Réchauffement climatique : des bilans toujours aussi inquiétants en 2025 // Global warming : the situation remains alarming in 2025

Selon l’observatoire européen Copernicus, novembre 2025 a été « le troisième mois de novembre le plus chaud à l’échelle mondiale. » D’après le bulletin mensuel publié le 9 décembre 2025, le thermomètre de la Terre a dépassé de 1,54 °C les niveaux préindustriels au cours du mois de novembre. Il s’agit du deuxième mois, après octobre 2025, à dépasser 1,50 °C depuis avril 2025.

On sait maintenant que le réchauffement climatique généré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs. Novembre 2025 a été marqué par plusieurs phénomènes de ce type, avec notamment des cyclones tropicaux en Asie du Sud-Est, qui ont provoqué des inondations catastrophiques à grande échelle et causé des pertes humaines.

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Toujours selon Copernicus, l’année 2025 est en passe de devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2023. Le mois de décembre déterminera avec précision laquelle de ces deux se hissera juste en dessous de l’année 2024, au sommet de ce triste podium.

De janvier à novembre, la température moyenne mondiale a dépassé déjà largement les références climatiques d’avant l’ère industrielle. Cette tendance s’inscrit dans une accélération continue du réchauffement observée ces dernières années, avec des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents à l’échelle mondiale.

Entre janvier et novembre 2025, l’anomalie de température mondiale est de +1,48 °C en comparaison à la période de référence de 1850 à 1900. Il est encore trop tôt pour savoir si le seuil des 1,5 °C, franchi pour la première fois en 2024, sera de nouveau dépassé en 2025. Dix ans après la signature de l’Accord de Paris, cet objectif de limitation du réchauffement climatique est plus que jamais menacé.

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According to the European Copernicus climate agency, November 2025 was « the third warmest November on record globally. » According to the monthly bulletin published on December 9, 2025, the Earth’s temperature exceeded pre-industrial levels by 1.54°C during the month of November. This was the second month, after October 2025, to exceed 1.50°C since April 2025. It is now known that global warming caused by human activity is making extreme weather events more frequent, more deadly, and more destructive. November 2025 was marked by several such events, including tropical cyclones in Southeast Asia, which caused widespread and catastrophic flooding and loss of life.

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According to Copernicus, the year 2025 is on track to become the second warmest year on record, tied with 2023. December will determine precisely which of these two will surpass 2024, topping this grim list.
From January to November, the average global temperature has already far exceeded pre-industrial climate levels. This trend is part of a continuous acceleration of warming observed in recent years, with increasingly frequent extreme weather events worldwide.
Between January and November 2025, the global temperature anomaly is +1.48°C compared to the reference period of 1850 to 1900. It is still too early to know if the 1.5°C threshold, crossed for the first time in 2024, will be exceeded again in 2025. Ten years after the signing of the Paris Agreement, this objective of limiting global warming is more threatened than ever.

Nouveau déplacement de capitale // New capital relocation

Relocaliser la capitale d’un pays semble devenir une pratique courante. Après l’Indonésie, c’est au tour de l’Iran de suivre cette tendance. Le sol sous la ville de Téhéran, la capitale iranienne, s’affaisse et l’eau potable se raréfie, menaçant la santé et la sécurité des 15 millions d’habitants de l’agglomération.
L’affaissement du sol à Téhéran s’inscrit dans une crise environnementale plus vaste qui touche la région, et c’est pour cela que le président iranien a proposé de déplacer la capitale.
Téhéran est située dans le nord de l’Iran, au pied des monts Elbourz – ou Alborz – qui la séparent de la mer Caspienne. La ville est confrontée simultanément à une pénurie d’eau et à un affaissement du sol. Une étude de 2024 a révélé que Téhéran s’affaisse de plus de 20 centimètres par an. Le prélèvement excessif d’eau souterraine épuise les nappes phréatiques et provoque cet affaissement. Le poids des villes, ainsi que d’autres facteurs comme la composition du sol, accélèrent le phénomène.

L’affaissement du sol est un problème majeur pour les grandes villes du monde entier. Ce phénomène peut endommager les infrastructures et même compromettre la sécurité des bâtiments. Le sud-est du pays, qui offrirait également un accès à l’océan Indien, est souvent évoqué comme zone de relocalisation.

Comme indiqué précédemment, il n’est pas rare qu’un pays déplace sa capitale. Jakarta, la capitale indonésienne, a été transférée à Nusantara sur l’île de Bornéo.

Le Myanmar a transféré sa capitale de Yangon à Naypyidaw en 2005. Le siège du gouvernement nigérian a été transféré de Lagos à Abuja en 1991. Les destructions de grande ampleur causées par l’ouragan Hattie en 1961 ont contraint les autorités du Belize à déplacer sa capitale de Belize City à Belmopan en 1970.
Source : The Weather Network.

Avec l’accélération du réchauffement climatique et la montée des eaux océaniques, il faut s’attendre à de nouveaux déplacements de zones habitées dans les prochaines décennies, voire les prochaines années.

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Conséquence du réchauffement climatique, la sécheresse et la crise de l’eau qui en découle sont si graves en Iran que le gouvernement envisage d’acheter de l’eau aux pays voisins. L’importation de produits grands consommateurs d’eau est également à l’étude. La plupart des voisins de l’Iran souffrent eux aussi de sécheresse et de pénurie d’eau, notamment l’Irak, l’Afghanistan et les régions frontalières du Pakistan. L’Arménie, au nord, dispose en revanche de réserves d’eau comparativement plus importantes.
L’Iran est l’un des pays les plus arides au monde. Ces dernières années, on a observé une baisse significative des précipitations, tandis que les sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes sont en augmentation. Les scientifiques alertent depuis des années sur la mauvaise gestion de l’agriculture iranienne. Par exemple, au lieu de s’adapter à la rareté de l’eau, les cultures particulièrement gourmandes en eau sont subventionnées. Depuis des années, le pays prélève également plus d’eau que la nature ne peut en fournir.

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Moving a country’s capital to another place seems to be becoming a fashion. After Indonesia, it is up to Iran to enter the movement. The ground beneath Tehran, Iran’s capital, is subsiding and drinking water is increasingly scarce, risking the health and safety of 15 million people who live in the city’s metropolitan area.

Ground subsidence beneath Tehran is part of a larger environmental crisis facing the region, and the country’s president has proposed moving the capital to a different part of the country.

Tehran is located in northern Iran along the Alborz Mountains, which separate the capital from the Caspian Sea to its north. The city is facing both water scarcity and ground subsidence crises at once. A 2024 study found that Tehran is subsiding at a rate of more than 20 centimetres per year. Excessive groundwater extraction empties subterranean aquifers and causes the surface to subside. The sheer weight of cities themselves, along with other factors like soil composition, can accelerate the phenomenon.

Ground subsidence is a significant problem for major cities around the world. Subsidence beneath a city can damage infrastructure and possibly even compromise the safety of buildings themselves. A frequently mentioned area for relocation is the southeastern corner of the country, which would also provide access to the Indian Ocean.

As I put it above, it is not unprecedented for a country to switch its capital from one city to another.

Beside Jakarta, Indonesia’s capital, Myanmar moved its capital from Yangon to Naypyidaw in 2005. The seat of the Nigerian government switched from Lagos to Abuja in 1991. Widespread destruction from Hurricane Hattie in 1961 forced officials to move Belize’s capital from Belize City to Belmopan in 1970.

Source : The Weather Network.

With the acceleration of global warming and rising ocean waters, further displacement of populayed areas is to be expected in the coming decades, or even years.

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A consequence of global warming, drought and the ensuing water crisis are so severe in Inran that the government is planning to buy water from neighbouring countries. The import of products that consume a lot of water is also on the agenda. Most of Iran’s neighbours are also suffering from drought and water shortages, including Iraq, Afghanistan and the Pakistani border regions. Armenia in the north, on the other hand, has comparatively larger water reserves.

Iran is one of the driest countries in the world. In recent years, experts have observed a significant decline in rainfall, while droughts and other extreme weather events are on the rise. They have been warning for years that agriculture in Iran is suffering from mismanagement. For instance, instead of adapting to the water-scarce conditions, particularly thirsty crops have been subsidized. For years, the country has also extracted more water over a long period of time than nature could replenish.

L’Islande anticipe l’effondrement de l’AMOC // Iceland anticipates the collapse of the AMOC

J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog expliquant quelles seraient les conséquences pour l’Europe de l’arrêt de la circulation méridienne de retournement de l’océan Atlantique (AMOC) dans un contexte de réchauffement climatique. Notre continent connaîtrait des hivers bien plus rigoureux qu’aujourd’hui. L’Islande, en particulier, se retrouverait alors encerclée par les glaces et frappée par de violentes tempêtes. Le gouvernement islandais vient de confirmer qu’un tel événement serait une « menace » pour sa sécurité nationale.

Avec le contexte volcanique et sismique dans lequel baigne leur vie quotidienne, les Islandais ne se montrent jamais inutilement alarmistes. Habitués à consulter les sites d’information gouvernementaux, prêts à agir en cas de SMS d’alerte reçu sur leur téléphone et confiants dans le travail du Met Office islandais, les habitants restent fidèles à leur devise non-officielle : « tout ira bien ! »

C’est dans ce contexte qu’au mois de septembre, le Conseil national de sécurité islandais a classé l’arrêt potentiel de l’AMOC comme une « menace pour la sécurité nationale ». Selon le ministre islandais de l’Environnement, de l’Énergie et du Climat, cette décision »témoigne de la gravité du problème et garantit qu’il reçoive l’attention qu’il mérite. »

Comme je l’ai déjà expliqué, l’AMOC est un système de courants marins qui achemine les eaux chaudes de l’hémisphère Sud et des tropiques vers l’hémisphère Nord, où celles-ci se refroidissent, plongent et retournent vers le sud, d’où son nom. Or, la hausse des températures mondiales perturbe le fragile équilibre entre chaleur et salinité sur lequel il repose, même si certains de ses sous-systèmes, comme le Gulf Stream, tiennent leur puissance de celle du vent.

De plus en plus d’études semblent indiquer un ralentissement de l’AMOC, bien que la probabilité et le calendrier d’un éventuel arrêt du tapis roulant restent incertains. Une chose est certaine : un basculement de ce système soumettrait l’Europe à des hivers bien plus rigoureux. L’Islande, en particulier, se retrouverait alors « au cœur d’un refroidissement régional majeur », à la fois encerclée par les glaces et frappée par de violentes tempêtes. En conséquence, un arrêt de l’AMOC ne peut plus être considéré comme un risque faible compte tenu des avancées scientifiques de ces dernières années.

Le ministre de l’Environnement, de l’Énergie et du Climat ajoute que la perte du système qui régule aujourd’hui le climat islandais conduirait en effet à dévaster les infrastructures, les transports et des secteurs économiques vitaux comme la pêche. »Le climat actuel pourrait changer si radicalement qu’il nous deviendrait impossible de nous adapter. » Concrètement, la désignation comme « menace pour la sécurité nationale » se traduira par une réponse gouvernementale « coordonnée de haut niveau » afin de déterminer comment prévenir et atténuer les pires conséquences.

D’autres pays auraient intérêt à suivre l’exemple de l’Islande en matière d’anticipation. En effet, les répercussions d’un effondrement de l’AMOC se feraient sentir dans le monde entier. Outre d’importants bouleversements climatiques et météorologiques, une élévation supplémentaire du niveau de la mer serait également à craindre, ainsi que la perturbation des moussons asiatique et africaine.

Source : Geo et presse islandaise.

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I have written several posts on this blog explaining the consequences for Europe of a collapse of the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) in a context of global warming. Our continent would experience much harsher winters than we do today. Iceland, in particular, would find itself surrounded by ice and battered by violent storms. The Icelandic government has just confirmed that such an event would be a « threat » to its national security.
Given the volcanic and seismic context in which their daily lives unfold, Icelanders are never unnecessarily alarmist. Accustomed to consulting government news websites, ready to act upon receiving alert text messages on their phones, and confident in the work of the Icelandic Met Office, the inhabitants remain true to their unofficial motto: « Everything will be alright! »
It is in this context that, in September, the Icelandic National Security Council classified the potential collapse of the AMOC as a « threat to national security. » According to the Icelandic Minister for the Environment, Energy and Climate, this decision « demonstrates the seriousness of the problem and ensures that it receives the attention it deserves. »
As I have already explained, the AMOC is a system of ocean currents that carries warm waters from the Southern Hemisphere and the tropics to the Northern Hemisphere, where they cool, sink, and return south, hence its name. However, rising global temperatures are disrupting the delicate balance between heat and salinity on which it relies, even though some of its subsystems, such as the Gulf Stream, derive their power from the wind.
More and more studies seem to indicate a slowdown of the AMOC, although the probability and timing of a potential collapse remain uncertain. One thing is certain: a shift in this system would subject Europe to much harsher winters. Iceland, in particular, would then find itself « at the heart of a major regional cooling event, » both surrounded by ice and battered by violent storms. Consequently, a shutdown of the AMOC can no longer be considered a low risk given the scientific advances of recent years.
The Minister for the Environment, Energy and Climate adds that the loss of the system that currently regulates Iceland’s climate would indeed lead to devastating infrastructure, transportation, and vital economic sectors such as fishing. « The current climate could change so radically that it would become impossible for us to adapt. » In practical terms, the designation as a « national security threat » will result in a « high-level, coordinated government response » to determine how to prevent and mitigate the worst consequences.
Other countries should Iceland’s example in terms of preparedness. Indeed, the repercussions of an AMOC collapse would be felt worldwide. In addition to significant climate and weather disruptions, further sea-level rise is also a concern, as is the disruption of the Asian and African monsoons.
Source: Geo and Icelandic press.

COP30 : un échec déguisé // COP30: a disguised failure

Je ne m’attendais pas à des miracles à l’issue de la COP30 au Brésil …et il n’y a pas eu de miracles ! Au final, on a vraiment l’impression que ces événements coûteux à organiser ne servent pas à grand-chose, et ils ne montreront guère d’utilité tant que les décisions qui seront prises ne seront pas contraignantes et donc plus ou moins laissées à la guise de chacun des pays participants.

Afin de ne pas donner au monde l’image d’un constat d’échec, les pays réunis en Amazonie brésilienne ont adopté le 22 novembre 2025 un accord sans la feuille de route pour sortir des énergies fossiles réclamée par les Européens et leurs alliés. Certains parlent de déception, mais il s’agit bel et bien d’un échec.

La COP30 a adopté le lancement d’une « initiative volontaire » pour les pays qui souhaitent collaborer pour une réduction accrue de leur pollution carbone afin de limiter le réchauffement climatique à + 1,5 °C par rapport au 19ème siècle. Vous l’aurez compris, il s’agit là d’un langage diplomatique de circonstance qui n’est en aucun cas contraignant pour les pays en question.. En 2023, les pays s’étaient engagés à « opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques. » Nous en sommes loin. Depuis cet engagement, les pays qui produisent ou dépendent des énergies fossiles repoussent toutes les tentatives de répéter ce signal dans le cadre multilatéral.

Le texte final appelle également à tripler les financements pour l’adaptation climatique des pays en développement sur les dix prochaines années par rapport à l’objectif annuel de 40 milliards par an pour 2025, ce qui était l’une de leurs demandes pressantes.

À noter par ailleurs qu’il est prévu d’instituer un « dialogue » sur le commerce mondial, une première dans les négociations climatiques. La Chine, qui mène la fronde des pays émergents contre les taxes carbone aux frontières – notamment européennes – en avait fait sa priorité.

Rendez-vous en 2026 en Turquie.

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I wasn’t expecting miracles from COP30 in Brazil… and there were no miracles! In the end, one really gets the impression that these costly events are largely pointless, and they will prove to be of little use as long as the decisions made are not binding and therefore more or less left to the discretion of each participating country.
In order to avoid giving the world the impression of an admission of failure, the countries gathered in the Brazilian Amazon adopted an agreement on November 22, 2025, without the roadmap for phasing out fossil fuels demanded by the Europeans and their allies. Some speak of disappointment, but it is indeed a failure.
COP30 adopted the launch of a “voluntary initiative” for countries wishing to collaborate on further reducing their carbon pollution in order to limit global warming to 1.5°C above 19th-century levels. As you might have guessed, this is diplomatic language for the occasion and is in no way binding on the countries in question. In 2023, countries committed to “a just, orderly and equitable transition away from fossil fuels in energy systems.” We are far from achieving this. Since that commitment, countries that produce or depend on fossil fuels have rejected all attempts to reiterate this signal within the multilateral framework.
The final text also calls for tripling climate adaptation funding for developing countries over the next ten years, compared to the annual target of $40 billion per year for 2025, which was one of their most pressing demands.
It is also worth noting that plans are in place to establish a « dialogue » on global trade, a first in climate negotiations. China, which is leading the emerging countries’ opposition to carbon border taxes – particularly in Europe – had made this a priority.

COP31 will be held in Turkey in 2026.