Dômes de chaleurs, anticyclones, El Niño et réchauffement climatique // Heat domes, anticyclones, El Niño and global warming

Comme je l’ai écrit précédemment (voir ma note du 7 août 2023), juin 2023 et surtout juillet 2023 ont été les mois de juin et juillet les plus chauds sur Terre depuis le début des relevés de température sur Terre il y a 174 ans.
Selon les scientifiques, un certain nombre de facteurs favorisent la hausse des températures dans différentes parties du monde. Si les conditions El Niño dans le Pacifique oriental, qui sont réapparues pour la première fois depuis sept ans, sont en partie responsables des épisodes de chaleur extrême, des continents comme l’Amérique du Nord, l’Afrique, l’Asie et l’Europe ont connu des vagues de chaleur intenses causées le plus souvent par la formation de dômes de chaleur ou par l’arrivée d’anticyclones. De plus, les températures record à la surface de la mer ont aggravé la situation. Toutefois, c’est bien le réchauffement climatique qui est au cœur de la crise actuelle. C’est bien la hausse globale des températures qui accroît la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes.
La plupart des pays connaissent actuellement des vagues de chaleur dont la cause reste différente selon les régions. Alors qu’aux États-Unis et en Algérie, ce sont les dômes de chaleur qui sont responsables du déclenchement des vagues de chaleur, en Europe la hausse des températures est due à l’arrivée de deux anticyclones consécutifs en provenance d’Afrique.
Un anticyclone est essentiellement une zone de haute pression dans laquelle l’air descend vers la surface de la Terre. Au fur et à mesure que l’air descend, les molécules se compriment, ce qui augmente la pression de l’air et le rend plus chaud. Cela provoque un temps sec et chaud. Les vents restent calmes pendant un anticyclone, et il n’y a presque pas de formation de nuages car l’air descend plutôt qu’il ne monte.
De son côté, un dôme de chaleur se produit lorsqu’une zone de haute pression stagne au-dessus d’une région pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Elle emprisonne l’air chaud comme le fait un couvercle sur une marmite, pendant une période prolongée. Plus l’air reste emprisonné longtemps, plus le soleil le réchauffe, ce qui produit des conditions plus chaudes chaque jour qui passe. Les dômes de chaleur, s’ils durent longtemps, peuvent provoquer avoir des conséquences sanitaires sévères
Bien que les dômes de chaleur et les anticyclones ne soient pas causés par le réchauffement climatique, ils sont devenus plus intenses, plus longs et plus fréquents en raison de la hausse globale des températures. Alors que la planète continue de se réchauffer en raison des concentrations sans précédent de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les événements météorologiques extrêmes, comme ceux que nous connaissons actuellement, deviendront plus fréquents. De plus, si la Terre dépasse 1,5 °C de réchauffement (défini par la COP 21) d’ici les années 2030 – et il est très probable qu’elle dépasse ce seuil critique – les écosystèmes pourraient subir des dommages irréversibles, avec un impact sévère sur des millions, voire des milliards, d’êtres humains et d’autres êtres vivants.
Source : NOAA.

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As I put it before (see my post of 7 August 2023), June 2023 and above all July 2023 were the Earth’s hottest months of June and July since the record-keeping of global temperatures began 174 years ago. T

According to scientists, a number of factors are fueling the soaring temperatures in different parts of the world. While El Niño conditions in the eastern Pacific, which have developed for the first time in seven years, are partly responsible for triggering extreme heat, continents like North America, Africa, Asia and Europe have been battered by scorching heat waves, caused, in most cases, by either formation of heat domes or arrival of anticyclones. Moreover, record high sea surface temperatures have worsened the situation. But at the heart of the present crisis is global warming, which has increased the frequency and intensity of extreme weather events.

Most parts of the world are currently experiencing intense heat due to the onset of heat waves whose cause remains different across regions. While in the USA and Algeria, heat domes are responsible for unleashing heat waves, Europe has suffered due to the arrival of two consecutive anticyclones that originated in Africa.

An anticyclone is essentially an area of high pressure in which the air goes downwards towards the Earth’s surface. As the air sinks, its molecules get compressed, which increases the pressure, making it warmer. This causes dry and hot weather. The winds remain calm during an anticyclone, and there is almost no formation of clouds because the air sinks rather than rises.

A heat dome, on the other hand, occurs when an area of high-pressure stays over a region for days and weeks. It traps warm air, just like a lid on a pot, for an extended period. The longer that air remains trapped, the more the sun works to heat the air, producing warmer conditions with every passing day. Heat domes, if they last for a long period, may cause deadly heat waves.

Although heat domes and anticyclones are not caused by global warming, they have become more intense, longer and more frequent as a result of increasing global temperatures. As the planet continues to get warmer because of the unprecedented levels of greenhouse gases being released into the atmosphere, extreme weather events, much like those unfolding right now, will become more frequent. Moreover, if the Earth breaches the 1.5°C global warming limit (as defined by COP 21) by the 2030s -and it is very likely to do so – there may be irrevocable damage to the ecosystems, with millions, if not billions, of humans and other living beings, severely impacted.

Source : NOAA.

 

Graphique montrant la mortalité hebdomadaire en Europe. On remarque au cours de l’été 2022 un pic (entouré en rouge) correspondant à une augmentation des décès entre les semaines 28 et 31 . Les températures ont atteint un niveau record autour du 20 juillet. La ligne de référence (en jaune) couvre la période 2016-2019. (Source : Eurostat, global-climat).

La fonte des glaciers alpins (suite)

Quand j’entends que les départements de Savoie, de Haute-Savoie et d’Isère sont en Vigilance Canicule, je me dis que les glaciers alpins doivent sacrément souffrir. Entre samedi 19 et lundi 21 août 2023 , les températures maximales ont flirté avec les 40°C dans les vallées et l’isotherme 0° doit grimper vers 5000 mètres d’altitude – donc plus haut que le Mont Blanc – ce 21 août.

Les températures ont battu des records ces dernières semaines avec 29,5°C à l’Alpe d’Huez (1860m) en Isère, Chamrousse (28,6°C) et en Savoie, à Saint-Martin-de-Belleville (32,4°C à 1300m). On a enregistré 35,4°C aux Houches, au pied du glacier des Bossons, à 1005 m d’altitude, le 11 juillet 2023.

Ces canicules sont l’un des marqueurs du réchauffement climatique et les Alpes se révèlent être des sentinelles du climat. Selon Météo France, les montagnes se réchauffent deux fois plus vite : dans les Alpes et les Pyrénées françaises, la température a augmenté de plus 2°C au cours du 20ème siècle, contre 1,4°C dans le reste de la France.

Il y a une quinzaine de jours, alors que je randonnais dans la Vanoise, j’ai été surpris par le débit de l’Isère et je me suis dit que le glacier qui alimente la rivière devaient fondre rapidement. J’en ai eu la confirmation en grimpant vers le col de la Galise qui offre une superbe vue sur le glacier des Sources de l’Isère. La comparaison de mes photos avec celles prises au même endroit en 2017 confirme la fonte rapide du glacier.

Les glaciologues expliquent que l’augmentation des températures rallonge la saison de fonte des glaciers et augmente la surface affectée par la fonte. Ainsi, la saison 2021-2022 a été une année record de fonte pour les glaciers des Alpes, avec, en moyenne, une perte de quatre mètres de masse, preuve que les glaciers se sont encore amincis.

Le réchauffement climatique non seulement fait perdre de la masse aux glaciers, mais il va aussi changer la façon dont ils s’écoulent, avec une possible accélération par endroits. Par exemple, le glacier de Taconnaz, voisin du glacier des Bossons, laisse échapper des séracs, gros blocs de glace qui franchisent la falaise et provoquent des avalanches qui atteignent la vallée. Au train où vont les choses, on peut s’attendre que le glacier accélère et produise des avalanches beaucoup plus importantes.

Il ne faut pas se voiler la face ; les glaciers alpins sont condamnés à plus ou moins long terme avec l’évolution climatique actuelle. Les perspectives définies en 201( par l’accord de Paris sur le climat (COP 21) sont dépassées. On peut d’ores et déjà affirmer qu’à l’horizon 2100, et peut-être même avant, il ne restera plus que 20% des surfaces englacées actuelles dans les Alpes.

Glacier des Sourcs de l’Isère

Glacier de Taconnaz

(Photos: C. Grandpey)

Le recul du glacier Mendenhall (Alaska) et le tourisme de masse // The retreat of Mendenhall Glacier (Alaska) and mass tourism

Des milliers de touristes débarquent chaque jour des navires de croisière à Juneau, la capitale de l’Alaska, et ils rejoignent des rangées de bus dont beaucoup se dirigent vers le glacier Mendenhall, l’une des principales attractions touristiques de la région.
Le glacier est survolé en permanence par des hélicoptères de tourisme et attire les visiteurs en kayak, en canoë et à pied. Il y a tellement de gens qui viennent voir le glacier et les autres attractions de Juneau que la gestion de ces foules est l’une des principales préoccupations des autorités locales. Certains habitants fuient vers des endroits plus calmes pendant l’été, et un accord entre la ville et les croisiéristes limitera le nombre de navires en 2024.

Le problème est que le réchauffement climatique fait fondre le glacier Mendenhall. (voir la crue glaciaire générée par la fonte de ce glacier dans ma note du 7 août 2023). Il recule si rapidement que d’ici 2050, il pourrait ne plus être visible depuis le Visitor Center. Les autorités locales se demandent ce qu’elles feront si cela se produit.
Le glacier finit sa course dans un lac parsemé d’icebergs. Son front a reculé d’une distance équivalente à huit terrains de football entre 2007 et 2021. Des repères sur le terrain et des photos au Visitor Center montrent le recul du glacier et là où se trouvait autrefois la glace. Des bosquets de végétation l’ont remplacée.
Bien que de gros blocs se soient détachés du glacier, la plus grosse perte de glace est due à l’amincissement provoqué par le réchauffement des températures. Le Mendenhall s’est maintenant éloigné du lac qui porte son nom.
Il y a des incertitudes pour le tourisme des prochaines années. La plupart des gens apprécient la vue sur le glacier depuis les sentiers tracés à proximité du Visitor Center. Les grottes d’un bleu profond qui attiraient les foules il y a plusieurs années se sont effondrées et de grandes flaques d’eau s’étalent désormais là où l’on pouvait autrefois passer des rochers à la glace. Les responsables du Tongass National Forest qui gère le glacier Mendenhall s’attendent à voir encore plus de visiteurs au cours des 30 prochaines années, même s’il est fort possible que le glacier devienne invisible.
L’impressionnante cascade près du glacier est très populaire pour les selfies et continuera probablement à attirer les touristes lorsque le glacier ne sera plus visible depuis le Visitor Center, mais c’est bien le glacier qui attire aujourd’hui l’essentiel des visiteurs.
Quelque 700 000 personnes devraient visiter le glacier Mendenhall en 2023, et environ 1 million sont prévues d’ici 2050. Les jours d’affluence, 20 000 personnes débarquent à Juneau, soit les deux tiers de la population de la ville.
Les autorités locales et les principales compagnies de croisières ont décidé de se limiter à cinq navires chaque jour pour 2024. Certains pensent que la situation ne changera pas si les navires continuent d’embarquer davantage de passagers. Certains habitants aimeraient qu’il y ait un jour par semaine sans navires. En 2023, pas moins de sept navires ont jeté l’ancre chaque jour à Juneau….
Source : médias d’information d’Alaska.

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Thousands of tourists spill onto a boardwalk in Juneau, Alaska’s capital, every day from cruise ships. Rows of buses stand ready to whisk visitors away, with many headed for the Mendenhall Glacier, one of the main tourist attractions of the region.

The glacier gets swarmed by sightseeing helicopters and attracts visitors by kayak, canoe and foot. So many come to see the glacier and Juneau’s other attractions that the city’s immediate concern is how to manage them all. Some residents flee to quieter places during the summer, and a deal between the city and cruise industry will limit how many ships arrive in 2024.

The problem is that global warming is melting the Mendenhall Glacier (see the glacial outburst flood caused by this glacier on my post of August 7th, 2023). It is receding so quickly that by 2050, it might no longer be visible from the visitor center. Local authorities wonder what they will do if this happens.

The glacier pours into a lake dotted by stray icebergs. Its face retreated eight football fields between 2007 and 2021 Trail markers and photos at the visitor center memorialize the glacier’s backward march, showing where the ice once stood. Thickets of vegetation have grown in its wake.

While massive chunks have broken off, most ice loss has come from the thinning due to warming temperatures. The Mendenhall has now largely receded from the lake that bears its name.

There are uncertainties for tourism in the future. Most people enjoy the glacier from trails near the visitor center. Caves of dizzying blues that drew crowds several years ago have collapsed and pools of water now stand where one could once step from the rocks onto the ice. Officials with the Tongass National Forest, which manages the Mendenhall Glacier, are expecting more visitors over the next 30 years even as they contemplate a future when the glacier will become out of view view.

The impressive waterfall close to the glacier is a popular place for selfies and could continue attracting tourists when the glacier is not visible from the visitor center, but the glacier is currently the big draw.

Around 700,000 people are expected to visit Mendenhall Glacier in 2023, with about 1 million projected by 2050. On the busiest days, about 20,000 people, equal to two-thirds of the city’s population, pour from the boats.

City leaders and major cruise lines agreed to a daily five-ship limit for 2024 But critics worry that won’t ease congestion if the vessels keep getting bigger. Some residents would like one day a week without ships. As many as seven ships a day have arrived in 2023.

Source : Alaskan news media.

Le glacier Mendenhall en 2023… (Crédit photo: Tongass National Forest)

…en 2016 (Photo: C. Grandpey)…

…en 2006 (Crédit photo: Visitor Center)

La dernière trouvaille des climato-sceptiques // The latest find from climate skeptics

Ces dernières semaines, certains scientifiques ont déclaré que les vagues de chaleur actuelles observées dans le monde pourraient avoir été causées par la puissante éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans l’archipel des Tonga en janvier 2022. La communauté scientifique a vite réagi et remis les choses au point : le réchauffement climatique est bien la principale cause des températures extrêmes enregistrées cette année ; ce n’est pas l’éruption du volcan sous-marin l’an dernier.
Bien que l’éruption volcanique puisse être un facteur aggravant, les scientifiques expliquent qu’elle n’a pas l’impact que lui attribuent les climato-sceptiques qui minimisent en permanence le rôle du réchauffement climatique. Ces mêmes scientifiques insistent sur le fait que l’éruption ne doit pas être utilisée pour réduire l’impact du réchauffement climatique sur les vagues de chaleur de cette année. Leur article, publié dans la revue scientifique Nature Climate Change, précise que l’éruption peut contribuer au dépassement des 1,5 °C de réchauffement décidé par le groupe d’experts sur le climat lors de l’Accord de Paris. Elle peut provoquer un réchauffement d’environ 0,04 ou 0,05 °C, ce qui est minime.
Le réchauffement climatique et El Niño sont actuellement les principaux vecteurs de la chaleur extrême dans le monde. Les scientifiques rappellent que la cause la plus importante du réchauffement climatique est l’activité humaine, la deuxième étant probablement l’événement El Niño qui s’est installé au cours de l’an passé. Même si l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai joue un rôle, elle ne doit pas être utilisée pour minimiser celui du réchauffement climatique causé par l’activité humaine.
La combustion de combustibles fossiles reste le principal moteur du réchauffement climatique, bien que d’autres activités humaines telles que l’agriculture soient également des contributeurs majeurs. Le rapport de l’ONU a expliqué que chaque demi-degré Celsius de réchauffement planétaire entraînera des augmentations « clairement perceptibles » de l’intensité et de la fréquence des événements extrêmes comme les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses agricoles et écologiques.
Source : Yahoo Actualités.

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In recent weeks, some scientists said that the current heat waves around the world might have been caused by the massive eruption of Hunga-Tonga-Hunga Ha’apai in the Tonga archipelago in January 2022. However, the scientific community reacted and said that global warming was the major driver of this year’s extreme temperatures, not last year’s eruption of the underwater volcano.

While the eruption of the volcano may be an aggravating factor, the scientists say it is not having the impact attributed to it by conservative commentators who have downplayed the role of global warming. They insist that the eruption should not be used to undercut the influence of global warming on this year’s heat waves. Their paper, published in the scientific journal Nature Climate Change, said the eruption probably increases the likelihood of temporarily exceeding 1.5°C of warming decided by the UN’s climate panel during the Paris Agreement. It could cause warming of about 0.04 or 0.05°C, which is a really small amount.

Climate change and El Niño are currently the main drivers of the extreme heat around the world. The scientists recall that the most important driver of global warming is human activity, the second most important probably is the El Niño event that has been building over the last year. Even if the eruption is playing a role, it should not be used to undercut the role of global warming..The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) determined in 2021 based on the body of available evidence that global warming was “unequivocally” caused by human activity.

Burning fossil fuels is the main driver of global warming, though other human activities such as agriculture are also major contributors to the problem. The UN report warned that each half degree Celsius of planetary warming would cause “clearly discernible” increases in intensity and frequency of hot extremes like heat waves, heavy precipitation and agricultural and ecological droughts.

Source : Yahoo News.

Le panache éruptif du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Source: NASA)