Le réchauffement climatique change le cours d’une rivière! // Climate change reroutes a river!

Quand on roule sur l’Alaska Highway entre Fairbanks en Alaska et Whitehorse au Canada, on longe pendant longtemps le lac Kluane dans la partie sud-ouest du Territoire du Yukon. C’est le plus grand lac du Yukon avec une superficie de 408 km2 et une longueur de 81 km. Quand j’ai longé le lac en septembre 2016, j’ai remarqué que son niveau avait fortement baissé, en particulier dans sa partie sud-est. Là où j’avais pris de belles photos des eaux turquoise lors de mes précédents voyages en 2009 et 2013, il n’y avait qu’une zone de terre asséchée. Je me suis demandé quelle pouvait être la cause de ce manque d’eau. J’ai pensé que ce pouvait être une conséquence du réchauffement climatique qui affecte en ce moment l’Alaska et le Yukon. Je viens de trouver la réponse à ma question en lisant un article du Washington Post.
Une équipe de scientifiques de six universités canadiennes et américaines a constaté que vers le milieu de l’année 2016, la fonte et le recul du très grand glacier de Kaskawulsh, dans le Parc National de Kluane sur le Territoire du Yukon, a entraîné le transfert de la Slims River, née de l’eau de fonte qui s’en échappe, vers un autre bassin fluvial, celui de la Kaskawulsh River. Cette profonde modification a coupé l’alimentation en eau du Lac Kluane en aval et envoyé l’eau du glacier vers l’Océan Pacifique au sud de l’Alaska, et non plus vers la Mer de Béring comme cela se faisait auparavant. L’étude a été publiée dans ta revue Nature Geoscience. Les chercheurs ont qualifié ce détournement de « piratage » d’une rivière par une autre. Ils ont fait remarquer que de tels événements se sont déjà produits à plusieurs reprises dans le passé géologique de la Terre, mais jamais avec une telle rapidité.
L’étude a révélé que la rivière Slims, alimentée par le glacier de Kaskawulsh, avait connu une forte chute de son débit à cause du recul de ce dernier. Le « piratage » prive désormais le Lac Kluane de son alimentation en eau. Le lac était à son niveau le plus bas en août 2016, et deux petites localités – Burwash Landing et Destruction Bay – qui vivent sur les berges du lac devront s’adapter à la baisse de son niveau qui devrait continuer. Cela aura inévitablement des conséquences sur la chimie de l’eau, la structure du lac, la biologie. Il existe une colonie de mouflons de Dall sur le flanc sud-est du lac. Il est fort probable que les animaux migreront s’ils ne trouvent plus l’eau nécessaire à leur survie. Ils risqueront alors de se trouver hors du Parc National, dans des secteurs où la chasse est autorisée.

Cet événement s’est produit dans une région sauvage relativement peu peuplée, et il n’y aura donc pas, pour l’instant, de conséquences majeures pour la population locale qui vit du passage sur l’Alaska Highway et des activités nautiques sur le lac. Dans d’autres régions du monde comme la Cordillère des Andes, les conséquences d’un tel phénomène peuvent être dramatiques. Comme je l’indique au cours de mes conférences, la fonte des glaciers péruviens privera les villages d’eau pour la vie de tous les jours, pour l’irrigation des cultures et pour la production d’électricité. Au final, les populations de ces montagnes devront se déplacer vers d’autres lieux, peut-être vers Lima, la capitale qui, elle aussi, dépend des glaciers pour son alimentation en eau.
Le glacier de Kaskawulsh, à 60 degrés de latitude nord, se trouve dans une région relativement tempérée bien au-dessous du cercle polaire arctique, ce qui le rend particulièrement sensible aux changements climatiques. Les chercheurs ont effectué des mesures qui montrent qu’avant le changement du cours de la rivière, le glacier connaissait des températures élevées au printemps, ce qui semble avoir provoqué un excès d’eau de fonte et son recul.
Les chercheurs pensent que le glacier et son système fluvial ne connaîtront pas un retour en arrière. Le changement géographique est définitif.

Source: The Washington Post.

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Driving along the Alaska Highway from Fairbanks in Alaska to Whitehorse on Canada, you pass along Kluane Lake in the southwest area of the Yukon Territory. It is the largest lake contained entirely within Yukon at approximately 408 km2, and 81 km long. When I drove along the lake in September 2016, I noticed that its level had dropped, especially in its south-eastern part, a place where I took nice photos of the turquoise waters during my previous trips in 2009 and 2013. I wondered what the cause of this lack of water could be. I thought it might be a consequence of global warming which affects both Alaska and the Yukon. I have just found the cause of the phenomenon while reading an article in the Washington Post.

A team of scientists from six Canadian and U.S. universities found that in mid-2016, the retreat of the very large Kaskawulsh Glacier in Kluane National Park in Canada’s Yukon Territory led to the rerouting of its vast stream of meltwater from one river system to another, cutting down flow to the Yukon’s Kluane lake, and channelling freshwater to the Pacific Ocean south of Alaska, rather than to the Bering Sea. The study was published in Nature Geoscience. The researchers dubbed the reorganization an act of “rapid river piracy,” saying that such events had often occurred in the Earth’s geologic past, but never before, to their knowledge, as a sudden present-day event.

The study found that the Slims River lost much of its flow because of the retreat of the Kaskawulsh Glacier. In turn, it deprived Kluane Lake. The lake level was at a record low in August 2016, and two small communities – Burwash Landing and Destruction Bay – that live on the lake may now have to adjust to the lower water levels. The Kluane lake level dropped last year and is likely to continue dropping. That will have changes to the chemistry, the structure of the lake, the biology.

These events have occurred in a relatively sparsely populated wilderness area, and so will not have ramifications for large human populations, but they give a sense of just how dramatic and sudden climate-linked changes can be. Similarly, recently mountain glacier changes in the Bolivian Andes have created the risk of dangerous outburst floods that could imperil communities below them. As I indicate in my conferences, the melting of Peruvian glaciers will deprive the villages of water to drink and to irrigate and electricity, so that people will have to move to other places.

 The Kaskawulsh glacier, at only 60 degrees north latitude, is in a relatively temperate region well below the Arctic Circle, helping to make it particularly susceptible to climate change. The researchers provided measurements suggesting that just before the river reorganization, the glacier was experiencing quite warm temperatures for the springtime, which seems to have triggered a large burst of meltwater.

The researchers do not expect the glacier and the river system that depends on it to flip back; rather, it has entered a new state.

Source: The Washington Post.

 

Vue du Kaskawulsh Glacier et de la nouvelle trajectoire empruntée par l’eau de fonte (Source : Yukon Government – Energy, Mines and Resources)

Vue du Lac Kluane depuis Destruction Bay. (Photo: C. Grandpey)

Vues de la partie sud-est du Lac Kluane en 2013 et en 2016. En 2016, elle était complètement asséchée.

Mouflons de Dall sur les pentes au-dessus du lac Kluane.

(Photos: C. Grandpey)

Des nouvelles inquiétantes du Groenland // Disturbing news of Greenland

Selon une nouvelle étude, le plus grand glacier du Groenland, le Jakobshavn également connu sous le nom d’Ilulissat ou Sermeq Kujalleq, est plus exposé à la perte de glace qu’on le pensait jusqu’à présent. Le glacier, qui vient vêler dans le fjord d’Ilulissat, est l’un des points de sortie de la grande calotte de glace du Groenland, qui contient elle-même suffisamment de glace pour élever le niveau des mers de plus de 6 mètres. De toute cette glace, plus de 6 pour cent s’écoule vers l’océan par l’intermédiaire du Jakobshavn, qui recule vers l’intérieur des terres depuis les années 1990. Le glacier déverse de plus en plus d’icebergs, un changement très probablement lié à la hausse de la température de l’océan. Si toute la glace de cette région du Groenland devait fondre, elle ferait monter le niveau de la mer sur la planète de près de 60 centimètres. Entre 2000 et 2011, le Jakobshavn à lui seul a provoqué une hausse de 1 millimètre.
Jusqu’à présent, les chercheurs n’étaient pas certains de l’étendue du Jakobshavn sous la mer, ni de son épaisseur à l’intérieur des terres. Une étude récente a révélé que le glacier a près de 1100 mètres d’épaisseur au point où il entre réellement dans l’océan. Cependant, à une dizaine de kilomètres vers l’intérieur du Groenland, le glacier s’épaissit considérablement et plonge carrément au-dessous du niveau de la mer pour atteindre plus de 1600 mètres d’épaisseur, avec la majeure partie de cette masse sous le niveau de la mer. Sur toute cette zone, la glace devient de plus en plus profonde et plus épaisse, ce qui favorise un recul plus rapide du glacier qui est estimé actuellement à environ 500 mètres par an.
L’épaisseur du Jakobshavn doit être prise en compte pour au moins deux raisons. Au fur et à mesure de son recul, le glacier offre un front de glace plus épais à l’océan plus chaud, ce qui entraîne son accélération et une perte de glace plus importante. Dans le même temps, l’épaisseur sous-marine du glacier favorise l’accélération de la perte de glace ; en effet, avec les pressions extrêmes subies par la glace, son point de congélation se modifie et la rend plus susceptible de fondre dans une eau de mer relativement chaude dans la partie la plus profonde du fjord.
Quelques calculs simples permettent de montrer pourquoi l’accélération du recul du glacier Jakobshavn deviendrait vite un réel problème. Selon la NASA, le Groenland est le plus grand contributeur mondial à l’élévation du niveau de la mer, avec chaque année 281 milliards de tonnes de glace déversées dans l’océan, ce qui est suffisant pour provoquer 1 millimètre d’élévation du niveau de la mer chaque année. Cela suppose la prise en compte de tous les glaciers du Groenland et de la fonte générale de la surface de glace qui entre dans l’océan, mais le Jakobshavn est celui qui perd le plus de glace. La contribution estimée d’un millimètre de l’élévation du niveau de la mer sur 11 ans équivaut à une perte d’environ 32 milliards de tonnes de glace par an. Cependant, la nouvelle étude indique que la perte de glace du Jakobshavn pourrait augmenter de 50% lorsqu’il atteindra son point le plus profond. Cela le mettrait à égalité avec les plus grands glaciers de l’Antarctique – Pine Island et Thwaites – et le Groenland contribuerait alors à lui seul à plus d’un millimètre par an de hausse des océans. Cela ne ferait qu’augmenter leur niveau global qui est également conditionné par l’Antarctique, les plus petits glaciers terrestres et les océans qui se dilatent à mesure qu’ils se réchauffent.
Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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According to a new study, the largest glacier in Greenland is even more vulnerable to sustained ice losses than previously thought. Jakobshavn glacier, responsible for feeding flotillas of icebergs into the Ilulissat icefjord, is an enormous outlet for the larger Greenland ice sheet, which itself contains enough ice to raise seas by more 6 metres. Of that ice, more than 6 percent flows toward the ocean through Jakobshavn, which has raced inland since the 1990s, pouring ever more of its mass into the seas, a change that scientists believe has been caused by warming ocean temperatures. If all of the ice that flows through this region were to melt, it would raise global sea levels by nearly 60 centimetres. Just from 2000 to 2011, the ice loss through Jakobshavn alone caused the global sea level to rise by a millimetre.

Until now, researchers were not sure how far Jakobshavn’s ice extended below sea level, or how much deeper it gets further inland. A recent study found that Jakobshavn is close to 1100 metres thick where it currently touches the ocean. However, only about 8 to 16 km inland towards the centre of Greenland, the glacier grows considerably thicker and plunges deeper below sea level, eventually becoming over 1600 metres thick, with the major part of that mass extending below the sea surface. Moreover, the glacier is deep over a vast area. Along most of that distance, the ice will get steadily deeper and thicker, favoring faster retreat. The glacier front is currently moving backwards at about 500 metres per year.

The greater depth of Jakobshavn matters for at least two reasons. As it retreats, Jakobshavn will present a thicker ice front to the warm ocean, leading to even greater ice flow and loss. Meanwhile, the depth itself favours increased ice loss because at the extreme pressures involved, the freezing point of ice itself actually changes, making it more susceptible to melting by relatively warm seawater in the deepest part of the fjord.

A few simple calculations help underscore why a further retreat – and accompanying thickening – of Jakobshavn glacier could be such a problem. Greenland is the world’s largest contributor to sea level rise – according to NASA, it is contributing 281 billion tons of ice to the ocean every year, nearly enough to cause 1 millimetre of sea level rise annually. That’s from all of the various Greenland glaciers and from general melting of the ice sheet that then runs off into the ocean, but Jakobshavn is the single biggest ice loser. Its estimated contribution of a millimetre of sea level rise over 11 years equates to a loss of about 32 billion tons of ice per year, but the new study says the glacier’s loss could increase by 50 percent as it reaches its deepest point. That would put Jakobshavn on par with the biggest ice losers in Antarctica – the enormous Pine Island and Thwaites glaciers – and would help push Greenland to the point where it is contributing over a millimetre per year to rising seas all on its own, further increasing the rate of global sea level rise which is also driven by Antarctica, smaller glaciers worldwide, and oceans that expand as they warm.

Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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En cliquant sue ce lien, vous verrez une vidéo exceptionnelle montrant un vêlage extrêmement spectaculaire du glacier Jakobshavn. C’est le plus important vêlage jamais filmé. La hauteur de glace est estimée à 900 mètres, dont une centaine de mètres émergés. L’événement a duré environ 75 minutes. La vidéo est extraite du superbe documentaire « Chasing Ice » réalisé par James Balog que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques mois et que je salue ici.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos: C. Grandpey

 

En Inde, les glaciers sont désormais des personnes légales // In India, glaciers are now legal persons

La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri. Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

Source : Live Law.in.

Les glaciers Gangotri et le Yamonutri connaissent le même sort que leurs homologues de la chaîne himalayenne : ils reculent de manière spectaculaire sous l’effet du réchauffement climatique. Une étude effectuée par une équipe de glaciologues et publiée en 2015 estimait que les glaciers de la région Kush-Himalaya dominée par l’Everest pourraient perdre 70 à 99% de leur volume d’ici l’année 2100, avec des conséquences catastrophiques pour l’agriculture et l’élevage et l’alimentation hydroélectrique.

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The Uttarakhand High Court declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

In the eyes of the High Court judges, past generations having handed over « Mother Earth in its pristine glory », we are morally bound to hand over the same Mother Earth to the next generation.

Source: Live Law.in.

Gangotri and the Yamonutri glaciers have the same fate as the other glaciers of the Himalayas: they retreat dramatically as a result of global warming. A study carried out by a team of glaciologists and published in 2015 estimated that glaciers in the Kush-Himalayan region dominated by Mount Everest could lose 70 to 99% of their volume by the year 2100, with disastrous consequences for the agriculture and livestock and hydroelectric power.

Front du glacier Gangotri, source du Gange supérieur (Crédit photo: Wikipedia)

 

Des nouvelles inquiétantes sur le Groenland // Disturbing news about Greenland

Alors que Donald Trump continue de nier l’existence du changement climatique, une équipe internationale de chercheurs a révélé que le réchauffement climatique a déjà fait fondre les glaciers côtiers et la calotte glaciaire côtière du Groenland au delà du point de non-retour.
Dans une étude publiée dans Nature Communications, des scientifiques américains et européens décrivent comment les glaciers et les calottes qui couvrent des dizaines de milliers de kilomètres carrés le long de la côte du Groenland ont atteint un «point de basculement» critique, au-delà duquel une nouvelle fonte est inévitable. La glace avait déjà dépassé ce point de basculement il y a 20 ans, mais la technologie n’existait pas encore pour confirmer le phénomène.

Selon les chercheurs, la fonte complète de la glace côtière du Groenland pourrait faire monter le niveau de la mer d’environ 4 centimètres, avec un impact sur certaines îles et certaines zones côtières en raison des risques d’inondation, d’érosion et d’autres effets.
La calotte de glace du Groenland, qui couvre environ 80 pour cent de la surface de l’île, est la deuxième plus grande étendue de glace au monde après celle de l’Antarctique. Les mêmes processus qui ont causé la fonte accélérée de la glace côtière du Groenland pourraient également entraîner la fonte de la calotte principale qui recouvre le reste de l’île, avec des résultats dévastateurs faciles à imaginer. Pour l’instant, cette calotte de glace est encore stable et son point de basculement n’a pas encore été atteint. Toutefois, si le réchauffement climatique continue, il est très probable qu’il sera vite atteint, puis franchi. Si la totalité de la calotte glaciaire du Groenland devait fondre, cela entraînerait une élévation mondiale de plus de 6 mètres du niveau de la mer.
Jusqu’à 30 pour cent de la glace côtière du Groenland devrait disparaître d’ici 2100. Les chercheurs affirment que le réchauffement climatique est responsable de ce déclin précipité. Si la température de la Terre augmente de 2 degrés Celsius, comme convenu lors de la COP 21 de Paris, la couche de glace du Groenland pourrait connaître la même fonte accélérée que les glaciers côtiers et les calottes côtières de l’île.
Source: The Huffington Post.

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Even as President Donald Trump continues to deny the urgency of climate change, an international team of researchers has revealed how global warming has already melted Greenland’s coastal glaciers and ice caps past the point of no return.

In a study just published in Nature Communications, U.S. and European scientists describe how the glaciers and ice caps that cover tens of thousands of square kilometres along the coast of Greenland have reached a critical “tipping point,” beyond which further melting is unavoidable. The ice had already surpassed this tipping point 20 years ago, only the technology to confirm this had not existed until now.

According to researchers, the complete melting of Greenland’s coastal ice could raise global sea levels by about 4 centimetres. It is an increase that could impact some islands and low-lying coastal areas through flooding, erosion and other effects.

The Greenland ice sheet, which covers about 80 percent of the island’s surface, is the second-largest ice body in the world after the Antarctic ice sheet. The same processes that have caused the accelerated melting of Greenland’s coastal ice bodies could also influence the island’s massive ice sheet, with devastating results. For now, the ice sheet is still safe and its tipping point has not been crossed yet. But if warming continues, it is very likely that it will be crossed. If the entire Greenland ice sheet were to melt, it would cause a global sea level rise of more than 6 metres.

Up to 30 percent of Greenland’s coastal ice is expected to disappear by 2100. If the Earth’s temperature increases by 2 degrees Celsius, as agreed during the Paris COP 21, the Greenland ice sheet could experience the same accelerated melting that the island’s coastal glaciers and ice caps are facing.

Source: The Huffington Post.

Calotte côtière et glaciers côtiers du Groenland (Photos: C. Grandpey)