Probable validation du record de chaleur dans la Vallée de la Mort // Likely validation of the heat record in Death Valley

Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), tout laisse supposer que la température de 54,4 degrés Celsius enregistrée à la station météo de Furnace Creek dans la Vallée de la Mort (Californie) le dimanche 16 août 2020 sera officiellement validée. Si c’est le cas, ce sera la température la plus élevée sur Terre depuis 1913, et la troisième température la plus chaude jamais enregistrée sur la planète.
L’OMM a chargé un groupe d’experts internationaux de vérifier cette température en examinant le site d’observation, le matériel utilisé, son calibrage et la relation de cette température avec les données recueillies dans les stations implantées dans les environs. Les premières observations indiquent que l’équipement de la station météorologique de Furnace Creek était en bon état de fonctionnement au moment du relevé de température. Cependant, le processus de vérification complet prendra probablement plusieurs mois, autrement dit suffisamment de temps pour que le record soit à nouveau battu !!
Selon les archives de l’OMM sur les extrêmes météorologiques et climatiques, la température la plus chaude jamais enregistrée dans la Vallée de la Mort a été relevée à Furnace Creek avec 56,7°C le 10 juillet 1913. La température en deuxième position a été relevée en juillet 1931 à Kebili, en Tunisie avec 55°C. Une autre température très élevée (54°C) a été relevée à Mitribah, au Koweït, le 21 juillet 2016.
Les conditions torrides dans la Vallée de la Mort ont coïncidé avec une vague de chaleur sur la côte ouest des États-Unis. Le National Weather Service a émis de nombreux bulletins d’alerte canicule.
La situation actuelle fait suite à des bulletins d’alerte à répétition de l’OMM qui annonçaient des températures extrêmement élevées avec un impact sur la fonte de la glace de mer, le risque de gigantesques incendies de végétation dans des régions comme l’Arctique. Le 17 août 2020, le Japon a enregistré 41,1 ° C à Hamamatsu, ce qui a égalé son record national. Comme je l’ai déjà écrit – mais il est bon de le rappeler pour convaincre certains climatologues – la Sibérie a connu une vague de chaleur prolongée, avec une température de 38°C enregistrée le 20 juin 2020 dans la ville russe de Verkhoyansk. L’OMM analyse actuellement cette température qui, si elle est validée, sera la plus élevée jamais enregistrée au niveau du cercle polaire arctique.
Juillet 2020 a été le mois de juillet le plus chaud jamais observé dans l’hémisphère nord et la glace de mer arctique a atteint la plus faible surface jamais enregistrée. La période janvier – juillet a été la deuxième plus chaude de l’histoire. .
Source: UN News.

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According to the World Meteorological Organization (WMO), “all indications suggest that the temperature reading of 54.4 degrees Celsius recorded at the weather station of Furnace Creek in California’s Death Valley on Sunday, August 16th, 2020 is legitimate. If validated, it will be the highest temperature on Earth since 1913, and the third-hottest temperature ever recorded on the planet.

WMO has tasked a panel of international experts to verify the reading by examining the observation, the equipment used, how it was calibrated and how it compared to data gathered at surrounding stations. Preliminary findings indicate that the equipment at Furnace Creek meteorological station was in proper working condition at the time of the observation. However, the full verification process will likely take many months, time for the record to be broken again!!

According to WMO’s Weather and Climate Extremes archive, the hottest temperature ever recorded in Death Valley was in Furnace Creek, reaching 56.7°C on July 10th, 1913. The next highest temperature was set in July 1931 in Kebili, Tunisia, reaching 55°C. Other high temperature records include 54°C in Mitribah, Kuwait, on July 21st, 2016.

The scorching conditions in Death Valley have coincided with a heatwave on the U.S. west coast. The US National Weather Service has issued numerous heat warnings indicating that the intense and extreme temperatures will continue.

The current situation follows repeated warnings from the UN weather agency about extreme high temperatures which are having an impact on sea ice melt, also causing extensive wildfires in places such as the Arctic. On August 17th, 2020, Japan registered 41.1°C at Hamamatsu, tying its national record.  As I put it before, Siberia, has experienced a prolonged heatwave, with a recorded temperature of 38°C on June 20th, 2020 in the Russian town of Verkhoyansk. WMO is now examining this reading, which if verified, would be the highest temperature ever recorded in the Arctic Circle.

July was the hottest July on record for the northern hemisphere and the Arctic sea ice was its lowest on record. The January to July period was the second-warmest such period on record.

Source : UN News.

Photo : C. Grandpey

Nouvelles du « Polarstern » et de l’expédition MOSAiC // News of the « Polarstern » and the MOSAiC expedition

Dans une note publiée le 12 mai 2020, j’expliquais que l’expédition MOSAiC (Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) est la plus importante jamais mise sur pied dans l’Arctique. Le 20 septembre 2019, le Polarstern, navire amiral de l’Institut Alfred Wegener, a levé l’ancre dans le port de Tromsø en Norvège, pour rejoindre le cœur de l’Océan Arctique et y faire des mesures scientifiques. La mission implique 600 chercheurs de dix-sept pays. Une fois sur place, le Polarstern s’est laissé emprisonner par les glaces et s’est laissé dériver vers le sud.

Le problème, c’est que personne n’avait prévu l’épidémie de Covid-19 qui est venue tout chambouler car les équipes ne peuvent pas se relayer comme prévu et la mission a pris deux mois de retard. Afin d’éviter que le coronavirus se répande pas parmi les membres de l’expédition une quarantaine stricte de plus de 14 jours a été imposée à toute la nouvelle équipe. De plus, les scientifiques ont subi trois tests de dépistage du Covid-19.

Malgré toutes ces péripéties, l’expédition a pu se dérouler dans de bonnes conditions. En octobre 2020, libéré des glaces, le Polarstern retournera en Allemagne et retrouvera Bremerhaven, son port d’attache.

Un article paru sur le site Regard sur l’Arctique nous apprend que la  mission scientifique a entrepris un détour imprévu au pôle Nord après avoir constaté la fonte d’une partie de la glace de mer dans la région. Le Polarstern a atteint le pôle Nord après avoir traversé une région située au nord du Groenland qui était auparavant recouverte d’une couche dense de glace. Même après avoir dépassé le 88ème parallèle nord, le brise-glace maintenu une vitesse de 5 à 7 nœuds, une situation que la capitaine du navire n’avait jamais vue aussi loin dans le Nord.

L’équipe scientifique a ainsi mis six jours pour traverser la région qui sépare le Détroit de Fram, situé entre le Groenland et l’archipel du Svalbard, et le pôle Nord. Cette région est habituellement recouverte d’une épaisse et ancienne couche de glace qui la rend impossible à traverser. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le capitaine du Polarstern ajoute que cette situation est historique pour la région.

Avant la fin de la mission prévue en octobre – et non plus en septembre à cause du retard provoqué par les mesures sanitaires – le quatrième et ultime axe de recherche portera sur la glace marine. Jusqu’à maintenant, leurs recherches se sont articulées autour des thématiques de l’atmosphère, de l’océan, de la biogéochimie et de l’écosystème.

Source : Regard sur L’Arctique

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In a post released on May 12th, 2020, I explained that the MOSAiC (Multidisciplinary Drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) expedition is the largest ever set up in the Arctic. On September 20, 2019, the Polarstern, flagship of the Alfred Wegener Institute, weighed anchor in the port of Tromsø in Norway to reach the heart of the Arctic Ocean and take scientific measurements. The mission involves 600 researchers from seventeen countries. Once there, the Polarstern got caught in the ice and started drifting south.
The problem was that no one had predicted the Covid-19 epidemic which turned everything upside down because the teams could not take turns as planned and the mission became two months late. In order to prevent the coronavirus from spreading among the members of the expedition, a strict quarantine of more than 14 days was imposed on the entire new team. In addition, scientists underwent three tests for Covid-19.
Despite all these ups and downs, the expedition was able to take place in good conditions. In October 2020, freed from the ice, the Polarstern will return to Bremerhaven, her home port in Germany.
An article published on the Regard sur l’Arctique website informs us that the scientific mission undertook an unforeseen detour to the North Pole after observing the melting of the sea ice in the area. The Polarstern reached the North Pole after crossing an area north of Greenland that was previously covered with a dense layer of ice. Even after passing the 88th parallel north, the icebreaker maintained a speed of 5 to 7 knots, a situation the ship’s captain had never seen so far north.
The scientific team thus took six days to cross the region between the Fram Strait, located between Greenland and the Svalbard archipelago, and the North Pole. This region is usually covered with a thick, old layer of ice that makes it impossible to cross. This is no longer the case today. The captain of the Polarstern adds that this situation is historic for the region.
Before the end of the mission scheduled for October – and no longer September because of the delay caused by sanitary measures – the fourth and final axis of research will focus on sea ice. Until now, their research has focused on the themes of the atmosphere, the ocean, biogeochemistry and the ecosystem.
Source: Regard sur l’Arctique.

Le Polarstern (Source: Alfred Wegener Institute)

La glace du Groenland a atteint le point de non-retour // Greenland’s ice has reached the point of no return

Les glaciologues savaient que cela pourrait arriver un jour, mais pas si tôt. Une nouvelle étude conduite par des scientifiques de l’Ohio State University nous informe que la calotte glaciaire du Groenland a rétréci au-delà du point de retour. Désormais, la glace continuera de fondre quelle que soit la rapidité avec laquelle nous (= nos gouvernements) réduirons les émissions de gaz à effet de serre. L’étude a été publiée dans la revue Nature Communications Earth & Environment.
Les auteurs ont étudié des données concernant 234 glaciers à travers le territoire arctique, sur 34 années jusqu’en 2018. Ils ont constaté que les chutes de neige annuelles ne suffisent plus à alimenter les zones d’accumulation des glaciers et donc à reconstituer la glace perdue durant la fonte estivale.
Cette fonte fait déjà monter d’environ un millimètre chaque année le niveau des océans dans le monde. Si toute la glace du Groenland venait à disparaître, l’eau ainsi libérée ferait monter le niveau des mers de 6 mètres en moyenne, suffisamment pour submerger de nombreuses villes côtières sur la planète. Les scientifiques font toutefois remarquer que ce processus prendra plusieurs décennies.
Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe au moins deux fois plus vite que le reste du monde depuis 30 ans, un phénomène baptisé «amplification  arctique». La glace de mer a atteint superficie la plus faible depuis 40 ans au cours du mois de juillet 2020 (voir ma note du 15 août 2020).
La fonte de l’Arctique a ouvert de nouvelles voies maritimes, et suscité de plus en plus d’intérêt pour les combustibles fossiles et les autres ressources naturelles de cette région du globe. En particulier, le Groenland revêt une importance stratégique pour l’armée américaine et son système d’alerte précoce pour les missiles balistiques. En effet, la route la plus courte entre l’Europe et l’Amérique du Nord passe par l’île arctique.
L’année dernière, le président Trump a proposé d’acheter le Groenland, mais le Danemark a rejeté l’offre. La diplomatie fait malgré tout son chemin et le mois dernier les États-Unis ont rouvert leur consulat à Nuuk, la capitale groenlandaise. Le Danemark vient d’indiquer qu’il avait nommé un diplomate intermédiaire pour assurer une meilleure communication entre Nuuk et Copenhague, séparées par quelque 3500 kilomètres.
La nouvelle étude de l’Ohio State University indique que la calotte glaciaire du Groenland gagnera plus de masse seulement une fois tous les siècles, ce qui montre parfaitement la difficulté éprouver par les glaciers pour se reconstituer une fois que l’hémorragie de glace a commencé. En étudiant les images satellitaires, les chercheurs ont noté que les glaciers avaient eu 50% de chances de regagner de la masse avant 2000, mais que ces chances avaient diminué depuis.
Les conclusions de l’étude devraient inciter les gouvernements à se préparer à l’élévation du niveau de la mer et à prendre des mesures pour faire face à ces sombres perspectives.
Source: Yahoo News.

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Glaciologists knew it might happen some day, but not so soon. A new study by scientists at Ohio State University informs us that Greenland’s ice sheet has shrunk past the point of return. The ice will melt away no matter how quickly the world reduces greenhouse gas emissions. The research was published in the journal Nature Communications Earth & Environment.

The authors of the research studied data on 234 glaciers across the Arctic territory spanning 34 years through 2018 and found that annual snowfall was no longer enough to replenish glaciers of the snow and ice being lost to summertime melting.

That melting is already causing global seas to rise about a millimetre on average per year. If all of Greenland’s ice goes, the water released will push sea levels up by an average of 6 metres, enough to swamp many coastal cities around the world. The scientists add that this process will take several decades.

As I put it several times, the Arctic has been warming at least twice as fast as the rest of the world for the last 30 years, an observation referred to as “Arctic amplification”. The polar sea ice has hit its lowest extent for July in 40 years (see my post of August 15th, 2020).

The Arctic thaw has brought more water to the region, opening up routes for shipping traffic, as well as increased interest in extracting fossil fuels and other natural resources. In particular, Greenland is strategically important for the U.S. military and its ballistic missile early warning system, as the shortest route from Europe to North America goes via the Arctic island.

Last year, President Donald Trump offered to buy Greenland, but Denmark rebuffed the offer. Then last month, the U.S. reopened a consulate in the territory’s capital of Nuuk, and Denmark has just informed it was appointing an intermediary between Nuuk and Copenhagen some 3,500 kilometres away.

The new study indicates that Greenland’s ice sheet will now gain mass only once every 100 years, a grim indicator of how difficult it is to re-grow glaciers once they hemorrhage ice.

In studying satellite images of the glaciers, the researchers noted that the glaciers had a 50% chance of regaining mass before 2000, with the odds declining since.

The findings of the study should spur governments to prepare for sea-level rise and take measures to face this grim future.

Source: Yahoo News.

Photo : C. Grandpey

Température record dans la Vallée de la Mort // Record temperature in the Death Valley

La température dans la Vallée de la Mort (Californie) a atteint 130°F (54,4°C) à 15h41 le 16 août 2020. Il s’agit probablement la température la plus élevée sur Terre depuis 1913. Si le relevé du National Weather Service est correct, cette température figurer également parmi les trois plus élevées jamais mesurées dans la Vallée de la Mort, ainsi que la température la plus élevée jamais observée au cours du mois d’août.
Cette température record survient au milieu d’une très forte vague de chaleur qui continue de sévir dans la majeure partie du sud-ouest des États-Unis. Plusieurs records de chaleur quotidiens y ont été établis le 15 août
Source: National Weather Service.

Certains climatologues français vont probablement encore dire qu’il s’agit d’un “hasard”!

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Temperatures in Death Valley (Californie) reached 130°F (54,4°C) at 3:41 p.m on August 16th, 2020, possibly the highest mercury reading on Earth since 1913. If the National Weather Service’s recording is correct, it would also be among the top-three highest temperatures to have ever been measured in Death Valley, as well as the highest temperature ever seen there during the month of August.

This record temperature comes amid a very severe heat wave that continues to grip most of the southwestern U.S. Multiple daily heat records were set on August 15th

Source: National Weather Service.

Some French climatologists will probably say one again that it was just a « a matter of chance !

Zabriskie Point dans la Vallée de la Mort (Photo : C. Grandpey)