Pacaya (Guatemala): Dernières nouvelles // Latest news

drapeau francaisDans un bulletin spécial en date du 21 janvier, l’INSIVUMEH indique qu’après l’épisode éruptif des 9, 10 et 11 janvier derniers, une activité effusive persiste sur le Pacaya, comme le montre le tremor qui maintient un niveau assez élevé (voir ci-dessous). La lave avance lentement sur le versant sud où elle a parcouru environ 3,6 km en brûlant la végétation sur son passage.

L’activité effusive a cessé sur le flanc ouest samedi à 11 heures.

S’agissant du cratère Mackenney, le cône intracratérique a été complètement détruit, laissant un gouffre où l’on observe uniquement une activité fumerollienne.

drapeau anglaisIn a special bulletin released on January 21st, INSIVUMEH indicates that after the eruptive episode of January 9th, 10th and 11th, effusive activity is still observed on Pacaya. The level of the tremor is still elevated (see below). Lava is moving slowly down the southern flank of the volcano where it travelled over 3.6 km, burning the vegetation on its way.

Effusive activity stopped on Saturday at 11 a.m. on the western flank.

As far as the Mackenney crater is concerned, the cone inside the crater has been completely destroyed and has been replaced by a deep hole where fumarolian activity and nothing else can be observed.

 Pacaya-janvier

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): la forêt brûle toujours // The forest is still burning

drapeau francaisLa coulée Kahauale’a 2 continue à progresser en mettant le feu à la forêt au nord du Pu’uO’o, comme on peut le voir sur les images (réelles et thermiques) mises en ligne par le HVO.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/?display=default

La coulée est alimentée par un spatter cone situé dans la partie NE du Pu’uO’o. Elle parcourt ensuite environ 7 km en direction du nord. D’après le HVO, la coulée a progressé d’environ 300 mètres entre le 27 novembre et le 6 décembre.

S’agissant de l’activité sur l’East Rift Zone au cours des derniers mois, il est utile de rappeler qu’une éruption fissurale a débuté le 21 septembre 2011 dans la partie supérieure du versant E du Pu’uO’o. Elle a donné naissance à une coulée baptisée Peace Day qui a avancé en direction du SE et traversé les anciens Jardins Royaux au début du mois de décembre 2011. La coulée a ensuite marqué une pause avant de redevenir active et d’atteindre l’océan le 24 novembre 2012. Son activité a ensuite commencé à décliner et la lave n’entrait plus dans l’océan le 20 août 2013. La coulée a été déclarée officiellement inactive début novembre.

La coulée Kahauale’a 1 qui est née sur le rebord nord du plancher du Pu’uO’o à la mi-janvier 2013 a cessé d’avancer fin avril, mais une nouvelle coulée baptisée Kahauale’a 2 a pris de relais dans le même secteur au début du mois de mai. C’est elle qui avance aujourd’hui dans la forêt.

drapeau anglaisThe Kahauale’a 2 lava flow continues to burn through forest north of Pu’uO’o, as can be seen on the images (both real and thermal) released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO).

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/?display=default

The flow is fed by a spatter cone located in the north-eastern part of the Pu’u O’o vent. It then travels 7 km to the north. According to HVO, the flow advanced about 300 metres between November 27th and December 6th.

If we refer to activity on the East Rift Zone during the past months, we can remember that a fissure eruption started on the upper east flank of Pu’u O’o on September 21st 2011. It fed what became known as the Peace Day flow, which advanced southeast through the abandoned Royal Gardens subdivision in early December 2011. The flow then stalled and re-entered the ocean on November 24th 2012, until activity started to decline and the ocean entry stopped on August 20th 2013. The Peace Day flow was pronounced dead by early November.

The Kahauale’a 1 lava flow, which started at the northeast edge of the Pu’u O’o crater floor in mid-January 2013, was dead by late April, but a new flow, Kahauale’a 2, became active in the same area in early May and is today moving slowly across the forest…

Fougere-Hawaii

(Photo:  C. Grandpey)

La lave du Cordon Caulle (Chili)

drapeau francaisAu cours de plusieurs visites au volcan chilien Cordon Caulle, des scientifiques britanniques de l’Université de Lancaster ont pu observer une coulée d’obsidienne émise par ce volcan. Ils ont remarqué que cette lave extrêmement visqueuse continuait à avancer plus d’une année après la fin officielle de l’éruption. Les résultats de leurs observations ont été publiés dans la revue Nature Communications. Au début de leur article, les chercheurs rappellent que les coulées rhyolitiques peuvent donner naissance, malgré leur forte viscosité et leur débit d’émission relativement faible, à d’impressionnants champs de lave. S’agissant du Cordon Caulle, l’avancée de la lave s’effectue à partir de lobes qui émergent du front de coulée principal. En janvier 2013, ce front de coulée continuait à progresser de 1,50 mètre à 3 mètres par jour à 3,6 km de la bouche éruptive, en dépit du tarissement de la source 6 ou 8 mois plus tôt. Ce phénomène met en relief, une fois encore, la capacité isolante de la lave. Les laves basaltiques ayant montré des qualités analogues, les chercheurs concluent leur étude sur le Cordon Caulle en affirmant que « les similitudes inattendues avec les champs de lave basaltique indiquent un modèle unifié de mise en place de la lave ».

Une petite vidéo accompagne l’article que l’on peut lire dans la rubrique  « Science et environnement » du site de la BBC.

http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-24843643

 

drapeau anglaisDuring several visits to the Chilean volcano Cordon Caulle, British scientists from the University of Lancaster were able to observe an obsidian flow emitted by the volcano. They noted that this extremely viscous lava continued to advance more than a year after the official end of the eruption. The results of their observations were published in the journal Nature Communications. At the beginning of their report, the researchers remind us that rhyolitic flows can give birth, in spite of their high viscosity and relatively low effusion rate, to impressive lava fields. As for Cordon Caulle, lava extrusion occurred from lobes emerging from the front of the main flow front. In January 2013, this front was still moving forward at arate of 1.50 to 3 meters per day, 3.6 km from the eruptive vent, despite the exhaustion of the source 6 or 8 months before. Once again, this phenomenon highlights the insulating capacity of lava. As basaltic lavas have shown similar qualities, the researchers conclude their study about the Cordon Caulle writing that  » the unexpected similarities with compound basaltic lava flow fields point towards a unifying model of lava emplacement  »
A short video accompanies the article that can be read in the « Science and Environment” column of the BBC website.

http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-24843643

Cordon-Caulle

Le panache de cendre du Cordon Caulle vu depuis l’espace le 7 juin 2011.

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Kilauea: Mort sur le champ de lave (suite) // Death on the lava field (continued)

drapeau francais   Suite à ma note du 9 mai sur le décès d’un randonneur à Hawaii, voici quelques détails supplémentaires qui vont dans le sens des conseils que je donnais à l’issue de l’article.

La victime est un Canadien âgé de 57 ans qui était parti de Kalapana avec un ami afin de se rendre sur le champ de lave pour y voir les coulées de plus près. Sur le chemin du retour, ils se sont perdus. L’un des randonneurs a commencé à paniquer et, sous le coup de la chaleur et de la fatigue, s’est effondré. Son ami est allé cherché de l’aide et de l’eau mais au retour, il a été incapable de retrouver son ami. Quand les secours sont arrivés sur place, il était trop tard ; l’homme avait cessé de vivre.

Cet accident révèle deux erreurs commises par les randonneurs.

D’une part, il semble évident que la quantité d’eau emportée était insuffisante. Il faut savoir que la marche sur le champ de lave hawaiien est longue et pénible et il fait de plus en plus chaud au fur et à mesure que l’on approche du site actif et des coulées. Personnellement, en plus des bouteilles d’eau, je glisse une canette de Coca-Cola dans mon sac à dos. Elle est souvent bienvenue au terme de la randonnée.

D’autre part, on a souvent tendance à minimiser la taille du champ de lave sur la plaine côtière. Au départ de Kalapana, on aperçoit les gaz et (au crépuscule) le rougeoiement émis par les coulées et on a l’impression que la distance à parcourir n’est pas énorme. En fait, c’est souvent une illusion optique et il faut marcher pendant plusieurs kilomètres avant d’arriver à destination. Le retour à Kalapana est plus compliqué car les coulées se trouvent souvent vers le pied du pali et de ce secteur, on ne voit plus le point de départ à Kalapana. D’où la nécessité d’avoir une boussole ou (encore mieux) un GPS.

Un ranger m’a indiqué un jour que les accidents ou les pertes d’orientation sont relativement fréquents à Hawaii. Il n’est, bien sûr, fait état que des accidents les plus graves. La presse laisse de côté les chutes et les brûlures qui sont monnaie courante sur le champ de lave.

drapeau anglais   Further to my note of May 9th on the death of a hiker in Hawaii, here are some additional details that confirm the advice I gave at the end of the article.
The victim is a 57-year-old Canadian who had left Kalapana with a friend to go to the lava field to see the lava flows closer. On the way back, they got lost. One of the hikers began to panic, and because of the heat and fatigue, he collapsed. His friend went to get help and water, but on his way back, he was unable to find his friend. When paramedics arrived on site, it was too late, the man was dead.
This incident reveals two mistakes committed by the hikers.
On the one hand, it seems clear that the amount of water they had brought along was insufficient. Everybody should know that walking on the Hawaiian lava field is long and strenuous and it’s getting hotter and hotter as you as you approach the active site and the lava flows. Personally, in addition to water bottles, I slip a can of Coca-Cola in my backpack. It is often welcome at the end of the hike.
On the other hand, there is a tendency to minimize the size of the lava field on the coastal plain. From Kalapana, gases and (at dusk) the glow emitted by lava can be seen and it seems that the distance is not so great. Actually, it is often an optical illusion and you have to walk several kilometers before reaching your destination. Walking back to Kalapana is more complicated because the flows are often located near the base of the pali and from that point, you do not see the point of departure in Kalapana. Hence the need for a compass or (even better) a GPS.
A ranger told me one day that accidents or loss of orientation are relatively common in Hawaii. Of course, only the most serious accidents are reported. The press ignores the falls and burns that are common on the lava field.

Coulee-hawaii

(Photo:  C.  Grandpey)