Santiaguito (Guatemala); Turrialba & Rincón de la Vieja (Costa Rica)

drapeau francaisL’INSIVUMEH indique qu’une forte activité explosive continue sur le Santiaguito (Guatemala). De nouvelles explosions ont secoué le dôme Caliente le 2 mai et généré des coulées pyroclastiques sur les versants est et ouest du complexe volcanique. Cette activité a produit des colonnes de cendre qui sont montées jusqu’à plus de 10 km d’altitude avant de dériver sur une distance d’au moins 40 km. Les éruptions antérieures ont déposé de la cendre dans plusieurs localités sous le vent, à proximité du volcan.
L’INSIVUMEH rappelle à la population que la saison des pluies est en cours et que des lahars sont possibles, principalement dans les rivières San Isidro, Cabello de Ángel, Tambor, Nima I et les affluents de la rivière Samalá.
Les personnes affectées par la cendre, l’eau contaminée et des problèmes respiratoires et oculaires doivent prendre des précautions.

Selon OVSICORI, le Turrialba et le Rincón de la Vieja au Costa Rica ont montré une augmentation de leur activité au cours du week-end passé. Une explosion accompagnée de projections de blocs et de cendre a été enregistrée sur le Turrialba samedi matin. L’activité sismique a augmenté suite à l’explosion de samedi, mais avec de fréquents événements de faible magnitude. Entre vendredi matin et les premières heures de lundi, plus de 200 explosions ont été enregistrées. L’une d’elles a généré un panache de cendre de deux kilomètres de hauteur lundi matin. Les retombées de cendre sont restées concentrées dans le périmètre du Parc National du Volcan Turrialba qui est actuellement interdit d’accès. L’augmentation de l’activité du Turrialba a entraîné la fermeture de cinq écoles publiques. Les autorités surveillent la présence de cendre dans les cultures et contrôlent les animaux dans les nombreuses fermes laitières dans la partie nord du canton de Turrialba.

Le Rincón de la Vieja est également actif. Une explosion modérée a eu lieu dimanche après-midi. Les instruments de l’OVSICORI ont également enregistré une augmentation de l’activité sismique pendant 11 minutes après l’explosion.
Les volcanologues excluent toute relation possible entre l’activité du Turrialba et celle du Rincón de la Vieja qui est actif depuis plusieurs mois.

———————————

drapeau-anglaisINSIVUMEH indicates that strong explosive activity continues at Santiaguito volcano (Guatemala). New explosions at the Caliente cone generated pyroclastic flows on May 2nd that descended east and west of the volcanic complex. This activity generated ash columns that rose up to more than 10 km a.s.l. and the drifted over a distance of at least 40 km. Previous eruptions deposited ash in several communities downwind, close to the volcano.

INSIVUMEH reminds the population that the rainy season is underway and lahars are possible, mainly in the rivers of San Isidro, Cabello de Ángel, Tambor, Nimá I and tributaries of river Samalá.

Population affected by ashfall, drinking water contamination and respiratory and eye problems should take precautions.

According to OVSICORI, Turrialba and Rincón de la Vieja in Costa Rica began to show increased activity over the past weekend. An explosion of ash and rocks was recorded at Turrialba Volcano on Saturday morning. Seismic activity around the volcano increased following Saturday’s explosion, but mostly with frequent, low-magnitude tremors. Between Friday morning and the early hours of Monday, more than 200 explosions have been recorded. One of them reached two kilometres high on Monday morning. Most of the ash has fallen within the perimeter of Turrialba Volcano National Park, which is currently off-limits to visitors.

The increase in the Turrialba’s activity has caused classes to be suspended at five public schools. Officials are monitoring crops for the presence of ash, and checking for possible harm to animals on the numerous dairy farms in the northern part of Turrialba canton.

Rincón de La Vieja is also active. A moderate explosion occurred on Sunday afternoon.

OVSICORI instruments also recorded an increase in seismic activity for some 11 minutes following the explosion.

Volcanologists ruled out a possible relation between activity at Turrialba and Rincón de la Vieja and noted that Rincón de la Vieja has been active for several months.

Rincon

Vue du Rincón de la Vieja (Crédit photo: Wikipedia)

Activité éruptive intense sur le Santiaguito (Guatemala)

drapeau francaisDans un bulletin spécial émis le 23 avril 2016, l’INSIVUMEH indique que le Santiaguito connaît l’activité explosive la plus intense observée ces dernières années, avec des éruptions violentes accompagnées de colonnes de cendre atteignant 4,5 – 5 km d’altitude et des coulées pyroclastiques atteignant 3 km à l’est et à l’ouest. Elles s’accompagnent de grondements et d’ondes de choc. D’importantes retombées de cendre sont observées dans les villages près du volcan. Il est également fait état de retombées à plus de 60 km du cratère, à Quetzaltenango, Retalhuleu et Mazatenango. Voici une courte vidéo de l’une des dernières éruptions:
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=r51Zp16s6DM

Il ne faudrait pas oublier que le Santa Maria  et le Santiaguito (apparu en 1922) peuvent provoquer des éruptions extrêmement violentes. L’événement le plus meurtrier a eu lieu en Octobre 1902 avec une éruption plinienne de 20 heures du Santa Maria qui a tué plus de 6000 personnes. Des dépôts de cendre atteignant 30 mètres d’épaisseur ont été observés à proximité du volcan. Des retombées de cendre ont été enregistrées jusqu’à San Francisco, à une distance de 4000 km. Le 2 novembre 1929, c’est au tour du Santiaguito de se mettre en colère avec une éruption qui a tué au moins 5000 personnes, avec neuf heures de retombées de cendre à Retalhuleu, à 27 km du dôme. Le 19 juillet 1990, une nouvelle explosion du Santiaguito a tué quatre randonneurs. Ces événements sont décrits dans mon livre Killer Volcanoes, aujourd’hui épuisé.

———————————

drapeau-anglaisIn a special report published on April 23rd 2016, INSIVUMEH indicates that Santiaguito volcano is experiencing the highest level of explosive activity observed in recent years, with violent eruptions accompanied by ash columns reaching 4.5 – 5 km a.s.l. and pyroclastic flows reaching 3 km to the east and west. They are accompanied by rumblings and shock waves. Abundant ash fall is reported in villages near the volcano. More asfall is also being reported over 60 km from the crater, in Quetzaltenango, Retalhuleu and Mazatenango.  Here is a short video of one of the latest eruptions:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=r51Zp16s6DM

One should remember that Santa Maria and Santiaguito (born in 1922) have the ability to generate violent eruptions. The deadliest event occurred in October 1902 with a 20-hour Plinian eruption that killed more than 6,000 people. Ash deposits as high as 30 metre were observed close to the volcano. Ashfall was recorded as far as San Francisco, 4,000 km away. On NOvember 2nd 1929, a eruption of Santiaguito killed at least 5,000 people, with a 9-hour ashfall over Retalhuleu, 27 km from the dome. On July 19th 1990, another explosion of Santiaguito killed four trekkers. These events are described in my book Killer Volcanoes which is sold out.

Santiag

Sismicité le 23 avril 2016 sur le Santiaguito (Source: INSUVUMEH)

Santiaguito 02

Sommet du dôme Caliente sur le Santiaguito (Photo: C. Grandpey)

El Chichon (Mexique) cause de l’effondrement de la civilisation maya ? // Did El Chichon (Mexico) cause the collapse of the Maya civilisation ?

drapeau-francaisLa civilisation maya est l’une des plus anciennes d’Amérique, avec des origines remontant à la préhistoire. Les implantations mayas des Basses-Terres du sud, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le 6ème et le 9ème siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du 8ème et du 9ème siècle.

La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l’aube du 9ème siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya, mais les spécialistes ne sont toujours pas d’accord sur les causes d’un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin.

Aujourd’hui, les scientifiques pensent que l’on peut établir un lien entre la chute de la civilisation maya au 6ème siècle et une éruption du volcan El Chichon au Mexique. Une équipe néerlandaise a étudié des dépôts de cendre et découvert que l’âge des matériaux correspond au « hiatus » de la civilisation maya. C’est une époque où cette population très évoluée d’Amérique centrale a connu des bouleversements culturels et une instabilité politique. En particulier, les Mayas ont abandonné les Basses Terres auxquelles ils étaient très attachés.
Une importante trace de soufre dans les carottes de glace prélevées aux pôles indique qu’il y a eu une éruption majeure quelque part sur Terre en l’an 540, juste au début du « hiatus » de plusieurs décennies qui a fait s’effondrer la civilisation maya. Cet événement a été probablement important car il a laissé une signature bien marquée dans les couches de glace et a très vraisemblablement eu un impact climatique à l’échelle mondiale, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement dans la région de l’éruption.
Les recherches actuelles se concentrent sur les retombées de cendre qui ont affecté les Basses Terres mayas. Il se pourrait que ces téphra soient reliés chimiquement à El Chichon. Des échantillons ont été prélevés dans le lac Tuspan et le delta Usumacinta-Grijavala sur la côte mexicaine. L’utilisation de plusieurs techniques, pas seulement la datation par le Carbone 14, a permis de déterminer l’âge des chutes de cendre qui se situerait autour de l’an 540.
Pour savoir si El Chichon est vraiment à l’origine du soufre détecté dans les carottes de glace, il faudrait une analyse chimique qui n’a pas encore été effectuée. La seule chose dont on est à peu près sûr pour le moment, c’est que l’événement s’est probablement déroulé sous les tropiques.

Il y a en fait deux signatures très proches l’une de l’autre dans les carottes de glace, avec un second événement qui se serait produit en l’an 536. Cet événement pourrait être une éruption quelque part en Amérique du Nord, peut-être l’Alaska. Les données fournies par les cernes d’arbres en Europe du Nord à cette époque révèlent un très fort refroidissement, phénomène qui se produit en général quand de grands volumes d’aérosols sulfatés sont dispersés à travers le monde. Les simulations font ressortir un abaissement de deux degrés de la température moyenne pendant l’été dans toute l’Europe du Nord. Des preuves archéologiques et d’autres informations montrent aussi des perturbations sociales suite à une série de mauvaises récoltes et des épidémies de peste.
Si l’on considère ces deux éruptions ensemble et si l’on examine leur impact sur une période de 10 ans, en se concentrant sur l’hémisphère Nord, on constate que ce double événement volcanique est certainement celui qui a le plus perturbé le climat pendant les 1200, voire 2000, dernières années.

Reste à savoir si ce double événement volcanique a entraîné la disparition de la civilisation maya…
Source: BBC Nouvelles: http://www.bbc.com/news

—————————————

drapeau-anglaisThe Maya civilisation is one of the oldest in America, with origins dating back to prehistoric times. Maya settlements in the Southern Lowlands, such as Copán, Tikal and Palenque, reached their highest level of development in the classical period between the 6th and 9th century AD, before being quickly abandoned between late 8th and 9th century.
The cause of the almost total depopulation of powerful Maya cities at the dawn of the 9th century remains unclear. Hypotheses have been advanced to explain the sudden fall of the Maya civilization, but experts still do not agree on the causes of such a radical upheaval. Wars, ecological disasters, famine or a combination of these factors are usually cited as reasons for the decline.

Scientists think they can now tie the disruption that hit the Maya civilisation in the 6th century to an eruption of the El Chichon volcano in Mexico. A Dutch team has investigated ashfall deposits, finding the age of the materials to be a good match for the so-called Mayan « hiatus ». This was a time when the sophisticated Central Americans experienced cultural upheaval and political instability. They also abandoned many of their favoured lowland sites.

A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there was a big eruption somewhere on Earth in AD 540, right at the start of the multi-decade hiatus. It must have been a major event to have left such a distinctive signature in the frozen layers, and very likely led to global climate impacts and severe environmental degradation in the region of the blast.

Current research is centered on ashfall dispersed across what were the Mayan lowlands. This tephra can be connected chemically to El Chichon. Samples have been collected from Lake Tuspan and the Usumacinta-Grijavala delta on the Mexican coast. Using multiple techniques, not just radiocarbon, the ages of the ash fall has been found to be around AD 540.

Whether El Chichon really is the source of the sulphur seen in the ice cores would require a chemical analysis that has yet to be done. The best one can say at the moment is that the event was probably located in the tropics.

There are actually two closely spaced signatures in the ice record, with the second occurring in AD 536. This event could be an eruption somewhere in North America, perhaps Alaska. Tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling – something you might expect if large volumes of sulphate aerosols were dispersed across the globe. The simulations suggest there was a reduction of two degrees in average summer temperatures across Northern Europe. Archaeological evidence and other information also speak to societal disruption, such as a run of poor harvests and outbreaks of plague.

If one takes these two eruptions together and look at their impact over a 10-year period, focusing on the Northern Hemisphere, then this double event would have been clearly the strongest volcanic forcer of climate of at least the last 1,200 years, probably more like 2,000 years.

The point is to know whether this double volcanic event really led to the disappearance of the Maya civilisation…

Source: BBC News: http://www.bbc.com/news

El Chichon

El Chichon vu depuis l’espace en 1986 (Crédit photo: NASA)

Tikal 01

Tikal 02

Vues du site maya de Tikal au Guatemala (Photos: C. Grandpey)

Fuego (Guatemala)

drapeau-francaisDans son dernier bulletin du 14 avril, l’INSIVUMEH indique que le 6ème épisode éruptif du Fuego pour l’année 2016 est maintenant terminé, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Le 13 avril, le volcan a été secoué par des explosions stromboliennes avec des fontaines de lave atteignant parfois 400 mètres de hauteur et une coulée qui a avancé sur 2 km dans la ravine Las lajas. Le panache de cendre atteignait une altitude de 5,5 km. Comme souvent, les explosions ont généré des ondes de choc ressenties à plusieurs kilomètres de distance.

————————————

drapeau-anglaisIn its latest update, INSIVUMEH indicates that Fuego’s sixth eruptive episode this year is now over, as can be seen on the graph below. On April 13th the volcano was shaken by strombolian explosions with lava fountains as high as 400 m, and a lava flow as long as 2 km into the Las Lajas drainage. The accompanying ash plume ash plume rose up to 5,500 m a.s.l. The explosions produced shock waves that could be felt several kilometres away.

Fuego 13 avril

Source: INSIVUMEH