Pompéi s’écroule ! // Pompeii is collapsing !

drapeau francaisAlors que le film Pompéi vient de sortir sur les écrans, un mur de la ville romaine s’est effondré lundi dernier. C’est la troisième structure du site à connaître le même sort après des jours de fortes pluies dans le sud de l’Italie.
L’un des joyaux archéologiques du pays, Pompéi est devenu un symbole de la mauvaise gestion des sites culturels en Italie. J’ai mentionné cette situation à plusieurs reprises sur ce blog en octobre et décembre 2011, août 2012 et décembre de 2013 à l’occasion d’épisodes similaires de fermetures et de mauvaise gestion.
Une réunion d’urgence a  été organisée mardi dernier par le nouveau ministre de la Culture après l’effondrement de la paroi d’une tombe et d’une partie d’un arc de soutien d’un temple de Vénus suite à de fortes pluies.
Le dernier mur à s’être effondré faisait partie d’un atelier au coin de la Via Nola qui avait été en partie restauré et renforcé avec une barre de fer. Il se trouve en bordure de la partie excavée du site, une zone menacée car le sol gorgé d’eau gonfle après la pluie et exerce une pression sur l’ancienne maçonnerie contre laquelle il vient s’appuyer.
La mise en sécurité était un objectif du Grand Projet Pompéi, un plan de restauration de 105 millions d’euros financé en partie par l’Union Européenne et lancé il y a tout juste un an. Cependant, le projet a connu des retards suite à des désaccords au moment de l’adjudication des travaux. On a enfin appris le mois dernier que le travail était terminé sur la Maison du Cryptoportique, la première des cinq villas prévues pour la restauration. Il s’agit d’une villa avec un passage souterrain qui avait été fortement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale.
Source : Agence Reuters.

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drapeau anglaisWhile the film Pompeii has just been released on the screens, a wall in the ancient Roman city collapsed on Monday. It was the third piece of the site to crumble after days of heavy rain in southern Italy.

One of the country’s most popular archaeological attractions, Pompeii has become a symbol of mismanagement of Italy’s cultural sites. I mentioned several times similar episodes of collapses and mismanagement in this weblog in October and December 2011, August 2012 and December 2013.

An emergency meeting was held last Tuesday by the new Culture Minister after the wall of a tomb and part of an arch supporting a Temple of Venus collapsed due to heavy rainfall.

The latest wall to come down was part of a workshop on the corner of Via Nola which had been partly restored and reinforced with an iron bar. It is located at the boundary of the excavated part of the site, an area at particular risk because unexcavated ground becomes waterlogged and swollen after rainfall, pressuring the ancient masonry it rests against.

Securing Pompeii was one aim of the Great Pompeii Project, a 105-million-euro restoration plan partly funded by the European Union and launched a year ago. However, the project encountered delays amid disagreement on who should be named to lead the works. It announced last month it had finished work on the first of five villas marked for restoration, the House of the Cryptoporticus, a villa with an underground passageway that was heavily damaged in World War Two bombings.

Source: Reuters press agency.

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Photo:  C. Grandpey

Pompéi: Un site en péril // Pompeii: An endangered site

drapeau francaisCe n’est pas la première fois que j’écris une note sur Pompéi, détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C.  et sortie des cendres au 18ème siècle. Les ruines représentent une vitrine sur la vie des Romains à cette époque, avec des rues et des maisons bien conservées. Avec plus de deux millions de touristes chaque année, Pompéi est l’un des principaux pôles touristiques d’Italie.

Cependant, le site est sérieusement menacé aujourd’hui en raison de la négligence du gouvernement italien. Cinq sites seulement sont ouverts au public, contre 64 en 1956.
L’effondrement de plusieurs murs a généré une nouvelle polémique sur les efforts du gouvernement italien pour maintenir le site. Au début de cette semaine, on a indiqué qu’une partie d’un mur s’était effondrée le long de l’une des principales rues de Pompéi après des semaines d’intempéries. Le plâtre a également lâché prise sur le mur de la Casa della Fontana Piccola, richement ornée de fresques.  .
Suite à une série d’effondrements au cours du mois dernier, les médias italiens ont surnommé le site  » Novembre Noir « .
L’Union Européenne a lancé en février dernier un projet de 105  millions d’euros pour la restauration du site qui est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, mais le travail n’a que partiellement commencé et les appels d’offres des entreprises sont toujours en cours d’examen.
La déclaration d’état d’urgence promulguée il y a cinq ans n’a pas réussi à enrayer la dégradation. Il se dit que les fonds ont été détournés par la mafia, et il y a aussi des rapports de mauvaise gestion et de pillage. L’effondrement de la Casa dei Gladiatori a provoqué un tollé international en 2010.
Les effondrements de cette semaine viennent au mauvais moment pour le gouvernement italien qui, en Octobre, a fait voter un décret pour améliorer l’accès aux sites de Pompéi afin de stimuler le tourisme.
Les médias ont mis en évidence le contraste entre la gestion de Pompéi et une exposition réussie sur la ville antique au British Museum de Londres qui a permis d’attirer un nombre record de visiteurs cette année.

Dans le même temps, Pompéi est en train de renaître de ses cendres avec un film américain qui doit sortir le 21 Février, avec des « effets informatiques incroyables ». Malheureusement  les ordinateurs ne sont pas encore en mesure de restaurer les fresques endommagées.
Source : Presse italienne.

 

drapeau anglaisIt is not the first time I have written a note about Pompeii, a city destroyed by the eruption of Vesuvius in 79 AD and rediscovered in the 18th century. The ruins display a showcase of the life of the Romans by that time, with well preserved streets and houses. With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

However, the site is under serious threat today because of the neglect of the Italian government. Just five individual sites are open to the public, compared with 64 in 1956.

Collapsing walls at the ancient Roman city have raised fresh concerns about Italy’s efforts to maintain the site. Early this week, it was reported that part of a wall had collapsed on one of Pompeii’s major streets after weeks of heavy rains and wind. Plaster had also fallen off the wall of the ornately frescoed House of the Small Fountain.

A series of collapses in Pompeii over the last month led Italian media to dub it a “Black November”.

The European Union launched a €105-million restoration project for the UNESCO World Heritage site in February but work has only partially begun as bids by companies for contracts are still being assessed.

The declaration of a state of emergency five years ago failed to halt the deterioration. There are allegations that funds were siphoned off by the mafia, together with reports of mismanagement and looting. The collapse of the frescoed House of the Gladiators caused international outcry in 2010.

This week’s collapses come at an embarrassing moment for the government which in October passed a decree to improve access to Italy’s heritage sites in order to stimulate tourism.

Italian media have highlighted the contrast between the management of Pompeii and a successful exhibition at the British Museum in London about the ancient city, which helped attract record numbers of visitors this year.

The EU’s regional fund spent €7.7-million on restoration at Pompeii during 2000-2006, but today just five individual sites are open at any one time due to damage, compared with 64 in 1956.

With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

Meantime, the buried city of Pompeei is set to rise from the ashes with an American film due to be released on February 21st with “amazing computer effects”. Unfortunately, computer effects are not yet able to restore the damaged frescoes.

Source : Italian newspapers.

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(Photo:  C. Grandpey)

Pompéi au Musée d’Art de Cleveland (Etats-Unis) // Pompeii at the Cleveland Museum of Art (United States)

   A l’heure où le British Museum londonien s’apprête à présenter une exposition somme toute classique de vestiges de Pompéi, le Museum of Art de Cleveland (Ohio / Etats-Unis) propose au public une exposition sur le même thème, mais qui se veut beaucoup plus originale en juxtaposant des œuvres montant l’aspect tragique que l’éruption de l’an 79, mais aussi des tableaux modernes beaucoup plus inattendus dans un tel contexte. C’est ainsi que cohabitent des œuvres d’Andy Warhol – dont une superbe représentation de l’éruption du Vésuve – ou celles plus abstraites de Mark Rothko à côté de moulages de victimes de la catastrophe. Organisée conjointement par le Museum of Art de Cleveland et le J. Paul Getty Museum de Los Angeles, l’exposition veut montrer comment l’Art et la Culture de l’Occident ont transformé Pompéi en une métaphore du désastre. De nos jours, beaucoup d’artistes considèrent la destruction de Pompéi comme le précurseur d’événements comme le grand séisme de San Francisco en 1906, les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki ou les attentats du 11 septembre 2001. En plus des œuvres exposées, les organisateurs ont accroché aux murs des écrans vidéo où sont projetés des extraits de films illustrant la catastrophe de Pompéi. Certaines scènes assez cocasses contrastes avec l’ambiance de mort qui entoure d’autres œuvres exposées.

Vous trouverez une description plus détaillée (en anglais) et illustrée de cet événement à cette adresse :

http://www.cleveland.com/arts/index.ssf/2013/03/cleveland_museum_of_arts_big_p.html

   At a time when the British Museum of London is about to open a quite conventional exhibition of the relics of Pompeii, the Cleveland Museum of Art (Ohio / United States) offers an exhibition on the same theme, but supposed to be far more original as it sets side by side works of art showing the tragic aspect of the eruption of A.D. 79 but also modern paintings that are quite unexpected in such a context. For instance, visitors will see some of Andy Warhol paintings – among which a dramatic representation of the eruption of Vesuvius – or more abstract works by Mark Rothko, close to body casts of volcano victims. Co-organized by the Cleveland Museum and the J. Paul Getty Museum in Los Angeles, the exhibition develops the many ways in which Western art and culture have made Pompeii a fundamental metaphor for disaster. Today, Pompeii is often viewed by many artists as a precursor of events such as the 1906 San Francisco earthquake, the atomic bombing of Hiroshima and Nagasaki or the terrorist attacks of Sept. 11th, 2001. Besides the works on exhibition, the organizers have installed the galleries with video screens that run clips from movies inspired by Pompeii’s demise. Some hilarious scenes do contrast with the death atmosphere that prevails else where in the museum.

You will find a more detailed and illustrated description (in English) of the event at this address:

http://www.cleveland.com/arts/index.ssf/2013/03/cleveland_museum_of_arts_big_p.html

 

Herculanum et Pompéi exposés à Londres // Herculaneum and Pompeii exhibited in London

On peut lire dans le Guardian du dimanche 24 février 2013 un très intéressant article à propos de l’exposition de vestiges d’Herculanum et Pompéi au British Museum de Londres en mars prochain.

http://www.guardian.co.uk/science/2013/feb/24/british-museum-pompeii-herculaneum

Pour le conservateur du célèbre musée, l’exposition ne doit pas donner une impression de mort, mais au contraire de vie, en évoquant celle de populations qui, en l’an 79 de notre ère, ont brutalement été anéanties sous les tonnes de matériaux déversés pendant l’éruption du Vésuve. Beaucoup d’objets exposés proviennent du fantastique Musée de Naples.

Le but de l’événement londonien est aussi de redorer le blason des sites italiens qui ont été fortement critiqués ces temps derniers à cause du manque d’entretien qui a entraîné la dégradation de plusieurs édifices. L’ancien directeur de l’Ecole Britannique d’Archéologie de Rome parle d’une « deuxième mort » en constatant l’effondrement de certains bâtiments à Pompéi. L’Union Européenne a débloqué ce mois-ci une somme de 105 millions d’euros pour permettre des travaux de restauration. Encore faudra-t-il que cet argent ne se perde pas dans la bureaucratie et la corruption napolitaines !

La situation est particulièrement inquiétante à Herculanum où les bâtiments restaurés restent inaccessibles au public, faute de personnel de surveillance. Quand la bureaucratie s’en mêle, les situations peuvent devenir ubuesques. Ainsi, à Herculanum, les librairies ont fermé leurs portes pour une querelle relative à leur gestion et le seul café du site a fermé à son tour pour une simple histoire de distributeur de bouteilles d’eau.

Même si le but de l’exposition est de montrer à quoi ressemblait à vie en l’an 79, la mort ne pourra être absente. Les visiteurs pourront, par exemple, voir un petit berceau en partie carbonisé retrouvé à Herculanum. Quand il a été extrait de la couche de cendre, les archéologues ont trouvé à l’intérieur une petite couverture en laine et de minuscules os.

Lorsque les premières fouilles ont été effectuées à Herculanum, on a pensé que les habitants avaient eu le temps de fuir en sentant le sol trembler et en voyant le ciel virer au noir. Malheureusement, le vent a tourné pendant la nuit du 25 août et le nuage de cendre s’est abattu en faisant déferler, tel un raz-de-marée, un torrent de boue et de roches sur le versant du volcan.

Quand les archéologues ont retrouvé l’emplacement du littoral avant la catastrophe (il se trouve actuellement à 800 mètres à l’intérieur des terres), il était jonché de cadavres. Il en reste probablement des centaines, voire des milliers. Alors que les fouilles ont été relativement aisées à Pompéi, celles d’Herculanum ont à peine été entamées. Le site est enfoui sous une couche de boue durcie qui atteint jusqu’à 25 mètres d’épaisseur.

Parmi les vestiges exposés, les visiteurs pourront découvrir du mobilier, des fragments de la vie quotidienne, des poteries, des bijoux, des jouets, etc. A Herculanum, ces objets se trouvent dans un musée construit dans les années 1970 et qui n’a jamais ouvert ses portes.

En conclusion de l’article, le Guardian fait remarquer que le plus grand danger pour Herculanum et Pompéi reste certainement le Vésuve qui représente toujours une menace pour la région. Contrairement à l’époque romaine, cette partie de la Campanie possède une très forte densité de population et, comme le faisait remarquer récemment un groupe de scientifiques dans la revue Nature, quelque 700 000 personnes sont aujourd’hui sous la menace du volcan.

Le Vésuve est l’un des « Killer Volcanoes » de mon dernier ouvrage (voir colonne de gauche de ce blog).

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Herbes folles parmi  les ruines de Pompéi  (Photo:  C. Grandpey)