Tikopia et le réchauffement climatique

Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler de Tikopia, une petite île mélanésienne d’une dizaine de kilomètres carrés, située au nord de l’archipel du Vanuatu et appartenant aux Iles Salomon dont elle occupe la partie orientale. Ti Mano, le roi de l’île de Tikopia est venu en France il y a quelques jours pour expliquer les dangers du réchauffement climatique. Il est à l’honneur dans le documentaire « Nous, Tikopia », réalisé par le Breton Corto Fajal, et dont la sortie est prévue le 7 novembre 2018. Vous verrez la bande-annonce en cliquant sur ce lien :

https://youtu.be/Ev-vfL14NhY

Accompagné de cinq des 2000 habitants de Tikopia, le roi a exceptionnellement quitté son île pour témoigner des dangers du réchauffement climatique. Les six hommes sillonnent la France pour assurer la promotion du documentaire. Le réalisateur du film explique que « le roi est le protecteur spirituel de son île. Normalement, il n’a pas le droit de la quitter. Mais il a jugé que les dangers qui guettaient ses terres venaient de très loin. Et qu’il était nécessaire de partir pour en parler. »

Quasiment coupée du monde et privée d’Internet, l’île de Tikopia se sait menacée. La médiatisation soudaine de ce territoire a été acceptée par le roi et son peuple pour « sauver leur île » qui fut balayée par Zoé, le plus important cyclone jamais enregistré dans le Pacifique sud en décembre 2002, avec des vents atteignant 240 km/h  et une pression centrale de 890 hPa. Tikopia avait alors vu son lac d’eau douce être submergé par la mer, ce qui a rendu imbuvable l’unique réserve d’eau potable.

Avec la fonte de la banquise et des glaciers à travers le monde et la hausse du niveau des océans que cela provoque, la superficie de Tikopia se réduit comme peau de chagrin. L’océan a grignoté deux mètres tout autour de l’île. Les saisons ont changé. Les habitants ne peuvent plus planter comme avant. Le souverain a déclaré : « Ce sont des choses que nous n’avions jamais vues. Nous vivons les conséquences du réchauffement climatique. »

Comme lui, tous les habitants de l’île se considèrent comme des invités sur Terre et qu’il est nécessaire d’en prendre soin.  Il n’y a pas à Tipokia de droit de propriété comme en France et l’île ne leur appartient pas.

Le documentaire aura-t-il l’écho espéré ? Pas si sûr. A sa sortie, il ne pourra pas rivaliser avec des événements fortement médiatisés comme la Route du Rhum. Le réchauffement climatique est galopant. On sait d’avance que les objectifs définis par la COP 21 ne seront pas atteints, mais quelle importance ? Comme l’a si bien dit Nicolas Hulot à l’Assemblée Nationale avant sa démission : « Tout le monde s’en fiche ! »

Source : 20 Minutes .

Tikopia vue du ciel (Crédit photo: NASA)