Bali s’impatiente ! // Bali is getting impatient !

A Bali, on trouve le temps long ! Le Mt Agung est toujours en alerte maximale et l’éruption redoutée ne se produit toujours pas. Les sismographes s’agitent mais le magma n’atteint pas la surface. Des prêtres ont bravé les interdictions et sont allés prier et déposer des offrandes sur la lèvre du cratère du volcan. D’autres prêtres se sont réunis dans le temple de Besakih, situé dans la zone interdite pour demander au volcan, par l’intermédiaire de leurs prières, de ne pas entrer en éruption. Un Français a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo le montrant au sommet du volcan en train de défier les interdictions. Le désordre commencerait-il à naître ?

Quelque 140 000 personnes ont été déplacées et les autorités regrettent que des habitants vivant hors de la zone de sécurité aient rejoint les centres d’hébergement qui sont déjà saturés.

Dans le même temps, le niveau alerte maximal décrété sur l’Agung a des effets désastreux sur le tourisme dans l’ensemble de l’île de Bali. Les autorités de pays comme l’Australie ont demandé à leurs concitoyens de se montrer prudents et, si possible de différer leurs départs. Les vacances scolaires viennent de débuter en Australie et on comprend aisément les conséquences de la situation sur le tourisme à Bali. Certains centres touristiques comme Kuta se trouvent à environ 70 km du volcan, mais les informations relayées par la presse n’encouragent guère à aller y passer ses vacances. De plus, on parle de vols qui seraient détournés si l’aéroport de Denpasar ètait affecté par les retombées de cendre. Guère encourageant !

Les Balinais auront-ils la patience d’attendre que le niveau d’alerte soit abaissé pour regagner leurs fermes sur les pentes du volcan ? Pas sûr. Pas très loin de Bali, le niveau d’alerte vient d’être abaissé sur l’île d’Ambae, sans que le volcan Manaro Voui ait connu une éruption majeure. Cette mesure devrait permettre aux personnes évacuées de revenir chez elles dans les prochains jours. Un risque de contagion ne saurait être écarté.

Que ce soit au Vanuatu ou à Bali, on risque de se trouver dans une situation compliquée qui montre bien notre incapacité à prévoir une éruption volcanique. Au début des événements, j’ai approuvé haut et fort la décision d’évacuer d’emblée toute la population autour de l’Agung sur un rayon de 9 à 12 km. On était loin de l’évacuation pas à pas autour du Merapi et de ses 320 morts en 2010. On connaît le pouvoir destructeur de ces volcans indonésiens  et il ne faut pas hésiter à faire vite le vide autour d’eux quand ils se manifestent. Le tout est de ne pas se tromper. Si on évacue des dizaines de milliers de personnes et qu’il ne se passe rien, comme c’est le cas en ce moment à Bali, la crédibilité des scientifiques en prend un sacré coup et la population risque à l’avenir de se fier davantage aux affirmations des prêtres ou du gardien du volcan. Comme me le confiait un jour Franco Barberi, alors responsable de la Sécurité Civile en Italie, à propos du Vésuve : « Si j’évacue et qu’il ne se passe rien, on me prend pour un imbécile ; si je n’évacue pas et qu’il y a des morts, je vais en prison ».

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On the island of Bali, people are getting impatient!  Mt Agung is still at its highest alert and the feared eruption has not occurred yet. The seismographs are quite active but the magma has not reached the surface. Priests braved the prohibitions and went to pray and place offerings on the crater rim of the volcano. Other priests gathered in the temple of Besakih, located in the forbidden zone, to ask the volcano, through their prayers, not to erupt. A Frenchman has released a video on the social networks showing him at the top of the volcano challenging the bans. Is some disorder appearing in Bali?
Some 140,000 people have been displaced and the authorities regret that people living outside the security zone have decided to live in the already saturated shelters.
At the same time, the maximum alert level imposed on Mt Agung has disastrous effects on tourism throughout the island of Bali. Authorities in countries such as Australia have asked their fellow citizens to be cautious and, if possible, to delay their departures. The school holidays have just begun in Australia and it is easy to understand the consequences of the situation on tourism in Bali. Some tourist centers such as Kuta are about 70 km from the volcano, but information from the press does not encourage people to spend their holidays there. In addition, flights would be diverted if Denpasar airport was affected by ashfall. Hardly encouraging!
Will the Balinese have the patience to wait until the alert level is lowered to return to their farms on the slopes of the volcano? Not sure. Not far from Bali, the alert level has just been lowered on the island of Ambae, without Manaro Voui volcano experiencing a major eruption. This measure should allow evacuees to return home within the next few days. A risk of contagion can not be ruled out.
Whether in Vanuatu or Bali, authoritis are facing a complicated situation that demonstrates our inability to predict a volcanic eruption. At the beginning of the events, I strongly approved the decision to evacuate the entire population around Mt Agung from a distance of 9 to 12 km from the crater. We were far from the step by step evacuation around Mt Merapi and its 320 deaths in 2010. We know the destructive power of these Indonesian volcanoes and we should not hesitate to avacuate whole populations around them when they become dangerously active. The whole thing is to take the right decision. If we evacuate tens of thousands of people and nothing happens, as is the case in Bali at the moment, the credibility of scientists is taking a hit and in the future the population is likely to trust more to the affirmations of the priests or the guardian of the volcano. As Franco Barberi, then head of Civil Security in Italy, told me about Vesuvius: « If I evacuate and nothing happens, I am taken for a fool; if I do not evacuate and there are deaths, I go to prison. « 

Source: Wikipedia

Catane (Sicile) et le risque sismique // Catania (Sicily) and the seismic risk

Catane, située au pied de l’Etna, le plus grand volcan actif d’Europe, et sur l’arc siculo-calabrais, est la ville avec le risque sismique le plus élevé sur le vieux continent. Les spécialistes estiment qu’un tremblement de terre semblable à celui qui a détruit la ville en 1693 causerait aujourd’hui la mort de plus de 150 000 personnes. C’était  le nombre d’habitants quand Catane a été reconstruite avec des « critères anti-sismiques »: rues larges, grandes places, maisons solides avec de grands murs porteurs au rez-de-chaussée et des structures plus légères pour la couverture et les étages supérieurs. Ces mesures visant à réduire les dégâts sont restées lettre morte au fil des décennies, au point que Catane n’a été déclarée ville avec un risque sismique qu’en 1981, à cause de la classe politique mafieuse qui ne voulait pas entraver la spéculation immobilière.
Après les différents séismes majeurs qui ont frappé l’Italie, en particulier à partir du partir du 13 décembre 1990 dans la région de Catane, le risque sismique et la nécessité de sécuriser les maisons et les biens sont entrés dans le débat public. Pourtant, aujourd’hui, peu de choses ont changé, sauf les normes imposées par la loi pour les maisons nouvellement construites. A côté de cela, la plus grande partie de la ville a été construite dans les années de boom économique, souvent avec des matériaux de qualité inférieure et peu coûteux, sans parler de la partie historique construite entre les 18ème  et 19ème siècles. Les scientifique et la Protection Civile, ne cessent de répéter qu’il faut agir en synergie: les municipalités doivent planifier correctement, les entrepreneurs construire en respectant les normes et les politiciens modifier la législation. S’en tenir à la réduction de la vulnérabilité de la propriété individuelle ne suffit pas si le contexte dans lequel elle se trouve est à risque. Par conséquent, il faut reconsidérer les décisions d’utilisation des terres par le biais d’une planification cohérente en respectant les indications de la Protection Civile. Cela suppose une définition très précise des zones sismiques et hydrogéologiques dans la planification. Il est nécessaire de sécuriser tous les bâtiments publics, depuis les écoles jusqu’aux hôpitaux, et de prévoir des «voies d’évacuation» qui, en fait, devraient s’appeler « voies d’accès » pour l’acheminement des secours. Une attention particulière devrait être accordée aux centres commerciaux fréquentés par des milliers de personnes ; ce sont les lieux où le risque est le plus grand aujourd’hui, comme autrefois les églises.
A Catane, la municipalité a procédé à un inventaire sismique préliminaire de tous les bâtiments scolaires et effectue progressivement les travaux nécessaires en fonction des fonds disponibles. Un « Pacte pour Catane » a été conclu avec le gouvernement ; il prévoit différentes interventions visant à atténuer le risque sismique. Il existe aussi un « plan maison » pour la protection du centre historique et une prime pour les propriétaires qui équipent leurs bâtiments d’amortisseurs sismiques. Le plan prévoit également de reprendre l’enseignement de la protection civile dans les écoles, avec la prise de conscience que les effets d’un séisme varient si la population sait comment se comporter. A cela s’ajoute la simulation d’une situation d’urgence en cas de séisme, avec la participation des habitants. Elle aura lieu au mois de septembre 2017
Un point essentiel et particulièrement problématique est la mise en sécurité des bâtiments privés. Très souvent, les propriétaires ne peuvent pas ou ne veulent pas supporter les coûts de la prévention, au point que ceux qui ont obtenu des fonds pour la consolidation de leurs lieux d’habitation les ont utilisés, en contournant la loi, pour des améliorations esthétiques. Le problème du coût est réel et ne peut être résolu qu’avec des interventions appropriées de l’Etat. Ce dernier devrait prévoir la déduction fiscale des interventions en matière d’améliorations parasismiques, des accords avec les banques pour l’octroi de prêts à taux réduit, et une législation qui vient en aide à ceux qui assurent les risques liés aux tremblements de terre et pénalise ceux qui ne le font pas. Il faudrait prévoir, en outre, la disponibilité de logements sociaux pour héberger temporairement ceux obligés de quitter leur logement pendant les travaux. Jusqu’à ce jour, aucune telle mesure dans le cadre de la prévention sismique n’a été prise.

Source : La Sicilia.

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Catania, at the foot of Mount Etna, the largest active volcano in Europe, and on the Siculo-Calabrian arc, is the city with the highest seismic risk on the old continent. Experts estimate that an earthquake similar to the one that destroyed the city in 1693 would now kill more than 150,000 people. It was the number of inhabitants when Catania was rebuilt with « anti-seismic criteria »: wide streets, large squares, solid houses with large load-bearing walls on the ground floor and lighter structures for the roofs and the upper floors. These measures to reduce the damage have remained a dead letter over decades, to the point that Catania was declared city with a seismic risk only in 1981, because of corrupt politicians who did not want to hinder real estate speculation .
After the major earthquakes that hit Italy, particularly since December 13th 1990 in the Catania region, the seismic risk and the need to secure homes and property have entered the public debate. Yet today, little has changed, except for the standards imposed by law for newly built homes. Besides this, most of the city was built in the years of economic boom, often with inferior and inexpensive materials, not to mention the historical part built between the 18th and 19th centuries. Scientists and Civil Protection never stop repeating that it is necessary to act in synergy: the municipalities have to plan correctly, the contractors to construct respecting the norms and the politicians to modify the legislation. Sticking to reducing the vulnerability of individual property is not enough if the context in which it is located is at risk. Consequently, land-use decisions must be reconsidered through coherent planning in accordance with Civil Protection guidelines. This implies a very precise definition of seismic and hydrogeological zones in planning. It is necessary to secure all public buildings, from schools to hospitals, and to provide « evacuation routes » which should in fact be called « access roads » for the delivery of relief supplies. Particular attention should be paid to shopping centers frequented by thousands of people; these are the places where the risk is greatest today, as with churches in the past.
In Catania, the municipality carried out a preliminary seismic survey of all school buildings and gradually carried out the necessary work according to the available funds. A « Pact for Catania » was concluded with the Government; it provides money for various interventions to mitigate the seismic risk. There is also a « house plan » for the protection of the historic center and a premium for owners who equip their buildings with seismic shock absorbers. The plan also resumes civil protection education in schools, with the awareness that the effects of an earthquake will vary if the population knows how to behave. In addition, the simulation of an emergency situation in the event of an earthquake, with the participation of the inhabitants, will take place in September 2017
An essential and particularly problematic issue is the security of private buildings. Very often, owners can not or do not want to bear the costs of prevention, to the point that those who have obtained funds for the consolidation of their dwellings have used them, bypassing the law, for aesthetic improvements . The problem of cost is real and can only be solved with appropriate state intervention. The latter should provide for the tax deduction of earthquake-proofing interventions, agreements with banks for the granting of loans at a reduced rate, and legislation to assist those responsible for the risks associated with earthquakes and penalties for those who do not. In addition, provision should be made for the availability of social housing to temporarily accommodate those obliged to leave their dwellings during construction work. To date, no such measure has been taken in the context of seismic prevention.
Source: La Sicilia.

Répartition des effets du séisme du 11 janvier 1693 (Guidoboni et al.- 2007)

Prévision et prévention volcaniques : Les défis de la communauté scientifique // Volcanic prevision and prevention : The challenges of the scientific community

Un rapport publié aux Etats-Unis par les Académies Nationales des Sciences, d’Ingénierie et de Médecine identifie de grands défis pour la communauté scientifique afin de mieux se préparer aux éruptions volcaniques
Malgré une meilleure compréhension des volcans, notre capacité à prévoir le moment, la durée, le type, la taille et les conséquences des éruptions volcaniques est limitée. Afin d’améliorer la prévision éruptive et sauver des vies, le rapport identifie les priorités de recherche pour un meilleur suivi des éruptions volcaniques et trois grands défis auxquels est confrontée la communauté volcanologique.
Le comité qui a mené l’étude a décrit les priorités de recherche dans des domaines tels que les processus qui gèrent le déplacement et le stockage du magma sous les volcans; comment les éruptions commencent, évoluent et finissent; comment un volcan entre en éruption; la prévision des éruptions; la transformation des paysages, des océans et de l’atmosphère face aux éruptions volcaniques; le comportement des volcans face aux changements à la surface de la Terre.
Sur la base de ces priorités de recherche, le comité a identifié trois grands défis majeurs pour faire progresser la science et le suivi des volcans:

Prévision de l’ampleur, de la durée et du risque induit par les éruptions en intégrant les observations avec des modèles.
Les prévisions actuelles sont basées sur la simple reconnaissance de données de surveillance volcanique. Ces approches ne sont pas toujours couronnées de succès parce que ces données de surveillance n’appréhendent pas la diversité des volcans ou leur évolution au fil du temps. Une approche basée sur des modèles de processus physiques et chimiques, s’appuyant sur le suivi des données de surveillance, comme cela se fait dans les prévisions météorologiques, pourrait améliorer la précision de la prévision éruptive. Une telle approche nécessite l’intégration de données et de méthodologies à partir de disciplines multiples.

Quantifier les cycles de vie des volcans et surmonter notre compréhension partielle actuelle.
La compréhension actuelle du cycle de vie d’un volcan est faussée car seulement un petit nombre de volcans sont étudiés. Une surveillance accrue depuis le sol, la mer et l’espace peut surmonter certaines de ces lacunes d’observation. L’amélioration des capacités de surveillance actuelles et la mise en place d’infrastructures permettant de rendre disponibles  les données historiques et de surveillance sont essentielles pour améliorer la compréhension des processus volcaniques et l’évaluation des risques volcaniques. Le comité a fait remarquer que des technologies innovantes telles que les capteurs peu coûteux, les drones et les nouvelles méthodes géochimiques micro-analytiques sont des outils prometteurs pour fournir de nouvelles connaissances sur l’activité volcanique.

Mettre en place une coordination au sein de la communauté volcanologique.
Près de 100 volcans entrent en éruption quelque part sur Terre chaque année. Le renforcement de la recherche pluridisciplinaire, de la recherche nationale et internationale, la mise en place de partenariats et de réseaux de formation peuvent aider la communauté scientifique à donner un nouvel élan aux progrès scientifiques résultant de l’étude des éruptions à travers le monde.

L’étude a été parrainée par la National Science Foundation, la NASA, l’USGS et les Académies Nationales des Sciences, d’Ingénierie et de Médecine. Le rapport complet peut être lu à cette adresse:
Http://www8.nationalacademies.org/onpinews/newsitem.aspx?RecordID=24650&_ga=1.36767842.396567824.1492636182

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A report published by the National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine identifies grand challenges for the scientific community to better prepare for volcanic eruptions

Despite broad understanding of volcanoes, our ability to predict the timing, duration, type, size, and consequences of volcanic eruptions is limited. To improve eruption forecasting and warnings to save lives, the report identifies research priorities for better monitoring of volcanic eruptions and three grand challenges facing the volcano science community.

The committee that conducted the study outlined several key questions and research priorities in areas such as the processes that move and store magma beneath volcanoes; how eruptions begin, evolve, and end; how a volcano erupts; forecasting eruptions; the response of landscapes, oceans, and the atmosphere to volcanic eruptions; and the response of volcanoes to changes on Earth’s surface.

Based on these research priorities, the committee identified three overarching grand challenges for advancing volcano science and monitoring:

Forecasting the size, duration, and hazard of eruptions by integrating observations with models

Current forecasts are based on recognizing patterns in monitoring data. These approaches have had mixed success because monitoring data do not capture the diversity of volcanoes or their evolution over time. An approach based on models of physical and chemical processes, informed by monitoring data, as is done in weather forecasting, could improve the accuracy of eruption forecasts. Such an approach requires integrating data and methodologies from multiple disciplines.

Quantifying the life cycles of volcanoes and overcoming our current biased understanding

Current understanding of a volcano’s life cycle is skewed because only a small number of volcanoes are studied. Extended monitoring from the ground, sea, and space can overcome some of these observational biases. Expanding and maintaining monitoring capabilities and supporting the infrastructure to make historical and monitoring data available are critical for advancing understanding of volcanic processes and assessing volcanic hazards. The committee noted that emerging technologies such as inexpensive sensors, drones, and new micro-analytical geochemical methods are promising tools to provide new insights into volcanic activity.

Building a coordinated volcano science community

Close to 100 volcanoes erupt somewhere on Earth each year. Strengthening multidisciplinary research, domestic and international research and monitoring partnerships, and training networks can help the research community maximize scientific advances that result from the study of eruptions around the world.

The study was sponsored by the National Science Foundation, NASA, the U.S. Geological Survey, and the National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. The whole report can be read at this address :

http://www8.nationalacademies.org/onpinews/newsitem.aspx?RecordID=24650&_ga=1.36767842.396567824.1492636182

Les volcans de l’arc des Aléoutiennes sont parmi les moins équipés et donc les plus difficiles à surveiller dans le monde (Source: AVO).

 

En cas d’éruption du Katla (Islande)… // In case Katla Volcano (Iceland) should erupt…

drapeau-francaisSuite aux affirmations des volcanologues islandais qui pensent que l’activité sismique observée ces derniers temps sur le Katla augmente la probabilité d’une éruption, il a été demandé aux organismes en charge du transport de touristes de renforcer leurs plans de contingence.
Le chef du département de la police du Sud de l’Islande a déclaré que l’accent était mis sur des mesures telles que la fermeture des sentiers de randonnée pour empêcher les gens de se trouver dans des secteurs où les secours auraient moins de temps pour intervenir.
Trois itinéraires possibles empruntés par des inondations glaciaires (jökulhlaup) en cas d’éruption ont été déterminés. Les torrents d’eau pourraient s’écouler dans le Mýrdalssandur, ce qui semble le plus probable, dans le Sólheimasandur ou dans le lit de la rivière Markarfljót.
Une réunion a eu lieu vendredi dernier pour discuter de la récente activité sismique du Katla, ainsi que du volcan Bárðarbunga, situé dans la partie nord-ouest du glacier Vatnajökull. Ont participé à la réunion des représentants de différentes institutions comme la Protection Civile, le Met Office islandais et l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, ainsi que plusieurs responsables de la police.
Au cours de la réunion, il a été indiqué que, depuis le mois d’août de l’année dernière, l’activité sismique était particulièrement élevée sur le Katla, avec trois séismes de magnitude supérieure à M 4 et de nombreux autres supérieurs à M 3. Suite à la réunion, une déclaration envoyée à la presse a été rédigée en ces termes « L’activité sismique s’est accompagnée d’une certaine augmentation de la chaleur due à l’activité géothermale. Les capteurs GPS situés près du bord de la caldeira du Katla indiquent une expansion des kilomètres supérieurs de la croûte terrestre depuis 2010. Quand l’activité du Katla augmente, comme c’est le cas actuellement, la probabilité d’une éruption doit être considérée comme plus grande que d’habitude, et c’est une chose que les organismes en charge de la surveillance et des interventions doivent garder à l’esprit. »
Quant au volcan Bárðarbunga, les scientifiques estiment que de nombreuses années s’écouleront avant que la pression du magma atteigne le niveau qui était le sien avant l’éruption de 2014, mais ils n’excluent pas une activité volcanique dans les années à venir.
Source: Iceland Review.

S’agissant du Bárðarbunga, on a enregistré hier 30 janvier 2017 une séquence sismique qui a culminé avec trois événements de M 4,3, M 4,1 et M 3,4, à des profondeurs de 9,4, 9,8 et 8,2 km. Est-ce à dire que le volcan a des velléités de réveil et qu’une éruption n’attendra pas « les années à venir »? L’avenir nous le dira.

La situation actuelle sur le Katla et l’impossibilité de prévoir le comportement du volcan dans les jours, semaines ou mois à venir montre à nouveau les limites de la prévision volcanique. Un jour on nous dit que la sismicité n’est probablement pas d’origine volcano-tectonique, un autre jour on nous dit que les séismes de magnitude supérieure à M 4 annoncent peut-être une éruption à court terme et entraînent une élévation de l’alerte aérienne. Cette dernière mesure a été prise au mois de septembre 2016 et, en janvier 2017, aucun signe éruptif n’est encore apparu ! Il n’est pas question pour moi de critiquer les dernières décisions des autorités islandaises – cela s’appelle la prévention – qui ont tout intérêt à se tenir prêtes à intervenir. Si elles ne le faisaient pas, on ne manquerait pas de les critiquer en cas d’éruption. La seule chose à faire maintenant est d’attendre et voir. Je fais partie de ceux qui ne pensent pas qu’une éruption du Katla va se produire dans le court terme, mais je peux avoir tout faux car…nobody’s perfect !   

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drapeau-anglaisAs a consequence of the conclusions of Icelandic volcanologists who think that the recent seismic activity at Katla volcano increases the likelihood of a volcanic eruption, travel service companies have been encouraged to reinforce their contingency plans.

The chief of the South Iceland Police Department has stated there is an increased emphasis on taking measures, such as closing tourist trails to prevent people from being in areas where the reaction time is shorter than elsewhere.

Three possible routes a glacial outburst flood (jökulhlaup)could take, in case on an eruption, have been determined. It could flow down Mýrdalssandur, which is the likeliest, through Sólheimasandur or down Markarfljót river.

A meeting was held last Friday to discuss recent seismic activity at Katla, as well as in Bárðarbunga volcano, located in the northwestern part of Vatnajökull. The meeting was attended by representatives from different institutions such as the Department of Civil Protection, the Icelandic Met Office and the University of Iceland’s Institute of Earth Sciences, as well as several police chiefs.

At the meeting, it was noted that since August of last year, seismic activity has been unusually high at Katla volcano, with three earthquakes above M 4 and numerous ones above M 3. A statement sent to the press, following the meeting, reads, “The seismic activity has been accompanied by some increase in geothermal heat. GPS equipment near the caldera rim of Katla indicates an expansion of the top kilometers of the earth’s crust since 2010. When activity in Katla increases, as now is the case, then the likelihood of an eruption must be regarded to be greater than usual, and this is something that monitoring and response parties must keep in mind.”

As for Bárðarbunga volcano, the experts believe many years will go by before magma pressure reaches a level as high as it was prior to the eruption of 2014, but they do not rule out volcanic activity in coming years.

Source : Iceland Review.

As far as Bárðarbunga is concerned, a seismic episode was recorded yesterday January 30th. It culminated with events with magnitudes of M 4.3, M 4.1 et M 3.4, at depths of 9.4, 9.8 et 8.2 km, respectively. The volcano might feel like waking up and not wait for the « coming years » to start a new eruption!

The current situation on Katla and the impossibility of predicting the behaviour of the volcano in the next days, weeks or months again shows the limits of volcanic prevision. One day we are told that seismicity is probably not volcano-tectonic, another day we are told that the earthquakes with a magnitude greater than M 4 may announce a short-term eruption and led to an elevation of the aviation colour code. This decision was taken in September 2016 and in January 2017, there ar still no signs of an impending eruption! I would not criticize the latest measures taken by the Icelandic authorities – this is called prevention – who had better be ready. If they did not take such measures, they would be criticized in case of an eruption. The only thing to do now is wait and see. I am one of those who do not think that a Katla eruption will occur in the short term, but I may be totally wrong … Nobody’s perfect!

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 Source! Icelandic Met Office