores of the Artic because of the rise in sea level. As a consequence, many residents have left their communities to live in safer areas. The federal government has done little up to now in order to help them.

Source: Anchorage Daily News.

En Alaska, certains cimetières, autochtones ou orthodoxes, présentent une grande originalité (Photos: C. Grandpey)