Réchauffement climatique : records en pagaille // Global warming : loads of records

Nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2023 et de nombreux records climatiques sont en train d’être battus, avec des températures en hausse, des océans exceptionnellement chauds, des niveaux record de pollution par le carbone dans l’atmosphère et des niveaux record de manque de glace en Antarctique. Certains scientifiques tirent la sonnette d’alarme, craignant que cette situation soit le signe d’un réchauffement de la planète beaucoup plus rapide que prévu. Ces mêmes scientifiques disent que même si les records sont alarmants, ils ne sont pas surprenants en raison à la fois de l’augmentation continue des gaz à effet de serre et de l’arrivée d’El Niño, qui a un effet de réchauffement global.

Voici cinq preuves montrant à quel point l’année 2023 a déjà battu des records, en sachant que les mois les plus chauds sont à venir.

Températures globales.
Notre planète est déjà plus chaude de 1,2°C qu’à l’époque préindustrielle, et les cinq prochaines années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées. 2023 s’annonce comme l’une des plus chaudes à ce jour, et toutes les données montrent que les températures atteignent des niveaux inhabituellement élevés.
Le service européen Copernicus indique que les onze premiers jours de juin 2023 ont vu les températures les plus hautes jamais enregistrées pour cette période de l’année, avec une marge substantielle. C’est également la première fois que la température globale de l’air en juin dépasse les niveaux préindustriels de plus de 1,5 °C.

Des records de chaleur sont battus à travers le monde.
Au Canada, où une vague de chaleur particulièrement sévère a touché une grande partie du pays, les températures ont battu plusieurs records. La chaleur a favorisé le départ des premiers incendies de forêt qui ont brûlé une zone 15 fois plus grande que la moyenne à cette période de l’année, avec des fumées qui ont atteint les États-Unis.
Plusieurs records de chaleur absolus ont également été battus début juin 2023 en Sibérie (voir mes notes précédentes). Certaines parties de l’Amérique centrale, ainsi que du Texas et de la Louisiane sont également confrontées à des températures très élevées. Porto Rico a connu une chaleur extrême en juin, avec des températures de plus de 48 degrés Celsius.
Des régions entières de l’Asie du Sud-Est ont connu leur plus forte vague de chaleur jamais enregistrée, tandis que des températures record en Chine ont anéanti des animaux et des cultures et suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire.

Les températures des océans battent également des records.
Les océans se réchauffent à des niveaux record et rien ne montre que cette tendance va s’arrêter. La hausse des températures à la surface de l’océan a commencé à inquiéter les scientifiques en mars lorsqu’elles ont commencé à grimper, avec une accélération et des niveaux records en avril.
Selon la NOAA, mai 2023 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur les océans de la planète. C’est un schéma de réchauffement qui dure depuis des années. En 2022, les océans avaient déjà battu des records de chaleur pour la quatrième année consécutive.
Le réchauffement des océans a des conséquences désastreuses, avec notamment le blanchissement des coraux, la mort de la vie marine et l’élévation du niveau de la mer.

La glace de mer antarctique à des niveaux record de faiblesse.
La glace de mer de l’Antarctique est actuellement à son niveau le plus bas jamais enregistré pour cette période de l’année. Certains scientifiques craignent que ce soit un signe supplémentaire que la crise climatique a atteint cette région isolée de la planète.
Fin février 2023, la glace de mer antarctique a atteint sa plus faible étendue depuis le début des relevés dans les années 1970, ce qui confirme une tendance à la baisse très prononcée.
Alors que l’Antarctique est entré dans son hiver et que la glace de mer a recommencé à se former, la surface occupée reste à un niveau record pour cette période de l’année.
Il convient de noter qu’il existe un lien entre ce déclin de la glace de mer antarctique et les eaux chaudes des océans Indien, Pacifique et Atlantique. Un dixième de degré de réchauffement de la température de l’océan suffit à inhiber la croissance de la glace de mer.
La réduction de la glace de mer cause également de graves dégâts aux espèces qui vivent sur ce continent, comme les manchots qui dépendent de la glace de mer pour se nourrir et pour l’éclosion de leurs œufs.

Niveaux record de dioxyde de carbone.
Le niveau de dioxyde de carbone dans l’air, généré par la combustion des combustibles fossiles, a atteint un record en mai, avec 424 parties par million (ppm), avec une avec une hausse constante qui n’avait jamais été observée il y a des millions d’années. Les niveaux de pollution par le carbone, qui alimentent la crise climatique, sont désormais supérieurs de 50 % à ce qu’ils étaient avant le début de la révolution industrielle.
Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

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We are only halfway through 2023 and many climate records are being broken, with soaring temperatures, unusually hot oceans, record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice. Some scientists are sounding the alarm, fearing it could be a sign of a planet warming much more rapidly than expected. They say that while the records are alarming, they are not unexpected due to both the continued rise of planet-heating pollution and the arrival of El Niño, which has a global heating effect.

Here are five bodies of evidence showing just how record-breaking this year has already been, with the hottest months still to come.

Global temperatures.

The world is already 1.2 degrees Celsius warmer than it was in preindustrial times, and the next five years are predicted to be the hottest on record. 2023 is shaping up to be one of the hottest yet, with global data showing temperatures spiking to unusually high levels.

The Copernicus Climate Change Service indicates that the first eleven days of June 2023saw the highest temperatures on record for this time of year by a substantial margin. It is also the first time global air temperatures during June exceeded preindustrial levels by more than 1.5 °C.

Heat records are being broken across the world.

In Canada, where an unusually severe heatwave has been blanketing much of the country, temperatures have broken multiple records. The heat has helped set the stage for early wildfires burning an area about 15 times bigger than average for this time of the year, with smokes drifting into the United States.

Several all-time heat records were also broken in early June 2023 in Siberia (see my previous posts). Parts of Central America, as well as Texas and Louisiana are also facing very high temperatures. And Puerto Rico experienced extreme heat this June, with temperatures feeling like more than 48 degrees Celsiust.

Swaths of Southeast Asia have experienced their harshest heatwave on record, while record temperatures in China have killed animals and crops and sparked concerns about food security.

Ocean temperatures are breaking records too.

Oceans are heating up to record levels and show no sign of stopping. Rising ocean surface temperatures began alarming scientists in March when they started to climb and then skyrocketed to reach record levels in April.

According to NOAA, May 2023 was the hottest May on record for the world’s oceans. It’s a pattern of warming that has been going on for years. In 2022, the world’s oceans broke heat records for the fourth year in a row.

Ocean warming poses dire consequences, including coral bleaching, the die-off of marine life and rising sea levels.

Antarctic sea ice at record lows.

Antarctica’s sea ice is currently at record lows for this time of year, with some scientists concerned it is a further sign the climate crisis has arrived in this isolated region.

In late February 2023, Antarctic sea ice reached its lowest extent since records began in the 1970s, confirming a very steep downward trend.

As the Antarctic has moved into its winter, and the sea ice has started to grow again, levels are still tracking at record low levels for this time of year.

It should be noted that there is a link between this decline os Antarctic sea ice and the warm waters off the Indian, Pacific and Atlantic Oceans. Even a tenth of a degree of warming is enough to inhibit sea ice growth.

The decline in sea ice also poses severe harm to the continent’s species, including penguins who rely on sea ice for feeding and hatching eggs.

Record carbon dioxide levels.

The levels of carbon dioxide in the air, released from the burning of fossil fuels, hit a record in May, with 424 parts per million, a steady climb further into territory not seen for millions of years.. Carbon pollution levels, which fuel the climate crisis, are now more than 50% higher than they were before the Industrial Revolution began..

Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii) le 16 juin 2023 (Source : NOAA)

 

Images montrant l’impact de la vague de chaleur sur un réservoir de Catalogne entre le 21 mars 2021 et le 12 avril 2023.

Les émissions de CO2 ralentissent, mais pas les concentrations

Selon les chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont encore augmenté de 321 millions de tonnes (+0,9%) en 2022, pour atteindre un nouveau record de 36,8 gigatonnes. Toutefois, la hausse est moins élevée qu’attendu, notamment grâce à l’essor des énergies et technologies vertes. Selon l’Agence, 550 millions de tonnes de CO2 ont été évitées par les infrastructures d’énergies bas carbone en 2022. En Europe, pour la première fois, la production d’électricité à partir de l’éolien et du solaire photovoltaïque combinés a dépassé celle du gaz ou du nucléaire.

Malgré les progrès, l’AIE explique que l’essor des technologies dites « vertes » est encourageant, mais les émissions dues à l’énergie gardent « une trajectoire de croissance insoutenable », alimentant le dérèglement du climat. Les émissions générées par la combustion du charbon ont augmenté de 1,6%, portées par la consommation en Asie et en Europe où il est venu remplacer le gaz devenu trop cher.

Si l’on observe la hausse des émissions de CO2 à l’échelle des régions, c’est l’Asie, hors Chine, qui a vu ses émissions croître le plus (+4,2%), tirée par sa croissance économique. Concernant la Chine, le chiffre reste stable sur un an (-0,2%). Les États-Unis ont également vu leurs émissions augmenter avec +0,8% en 2022, en raison notamment d’une forte hausse de la demande énergétique liée aux températures extrêmes qu’a connu le pays. L’Europe, quant à elle, a vu ses émissions reculer de 2,5%.

Source : AIE.

Quand on parle du réchauffement climatique, il est bien sûr intéressant d’observer l’évolution des émissions de CO2, mais il faut toujours garder un œil sur les concentrations de ce gaz dans l’atmosphère. Or, les chiffres ne sont pas bons. L’augmentation moins forte que prévu des émissions ne s’est pas accompagnée d’une baisse ou d’une stabilité des concentrations. Il suffit de regarder la Courbe de Keeling pour s’en rendre compte. Les derniers relevés en date du 28 février 2023 font état de 421,23 parties par million (ppm), ce qui est considérable. A la même époque de l’année en 2022, on relevait 419,28 ppm !

 

Courbe de Keeling sur un an

Courbe de Keeling de 1700 à nos jours

J’avais attiré l’attention sur cette différence entre les émissions et les concentrations de CO2 au cours de la pandémie de COVID-19. L’économie tournant au ralenti, les émissions de gaz carbonique avaient chuté, mais dans le même temps les concentrations continuaient de croître.

Comme me le faisait remarquer un jour Jean-Louis Etienne, à supposer que l’on arrête par un coup de baguette magique les émissions de CO2, il faudra des décennies – peut-être un siècle – avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant de pureté.

L’éruption du Mauna Loa perturbe l’Observatoire // The Mauna Loa eruption disrupts the Observatory

L’éruption du Mauna Loa a temporairement coupé l’alimentation de l’Observatoire météorologique qui mesure les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, mais ce ne sera pas vraiment un problème. Il existe des centaines d’autres sites de mesure du dioxyde de carbone à travers le monde. Le gouvernement fédéral est à la recherche d’un site alternatif temporaire sur l’île d’Hawaii et envisage d’acheminer un générateur à l’Observatoire du Mauna Loa pour assurer son alimentation et donc la prise de mesures.
La station météorologique a été construite en 1958. C’est ici qu’est établie la célèbre courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence. La courbe révèle les niveaux de concentration du CO2 émis par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Le tracé de la courbe est remarquablement parallèle à la hausse des températures. Les niveaux de dioxyde de carbone sur le Mauna Loa ont augmenté de 33 % depuis 1958.
La station, située à 3 444 mètres d’altitude, possède une tour de 40 mètres de hauteur où les scientifiques échantillonnent l’air pour mesurer les niveaux de dioxyde de carbone, de rayonnement et d’autres paramètres. Même si la coulée de lave émis par l’éruption du Mauna Loa ne se trouve pas à proximité de l’Observatoire, elle a coupé les lignes électriques en aval sur la montagne.
Il existe plus de 300 stations dans le monde, dont plus de 70 exploitées par la NOAA, de sorte que la mesure globale des gaz à effet de serre se poursuivra. Lors de l’éruption du Mauna Loa en 1984, la station a été à l’arrêt pendant 36 jours, mais la surveillance s’est poursuivie de manière ininterrompue grâce aux autres stations.
Les scientifiques expliquent qu’il est peu probable que l’éruption du Mauna Loa modifie beaucoup les températures à l’échelle de la planète, contrairement à l’éruption du Pinatubo aux Philippines en 1991. Des éruptions de très grande ampleur comme celle du Pinatubo peuvent envoyer suffisamment d’aérosols dans la haute atmosphère pour réfléchir la lumière du soleil et refroidir temporairement la température globale sur Terre. L’éruption du Mauna Loa en ce moment ne semble pas générer beaucoup d’aérosols et les émissions de dioxyde de carbone ne sont rien à côté de celles des combustibles fossiles.
Source : NOAA.

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The eruption of Mauna Loa has temporarily knocked off power to the station that measures carbon dioxide concentrations in the atmosphere, but officials say it won’t be a problem. There are hundreds of other carbon dioxide monitoring sites across the globe. The federal government is looking for a temporary alternate site on the Hawaiian island and is contemplating flying a generator to the Mauna Loa Observatory to get its power back so it can take measurements again,

The Hawaiian station goes back to 1958 and is the main site for the Keeling Curve that shows rising carbon dioxide levels from burning of coal, oil and natural gas that tracks with rising temperatures. Levels of carbon dioxide at Mauna Loa have increased 33% since 1958.

The station at 3,444 meters above sea level, has a 40-meter tower that collects air to measure levels of carbon dioxide, radiation and other materials. Even though the flow of lava is not near the station, it cut off power lines further down the mountain.

There are more than 300 stations worldwide, including more than 70 operated by NOAA, so the global measurement of greenhouse gases will continue. During the 1984 Mauna Loa eruption the station was knocked out for 36 days but the global monitoring continued and long-term records are still complete.

Scientists say that it is unlikely that this Mauna Loa eruption will change global temperatures much, unlike 1991’s eruption of Mount Pinatubo in the Philippines. Massive eruptions like Pinatubo can put enough aerosols high into the upper atmosphere that reflect sunlight and cool global temperatures temporarily. Mauna Loa’s eruption at the moment doesn’t seem to be spewing nearly enough aerosols and its carbon dioxide emissions are nothing compared to the burning of fossil fuels.

Source: NOAA.

Photo : C. Grandpey

L’USGS a mis en ligne le 1er décembre 2022 une galerie de photos et des vidéos de l’éruption :

https://www.usgs.gov/observatories/hvo/news/photo-and-video-chronology-mauna-loa-december-1-2022

COP 26 : émissions et concentrations de CO2 // COP 26 : CO2 emissions vs. CO2 concentrations

Au coeur de la pandémie de Covid-19, tous les médias mondiaux s’accordaient pour dire que les émissions de CO2 diminuaient. L’air avait l’air plus pur et la visibilité était meilleure sans la brume habituelle causée par la pollution. En Asie, les gens se réjouissaient parce qu’ils pouvaient voir l’Everest à des centaines de kilomètres de distance.
Pour ma part, j’étais beaucoup moins enthousiaste et j’insistais sur le fait qu’il ne fallait pas prendre en compte les émissions, mais les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La référence dans ce domaine est la courbe de Keeling qui rend compte des mesures effectuées sur le volcan Mauna Loa sur la Grande Ile d’Hawaii.
Tandis que les médias disaient que la pandémie de Covid-19 était une aubaine d’un point de vue environnemental, je montrais la courbe de Keeling qui, elle, ne réagissait pas à la baisse des émissions de CO2. Il faut garder à l’esprit que même si les émissions de CO2 diminuent, il faudra beaucoup plus de temps pour que les concentrations suivent la même voie. J’ai abordé ce sujet avec l’explorateur Jean-Louis Etienne qui m’a expliqué qu’en supposant que l’on arrête soudainement les émissions de CO2 avec une baguette magique, il faudrait plusieurs décennies pour que l’atmosphère retrouve un semblant d’équilibre.
Alors que la COP 26 se déroule à Glasgow, la presse internationale se rend compte que la baisse spectaculaire des émissions de dioxyde de carbone suite au confinement pandémique n’est plus qu’un souvenir. Cette situation est confirmée par une nouvelle étude scientifique.
Un groupe de scientifiques qui étudie le comportement des gaz à effet de serre a déclaré que les neuf premiers mois de 2021 a constaté que les émissions de CO2 étaient légèrement inférieures aux niveaux de 2019. Ils estiment qu’en 2021, le monde aura émis 36,4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, contre 36,7 milliards de tonnes il y a deux ans.
En 2020, au plus fort de la pandémie, les émissions étaient tombées à 34,8 milliards de tonnes. On constate donc un bond de 4,9% cette année selon les calculs mis à jour par le Global Carbon Project.
Un climatologue anglais de l’Université d’East Anglia qui a participé à l’étude explique que si la plupart des pays sont revenus au niveau qui a précédé la pandémie, c’est l’augmentation de la pollution en Chine qui est la principale responsable du retour aux niveaux de 2019.
En respirant l’air remarquablement pur de 2020 dans les villes d’Inde ou d’Italie, certains ont pu penser que le monde était sur la bonne voie pour réduire la pollution par le carbone, mais les scientifiques ont tempéré cet optimisme en déclarant que ce n’était pas le cas. Ce n’est pas une pandémie qui fera baisser les émissions et les concentrations de CO2. Ce sont les décisions qui sont prises cette semaine et la semaine prochaine à Glasgow. Pour que les concentrations de CO2 déclinent dans les prochaines années, il faudrait que les décisions soient CONTRAIGNANTES et ne se limitent pas à de simples promesses!
La nouvelle étude indique que si le monde veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle, il ne lui reste que 11 ans pour y parvenir avant qu’il ne soit trop tard.
La réalité ne m’incite pas à être optimiste. En 2021, les émissions de CO2 en Chine dépassent de 7% celles de 2019. En Inde, le dépassement est de 3%. En revanche, les États-Unis, l’Union européenne et le reste du monde ont moins pollué cette année qu’en 2019. Le bond de la Chine est principalement dû à la combustion du charbon et du gaz naturel pendant la période de reprise économique qui a suivi le confinement dans le pays. De plus, le confinement en Chine a pris fin bien plus tôt que dans le reste du monde, de sorte que le pays a mis plus de temps pour récupérer économiquement et a donc envoyé plus de carbone dans l’air. On verra si c’est la bonne explication et si la Chine renversera la tendance dans les prochains mois.

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At the heart of the Covid-19 pandemeic, all the world media agreed to say that CO2 emissions were decreasing. The air looked cleaner and visibility was better without the usual haze caused by pollution. In Asia, people rejoiced because they could see Mount Everest hundeds of kilometres away.

For my part, I was much less cautious and I insisted that what whould be taken into account was not the emissions, but the concentrations of carbon dioxide in the atmosphere. The reference in that domain is the Keeling Curve which conveys the measurements performed on Mauna Loa volcano on Hawaii Big Island.

While the media were saying that the Covid-19 pandemic was a godsend from an environmental point of view, I showed several times the Keeling Curve which did not react to the decrease in CO2 emissions. People should bear in mind that even though CO2 emissions are declining, it will take a much longer time for CO2 concentrations to decrease. I talked about this topic with Jean-Louis Etienne who told me that supposing we stopped CO2 emisions suddenly with a magiwc wand, it would take the atmosphere several decades to regain some sort of balance.

While COP 26 is going on in Glasgow, the international press realises that the dramatic drop in carbon dioxide emissions from the pandemic lockdown has pretty much disappeared. The current situation is confirmed by a new scientific study.

A group of scientists who track heat-trapping gases said the first nine months of 2021 put emissions a tad under 2019 levels. They estimate that in 2021 the world will have spewed 36.4 billion metric tons of carbon dioxide, compared to 36.7 billion metric tons two years ago.

At the height of the pandemic last year, emissions were down to 34.8 billion metric tons, so this year’s jump is 4.9%, according to updated calculations by Global Carbon Project.

An English climate scientist from the University of East Anglia who participated in the study explains that while most countries went back to pre-pandemic trends, China’s pollution increase was mostly responsible for worldwide figures bouncing back to 2019 levels rather then dropping significantly below them.

With 2020’s dramatically clean air in cities from India to Italy, some people may have hoped the world was on the right track in reducing carbon pollution, but scientists said that wasn’t the case.

It’s not the pandemic that will make CO2 emissions and concentrations decrease. It’s the decisions that are being taken this week and next week in Glasgow. They should be decisions which are BINDING, not just promises.

The new study says that if the world is going to limit global warming to 1.5 degrees Celsius since pre-industrial times, it has only 11 years left at current emission levels before it is too late.

Reality does not incite me teo be optimistic. Emissions in China were 7% higher in 2021 when compared to 2019. India’s emissions were 3% higher. In contrast, the United States, the European Union and the rest of the world polluted less this year than in 2019. China’s jump was mostly from burning coal and natural gas and was part of a massive economic stimulus to recover from the lockdown. In addition, China’s lockdown ended far earlier than the rest of the world, so the country had longer to recover economically and pump more carbon into the air. We’ll see whether this is the right explanation and if China will reverse the tendency in the coming months.

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La dernière mise à jour de la Courbe de Keeling (2 novembre 2021) montre une concentration de CO2 de 414,05 ppm.

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Voici le tracé global de la courbe entre les années 1700 et aujourd’hui. Avant 1958, ce sont les carottes de glace qui ont renseigné sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

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En observant le tracé de la courbe pour les années 2020 et 2021, on se rend compte que les confinements qui ont accompagné la pandémie de Covid-19 n’ont pas eu d’effet sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

Source: NOAA / Scripps Institution of Oceanography