La fonte des glaciers de l’Himalaya // Glaciers are melting in the Himalayas

Ce n’est pas un scoop mais un nouveau rappel d’une situation inquiétante. Un rapport qui vient d’être publié fin juin 2019 dans la revue Science Advances indique qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya a perdu un quart de sa glace qui fond deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Selon les auteurs du rapport, ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique devrait s’aggraver.et aura un impact direct et dangereux sur les populations voisines de la chaîne montagneuse.
En 40 ans, les températures dans la région ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000t. Au milieu de la dernière période glaciaire, la température annuelle moyenne était de 3 degrés Celsius plus froide.
L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les images de satellites espions américains, de meilleure qualité, ont notamment été d’une aide précieuse. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne montagneuse. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations. Pour le moment, la fonte provoque ce type de dégâts, mais à terme les scientifiques prévoient une diminution progressive et constante de la masse des glaciers. Cela signifie qu’à long terme la région subira des périodes de sécheresses au fur et à mesure que le réservoir glaciaire s’épuisera.
Partout dans le monde, les scientifiques alertent sur la fonte des glaces. Une des régions les plus touchées est l’Arctique. Le 18 juin 2019, une fonte inhabituelle au Groenland a de nouveau été enregistrée : La calotte glaciaire a perdu 2 milliards de tonnes de glace en deux jours seulement.
Il est donc urgent d’agir. On parle beaucoup d’écologie et d’environnement en France en ce moment, mais je pense que l’on a trop souvent tendance a confondre environnement et réchauffement climatique, même si les deux choses sont parfois liées. Ce n’est pas en réduisant les pesticides, herbicides et autres matières toxiques que l’i=on fera face au réchauffement climatique. Les mesures à prendre concernent les émissions polluantes, celles qui contiennent, entre autres, du CO2. Bien sûr, cela suppose de s’attaquer à des pans entiers de l’économie: usines, transports routiers, etc Les lobbies pétroliers, industriels, de transporteurs, etc.veillent et aucun gouvernement n’a – et n’aura – le courage de les affronter. Les décisions efficaces ne sont pas pour demain. Les glaciers peuvent continuer à fondre…
Source: LCI.

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This is not a scoop but a new reminder of a worrying situation. A report published in late June 2019 in the journal Science Advances indicates that in forty years, the Himalayan chain has lost a quarter of its ice; it is melting twice as fast as over the period 1975-2000. According to the report’s authors, this alarming phenomenon linked to global warming is expected to worsen and will have a direct and dangerous impact on the neighbouring populations of the mountain range.
In 40 years, temperatures in the region have increased by one degree Celsius compared to those recorded between 1975 and 2000t. In the middle of the last ice age, the average annual temperature was 3 degrees Celsius colder.
The research team that drafted the report analyzed forty years of satellite observations from India, China and Bhutan. The images of American spy satellites, of better quality, have been particularly helpful. The scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.
This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences on the local populations, distributed on both sides of the 2000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydropower or drinking water. The situation is exactly the same as in Peru where the population depends directly on glacial water.
As I point out during my conference « Glaciers en peril » conference, when the ice melts, it forms large glacial lakes often held by fragile moraines that threaten to break up causing huge floods. For the moment, the melting causes this type of damage, but in the long term the scientists foresee a progressive and constant diminution of the mass of the glaciers. This means that in the long term the region will experience periods of drought as the ice reservoir runs out.
Scientists around the world are alerting about ice melting. One of the most affected areas is the Arctic. On June 18th, 2019, an unusual melting in Greenland was recorded again: The ice sheet lost 2 billion tonnes of ice in just two days.
It is therefore urgent to act. There is a lot of talk about ecology and the environment in France right now, but I think that we too often tend to confuse environment and global warming, even if the two things are sometimes linked. It is not by reducing pesticides, herbicides and other toxic materials that we will face global warming. The measures to be taken concern polluting emissions, those containing, among others, CO2. Of course, this means tackling whole areas of the economy: factories, road transport, etc. Oil, industrial, transport, and other lobbies are controlling the situation and no government has, and will have, the courage to confront them. Effective decisions are not for tomorrow. Glaciers can continue to melt …
Source: LCI.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

Fonte des glaciers dans le monde : Ceux des Alpes sont en voie de disparition // Melting glaciers in the world: Those of the Alps are about to disappear

N’en déplaise aux climato-sceptiques, les coups de butoir du réchauffement climatique font fondre la banquise et les glaciers, et le phénomène s’est accéléré au cours des dernières décennies. Une nouvelle étude effectuée par une équipe internationale menée par l’Université de Zurich (Suisse) donne une estimation inquiétante de la fonte de la glace pendant les 60 dernières années. Les glaciologues estiment que les glaciers alpins auront sans doute complètement disparu à la fin de ce siècle.

Les auteurs de l’étude ont combiné des observations glaciologiques de terrain avec un grand nombre de données récoltées par des satellites de différentes missions. Ils ont ainsi pu calculer avec précision la quantité de glace perdue ou gagnée individuellement par 19 régions glaciaires de notre planète. Il faut noter que les mesures faites sur le terrain indiquent les fluctuations annuelles, tandis que les données satellitaires permettent de déterminer la quantité de glace perdue sur plusieurs années ou plusieurs dizaines d’années.

Les conclusions ne laissent pas le moindre doute. La perte d’épaisseur subie par 19 000 glaciers dans le monde correspond à une perte de 9 625 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace entre 1961 et 2016, ce qui a contribué une hausse du niveau des océans de 2,7 cm à l’échelle planétaire.

Sans grande surprise, les pertes régionales les plus conséquentes concernent l’Alaska (je l’ai démontré à plusieurs reprises), les glaciers situés autour de la calotte glaciaire du Groenland, et les glaciers des Andes méridionales. Les glaciers de l’Arctique canadien et russe et du Svalbard ont également perdu des quantités significatives de glace.

Les glaciers situés dans des régions tempérées, comme les Alpes européennes et la chaîne montagneuse du Caucase ont également perdu de la glace, mais ces glaciers sont trop petits pour contribuer de manière significative au niveau des mers.

La seule zone qui où le volume glaciaire a augmenté pendant cette période de 55 années est l’Asie du Sud-Ouest (ASW sur la carte). Les glaciers de cette zone ont accumulé 119 gigatonnes de glace, mais les glaciers voisins d’Asie du Sud-Est (ASE) ont perdu 112 gigatonnes, donc à peu près la même quantité.

Les auteurs de l’étude font remarquer que le taux de perte a augmenté de manière significative ces trente dernières années. Les glaciers perdent en ce moment 335 milliards de tonnes de glace par an, ce qui correspond à une montée du niveau des mers de 1 mm par an.

Alors que les Alpes ont déjà perdu 38 gigatonnes de glaces depuis 1961, de nouveaux travaux publiés dans la revue The Cryosphere et présentés lors de l’Assemblée Générale 2019 de l’European Geosciences Union (EGU) à Vienne (Autriche) dressent le devenir des glaciers des Alpes d’ici à la fin du siècle. Même en cas d’une limitation du réchauffement climatique – ce qui semble tout à fait improbable – les deux tiers du volume des glaciers des Alpes auront fondu. Dans le cas du scénario le plus probable, ils auront tout simplement disparu en 2100.

Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs suisses sur les quelque 4 000 glaciers encore présents dans les Alpes dont le volume est estimé à environ 100 km3.

Les glaciologues suisses ajoutent que la fonte sera progressive : d’ici 2050, la moitié du volume des glaciers aura disparu, même si nous faisons des efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Comme je l’ai expliqué précédemment, il existe une énergie climatique qui empêchera la situation de se rétablir rapidement. Après 2050, l’évolution des glaciers dépendra de l’évolution du climat. Si le réchauffement est limité, une partie beaucoup plus importante des glaciers pourra être sauvée.

Le recul généralisé des glaciers des Alpes ne contribuera pas seulement à la hausse du niveau des océans mais modifiera significativement le paysage, l’écosystème et l’économie du massif alpin. En effet, les Alpes sont des lieux de tourisme, de loisir mais aussi de véritables réservoirs d’eau exploités notamment pour produire de l’électricité via les barrages et pour irriguer les cultures. Toute la faune et la flore seront également affectées par la raréfaction de cette ressource en eau. Ces remarques sont valables pour toutes les régions de montagne dans le monde qui hébergent des glaciers.
Comme on l’a constaté à propos du glacier de Tête Rousse au-dessus de St Gervais (Haute-Savoie), la fonte des glaciers augmente également le risque de catastrophes naturelles, comme la vidange brutale d’un lac glaciaire et les coulées de débris associées.

Les conclusions de l’étude conduite par l’Université de Zurich sont particulièrement importantes. Il est essentiel de connaître le rythme auquel les glaciers perdent de leur masse sur le long terme afin de pouvoir prendre des décisions adéquates. Ces informations concernet plus particulièrement les organismes internationaux qui, comme le GIEC, évaluent le changement climatique.

Source : notre-planète.info.

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Even though climate-skeptics do not agree, global warming is melting the  ice sheet and the glaciers, and the phenomenon has accelerated in recent decades. A new study by an international team led by the University of Zurich (Switzerland) gives a worrying estimate of the melting of ice during the last 60 years. Glaciologists believe that alpine glaciers will very probably have completely disappeared by the end of this century.
The authors of the study combined glaciological field observations with a large amount of data collected by satellites from different missions. They were able to accurately calculate the amount of ice lost or gained individually by 19 glacial regions of our planet. It should be noted that measurements made on the field indicate annual fluctuations, while satellite data can determine the amount of ice lost over several years or decades.
The conclusions leave no doubt. The thickness loss undergone by 19,000 glaciers around the world corresponds to a loss of 9,625 billion tonnes (gigatonnes) of ice between 1961 and 2016, which has contributed to a rise of 2.7 cm in ocean levels on the planet.
Unsurprisingly, the largest regional losses are in Alaska (I have demonstrated this several times), the glaciers around Greenland’s ice cap, and the glaciers of the southern Andes. Glaciers in the Canadian and Russian Arctic and Svalbard have also lost significant amounts of ice.
Glaciers in temperate regions such as the European Alps and the Caucasus mountain range have also lost ice, but these glaciers are too small to contribute significantly to the sea level rise.
The only area where the glacial volume has increased during this 55-year period is Southwest Asia (ASW on the map). Glaciers in this area have accumulated 119 gigatonnes of ice, but nearby Southeast Asian (SEA) glaciers have lost 112 gigatonnes, so roughly the same amount.
The authors of the study point out that the rate of loss has increased significantly over the last thirty years. Glaciers are losing 335 billion tons of ice a year, which corresponds to a rise in sea level of 1 mm per year.
While the Alps have already lost 38 gigatonnes of ice since 1961, a new study published in the journal The Cryosphere and presented at the 2019 General Assembly of the European Geosciences Union (EGU) in Vienna (Austria) shows the future of glaciers of the Alps by the end of the century. Even if global warming is limited – which seems highly unlikely – two-thirds of the Alpine glacier volume will have melted. In the case of the most likely scenario, they will have simply disappeared by 2100.
This study was conducted by a team of Swiss researchers on some 4,000 glaciers still present in the Alps whose volume is estimated at about 100 km3.
Swiss glaciologists add that the melting will be gradual: by 2050, half of the volume of glaciers will disappear, even if we make efforts to reduce our greenhouse gas emissions. As I explained earlier, there is a climate latency that will prevent the situation from recovering quickly. After 2050, the evolution of glaciers will depend on the evolution of the climate. If the warming is limited, a much larger part of the glaciers can be saved.
The widespread retreat of the glaciers in the Alps will not only contribute to rising sea levels; it will significantly alter the landscape, ecosystem and economy of the Alps. Indeed, the Alps are places of tourism, of leisure but also harbour real reservoirs of water exploited in particular to produce electricity via the dams and to irrigate the cultures. All fauna and flora will also be affected by the scarcity of this water resource. These remarks are valid for all mountain regions in the world that host glaciers.
As has been observed in the case of the Tête Rousse glacier above St Gervais (Haute-Savoie), the melting of glaciers also increases the risk of natural disasters, such as the sudden discharge of a glacial lake and the associated flows of debris.

The conclusions of the study conducted by the University of Zurich are particularly important. It is essential to know the rate at which glaciers lose their mass over the long term in order to make adequate decisions. This information is particularly relevant to international bodies that, like the IPCC, are assessing climate change.
Source: our-planet.info.

Perte de masse des glaciers au niveau mondial entre 1961 et 2016 (Source : ESA). La carte et l’article sont accessibles en cliquant sur ce lien :

https://www.notre-planete.info/actualites/2637-fonte-glaciers-monde

Tous les glaciers alpins sont menacés de disparition, aussi bien l’Argentière que la Mer de Glace, l’Aletsch ou le glacier du Rhône (Photos : C. Grandpey)

Glaciers terrestres et montée du niveau des océans // Terrestrial glaciers and rising sea levels

Selon une étude publiée dans la revue Nature, en dehors des pôles, les quelque 200 000 glaciers terrestres sont responsables d’un tiers de la montée du niveau des mers. C’est donc beaucoup plus que les  chiffres avancés auparavant.

Les masses glaciaires autres que le Groenland et l’Antarctique couvrent une surface de 706 000 kilomètres carrés et représentent un volume de 170 000 kilomètres cubes, avec le potentiel de faire s’élever le niveau des océans de 0,40 mètre.

Au total, les glaciers terrestres ont perdu 9000 milliards de tonnes de glace entre 1961 et 2016, soit une moyenne de 335 milliards de tonnes par an. C’est beaucoup plus que les 260 milliards de tonnes estimées dans une précédente étude qui était parue en 2013 dans la revue Science, mais qui ne portait que sur la période 2003-2009.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs de l’Institut de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Agriculture (IRSTEA) ont utilisé toutes les données physiques enregistrées sur les 450 glaciers sur lesquels les chercheurs effectuent des carottages réguliers à la fin de l’été. Ils ont ensuite croisé ces mesures avec les images satellites qui donnent des photos précises de la surface des sols à différentes dates, ce qui permet d’estimer la variation annuelle du volume glaciaire. Les échantillonnages sur le terrain permettent de remonter en 1961 tandis que les images satellites donnent l’évolution de 20 000 glaciers sur tous les massifs du monde, y compris ceux qui sont inaccessibles.

Source : Science et Avenir.

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According to a study published in the journal Nature, outside the poles, some 200,000 terrestrial glaciers are responsible for one-third of the rise in sea levels. So it is a lot more than the numbers revealed by previous studies.
Glacial masses other than Greenland and Antarctic cover an area of ​​706,000 square kilometres and a volume of 170,000 cubic kilometres, with the potential to raise the ocean level by 0.40 metres.
In total, terrestrial glaciers lost 9,000 billion tonnes of ice between 1961 and 2016, an average of 335 billion tonnes per year. This is much more than the 260 billion tonnes estimated in a previous study that was published in 2013 in the journal Science, but which only covered the period 2003-2009.
To achieve this result, researchers at the Institute for Research in Science and Technology for Agriculture (IRSTEA) used all the physical data recorded on the 450 glaciers on which researchers carry out regular core sampling at the end of the summer. They then cross-referenced these measurements with the satellite images that give accurate photos of the soil surface at different dates, which allows the annual variation in glacial volume to be estimated. Sampling on the ground can be traced back to 1961 while satellite images show the evolution of 20,000 glaciers on all the world’s massifs, including those that are inaccessible.
Source: Science et Avenir.

Décrochement glaciaire en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Y a-t-il eu des glaciers sur Mars ? // Did glaciers exist on Mars ?

Une récente étude financée par le Programme National de Planétologie (CNRS, INSU) et le CNES a permis de mettre en évidence pour la première fois des vallées glaciaires et de cirques glaciaires datés de 3,6 milliards d’années sur Mars. Une approche morphométrique comparative entre la Terre et Mars a été utilisée  afin de caractériser l’origine des vallées anciennes. Ces paysages glaciaires anciens sur Mars sont similaires à ceux existant sur Terre. Ils ont pu être identifiés et préservés jusqu’à aujourd’hui par la forte empreinte morphologique qu’ils laissent dans le paysage martien.

L’étude explique que le climat primitif martien fait aujourd’hui débat parmi les chercheurs qui étudient cette planète. D’un côté, il y a la vision la plus acceptée, celle d’un Mars primitif chaud et humide, mis en avant par la géologie hydratée et les morphologies fluviatiles;  de l’autre côté, il y a le scénario d’un Mars primitif glacé et sec mis en avant par des modèles climatiques qui avancent l’idée d’un dépôt de glace à haute altitude.  Néanmoins cette vision est très souvent remise en question car aucun marqueur géomorphologique de ce supposé climat froid n’a été identifié jusqu’à ce jour.

C’est dans ce contexte que les géomorphologues Axel Bouquety, Antoine Séjourné, François Costard et Sylvain Bouley, du laboratoire Géosciences Paris Sud (GEOPS, CNRS/Université Paris-Saclay), et Denis Mercier, de l’Université de la Sorbonne, ont étudié les vallées présentes dans la région de Terra Sabaea dans l’hémisphère austral de Mars. (voir image ci-dessous).

C’est à partir d’une approche morphométrique innovante couplant les images de la caméra HRSC de la sonde Mars Express de l’ESA et les données topographiques qu’il a été possible de mettre en évidence la présence de morphologies glaciaires anciennes sur les hauts plateaux de l’hémisphère sud de Mars. En effet, les vallées martiennes étudiées présentent des caractéristiques morphométriques similaires aux vallées glaciaires alpines terrestres et sont différentes des vallées fluviatiles terrestres et martiennes. De plus, ces vallées glaciaires martiennes sont souvent surmontées par une tête de vallée, en forme d’amphithéâtre, qui présente des caractéristiques morphométriques très similaires aux cirques glaciaires terrestres. Les résultats de cette étude, publiée dans Geomorphology, démontrent pour la première fois, la présence d’un paysage glaciaire composé de vallées glaciaires associées à des cirques glaciaires daté d’il y a 3,6 milliards d’années.

Les auteurs suggèrent un climat froid aux hautes altitudes (supérieures à 1500 mètres) expliquerait la présence de la glace. Cette dernière a pu être stable et s’accumuler afin de former des glaciers qui ont façonné les paysages glaciaires observés dans cette étude. Un climat plus tempéré à des altitudes plus basses (moins de 1500 mètres) expliquerait la présence de l’eau liquide pour façonner les vallées ramifiées fluviatiles bien connue sur Mars. Sur Terre, il est fréquent de retrouver des endroits où la glace est stable à haute altitude mais instable à basse altitude pour former de l’eau liquide.

La découverte de formations glaciaires dans l’hémisphère sud de Mars va dans le sens de la thèse d’un climat primitif froid permettant à des glaciers d’exister à la surface de la planète il y a 3,6 milliards d’années.

Source : CNRS.

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A recent study funded by the National Program of Planetology (CNRS, INSU) and CNES allowed to highlight for the first time glacial valleys and glacial cirques that existed 3.6 billion years ago on Mars. A comparative morphometric approach between the Earth and Mars has been used to characterize the origin of ancient valleys. These ancient glacial landscapes on Mars are similar to those existing on Earth. They have been identified and preserved until today by the strong morphological imprint that they leave in the Martian landscape.
The study explains that the primitive Martian climate is now debated among researchers studying the planet. On one side, there is the most accepted vision, that of a primitive warm and wet Mars, put forward by hydrated geology and fluvial morphologies; on the other side, there is the scenario of a primitive cold and dry Mars, put forward by climatic models that advance the idea of ​​a high altitude ice deposit. Nevertheless this vision is very often questioned because no geomorphological marker of this supposed cold climate has been identified until today.
It is in this context that geomorphologists Axel Bouquety, Antoine Séjourné, François Costard and Sylvain Bouley, of the Geosciences Paris Sud laboratory (GEOPS, CNRS / Paris-Saclay University), and Denis Mercier, of the Sorbonne University, studied the valleys in the region of Terra Sabaea in the southern hemisphere of Mars.(see image below).
An innovative morphometric approach coupling images from the HRSC camera of the ESA Mars Express probe and the topographic data allowed to highlight the presence of ancient glacial morphologies on the plateaus of the southern hemisphere of Mars. In fact, the Martian valleys studied have morphometric characteristics similar to the terrestrial alpine glacial valleys and are different from the terrestrial and Martian river valleys. In addition, these Martian glacial valleys are often surmounted by an amphitheater-shaped valley head, which has morphometric characteristics very similar to terrestrial glacial cirques. The results of this study, published in Geomorphology, demonstrate for the first time the presence of a glacial landscape composed of glacial valleys associated with glacial cirques dated 3.6 billion years ago.
The authors suggest a cold climate at high altitudes (above 1500 metres) would explain the presence of ice. The latter could be stable and accumulate to form glaciers that shaped the glacial landscapes observed in this study. A more temperate climate at lower altitudes (below 1500 metres) would explain the presence of liquid water to shape the well-known riverine branched valleys on Mars. On Earth, it is common to find places where the ice is stable at high altitude but unstable at low altitude to form liquid water.
The discovery of glacial formations in the southern hemisphere of Mars is in line with the thesis of a primitive cold climate allowing glaciers to exist on the surface of this planet 3.6 billion years ago.
Source: CNRS.

Image de la planète Mars il y a 4 milliards d’années, basée sur des données géologiques. Le rectangle indique la zone d’étude. (Source:  Ittiz)