Pompéi: Un site en péril // Pompeii: An endangered site

drapeau francaisCe n’est pas la première fois que j’écris une note sur Pompéi, détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C.  et sortie des cendres au 18ème siècle. Les ruines représentent une vitrine sur la vie des Romains à cette époque, avec des rues et des maisons bien conservées. Avec plus de deux millions de touristes chaque année, Pompéi est l’un des principaux pôles touristiques d’Italie.

Cependant, le site est sérieusement menacé aujourd’hui en raison de la négligence du gouvernement italien. Cinq sites seulement sont ouverts au public, contre 64 en 1956.
L’effondrement de plusieurs murs a généré une nouvelle polémique sur les efforts du gouvernement italien pour maintenir le site. Au début de cette semaine, on a indiqué qu’une partie d’un mur s’était effondrée le long de l’une des principales rues de Pompéi après des semaines d’intempéries. Le plâtre a également lâché prise sur le mur de la Casa della Fontana Piccola, richement ornée de fresques.  .
Suite à une série d’effondrements au cours du mois dernier, les médias italiens ont surnommé le site  » Novembre Noir « .
L’Union Européenne a lancé en février dernier un projet de 105  millions d’euros pour la restauration du site qui est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, mais le travail n’a que partiellement commencé et les appels d’offres des entreprises sont toujours en cours d’examen.
La déclaration d’état d’urgence promulguée il y a cinq ans n’a pas réussi à enrayer la dégradation. Il se dit que les fonds ont été détournés par la mafia, et il y a aussi des rapports de mauvaise gestion et de pillage. L’effondrement de la Casa dei Gladiatori a provoqué un tollé international en 2010.
Les effondrements de cette semaine viennent au mauvais moment pour le gouvernement italien qui, en Octobre, a fait voter un décret pour améliorer l’accès aux sites de Pompéi afin de stimuler le tourisme.
Les médias ont mis en évidence le contraste entre la gestion de Pompéi et une exposition réussie sur la ville antique au British Museum de Londres qui a permis d’attirer un nombre record de visiteurs cette année.

Dans le même temps, Pompéi est en train de renaître de ses cendres avec un film américain qui doit sortir le 21 Février, avec des « effets informatiques incroyables ». Malheureusement  les ordinateurs ne sont pas encore en mesure de restaurer les fresques endommagées.
Source : Presse italienne.

 

drapeau anglaisIt is not the first time I have written a note about Pompeii, a city destroyed by the eruption of Vesuvius in 79 AD and rediscovered in the 18th century. The ruins display a showcase of the life of the Romans by that time, with well preserved streets and houses. With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

However, the site is under serious threat today because of the neglect of the Italian government. Just five individual sites are open to the public, compared with 64 in 1956.

Collapsing walls at the ancient Roman city have raised fresh concerns about Italy’s efforts to maintain the site. Early this week, it was reported that part of a wall had collapsed on one of Pompeii’s major streets after weeks of heavy rains and wind. Plaster had also fallen off the wall of the ornately frescoed House of the Small Fountain.

A series of collapses in Pompeii over the last month led Italian media to dub it a “Black November”.

The European Union launched a €105-million restoration project for the UNESCO World Heritage site in February but work has only partially begun as bids by companies for contracts are still being assessed.

The declaration of a state of emergency five years ago failed to halt the deterioration. There are allegations that funds were siphoned off by the mafia, together with reports of mismanagement and looting. The collapse of the frescoed House of the Gladiators caused international outcry in 2010.

This week’s collapses come at an embarrassing moment for the government which in October passed a decree to improve access to Italy’s heritage sites in order to stimulate tourism.

Italian media have highlighted the contrast between the management of Pompeii and a successful exhibition at the British Museum in London about the ancient city, which helped attract record numbers of visitors this year.

The EU’s regional fund spent €7.7-million on restoration at Pompeii during 2000-2006, but today just five individual sites are open at any one time due to damage, compared with 64 in 1956.

With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

Meantime, the buried city of Pompeei is set to rise from the ashes with an American film due to be released on February 21st with “amazing computer effects”. Unfortunately, computer effects are not yet able to restore the damaged frescoes.

Source : Italian newspapers.

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(Photo:  C. Grandpey)

Pompéi au Musée d’Art de Cleveland (Etats-Unis) // Pompeii at the Cleveland Museum of Art (United States)

   A l’heure où le British Museum londonien s’apprête à présenter une exposition somme toute classique de vestiges de Pompéi, le Museum of Art de Cleveland (Ohio / Etats-Unis) propose au public une exposition sur le même thème, mais qui se veut beaucoup plus originale en juxtaposant des œuvres montant l’aspect tragique que l’éruption de l’an 79, mais aussi des tableaux modernes beaucoup plus inattendus dans un tel contexte. C’est ainsi que cohabitent des œuvres d’Andy Warhol – dont une superbe représentation de l’éruption du Vésuve – ou celles plus abstraites de Mark Rothko à côté de moulages de victimes de la catastrophe. Organisée conjointement par le Museum of Art de Cleveland et le J. Paul Getty Museum de Los Angeles, l’exposition veut montrer comment l’Art et la Culture de l’Occident ont transformé Pompéi en une métaphore du désastre. De nos jours, beaucoup d’artistes considèrent la destruction de Pompéi comme le précurseur d’événements comme le grand séisme de San Francisco en 1906, les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki ou les attentats du 11 septembre 2001. En plus des œuvres exposées, les organisateurs ont accroché aux murs des écrans vidéo où sont projetés des extraits de films illustrant la catastrophe de Pompéi. Certaines scènes assez cocasses contrastes avec l’ambiance de mort qui entoure d’autres œuvres exposées.

Vous trouverez une description plus détaillée (en anglais) et illustrée de cet événement à cette adresse :

http://www.cleveland.com/arts/index.ssf/2013/03/cleveland_museum_of_arts_big_p.html

   At a time when the British Museum of London is about to open a quite conventional exhibition of the relics of Pompeii, the Cleveland Museum of Art (Ohio / United States) offers an exhibition on the same theme, but supposed to be far more original as it sets side by side works of art showing the tragic aspect of the eruption of A.D. 79 but also modern paintings that are quite unexpected in such a context. For instance, visitors will see some of Andy Warhol paintings – among which a dramatic representation of the eruption of Vesuvius – or more abstract works by Mark Rothko, close to body casts of volcano victims. Co-organized by the Cleveland Museum and the J. Paul Getty Museum in Los Angeles, the exhibition develops the many ways in which Western art and culture have made Pompeii a fundamental metaphor for disaster. Today, Pompeii is often viewed by many artists as a precursor of events such as the 1906 San Francisco earthquake, the atomic bombing of Hiroshima and Nagasaki or the terrorist attacks of Sept. 11th, 2001. Besides the works on exhibition, the organizers have installed the galleries with video screens that run clips from movies inspired by Pompeii’s demise. Some hilarious scenes do contrast with the death atmosphere that prevails else where in the museum.

You will find a more detailed and illustrated description (in English) of the event at this address:

http://www.cleveland.com/arts/index.ssf/2013/03/cleveland_museum_of_arts_big_p.html

 

Herculanum et Pompéi exposés à Londres // Herculaneum and Pompeii exhibited in London

On peut lire dans le Guardian du dimanche 24 février 2013 un très intéressant article à propos de l’exposition de vestiges d’Herculanum et Pompéi au British Museum de Londres en mars prochain.

http://www.guardian.co.uk/science/2013/feb/24/british-museum-pompeii-herculaneum

Pour le conservateur du célèbre musée, l’exposition ne doit pas donner une impression de mort, mais au contraire de vie, en évoquant celle de populations qui, en l’an 79 de notre ère, ont brutalement été anéanties sous les tonnes de matériaux déversés pendant l’éruption du Vésuve. Beaucoup d’objets exposés proviennent du fantastique Musée de Naples.

Le but de l’événement londonien est aussi de redorer le blason des sites italiens qui ont été fortement critiqués ces temps derniers à cause du manque d’entretien qui a entraîné la dégradation de plusieurs édifices. L’ancien directeur de l’Ecole Britannique d’Archéologie de Rome parle d’une « deuxième mort » en constatant l’effondrement de certains bâtiments à Pompéi. L’Union Européenne a débloqué ce mois-ci une somme de 105 millions d’euros pour permettre des travaux de restauration. Encore faudra-t-il que cet argent ne se perde pas dans la bureaucratie et la corruption napolitaines !

La situation est particulièrement inquiétante à Herculanum où les bâtiments restaurés restent inaccessibles au public, faute de personnel de surveillance. Quand la bureaucratie s’en mêle, les situations peuvent devenir ubuesques. Ainsi, à Herculanum, les librairies ont fermé leurs portes pour une querelle relative à leur gestion et le seul café du site a fermé à son tour pour une simple histoire de distributeur de bouteilles d’eau.

Même si le but de l’exposition est de montrer à quoi ressemblait à vie en l’an 79, la mort ne pourra être absente. Les visiteurs pourront, par exemple, voir un petit berceau en partie carbonisé retrouvé à Herculanum. Quand il a été extrait de la couche de cendre, les archéologues ont trouvé à l’intérieur une petite couverture en laine et de minuscules os.

Lorsque les premières fouilles ont été effectuées à Herculanum, on a pensé que les habitants avaient eu le temps de fuir en sentant le sol trembler et en voyant le ciel virer au noir. Malheureusement, le vent a tourné pendant la nuit du 25 août et le nuage de cendre s’est abattu en faisant déferler, tel un raz-de-marée, un torrent de boue et de roches sur le versant du volcan.

Quand les archéologues ont retrouvé l’emplacement du littoral avant la catastrophe (il se trouve actuellement à 800 mètres à l’intérieur des terres), il était jonché de cadavres. Il en reste probablement des centaines, voire des milliers. Alors que les fouilles ont été relativement aisées à Pompéi, celles d’Herculanum ont à peine été entamées. Le site est enfoui sous une couche de boue durcie qui atteint jusqu’à 25 mètres d’épaisseur.

Parmi les vestiges exposés, les visiteurs pourront découvrir du mobilier, des fragments de la vie quotidienne, des poteries, des bijoux, des jouets, etc. A Herculanum, ces objets se trouvent dans un musée construit dans les années 1970 et qui n’a jamais ouvert ses portes.

En conclusion de l’article, le Guardian fait remarquer que le plus grand danger pour Herculanum et Pompéi reste certainement le Vésuve qui représente toujours une menace pour la région. Contrairement à l’époque romaine, cette partie de la Campanie possède une très forte densité de population et, comme le faisait remarquer récemment un groupe de scientifiques dans la revue Nature, quelque 700 000 personnes sont aujourd’hui sous la menace du volcan.

Le Vésuve est l’un des « Killer Volcanoes » de mon dernier ouvrage (voir colonne de gauche de ce blog).

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Herbes folles parmi  les ruines de Pompéi  (Photo:  C. Grandpey)

La Pompéi du Japon / The Pompeii of Japan

drapeau francais  Le 10 décembre dernier, on pouvait lire dans la presse japonaise que les restes d’un adulte – de toute évidence un soldat – et d’un enfant avaient été découverts sur le site de Kanai Higashiura , près de Shibukawa, dans la préfecture de Gunma. Ils étaient enfouis dans une couche de cendre volcanique datant du début du 6ème siècle, époque où le volcan Harunayama Futatsudake est entré en éruption. A noter qu’il entrera à nouveau en éruption une cinquantaine d’années plus tard. C’est la première fois que des restes humains de l’époque Kofun sont découverts sur ce site qui a été baptisé « la Pompéi du Japon ». C’est aussi la première fois qu’une armure datant de cette époque est découverte en ce lieu. Les armures précédentes se trouvaient dans des tombes, en général à côté du défunt.
Quand il a été découvert, l’homme avait le visage tourné vers le sol, en direction du volcan Harunayama. Les archéologues pensent qu’il s’était d’abord agenouillé avant de tomber et qu’il courait se protéger d’une coulée pyroclastique en compagnie de sa famille. L’homme ne tenait pas son enfant ; il est probable que ce dernier a été entraîné loin de son père par la coulée.
Vous trouverez l’intégralité de l’article ainsi que des illustrations à cette adresse :
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/

 

   On December 10th 2012, one could read in the Japanese newspapers that the remains of a Kofun-Period infant and adult male – obviously a soldier – were recovered from the Kanai Higashiura site, Shibukawa city, Gunma prefecture. They were buried under a layer of volcanic ash dating to the early-6th century when the Harunayama Futatsudake volcano erupted. Another eruption also took place 50 years later. This marks the first discovery of Kofun-Period human remains on this site known as “the Pompeii of Japan”. It is also the first time an armour dating back to that period has been discovered here. Previous armours had all been found from tombs, placed next to their owners.
The adult male was found face down in the direction of Harunayama. Judging by the angle of his legs, researchers believe he fell forward from a kneeling position. He probably fleeing from a pyroclastic flow and running for cover with his family. The man was not clutching the baby. Perhaps the infant was washed away in the pyroclastic flow.
You’ll find the whole article and photos at this address:
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/