Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Première éruption de 2020 ! // First eruption in 2020 !

11h45 (heure métropole): On l’attendait depuis des semaines; elle est enfin arrivée! Dans son bulletin du lundi 10 février à 10h40 (heure locale), l’OVPF indiquait que depuis 10h27 une crise sismique était enregistrée sur les instruments. Cette crise sismique s’accompagnait de déformation rapide, ce qui indiquait que le magma était en train de quitter le réservoir magmatique et se propageait vers la surface. Selon l’Observatoire, une éruption était probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

En fait, c’est l’excellent Journal de l’Ile qui nous apprenait que la première éruption de l’année 2020 avait débuté en fin de matinée (heure locale). A 12h45, le front le plus actif des coulées se trouvait sur le flanc Est du volcan à 1600 mètres d’altitude, un peu en dessous du cratère Jean que l’une des coulées était en train de longer.

Il reste encore plusieurs centaines de mètres à parcourir pour que la lave atteigne les Grandes pentes qui basculent vers le Grand-Brûlé. L’histoire montre qu’au cours. des premières heures d’une éruption comme celle-ci, située en contrebas du cratère Dolomieu, les coulées progressent rapidement en raison de la forte pente du cône sommital. Ensuite, à la base du cône, vers 1900 mètres d’altitude, elles rencontrent un long replat de près de deux kilomètres où elles perdent de leur vitesse et s’étalent. La lave atteindra-t-elle la RN 2 ? Il est encore trop tôt pour le dire.

L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit.

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13 heures (heure métropole) : Dans un nouveau bulletin diffusé à 11h15 (heure locale), l’OVPF indique que suite à la crise sismique mentionnée précédemment, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h50 environ. D’après les enregistrements de l’Observatoire, la source de ce tremor est localisée sur le flanc Est du volcan. Aucune confirmation visuelle d’un début d’éruption n’a pu être faite pour l’instant sur les webcams du fait de la couverture nuageuse. Néanmoins des fumerolles ont été aperçues depuis le littoral confirmant le début d’éruption à l’intérieur de l’Enclos.

Suite à un survol effectué vers 13h30, l’OVPF précise que plusieurs fissures se sont ouvertes sur le flanc est du volcan, entre la zone sommitale et 2000 m d’altitude. Les fontaines de lave ne dépassent pas 10 mètres de hauteur.  De toute évidence, je pense que l’on ne devrait pas avoir affaire à un événement majeur. L’éruption a mis beaucoup de temps à se déclarer, avec une inflation et une sismicité hésitantes sur une longue période.

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17 heures (heure métropole) : L’éruption qui a débuté ce matin se poursuit à l’heure actuelle. Comme lors des événements précédents, l’intensité du tremor diminue progressivement depuis l’ouverture des fissures éruptives.

A noter que la crise sismique qui a accompagné l’ascension du magma vers la surface a inclus 210 secousses sous la zone sommitale du volcan.

Au cours d’une reconnaissance aérienne en début d’après midi, plusieurs fissures ont pu être localisées sur le flanc Est du cône terminal entre la partie haute du cône terminal et 2000 m d’altitude. L’ensemble de ces fissures s’étend sur une distance d’environ 1 km. Du fait de la localisation des fissures éruptives et des fortes pentes dans le secteur, la lave avait atteint la cote 1700 m à 13h15 (heure locale) et le front de coulée se situait à moins de 150 m de la rupture de terrain qui débouche sur les Grandes Pentes. Très logiquement, le front de coulée était fortement ralenti par la zone de replat qui se trouve à cet endroit.

Source : OVPF.

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11:45 (Paris time): We had been waiting for it for weeks; it is happening right now! In its bulletin of Monday February 10th, 2020 at 10:40 am (local time), OVPF indicated that since 10:27 am a seismic crisis had been recorded on the instruments. This seismic crisis was accompanied by rapid deformation, which indicated that magma was leaving the magmatic reservoir and was ascending to the surface. According to the Observatory, an eruption was likely in the next few minutes or hours.
In fact, the Journal de l’Ile told us that the first eruption in 2020 started late in the morning (local time). At 12:45 p.m., the most active front of the lava flows was on the eastern flank of the volcano at 1600 metres above sea level, a little below Jean Crater that one of the flows was skirting.
There are still several hundred metres for lava to reach the Grandes Pentes (Great Slopes) which switch to the Grand-Brûlé. History shows that in the course. from the first hours of an eruption like today’s, located below Dolomieu Crater, the lava flows progress rapidly because of the steep slope of the summit cone. Then, at the base of the cone, around 1900 metres above sea level, they reach a long flat area of ​​almost two kilometres where they lose speed and spread out. Will lava reach RN 2? It is still too early to tell.

Access to the Enclos is forbidden.

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1:00 p.m. (Paris time): In a new bulletin released at 11:15 a.m. (local time), OVPF indicates that following the seismic crisis mentioned previously, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma near the surface has been recorded since 10:50 a.m. or so. According to Observatory records, the source of this tremor is located on the eastern flank of the volcano. No visual confirmation of an eruption could be made for the moment on the webcams because of the cloud cover. However, fumaroles were seen from the shore, confirming the start of the eruption inside the Enclos.

Following an overflight carried out around 1:30 p.m., OVPF specifies that several fissures opened on the eastern flank of the volcano, between the summit area and 2000 m a.s.l. The lava fountains do not exceed 10 metres in height. Obviously, I think we shouldn’t be dealing with a major event. The eruption took a long time to start, with hesitant inflation and seismicity over a long period.

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5:00 p.m. (Paris time): The eruption that started this morning continues right now. As in previous eruptions, the intensity of the tremor has gradually decreased since the opening of the eruptive fissures.
It should be noted that the seismic crisis which accompanied the magma ascent towards the surface included 210 tremors under the summit area of ​​the volcano.
During an overflight in the early afternoon, several fissures could be located on the eastern flank of the summit cone between the upper part of the cone and 2000 m above sea level. All of these fissures extend over a distance of about 1 km. Due to the location of the eruptive fissures and the steep slopes in the area, the lava reached 1,700 m a.s.l. at 1:15 p.m. (local time) and the lava front was less than 150 m from the slope break which leads to the Great Slopes. Very logically, the flow front was greatly slowed down by this flat area.
Source: OVPF. .

Photos: C. Grandpey

Première image de l’éruption mise en ligne par l’OVPF

Sismicité du début d’éruption (Source: OVPF)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Pètera ou pètera pas ?

Comme à son habitude, le Piton de la Fournaise est en train de rappeler son humeur fantasque qui rend très difficile toute prévision éruptive.

Après un sursaut d’orgueil avec deux crises significatives, l’activité sismique superficielle a fortement ralenti ces derniers jours et, par la même occasion, calmé l’ardeur des « fous furieux du volcan » !

L’optimisme des volcanophiles – locaux et autres – était pourtant au plus haut à la fin de l’année 2019 quand l’Observatoire a annoncé une reprise de l’inflation du volcan. L’espoir d’une éruption était d’autant plus fort que ce gonflement de la zone sommitale s’est accompagné début janvier d’une reprise de la sismicité, avec une mini crise sismique le 8 janvier 2020.

Et puis patatras ! Le Piton a décidé de retomber dans une léthargie qui n’a pas surpris l’OVPF: « Cette diminution est couramment observée suite aux crises sismiques, qui relâchent pour un temps l’état de contrainte du milieu.»

Le 12 janvier, une nouvelle crise, avec une quarantaine de séismes en sept minutes, a fait renaître l’espoir d’une prochaine éruption. Les scientifiques de l’OVPF étaient persuadés que l’éruption pressentie allait démarrer. Eh bien non ! Mauvaise prévision ! Il a bien fallu reconnaître qu’« aucune déformation rapide de la surface du sol n’avait été enregistrée, ce qui montrait que le magma n’avait pas quitté le réservoir magmatique superficiel.»

Depuis les 17 et 18 janvier 2020, la sismicité associée à la recharge de ce réservoir à environ deux kilomètres sous le sommet du Piton de la Fournaise, a marqué le pas, ainsi que l’inflation sommitale. .

Parallèlement, l’OVPF enregistre une reprise de la sismicité à environ 1500 mètres sous le niveau de la mer, ce qui semble trahir un nouvel épisode de réalimentation profonde. Ce phénomène entraîne mécaniquement l’inflation d’une zone beaucoup plus vaste de la partie haute du massif du volcan.

A ce jour, beaucoup de questions restent sans réponse. Par exemple, il est impossible de dire si la probabilité d’une éruption à court terme est à écarter. Aline Peltier, directrice de l’OVPF fait remarquer que « ça peut repartir très vite.» Les derniers bulletins de l’Observatoire précisent toutefois avec grande prudence que « le processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompt, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption. Le processus peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption ». Une prévision de Normand à la Réunion !

Mes amis réunionnais dont la gourmandise éruptive est sans limite devront faire preuve d’un peu de patience…

Sources : OVPF, Journal de l’Ile.

Photo: C. Grandpey

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde. Des mises à jour spéciales sont consacrées au volcan Taal (Philippines).

L’AVO a indiqué le 18 janvier 2020 que l’activité éruptive avait repris sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) avec des coulées de lave visibles sur le flanc NE du volcan grâce à la webcam. Un panache dilué, contenant peut-être un peu de cendre, apparaissait dans l’imagerie satellite ; il s’étirait sur une cinquantaine de kilomètres vers le SO. La sismicité était intense.

Les émissions de cendre ont considérablement diminué les jours suivants et la sismicité a décliné elle aussi. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est revenue à Orange et l’alerte volcanique est désormais à Vigilance (Watch).

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L’Institut de Géophysique équatorien indique que l’activité explosive du Sangay s’est poursuivie au cours des dernières semaines, avec des panaches de gaz et de cendre pouvant monter jusqu’à 7000 mètres d’altitude. Des blocs incandescents ont également été observés sur le versant SE du volcan le 20 janvier 2020.

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Dans sa dernière mise à jour, GeoNet indique que l’activité à White Island (Nouvelle-Zélande) reste soutenue. Les observations des derniers jours montrent que de la lave est visible dans les bouches apparues lors de l’éruption du 9 décembre 2019. Cela confirme les observations précédentes qui indiquaient que la lave était à un niveau très peu profond sous le plancher du cratère. Cependant, GeoNet ajoute que de nouvelles éruptions explosives sont très peu probables dans les quatre prochaines semaines. Hormis des émissions mineures de cendre les 23 et 26 décembre 2019, aucune activité éruptive significative n’a été observée depuis l’éruption du 9 décembre.
Tous les équipements de surveillance de GeoNet sur l’île fonctionnent normalement et on peut voir les images des webcams sur les pages web de GeoNet.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Jaune.
Source: GeoNet.

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On attend toujours à la Réunion la première éruption du Piton de la Fournaise en 2020. Des voix optimistes avaient déclaré qu’elle pourrait se produire dans les tous premiers jours de janvier 2020. Trois semaines plus tard, la lave n’a toujours pas percé la surface du volcan! Comme je l’écrivais précédemment, le mot « imminent » n’a pas le même sens à la Réunion et en métropole !

L’OVPF continue de signaler une inflation lente mais régulière de l’édifice volcanique. De petits essaims sismiques sont enregistrés de temps à autre. Si une éruption se produit, il y a fort à parier que ce ne sera pas un événement majeur qui se déroulera probablement à basse altitude. La lente inflation montre que la pression sous le volcan n’est pas très élevée. On est face à un scénario semblable à celui qui a précédé les dernières éruptions.

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À partir de la soirée du 18 janvier 2020, l’activité explosive dans le secteur NE du Stromboli (Sicile) a provoqué un petit débordement de lave (voir image ci-dessous) et le roulement de matériaux le long de la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Les autres paramètres n’ont pas montré de changements significatifs au cours de cette phase éruptive. L’activité se caractérise actuellement par des explosions de faible amplitude dans les secteurs SE et NW. Les émissions de SO2 révèlent un faible niveau de dégazage dans le secteur NE de la terrasse cratèrique. Globalement, l’activité reste toutefois à un niveau élevé.
Source: INGV, Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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Here is some news of volcanic activity around the world. Special updates are dedicated to Taal Volcano (Philippines).

AVO indicated on January 18th, 2020 that eruptive activity resumed at Shishaldin (Aleutians / Alaska) with lava flows visible on the NE flank of the volcano in webcam imagery. A weak plume, possible containing a small quantity of ash, was visible in satellite imagery extending to the SW about 50 kilometres. Seismicity was elevated.

Ash emissions declined the next days. Seismicity is currently low. The aviation colour code has been lowered to Orange and the volcanic alert level to Watch. .

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The Ecuadoran Geophysical Institute indicates that explosive activity has been continuing at Sangay volcano over the past few weeks with gas and ash plumes up to 7 000 metres above sea level. Incandescent blocks were also observed on the southeastern flank of the volcano on January 20th, 2020.

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In its latest update, GeoNet indicates that White Island (New Zealand) remains in an elevated state of unrest. Visual observations in the last days show lava has been extruded into the vents created by the December 9th, 2019 eruption. This confirms the results of the previous observations that said that lava was at a very shallow level beneath the crater floor. However, further explosive eruptions are very unlikely on any given day in the next four weeks. Apart from minor ash emissions on December 23rd and 26th, no significantly eruptive activity has been observed since the December 9th eruption.

All the GeoNet monitoring equipment on the island is operating normally and the camera feeds have been re-established on the GeoNet web pages.

The volcanic alert level remains at 2 and the aviation colour code remains Yellow.

Source: GeoNet.

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Everybody on Reunion Island is still waiting for the first eruption of Piton de la Fournaise in 2020. Optimistic voices said it might occur in the very first days of January. Three weeks later, there is no lava breaking the surface of the volcano! OVPF still reports a slow but steady inflation of the volcanic edifice. Minor seismic swarms are still recorded from time to time. Should an eruption occur in the short term, the odds are that it will not be a major event that will probably take place at a low altitude. The slow inflation shows that pressure under the volcano is not very high, a scenario similar to the one that preceded the last eruptions.

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Starting in the evening of January 18th, 2020, NE explosive activity at Stromboli (Sicily) caused sporadic lava overflow (see image below) and the rolling of hot materials along the upper part of the Sciara del Fuoco. The other parameters did not show significant changes during this phase. Activity is currently characterized by low amplitude explosions at SE and NW sectors. SO2 emissions reveal low level of degassing from NE sector. Globally, activity remains at a high level.

Source: INGV, Laboratorio Geofisica Sperimentale.

Le débordement de lave vu par la caméra thermique de l’INGV.

Évacuation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Mode d’emploi

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil et il ne serait pas étonnant d’assister à une éruption dans les prochains jours. Malgré tous les instruments disposés sur le volcan, une éruption peut démarrer soudainement et mettre en danger les randonneurs que se trouvent sur le site à ce moment-là. Ainsi, au mois d’octobre 2019, près de 50 randonneurs ont été évacués en urgence, mais sans encombre, du sommet du volcan, quelques heures avant son entrée en activité.

L’excellent Journal de l’Ile de la Réunion nous explique que l’évacuation des touristes présents sur le Piton de la Fournaise au moment du déclenchement d’une éruption est un rituel fixé dans le dispositif spécifique ORSEC Piton de la Fournaise. Dès que le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) reçoit l’arrêté préfectoral d’alerte 1 [éruption probable ou imminente], l’hélicoptère décolle. La Section aérienne de la gendarmerie (SAG) dispose de deux hélicoptères, dont le fameux EC145 à la capacité d’emport étendue, en service depuis bientôt douze ans.

 

Si les prémices d’une éruption volcanique devaient être détectés lors de votre visite au volcan, voici le déroulement des opérations:

Si la météo le permet, les hommes à bord de l’hélicoptère vont effectuer une reconnaissance des itinéraires balisés, en particulier celui du sommet. C’est la raison pour laquelle, en période de « vigilance volcanique », les randonneurs sont invités à ne pas sortir de ces sentiers, pour faciliter leur repérage et leur éventuelle évacuation. Il s’agit du premier niveau d’alerte du dispositif ORSEC Volcan, en vigueur actuellement. Il correspond notamment à la présence de signes d’agitation du Piton de la Fournaise.

Le survol de la zone sommitale est prioritaire. Pour mémoire, en février et en juin 2019, c’est ici qu’ont débuté les deux premières des cinq éruptions de l’année dernière. Les fissures éruptives se sont ouvertes à quelques dizaines de mètres du belvédère sur le cratère Dolomieu, au terminus du sentier d’accès au sommet. Les coulées l’ont d’ailleurs coupé lors de l’éruption de février et ont obligé l’ONF à retracer l’itinéraire pour contourner la zone dangereuse.

Il faut compter environ une demi-heure entre le déclenchement de l’alerte et l’arrivée de l’hélicoptère au volcan. Dès qu’il commence à survoler l’Enclos, les gendarmes utilisent le haut-parleur dont il est équipé pour demander aux randonneurs de faire demi-tour et de regagner leur point de départ.

Arrivé à la zone sommitale, l’appareil se pose ou, si la topographie ne le permet pas, prend appui sur patin pour embarquer le plus efficacement possible le maximum de visiteurs. A son approche, il est fortement recommandé de ranger casquettes, chapeaux et tout ce qui peut voler. Il est demandé de tenir fermement les sacs et bâtons de marche et, si possible, de les replier et de les ranger. Le bon comportement à adopter à ce moment est de se regrouper et de s’accroupir, sans oublier de surveiller les enfants. Attention! Le souffle des pales peut projeter des lapilli et scories tant que l’hélicoptère n’est pas posé.

Les gendarmes ne procèdent en principe pas à un hélitreuillage qui demanderait trop de temps, sauf dans les cas extrêmes, et l’hélicoptère ne coupe pas ses turbines. Attention aux pales qui continuent de tourner ainsi qu’au rotor de queue !! Il faut absolument éviter toute approche inconsidérée. Pour des raisons de sécurité, les randonneurs secourus doivent obéir aux consignes transmises par gestes essentiellement, en raison du bruit. Outre le pilote, un homme de la SAG et un du PGHM gèrent les manoeuvres d’embarquement et de débarquement. Ne jamais se diriger seul vers l’hélico sans y être invité.

Le transfert vers l’aire le Pas de Bellecombe où l’hélicoptère va se poser, à proximité du parking, prend moins de trois minutes. L’arrivée sur l’hélisurface est évidemment plus confortable, mais les mêmes consignes de sécurité sont à respecter. Dès la sortie, les passagers sont invités à s’accroupir ou s’asseoir regroupés à quelques mètres devant la porte l’hélicoptère selon les indications données, en tenant leurs affaires et en sécurisant les enfants. Ne pas chercher à s’éloigner de l’appareil tant qu’il n’a pas redécollé.

En octobre dernier, jusqu’à neuf personnes (dont trois jeunes enfants) ont été évacuées en un seul voyage. La durée du débarquement entre le poser et le redécollage de l’hélicoptère a été de trente-neuf secondes exactement !

Une fois le sommet évacué, l’hélicoptère embarque les randonneurs présents plus bas dans la pente et en particulier les plus vulnérables (personnes âgées, enfants). En fonction de la situation, les autres visiteurs finiront de rentrer à pied.

Si la météo ne permet pas le survol du volcan, comme au mois d’août dernier, les gendarmes du PGHM arpentent à pied l’itinéraire du sommet, après avoir gagné le Pas de Bellecombe en voiture depuis leur base si la couche nuageuse interdit une dépose à la Plaine-des-Cafres.

Une évacuation en hélicoptère laisse toujours un souvenir impérissable à ses bénéficiaires. Même s’ils peuvent être déçus de ne pas avoir pu découvrir le gouffre du cratère Dolomieu, l’émerveillement d’un survol non prévu au programme représente un véritable bonus au cours d’un séjour à La Réunion.

L’article du Journal de l’Ile se termine par un bémol et un conseil à l’attention des autorités. En effet, un gros effort d’information reste à faire à l’égard des quelque 120 000 randonneurs qui descendent chaque année dans l’Enclos. Très peu – souvent aucun – sont informés de l’état du volcan avant de se mettre en route. Les panneaux affichés au niveau du portail d’accès à l’Enclos, de portée générale, ne font aucune référence à l’actualité volcanique en cours et au comportement à adopter en cas de signes d’une prochaine éruption, avant même l’arrivée des services de secours.

Il serait souhaitable que les autorités prennent ces remarques en compte, dans l’intérêt de tous.

Vous pourrez lire l’article dans son intégralité en cliquant sur ce lien :

https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2020/01/14/VIDEO-En-attendant-la-prochaine-eruption-evacuation-du-volcan-mode

Vue de l’Enclos Fouqué, avec le beau cratère du Formica Leo au premier plan

Au moindre signe d’agitation du volcan, les autorités ferment le portail d’accès à l’Enclos

Le cratère du Dolomieu, destination finale pour de très nombreux randonneurs

Photos: C. Grandpey