Un nouvel iceberg géant bientôt en Antarctique // A new giant iceberg soon in Antarctica

drapeau-francaisLa fracturation complète de l’immense plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique va se produire dans un proche avenir et le phénomène donnera naissance à un iceberg de la taille du Delaware qui ira se promener dans l’Océan Austral.
La NASA vient de publier une nouvelle image prise par des chercheurs au cours d’un survol de la plate-forme le 10 novembre 2016. On peut voir que la fracturation complète de cette plateforme est imminente. Pendant la mission de la NASA (connue sous le nom d’Opération IceBridge) la fracture mesurait environ 110 km de long, plus de 90 mètres de large et environ 500 mètres de profondeur. En août 2016, une équipe chercheurs britanniques qui observait la plateforme Larsen C a constaté que la fracture avait augmenté de 22 km entre mars et août 2016. C’était la propagation la plus rapide jamais observée.
Lorsque le vêlage – autrement dit la naissance de l’iceberg – se produira, probablement au cours de la prochaine décennie, ce sera le plus important vêlage en Antarctique depuis 2000, le troisième plus grand événement jamais enregistré et le plus important concernant cette plate-forme glaciaire. Larsen C se trouve à côté d’une plus petite plate-forme glaciaire qui s’est désintégrée en 2002 après avoir ouvert une fracture semblable à celle observée actuellement dans Larsen C.
Les icebergs issus des plateformes glaciaires ne font pas monter directement le niveau de la mer. En effet, leur glace repose déjà dans l’océan comme le fait un glaçon dans un verre. Cependant, comme ils font obstacle aux glaciers qui se trouvent derrière eux, quand les plateformes cèdent, ces glaciers peuvent commencer à avancer et accélérer leur progression dans la mer. C’est ce phénomène qui ajoute de l’eau et augmente donc le niveau de la mer.
Selon les glaciologues, une fois que la fracture aura entaillé Larsen C dans sa totalité et aura libéré l’iceberg, une surface de glace encore plus grande, de la taille de l’Ecosse, se trouvera déstabilisée et risquera de fondre à son tour.

La plate-forme glaciaire Larsen C est la plus septentrionale de celles qui existent encore sur la Péninsule Antarctique. Cette partie du continent se réchauffe rapidement depuis plusieurs années en raison de l’augmentation parallèle de la température de l’air et de celle de la mer. La plate-forme glaciaire Larsen B, à proximité de Larsen C, a fait la une des journaux en 2002 quand elle s’est désintégrée au cours d’un processus de vêlage provoqué, là aussi, par l’ouverture d’une fracture. Cet événement apparaît dans les premières scènes de Le Jour d’Après (2004), film-catastrophe sur le changement climatique.

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drapeau-anglaisThe breakup of the massive Larsen C Ice Shelf in Antarctica is getting closer and will eventually produce an iceberg the size of Delaware prowling the Southern Ocean.

NASA has just released a new image taken by researchers flying above the Larsen C I Ice Shelf in Antarctica on November 10th 2016.  One can see that the breakup of the Shelf is getting closer. During NASA’s field campaign known as Operation IceBridge the crack was measured to be about 110 km long, more than 90 metres wide and about 500 metres deep.

When this iceberg calving event happens, likely within the next decade, it will be the largest calving event in Antarctica since 2000, the third biggest such event ever recorded and the largest from this particular ice shelf. Larsen C lies next to a smaller ice shelf that disintegrated in 2002 after developing a crack similar to the one now growing in Larsen C.

Ice shelves breaking off into icebergs don’t directly increase sea levels, since their ice is already resting in the ocean like an ice cube in a glass. However, because they act like doorstops to the land-based ice behind them, when the shelves give way, the glaciers can begin moving into the sea. This adds new water to the ocean and therefore increases sea levels.

According to glaciologists, once the rift in Larsen C extends all the way across the shelf and breaks off the section of ice, a larger area of ice that is about the size of Scotland will destabilize and be at greater risk for melting. In August, a British research team monitoring the Larsen C Ice Shelf found that the rift had expanded by 22 km between March and August 2016. This was the fastest rate of expansion the researchers had observed.

The Larsen C Ice Shelf is the most northerly of the remaining major Antarctic Peninsula ice shelves. This part of Antarctica has been warming rapidly in recent years due to a combination of increasing air and sea temperatures. The nearby Larsen B Ice Shelf made worldwide headlines in 2002 when it broke up after a similar process of rift-induced iceberg calving. The Larsen B event was featured in the opening scenes of the sci-fi climate change-related disaster film, The Day AfterTomorrow (2004)..

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Cette carte de l’Antarctique montre la fonte de la partie inférieure des plateformes glaciaires. La teinte bleue symbolise la perte de glace de plus de 5 mètres d’épaisseur par an. La flèche indique la plateforme glaciaire Larsen C. (Source: NASA / JPL-Caltech / UC Irvine / Columbia University).

Donald Trump est dans la lune… // Donald Trump has his head in the clouds…

drapeau-francaisSelon un article du très sérieux quotidien anglais The Guardian, Donald Trump va mettre un terme à toutes les recherches de la NASA liées au changement climatique. L’article cite Bob Walker, un conseiller du président élu, qui a déclaré que cette mesure ferait partie d’une campagne contre la «science politisée».
La décision pourrait sonner le glas de l’important réseau de satellites qui fournissent de précieuses informations météorologiques et climatiques. Le budget actuel de la NASA prévoyait d’augmenter de près de 2 milliards de dollars en 2017 les dépenses destinées à la recherche sur les sciences de la Terre.
À la place de la collecte d’informations sur le climat de la Terre, l’administration Trump redonnerait la priorité à la recherche spatiale. Cela représenterait un changement d’orientation considérable pour la NASA qui a diminué ses dépenses globales d’exploration spatiale, tout en s’associant à des sociétés commerciales comme SpaceX et Virgin Galactic. La NASA a prévu de consacrer 2,8 milliards de dollars à l’exploration spatiale en 2017.
Trump a toujours soutenu le développement de l’exploration spatiale à travers la NASA. Lors d’un meeting à Daytona Beach, en Floride, le 3 août dernier, il a regretté que le programme spatial des États-Unis ait été « décimé » et soit devenu « le programme d’une nation du tiers monde».
La position de Donald Trump sur le changement climatique n’est pas une surprise; il a toujours critiqué ce concept, allant jusqu’à affirmer que le réchauffement global était un « canular » mis au point par les Chinois pour nuire à l’industrie américaine.
Les propos de Trump contredisent ceux de la plupart des scientifiques qui constatent que le climat de la Terre se réchauffe sans équivoque et que l’effet de réchauffement est causé au moins en partie par les activités humaines.
Le vice-ministre chinois des Affaires Etrangères Liu Zhenmin a publié une note à l’attention de Donald Trump après son élection, en faisant remarquer que ce sont deux présidents républicains – Ronald Reagan et George Bush – qui, les premiers, ont tenu des propos sur le changement climatique à l’échelle mondiale. Trump n’a pas répondu à Zhenmin, mais a tempéré sa position sur le changement climatique. Lors d’une réunion avec des journalistes du New York Times, il a déclaré qu’il pensait qu’il y avait une «certaine» connectivité entre l’activité humaine et le réchauffement planétaire », mais il n’avait pas idée de son impact réel. Au cours de cette réunion, Trump a promis de garder un «esprit ouvert» au sujet du changement climatique, mais si l’article de The Guardian est fidèle à la réalité, il semblerait que sa politique soit déjà décidée dans ce domaine.

Source: The Guardian.

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drapeau-anglaisAccording to an article in The Guardian, Donald Trump will eliminate all climate change related research conducted by NASA. The article cites Bob Walker, a senior advisor to President-elect, who said the move would be part of a crackdown on “politicized science.”

The decision could spell an end to NASA’s massive network of satellites that provide significant amounts of data regarding weather and climate. According to the agency’s budget estimates, it expects to increase its spending on earth science research to nearly $2 billion in 2017.

In place of the information gathering on the earth’s climate, the Trump administration would shift the focus of NASA back to space. This would represent a considerable change of emphasis for NASA, which has decreased its overall spending on space exploration while partnering with commercial companies like SpaceX and Virgin Galactic. NASA is estimated to spend $2.8 billion on space exploration next year.

Trump has been an active voice in supporting more space exploration through NASA. At a rally in Daytona Beach, Florida, on August 3rd, Trump suggested the U.S. space program had been decimated and said it was like the program of “a third-world nation. »

Ditching research in regard to climate change perhaps shouldn’t be a surprise, either; Trump has been a vocal critic of the concept, suggesting at one point that global warming was a “hoax” perpetrated by the Chinese to harm American manufacturing.

Trump’s conclusion flies in the face of scientific consensus, which finds the Earth’s climate is unequivocally warming, and that the warming effect is caused at least in part by humans.

Chinese Vice Foreign Minister Liu Zhenmin issued a correction for Trump following his election, noting that it was two republican presidents—Ronald Reagan and George H.W. Bush—who first brought the conversation about climate change to the global stage.

Trump hasn’t responded to Zhenmin, but has softened on his critique of climate change. In a meeting with the New York Times, Trump told reporters and editors at the paper that he thinks there is “some” connectivity between human activity and global warming, but wasn’t sure how big of an impact it truly had.

In the interview with the Times Trump promised to keep an “open mind” regarding climate change, but if The Guardian report is correct it would seem his mind might already be made up.

Source: The Guardian.

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Pendant ce temps, les glaciers fondent… (Photo: C. Grandpey)

Toujours plus chaud! // Warmer and warmer!

drapeau-francaisLes dernières informations diffusées par la NASA montrent que les températures à la surface de la Terre et la surface occupée par la glace de mer dans l’Arctique au cours du premier semestre 2016 ont établi de nouveaux records qui confirment la tendance des dernières décennies. La NASA indique que la période comprise entre janvier et juin 2016 a été le semestre le plus chaud jamais enregistré, avec 1,3°C de plus que le précédent record établi en 1880.
En outre, cinq mois de l’année sur six ont établi un nouveau record concernant l’étendue minimale de glace de mer depuis 1979. Seul le mois de mars échappe à la tendance. Les scientifiques soulignent qu’il est important de constater que la tendance actuelle observée au niveau des températures et de l’étendue de la glace de mer font confirme une évolution qui existe depuis plusieurs décennies et qui est due à des concentrations de plus en plus élevées de gaz à effet de serre.
La couverture de glace de mer au maximum de la saison de fonte pendant l’été est actuellement de 40% inférieure à ce qu’elle était à la fin des années 1970 et au début des années 1980, alors qu’en septembre, le minimum saisonnier connaît une baisse de 13,4% par décennie.
En 2016, même avec El Niño qui touchait à son terme, les températures mondiales ont atteint leur plus haut niveau et la tendance mondiale est même dépassée par le réchauffement de l’Arctique où les températures au cours des six derniers mois ont été extrêmes en certains endroits. Cette chaleur, ainsi que des conditions météorologiques inhabituelles, expliquent la faible étendue occupée par la glace de mer jusqu’à présent cette année.
En 2016, les scientifiques de la NASA ont commencé une étude, prévue pour durer près de dix ans, des écosystèmes arctiques en Alaska et au Canada. Baptisée Arctic-Boreal Vulnerability Experiment (ABoVE), cette étude doit étudier comment les forêts, le pergélisol et d’autres écosystèmes réagissent à la hausse des températures dans l’Arctique où le changement climatique évolue plus rapidement que partout ailleurs sur la planète.
Source: NASA / Goddard Institute for Space Studies.

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drapeau-anglaisAccording to NASA’s latest estimates, the global surface temperatures and Arctic sea ice extent during the first half of 2016 set new records and are continuing trends of change observed over the last few decades. The administration has confirmed that the period between January and June 2016 was the warmest six months period recorded so far, 1.3°C higher than the previous record reported in 1880.

Moreover, five months of the year have set a new record for the lowest monthly Arctic sea ice extent since 1979 with the only exception of March. Scientists emphasize that it is important to see that the current trends observed in the global temperature and sea ice extent continue decades-long trends of change, driven by increasing concentrations of greenhouse gases.

The sea ice cover at the peak of the summer melt season is currently at 40% less than during the late 1970s and early 1980s while in September, the seasonal minimum is declining at a rate of 13.4% per decade.

In 2016, even with El Niño season ending, the global temperatures have risen to the highest levels, and the global trend is outpaced by the regional Arctic warming where temperatures over the past six months have been extreme. This warmth, as well as unusual weather patterns, has led to the record low sea ice extents so far this year.

This year, NASA’s scientists have begun an almost decade-long field study of Arctic ecosystems based in Alaska and Canada. The Arctic-Boreal Vulnerability Experiment (ABoVE) is planned to explore how forests, permafrost, and other ecosystems respond to increasing temperatures in the Arctic, where climate change is unfolding faster than anywhere else on the planet.

Source : NASA / Goddard Institute for Space Studies.

Temperatures

Courbe montrant l’évolution des températures moyennes à la surface de la Terre, pour la période janvier-juin, entre 1880 et 2016 (Source : NASA / Goddard Institute for Space Studies).

Eruption à Bristol Island (Iles Sandwich du Sud) [suite]

drapeau-francaisL’éruption sur Bristol Island annoncée avec des réserves dans une note sur ce blog le 5 mai 2016 continue. Elle a lieu sur le Mont Sourbaya. C’est la première fois que le volcan se manifeste en 60 ans. Les images fournies par la NASA et acquises par le satellite Terra le 28 mai 2016 montrent le panache de cendre qui s’étire au-dessus de la banquise.

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drapeau-anglaisThe eruption at Bristol Island that was mentioned on May 5th 2016 in a note of this weblog continues. It is taking place on Mount Sourbaya. It is the first time the volcano has been erupting in 60 years. The images released by NASA and acquired by the Terra satellite clearly show the ash plume stretching above the icecap.

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Source: NASA.