Des règles plus strictes pour protéger l’Everest // Stricter rules to protect Mount Everest

Au Népal, la Chambre des Députés a adopté en février 2026 un texte législatif qui instaure des règles plus strictes pour l’alpinisme, des dispositions renforcées en matière de sécurité et d’assurance, ainsi qu’un fonds permanent pour l’environnement destiné à la dépollution des hautes montagnes du pays, notamment l’Everest.

Crédit photo: Wikipedia

Le Parlement népalais a approuvé la proposition à l’unanimité. Le projet de loi vise à diversifier et à réglementer de manière systématique le secteur touristique népalais, tout en renforçant les normes de sécurité et environnementales en alpinisme.
Pour la première fois, la réglementation de l’alpinisme est intégrée à la loi sur le tourisme afin d’en renforcer l’application. La Chambre des Députés a également ordonné au gouvernement de rechercher des solutions durables pour préserver la propreté des montagnes népalaises et prévenir les accidents mortels.
Le projet de loi a été soumis au Sénat pour ensuite être approuvé par référendum lors des élections du 5 mars 2026. Après son adoption par le Sénat, le texte retournera à l’Assemblée nationale avant d’être transmis au Président pour authentification. Les responsables du ministère du Tourisme estiment que, si le processus se déroule sans encombre, il faudra environ trois mois pour que la loi soit applicable.

L’accumulation de déchets au camp de base est devenue un réel problème environnemental (Crédit photo: Wikipedia)

Une disposition clé du projet de loi est l’instauration d’un certificat médical récent et obligatoire pour tous les membres d’une expédition en haute montagne. Lors de la demande d’autorisation d’ascension, chaque membre de l’expédition, y compris le chef d’expédition, le guide et les autres membres du personnel d’assistance, devra fournir un certificat médical datant de moins d’un mois. Les autorités affirment que cette mesure vise à réduire les décès évitables et les urgences médicales en haute altitude.
Pour les sommets nécessitant une autorisation préalable, les alpinistes devront soumettre une demande au Département du Tourisme, accompagnée d’un plan d’ascension détaillé, des frais engagés et des pièces justificatives. Sur la base de la demande et des pièces jointes, le Département peut délivrer une autorisation d’ascension précisant l’itinéraire et les conditions autorisées. L’autorisation sera refusée à toute personne dont l’état de santé sera jugé insatisfaisant, que ce soit pour l’ascension elle-même ou pour accompagner une expédition.
Le projet de loi introduit également une exigence d’expérience significative pour les aspirants alpinistes à l’ascension de l’Everest. Ainsi, un permis d’ascension de l’Everest ne sera délivré que si le demandeur a prouvé avoir déjà gravi au moins un sommet de plus de 7 000 mètres au Népal. Les autorités affirment que cette disposition vise à freiner le nombre croissant d’alpinistes inexpérimentés tentant l’ascension du plus haut sommet du monde, une tendance souvent pointée du doigt pour expliquer les embouteillages au sommet, les accidents et la surcharge des services de secours.

Embouteillage au sommet de l’Everest (Source: presse népalaise)

Le projet de loi comprend également des dispositions relatives aux saisons d’ascension, aux frais de dossier, aux conditions d’obtention des permis, aux services d’expédition obligatoires, aux normes à respecter lors des expéditions, ainsi qu’aux seuils d’âge et d’expérience requis pour les alpinistes.
L’un des points forts de cette législation est la création d’un Fonds de protection de l’environnement et de bien-être des alpinistes. Le gouvernement établira ce fonds afin d’assurer la protection sociale des alpinistes et du personnel d’assistance en montagne, ainsi que pour financer les actions de protection de l’environnement en haute altitude. Point important, la taxe de gestion des déchets en montagne, perçue lors de la délivrance des permis d’ascension, sera directement versée à ce fonds par le ministère.
Source : The Kathmandu Post.

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Nepal’s National Assembly has passed the Integrated Tourism Bill, a legislation that introduces stricter rules for mountaineering, tighter safety and insurance provisions, and a permanent environment fund aimed at cleaning up the country’s high mountains, including Mount Everest.

The Nepalese parliament unanimously endorsed the proposal. The bill seeks to diversify and systematically regulate Nepal’s tourism sector while strengthening safety and environmental standards in mountaineering.

Mountaineering rules have been incorporated into the tourism bill for the first time to strengthen enforcement. Nepal’s top court has also ordered the government to seek sustainable solutions to keep Nepal’s mountains clean and prevent deaths.

The bill moved to the House of Representatives (lower house) to be elected through the March 5, 2026 elections. After endorsement by the lower house, the legislation will return to the National Assembly before being sent to the President for authentication. Tourism ministry officials estimate that, if the process proceeds smoothly, it could take at least three months for the bill to become law.

One key provision of the bill is the introduction of mandatory, recent health certification for all members of a climbing team. While applying for a climbing permit, each member if the exoedition, including the team leader, mountain guide and other support staff, must submit a health certificate issued within the previous month. Authorities say this measure aims to reduce preventable deaths and medical emergencies at high altitude.

For mountains requiring prior approval, climbers must submit an application to the Department of Tourism along with a detailed mountaineering plan, prescribed fees and supporting documents.

Based on the application and its attachments, the department may grant a climbing permit specifying the approved route and conditions. Permission will not be granted to any individual whose health condition is deemed unsatisfactory, either for climbing or accompanying a team.

The bill also introduces a significant experience requirement for aspiring Everest climbers.

A permit to climb Mount Everest will be issued only after an applicant provides proof of having previously summited at least one mountain higher than 7,000 metres in Nepal.

Officials say this provision is intended to curb the growing number of inexperienced climbers attempting the world’s highest peak, a trend often blamed for congestion, accidents and strain on rescue services.

Additional provisions in the bill cover climbing seasons, application fees, permit conditions, required expedition services, standards to be maintained during expeditions, and age and experience thresholds for climbers.

A major highlight of the legislation is the formation of an Environment Protection and Mountaineers’ Welfare Fund. The government will establish the fund to ensure social security for climbers and mountaineering support staff, as well as to finance environment protection efforts in high-altitude regions. Importantly, the mountain garbage management fee collected at the time of issuing climbing permits will be deposited directly into the fund by the department.

Source : The Kathmandu Post.

Everest : un plan de 5 ans pour nettoyer la montagne // Everest : a 5-year strategy to clean the mountain

Il y a quelques semaines, j’écrivais que nous vivons dans une société de records et d’extrêmes. C’est dans cet état d’esprit que de plus en plus de personnes tentent l’ascension de l’Everest et ses 8849 mètres. Conséquence de cette forte présence humaine sur le plus haut sommet du monde : la montagne est devenue un véritable dépotoir. J’ai déjà évoqué ce problème dans des notes publiées le 14 avril 2020 et le 3 juin 2023.

Source: Wikipedia

Le Népal s’apprête à dévoiler une stratégie quinquennale de nettoyage de l’Everest afin d’éliminer ces déchets. La quantité alarmante de détritus accumulés chaque saison montre l’urgence d’adopter des pratiques d’alpinisme vertueuses et durables. La fonte de la neige et de la glace, due au réchauffement climatique, expose de plus en plus de déchets enfouis et même des restes humains, ce qui aggrave la contamination des bassins versants et pose des risques sanitaires aux populations en aval.

Camp de base de l’Everest

Un brouillon du Clean Mountain Strategy (2025-2029) propose de créer un fonds de 308 millions de roupies népalaises pour nettoyer l’Everest. Cependant, le coût réel devrait dépasser le milliard de roupies népalaises. Le plan de nettoyage prévoit la formation d’une équipe de « Mountain Rangers », composée d’alpinistes, chargée de surveiller et de gérer les déchets au camp de base et dans les camps d’altitude. Le brouillon du projet Clean Mountain Strategy préconise également d’étudier l’utilisation de drones pour la collecte des déchets au-dessus du camp de base.

Depuis des décennies, les déchets souillent l’Everest. Des centaines d’alpinistes, de sherpas, de guides et de porteurs laissent derrière eux des tonnes de bouteilles d’oxygène et bouteilles en plastique, sans oublier les cordes, les restes de cuisine et les excréments. Ces ordures polluent les pentes de la montagne et les villages situés en aval. Le plastique demeure la principale menace. Il faut jusqu’à 500 ans pour qu’un sac plastique se biodégrade. Brûlé, il empoisonne l’air ; enfoui, il pollue le sol. Avec l’augmentation du nombre d’alpinistes, le plastique a progressivement envahi les sommets, faisant de l’Everest un symbole de négligence environnementale.

Le projet Clean Mountain Strategy souligne que la réduction des saisons d’ascension, due à la dégradation des conditions météorologiques, exige une réglementation plus stricte. Il propose de limiter le nombre de permis d’ascension en fonction de la capacité d’accueil de la montagne et des services disponibles.

Les chiffres relatifs à la collecte des déchets révèlent également l’ampleur du problème. Le Sagarmatha Pollution Control Committee a indiqué avoir ramassé 85 tonnes de déchets au cours du seul printemps 2024, dont près de 28 tonnes d’excréments humains. L’armée népalaise en a ramassé 11 tonnes supplémentaires.

Afin de réduire la pression sur les sites d’ascension, le Népal a fortement augmenté les droits d’accès. Selon la nouvelle réglementation, le droit d’accès par personne pour les étrangers empruntant la voie sud au printemps est passé de 11 000 $ à 15 000 $. Selon la stratégie proposée, les alpinistes devront également verser une caution remboursable pour les déchets, restituée uniquement si ces derniers sont rapportés, ainsi qu’une taxe environnementale non remboursable. Une partie des recettes sera consacrée à des campagnes de nettoyage, avec la participation des communautés locales. La nouvelle réglementation prévoit également que les organisateurs d’expéditions soient soumis à des frais de gestion des déchets selon le principe du « pollueur-payeur ». Un Fonds pour le nettoyage des montagnes (Mountain Clean-up Campaign Fund) sera créé et les alpinistes devront être munis de contenants pour les excréments humains.

Il faut faire la queue pour atteindre le sommet!

Le projet Clean Mountain Strategy introduit des règles plus strictes concernant l’équipement et les matériaux. Les banderoles et les drapeaux de prière au-dessus du camp de base devront être biodégradables et standardisés. Les matériaux non biodégradables devront être rapportés pour être contrôlés. Chaque alpiniste devra rapporter au moins 3 kg de déchets qui seront contrôlés au camp II par les rangers et les associations de gestion des déchets. L’utilisation de sacs à déjections sera obligatoire au-dessus du camp de base, et les autorités vérifieront que les alpinistes les rapportent bien.

La liste du matériel de chaque expédition sera également enregistrée afin de garantir la traçabilité. Certaines mesures sont déjà en vigueur. Depuis 2024, l’utilisation de sacs à déjections est obligatoire pour les alpinistes au-dessus du camp de base, à l’initiative du Sagarmatha Pollution Control Committee.

La réputation mondiale de l’Everest étant en jeu, les responsables espèrent que cette nouvelle stratégie portera ses fruits. Toutefois, les experts préviennent que si les fonds ne sont pas à la hauteur du défi, l’image du plus haut sommet du monde comme décharge à ciel ouvert risque de perdurer.

Source : The Kathmandu Post.

C’est bien connu : ceux qui se lancent à l’ascension de l’Everest sont des gens friqués qui n’hésitent pas à dépenser des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars dans cette entreprise. Pas sûr que les mesures préconisées par les autorités népalaises soient efficaces. Beaucoup de candidats à l’ascension du plus haut sommet du monde continueront à préférer payer des amendes plutôt que de redescendre leurs déchets. Toujours en vertu de ce principe, je ne pense pas que la hausse des tarifs imposée pour essayer de grimper vers le sommet fera chuter le nombre de candidats.

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As I put it before, we are living in a society of records ans extremes. This is one of the reasons why ùore and more people are trying to climb Mount Everest. The consequence of so many people on the world’s highest mountain is that it has besome a garbage dump. I have already addressed this issue in posts published on April 14, 2020 and June 3, 2023.

Nepal is preparing to unveil a five-year Everest cleaning strategy to remove this trash from the mountain.

Experts say the alarming amount of waste collected each season underscores the urgent need for sustainable mountaineering practices. Melting snow and ice caused by global warming further exposes previously buried garbage and even human remains, worsening contamination of the watershed and posing health risks to downstream communities.

A draft of the Clean Mountain Strategy (2025–2029) proposes a Rs308 million fund for Everest clean-up efforts. However, the real cost is likely to exceed Rs1 billion.

The plan envisions forming a team of “Mountain Rangers,” composed of climbers, to monitor and manage waste at Everest Base Camp and higher camps. The draft also calls for exploring the use of drones to collect waste above the base camp.

For decades, the burden of litter has scarred the Everest region. Hundreds of climbers, Sherpas, guides, and porters leave behind tonnes of waste ranging from oxygen canisters, plastic bottles, ropes, kitchen scraps, and human waste. This garbage is polluting both the slopes and settlements downstream.

Plastic remains a particular menace. It can take up to 500 years for a single plastic bag to biodegrade. If burned, it poisons the air; if buried, it pollutes the soil. As climbing traffic has increased, plastic has steadily crept higher up the mountain, turning Everest into a glaring symbol of environmental neglect.

The draft of the Clean Mountain Strategy notes that shorter climbing seasons caused by worsening weather demand stricter regulation. It proposes limiting climbing permits by assessing the mountain’s carrying capacity and available services.

Waste collection figures also reveal the magnitude of the problem. The Sagarmatha Pollution Control Committee reported clearing 85 tonnes of garbage during the 2024 spring season alone, including nearly 28 tonnes of human waste. The Nepali Army cleared another 11 tonnes.

To reduce pressure, Nepal has sharply raised climbing fees. Under revised regulations, the per person royalty for foreigners climbing via the south route in spring has jumped from $11,000 to $15,000.

According to the proposed strategy, climbers will also be required to pay a refundable garbage deposit, returned only if waste is brought back, as well as a non-refundable environmental fee.

A portion of climbing revenues will be earmarked for clean-up campaigns, with provisions for local community involvement. The strategy says expedition operators should also be charged waste management fees under the “polluter pays” principle. A Mountain Clean-up Campaign Fund will be created, and climbers will be required to carry human waste bottles.

The draft strategy introduces stricter rules on equipment and materials. Banners and prayer flags above base camp must be biodegradable and standardised. Non-biodegradable materials must be returned for verification. Every climber must bring back at least 3 kg of waste, which will be monitored at Camp II by both Mountain Rangers and waste management associations. Poop bags will be compulsory above base camp, and authorities will check that climbers bring them back. Equipment lists for each expedition will also be logged to ensure accountability.

Some measures have already started. Since 2024, climbers above base camp are required to use poop bags under the initiative of the Sagarmatha Pollution Control Committee.

With Everest’s global reputation at stake, officials hope the new strategy will work. But experts caution that unless funds match the scale of the challenge, the world’s highest peak’s image as the most visible garbage dump could endure.

Source : The Kathmandu Post.

Catastrophes en série et faillite de la politique climatique // Series of disasters and failure of climate policy

Le Népal vient de connaître ses pires inondations depuis des décennies. Les très fortes précipitations liées à la mousson ont fait gonfler les rivières dans les premiers jours d’octobre 2024 et inondé des quartiers entiers de Katmandou, la capitale, tuant au moins 236 personnes. Cette catastrophe est la dernière d’une série d’inondations catastrophiques à avoir frappé le pays cette année. Les climatologues népalais s’accordent tous à dire que ces événements extrêmes sont causés par le réchauffement climatique.
Dans un article précédent, j’expliquais que Thame, un village népalais situé au pied de l’Everest, avait été submergé en août 2024 par un lac glaciaire qui avait rompu la moraine qui le retenait. C’est dans ce village qu’habitait autrefois Tenzing Norgay Sherpa, la première personne à avoir gravi l’Everest avec le Néo-Zélandais Edmund Hillary. Les habitants du village ont peur de revenir chez eux car il y a la menace d’autres lacs glaciaires au-dessus du village.
Comme je l’ai expliqué précédemment, une crue glaciaire est la libération soudaine d’eau qui s’est accumulée dans d’anciens lits glaciaires. Ces lacs se forment suite au recul des glaciers, accélérée par la hausse des températures due au réchauffement climatique d’origine anthropique. Les lacs glaciaires sont souvent instables car ils sont retenus dans les amoncellements glace ou des débris morainiques.
Personne n’a été tué à Thame en août. En effet, pendant les pluies de la mousson, le village est en grande partie déserté, mais la crue a détruit la moitié des 54 maisons, une clinique et une auberge. Elle a également anéanti une école fondée par Edmund Hillary. Aujourd’hui, les habitants de Thame sont dispersés, certains vivent dans les villages voisins, d’autres à Katmandou.

Les scientifiques expliquent que la crue qui a détruit Thame fait partie d’une évolution glaciaire très inquiétante. Les glaciers reculent à un rythme alarmant. Des centaines de lacs glaciaires sont apparus au cours des dernières décennies. En 2020, plus de 2 000 lacs ont été cartographiés au Népal par des experts du ICIMOD basé à Katmandou ; 21 ont été identifiés comme potentiellement dangereux.
Le Népal a déjà vidangé certains lacs glaciaires et prévoit d’en vider au moins quatre autres. Les scientifiques insistent sur le fait que la fonte des glaciers aura un double impact. Dans un premier temps, elle déclenchera d’autres inondations destructrices. À terme, les glaciers reculeront et finiront par disparaître, avec une menace à une échelle beaucoup plus grande. Les glaciers de la chaîne himalayenne et de l’Hindu Kush fournissent une eau essentielle à environ 240 millions de personnes dans les régions montagneuses. 1,65 milliard d’autres personnes en dépendent dans les vallées fluviales d’Asie du Sud et du Sud-Est. Si cette eau vient à manquer, que deviendront ces populations ?
Source : Médias d’information internationaux.

Lacs glaciaires au Népal (Crédit photo: Wikipedia)

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Les inondations mortelles au Népal début octobre 2024 viennent s’ajouter à un cortège de catastrophes climatiques particulièrement long avec, ces derniers jours, le très lourd bilan (plus de 200 morts) laissé derrière lui par l’ouragan Helene dans le sud-est des États Unis, en sachant que la Floride est sur le point d’affronter une nouvelle fois la fureur de la Nature avec l’ouragan Milton.

L’ouragan Milton dans le Golfe du Mexique (Source: NOAA)

Certains visiteurs de mon blog me reprochent d’alerter sans proposer de solutions. Désolé, mais ce n’est pas à moi de prendre les mesures qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre et leurs concentrations dans l’atmosphère. Ce sont nos gouvernants qui doivent prendre ces mesures…qui n’arrivent pas, et qui n’arriveront pas ! Nos politiques sont beaucoup plus préoccupés par leur avenir électoraliste que par le réchauffement climatique qui est devenu une patate chaude que l’on se passe d’un gouvernement à l’autre. Je souhaite bien du plaisir au gouvernement qui sera le dernier maillon de la chaîne ! Le budget Barnier ne fait aucune allusion aux mesures susceptibles de réduire nos émissions de CO2; pire, il parle d’austérité. Je n’entends guère parler du développement du ferroutage et des camions électriques. Le transport routier est pourtant une source majeure d’émissions polluantes sur nos routes. An prix où sont les camions électriques, il sera bien difficile de persuader les entreprises de transport de convertir leurs flottes à l’électrique !

Je pense sincèrement que les mesures visant à réduire les gaz à effet de serre sont l’affaire de tous les pays, et pas seulement de la France. J’attends de voir les COP (Conferences of the Parties) jouer enfin le rôle qui devrait être le leur. Jusqu’à présent, ces réunions n’ont servi à rien car elles se sont soldées par des échecs, avec une empreinte carbone désastreuse. La COP 29 aura lieu à Bakou en Azerbaïdjan, pays producteur de pétrole. Inutile de sire qu’il n’y a pas grand chose à en attendre…

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Nepal is reeling from its worst flooding in decades after ferocious monsoon rains swelled rivers in the first days of October 2024 and inundated entire neighbourhoods in the capital Kathmandu, killing at least 236 people. The disaster was the latest of several disastrous floods to hit the country this year. Nepalese climate scientists all agree to say that these extreme events are caused by global warming.

In a previous post, I explained that Thame, a village in the foothills of Mount Everest, was submerged in August by a glacial lake that burst high in the mountains above the small village. It was once home to Tenzing Norgay Sherpa, the first person to climb Mount Everest, along with New Zealander Edmund Hillary. Residents in the village are afraid to return bevcause there are still lakes above.

As I explained before, a glacial lake outburst flood (GLOF) is the sudden release of water collected in former glacier beds. These lakes are formed by the retreat of glaciers, with the warmer temperatures of human-caused global warming accelerating the melting of the icy reservoirs. Glacial lakes are often unstable because they are dammed by ice or loose debris.

No one was killed in Thame in August. During the monsoon rains, the village was largely empty, but the flood destroyed half of the village’s 54 homes, a clinic and a hostel. It also wiped out a school started by Hillary.

Today, Thame’s residents are scattered, some staying in neighbouring villages, others in Kathmandu. Experts say that the flood in Thame was part of a frightening pattern. Glaciers are receding at an alarming rate. Hundreds of glacial lakes formed from glacial melt have appeared in recent decades. In 2020, more than 2,000 were mapped across Nepal by experts from the Kathmandu-based International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD), with 21 identified as potentially dangerous.

Nepal has drained lakes in the past, and is planning to drain at least four more. Scientists warn of a two-stage impact. Initially, melting glaciers trigger destructive floods. Eventually, the glaciers will dry up, bringing even greater threats. Glaciers in the wider Himalayan and Hindu Kush ranges provide crucial water for around 240 million people in the mountainous regions. Another 1.65 billion people depend on them in the South Asian and Southeast Asian river valleys below. If this water runs out, what will these populations do?

Source : International news media.

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The deadly floods in Nepal in early October 2024 are added to a particularly long procession of climate disasters with, in recent days, the very heavy toll (more than 200 dead) left behind by Hurricane Helene in the southeastern United States, and Florida is about to face the fury of Nature once again in the coming days with Hurricane Milton..
Some visitors to my blog accuse me of warning without proposing solutions. Sorry, but it is not up to me to take the measures that will reduce greenhouse gas emissions and their concentrations in the atmosphere. It’s up to our leaders to take these measures… which are not happening, and which will not happen! Our politicians are much more concerned about their electoral future than about global warming which has become a hot potato that is passed from one government to another. I wish much pleasure to the government that will be the last link ! The latest Barnier budget makes no mention of measures likely to reduce our CO2 emissions; worse, it talks about austerity. I hear little talk of the development of rail transport and electric trucks, although road transport is a major source of polluting emissions on our roads. Looking at the price of electric trucks are, I think it will be very difficult to persuade transport companies to convert their fleets to electric!
I sincerely believe that measures to reduce greenhouse gases are the business of all countries, and not just France. I am waiting to see the COPs (Conferences of the Parties) finally play the role that they should. So far, these meetings have been useless because they have ended in failure, with a disastrous carbon footprint. COP 29 will take place in Baku, Azerbaijan, an oil-producing country. Needless to say, there is not much to expect from it…

Nouvelle crue glaciaire dans l’Himalaya // New glacial outburst flood in the Himalayas

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur le danger que représentent les lacs glaciaires qui se forment à l’avant des glaciers en train de fondre. Dans l’Himalaya et dans les Andes, ces lacs sont souvent retenus par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer à tout moment et provoquer de dangereuses inondations.
C’est probablement ce qui s’est passé au Népal où un village sherpa à 3 300 m d’altitude, dans la région de l’Everest, a été englouti sous la boue par des eaux de fonte le 16 août 2024. Les scientifiques sont persuadés que Thame a été inondé suite au débordement d’un lac glaciaire. Ils ont expliqué à maintes reprises que le réchauffement climatique provoque la fonte de nombreux glaciers de l’Himalaya à un rythme alarmant. Aucune victime n’est à déplorer, mais une quinzaine de bâtiments, dont des maisons, une école et un dispensaire, ont été complètement détruits.
De nombreux sherpas détenteurs de records vivent à Thame. C’est là qu’habitait Tenzing Norgay, la première personne à avoir gravi l’Everest avec l’explorateur Edmund Hillary.
Les autorités locales expliquent que le mauvais temps n’a pas permis l’utilisation d’hélicoptères pour enquêter sur la cause de l’inondation, mais il s’agit probablement de la vidange brutale d’un lac glaciaire. Des centaines de tels lacs, formés par la fonte des glaciers, sont apparus soudainement dans l’Himalaya au cours des dernières décennies. Selon un rapport de 2020 de l’ICIMOD, 2 070 de ces lacs ont été répertoriés au Népal et 21 ont été classés « potentiellement dangereux ».
Voici une courte vidéo de la crue glaciaire dans le village de Thame le 16 août 2024 :
https://youtu.be/HLRmJH5Fnjg

Source : presse internationale.

Lac glaciaire au Népal (Crédit photo: ICIMOD)

Palcacocha, lac glaciaire sous contrôle au Pérou (Crédit photo: Wikipedia)

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I have alerted several times on this blog to the danger caused by glacial lakes that form at the front of melting glaciers. In the Himalayas and in the Andes, such lakes are often dammed by fragile moraines that may break open at any time nad cause dangerous glacial outburst floods GLOFs).

This is what probably happened in Nepal where a Sherpa village 3,300 m above sera level in the Everest region was engulfed by icy flood waters on August 16th, 2024. Experts suspect Thame was flooded after a glacial lake burst its banks. Scientists have warned that global warming is causing many glaciers in the Himalayas to melt at an alarming rate. No deaths or injuries have been reported, but about fifteen buildings including houses, a school and a health clinic have been completely destroyed.

Many record-holding Sherpa mountaineers live in Thame, among whom Tenzing Norgay, the first person to climb Mount Everest along with explorer Edmund Hillary.

Local authorities say bad weather did not allow the use of helicopters to investigate the cause of the flood, but there are indications it was the result of a glacial lake outburst. Hundreds of glacial lakes formed from glacial melt have appeared out of nowhere in the Himalayas in recent decades. According to a 2020 report by the ICIMOD, 2,070 such lakes were documented in Nepal, of which 21 were ranked “potentially dangerous”.

Here is a short video of the glacial flood in Thame village on August 16th, 2024 :

https://youtu.be/HLRmJH5Fnjg

Source : International news media.