Etude des éruptions phréatiques du Poás (Costa Rica) // Study of phreatic eruptions at Poás volcano (Costa Rica)

drapeau-francaisLes éruptions phréatiques sont parmi les dangereuses et ont fait de nombreuses victimes. Il suffit de se rappeler l’éruption du Mt Ontake (Japon) en septembre 2014 qui a surpris des randonneurs et tué une cinquantaine d’entre eux. Les éruptions phréatiques sont extrêmement difficiles à prévoir car elles se produisent souvent avec peu ou pas de signes précurseurs.
Récemment, des chercheurs d’Amérique Centrale ont mesuré les émissions de gaz au niveau du lac de cratère du Poás (Costa Rica) pour essayer de détecter certains éléments précurseurs des éruptions phréatiques majeures. Le cratère du Poás est visité par des milliers de touristes chaque année et des explosions phréatiques se produisent fréquemment au niveau du lac. Elles peuvent se présenter sous la forme de simples petits jets de gaz ou d’explosions beaucoup plus puissantes qui projettent des roches, des sédiments, de la vapeur et de l’eau à plus de 400 mètres au-dessus de la surface du lac.
L’objectif des mesures était de quantifier les gaz émis (CO2, SO2, H2S) et de contrôler les variations dans leur composition. Avant cette étude, on pensait que les éruptions phréatiques étaient principalement générées par des changements dans les systèmes hydrothermaux et se produisaient sans signes précurseurs mesurables. La nouvelle étude montre qu’il se produit des changements évidents dans la composition des gaz juste avant les éruptions phréatiques du Poás, et qu’ils sont générés par de brèves périodes d’injection de gaz à haute température en provenance du système magmatique profond.
Les chercheurs ont mesuré in situ les gaz émis par le lac de cratère en utilisant une station d’analyses fixe de gaz multiples sur une période d’activité phréatique de deux mois en 2014. (Le lac a montré une activité phréatique intense entre 2006 et 2014.)
La précision des mesures est très importante pendant les analyses de gaz multiples. La station mesure les rapports entre les gaz, tels que SO2 / CO2 et H2S / SO2. Les premiers tests ont démontré que l’apparition d’éruptions et un rapport SO2 / CO2 élevé sont statistiquement corrélés, et qu’il existe une relation entre une période éruptive calme et un rapport SO2 / CO2 faible. Les données sur la composition des gaz présentent des variations significatives dans le rapport entre le SO2 et le CO2 ; il y a une corrélation entre ces variations d’une part et la fréquence et l’intensité des éruptions phréatiques d’autre part. Les scientifiques ont remarqué que la composition des gaz émis directement par le lac du Poás se rapproche de celle des gaz magmatiques les jours qui précèdent de fortes éruptions phréatiques. Les mesures de gaz effectuées à l’aide d’un mini-DOAS (spectroscopie d’absorption optique différentielle) montrent que les  émissions élevées de SO2 du lac se produisent pendant l’activité éruptive et sont également associées à un rapport SO2 / CO2 élevé. Ces résultats laissent supposer que de courtes périodes d’injection de gaz magmatiques très chauds sont directement responsables de l’apparition d’éruptions phréatiques ponctuelles.
Ces résultats montrent également que la surveillance continue des gaz émis par le Poás peut constituer un moyen efficace de prévision des éruptions phréatiques. Le principal problème à résoudre est le fonctionnement de l’instrument de mesure dans des conditions extrêmement difficiles. Les composants périphériques de la station ont été détruits par une puissante éruption en juin 2014, ce qui a mis un terme aux manipulations. Cependant, l’instrument proprement dit a survécu et analyse actuellement les changements dans la composition des gaz fumerolliens.
Il y a encore beaucoup de choses que les scientifiques ne connaissent pas dans les interactions entre les gaz magmatiques et les systèmes hydrothermaux. Cette étude montre en particulier que la cinétique joue un rôle majeur dans ces systèmes. La plupart des modèles géochimiques utilisés pour comprendre le dégazage volcanique supposent des conditions d’équilibre. Une fois que l’on aura admis que des facteurs cinétiques sont souvent plus influents que les conditions d’équilibre, on aura franchi un pas important dans la compréhension des processus de dégazage volcanique.
Source: Université du Nouveau-Mexique: http://www.unm.edu/

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drapeau-anglaisPhreatic eruptions are among the most dangerous and have claimed lots of victims. One just needs to remember the eruption of Mt Ontake (Japan) in September 2014 that surprised trekkers and killed about 50 of them. Indeed, phreatic eruptions are extremely difficult to forecast, often occurring with little or no precursors.

Recently, Central American researchers measured gas emissions from the crater lake at Poás volcano in Costa Rica, in an attempt to determine some of the precursors to major volcanic eruptions. The Poás crater is visited by thousands of tourists every year. Phreatic explosions frequently occur from the lake, ranging from minor gas bursts to highly explosive jets ejecting rocks, sediments, vapour and lake water to more than 400 metres above the lake surface.

The initial goal of the study was to quantify gas fluxes (CO2, SO2, H2S) from the volcano and to monitor changes in gas compositions. Before this study, phreatic eruptions were primarily thought to be generated by changes in hydrothermal systems, and to occur with no appreciable precursors. The new study shows that there are clear short-term changes in gas compositions prior to phreatic eruptions at Poás, and that they are generated by short-period changes in high temperature volcanic gas input from  the deep magmatic system.

The Central American researchers measured gas emissions from the crater lake in situ using a fixed multiple gas analyzer station (Multi-GAS) during a two month period of phreatic activity in 2014. (The lake was the site of intense phreatic eruptive behavior between 2006 and 2014.)

Both accuracy and precision are important in the Multi-GAS measurements. The Multi-GAS instrument measures gas ratios, such as SO2/ CO2 and H2S / SO2. Diagnostic tests proved that the occurrence of eruptions and high SO2/ CO2 are statistically correlated, and that the occurrence of quiescence and low SO2/ CO2 are also correlated. The gas composition data show significant variations in the ratio between SO2 and CO2, which are statistically correlated with both the occurrence and the size of phreatic eruptions. The scientists found that the composition of gas emitted directly from the lake approaches that of magmatic gas days before large phreatic eruptions. Gas flux measurements conducted using mini-DOAS (differential optical absorption spectroscopy) show that high emission rates of SO2 from the lake occur during eruptive activity and are also associated with high SO2/CO2. Importantly, the results suggest that short-period pulses of magmatic gas and heat are directly responsible for generating individual phreatic eruptions.

These results show that high-frequency gas monitoring may provide an effective means of forecasting phreatic eruptions. The biggest challenge to this monitoring approach is maintaining the Multi-GAS instrument in extremely harsh conditions. Peripheral components of the station were destroyed by a large eruption in June 2014, which spelled the end of the lake gas emission experiment. However, the instrument survived and is currently monitoring changes in fumarole gas composition.

There are still many things scientists do not know about the interactions between magmatic gases and hydrothermal systems. This study shows in particular that kinetics are very important in these systems. Most geochemical models that are used to understand volcanic degassing assume equilibrium conditions. Once it is accepted that kinetic factors are often more influential than equilibrium conditions, a closer to understanding of volcanic degassing processes will probably be reached.

Source: University of New Mexico: http://www.unm.edu/

Poas-blog

Cratère et lac du Poás (Crédit photo: Wikipedia)

 

Nevados de Chillán (Chili)

drapeau-francaisSelon le SERNAGEOMIN, le Nevados de Chillán a été secoué le week-end dernier par «une explosion de vapeur ». Une petite colonne de cendre a été observée dans la soirée du 8 janvier à 18:49 (heure locale). Un survol a montré que l’explosion avait donné naissance à un nouveau petit cratère. Aucune autre émission de cendre n’a été observée depuis le 8 janvier. L’événement est censé avoir été causé par une activité phréatique du système hydrothermal à faible profondeur à l’intérieur du volcan. Il semble qu’aucun magma juvénile n’ait été impliqué dans cet événement. Le SERNAGEOMIN a fait passer le niveau d’alerte à la couleur Jaune.
Source: SERNAGEOMIN.

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drapeau-anglaisDuring the past weekend, Chilean volcano Nevados de Chillán was shaken by what SERNAGEOMIN calls “a steam-driven explosion”. A small ash column was observed in the evening of January 8th at 18:49 (local time). An overflight showed a small new crater was formed by the explosion. No further emissions have occurred since. The event is believed to have been caused by some phreatic activity of the shallow hydrothermal system of the volcano. It is likely that no fresh magma was involved in the event. SERNAGEOMIN raised the alert level to Yellow.
Source: SERNAGEOMIN.

Bulusan (Philippines): Eruption phréatique // Phreatic eruption

drapeau francaisLe PHILVOCS a indiqué aujourd’hui que le Bulusan (province de Sorsogon) avait connu une explosion de vapeur et de cendre qui, sur la base des enregistrements sismiques, a duré 5 minutes. La météo était mauvaise au moment de l’éruption.
Le début de l’activité a été enregistré à 08h09. Vers 10h30, lorsque le cratère s’est dégagé, une émission de vapeur forte à modérée a été observée, accompagnée de panaches de couleur marron atteignant 200 mètres de hauteur.
Seuls cinq séismes volcaniques ont été détectés au cours de la semaine écoulée par le réseau sismique du Bulusan. Toutefois, après l’explosion, le réseau a enregistré une quarantaine d’événements.
Malgré l’explosion, le niveau d’alerte est maintenu à 0 sur le Bulusan.
Il est rappelé au public que l’entrée dans la zone de danger permanent de 4 km de rayon autour du volcan reste strictement interdite en raison de la possibilité de brusques éruptions phréatiques.
Les pilotes sont invités à éviter de voler près du sommet du volcan.
Les personnes vivant dans les vallées et le long des cours d’eau doivent se méfier des lahars en cas de précipitations abondantes et prolongées.
Source: PHILVOCS.

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drapeau anglaisPHILVOCS indicated today that Bulusan (Sorsogon Province) produced a steam and ash explosion which, based on seismic records, lasted 5 minutes.
The start of activity was recorded at 8:09 a.m. At around 10:30 a.m., when the crater became visible, strong to moderate, dirty white steaming was observed, reaching 200 metres high.
Only five volcanic earthquakes were detected during the past week by the Bulusan seismic network, but after the explosion, the network recorded approximately 40 events.
Despite the explosion, the alert level is kept at 0 on Bulusan.
The public is reminded that entry into the 4-kilometer radius Permanent Danger Zone (PDZ) remains strictly prohibited due to the possibility of sudden phreatic eruptions.
Pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit.
People living within valleys and along river channels should be vigilant against lahars in the event of heavy and prolonged rainfall.

Source: PHILVOCS.

Bulusan-blog

Eruption phréatique du Bulusan en 2007  (Crédit photo:  Wikipedia)

Rincón de la Vieja (Costa Rica): Reprise de l’activité phréatique // New phreatic activity

drapeau francaisDepuis mercredi dernier, l’OVSICORD enregistre des signaux sismiques indicateurs d’éruptions phréatiques dans le cratère du Rincón de la Vieja. C’est la première fois depuis 2012 que l’on observe un niveau d’activité aussi élevé.

La première explosion a été enregistrée le 17 septembre à 12h37 et au moins 5 autres événements se sont produits depuis cette date. Les habitants de la région ont entendu des grondements et vu de la cendre émise par le cratère.

Au cours d’un survol effectué samedi, les scientifiques ont enregistré des températures supérieures à la normale au niveau du lac mais n’ont pas observé de matériaux qui auraient pu être émis lors des éruptions.

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drapeau anglaisCosta Rica’s Volcanological and Seismological Observatory (OVSICORI) has registered since last Wednesday several seismic signals consistent with phreatic eruptions in the Rincón de la Vieja Volcano. This is the first time the volcano has registered a high level of activity since 2012.

The Observatory recorded the first explosion on September 17th at 12:37 p.m. At least five explosions have occurred since then. Residents reported hearing the volcano rumble and seeing ash spew from its crater.

In an aerial survey of the crater on Saturday, scientists registered higher-than-normal temperatures in the lake, but did not observe any debris.